vendredi 10 avril 2009

New York, New York

3 jours à New York

Dernière ligne droite, nous passons trois jours à New York la grande pomme... Et on a bien l'intention de la croquer !

Metro galère

Le gentil monsieur des informations de l'aéroport nous explique comment nous rendre à notre hôtel en métro. Ça a l'air si simple ! Suffit de prendre le train, s'asseoir, et sortir à la bonne sortie à une trentaine de stations de là. Sauf qu'aujourd'hui, c'est samedi, et le samedi, c'est travaux ! Alors messieurs dames, au milieu du trajet, tout le monde descend ! Prend tes sacs, et prend le bus qui se rue dans les bouchons et passe par les quartiers pauvres de la banlieue de Manhattan. Le bus, ça prend beaucoup plus de temps... Peu importe, on en a du temps ! On visite un peu, et on prend la température de la ville. Les locaux, tous de gigantesques masses auprès desquels Seb paraît un tantinet gringalet, parlent et bougent tels ces acteurs de films à grande distribution made in Hollywood. On ne se sent pas perdu, tous ces bonhommes à la casquette à l'envers et au pantalon flottant sous le caleçon, on les a déjà vus à la télé ! Bienvenue dans l'univers de New York, film grandeur nature.

Dans un film

De spectacteur on devient acteur, on fait partie de la distribution ! bon, d'accord, on n'est que figurant, mais quand même, on est en plein dedans. Première étape si l'on veut ressentir l'âme de la ville, ou tout du moins l'une de ses âmes, nous partons dans une église à Harlem. Nous allons expérimenter le gospel en chair et en os.

A l'église

C'est la messe de 11h. Les fidèles viennent prendre place à l'avant, nous on se fait tout petit, simples spectateurs restés à l'arrière scène. Et la communauté qui assiste à la cérémonie religieuse s'est préparée à cette rencontre ! Ici une petite dame toute de blanc vêtu, chapeau à voilette assortie. Là des messieurs aux costumes impeccables et cravates. Tous sont de couleur de peau noire, seuls quelques touristes venus vivre une messe différente comme nous sont blancs.

Les voix des chanteuses de gospel nous accueillent, on se dandine sur nos sièges au rythme de la batterie, du piano, les chants religieux montent du fond du ventre, on se sent vibrer... Magnifique expérience que celle du « god spell », de la « parole de dieu ». Mais une messe est une messe, et dans cette petite paroisse de New York on ne fait pas que chanter, on prêche aussi. Nombreux sont les intervenants venus parler de leurs expériences, de la vie de Jésus ou des problèmes de la communauté, tous chapeautés par le prêtre en chef, à l'allure plutôt... Atypique. Sous sa longue bure, il se déhanche tel un chanteur de rap et ponctue son discours d'un Amen à l'accent si prononcé qu'on le prendrait pour un « hey men ». Il ne s'en lasse pas et profère son amen à la cadence d'un pour cinq mots. Ca nous donne à peu près ça : « Les forts doivent aider les plus faibles, « hey men », comme Jésus l'a fait, « hey men », il est mort pour nous « hey men » », et il se dandine, et il mouline des bras, et il tchatche, il tchatche... Le prêtre rappeur a le verbe facile et le rythme dans la peau. L'auditoire n'est pas en reste, il participe, on ponctue le discours d'un « ouais, ouais » pour affirmer son approbation, d'une prière pour un frère ou une mère malade, d'un remerciement à l'égard d'une aide divine. On a inventé la messe interactive. A New York, point de spectateur, nous sommes tous acteurs.

On va voir piece de theatre, ah ben non

Daya est une jeune bolivienne que l'on a rencontré au Salar d'Uyuni il y a quelques mois et qui vit à New York. Elle a émigré de son pays natal et s'est installée ici afin de réaliser son rêve : devenir actrice. Etre à New York, c'est un peu l'être déjà ! Pour arriver à ses fins, elle se bat entre ses trois petits boulots et ses cours de théâtre, une vie de fou à courir d'un bout à l'autre de Manhattan. Alors, lorsqu'on lui annonce notre venue dans Big Apple, elle réussit à nous accorder quelques unes des heures libres de sa semaine et nous propose d'assister à une pièce de théâtre, déformation professionnelle oblige. Va pour le théâtre !

La salle se trouve dans l'un des quartiers les plus célèbres de la ville, Time Square... Impossible d'y échapper, tous autant que nous sommes sur cette planète, à moins de ne pas avoir de télévision, nous avons forcément vu un jour ou l'autre cette incroyable avenue dans un de ces blockbusters américains. Time Square, c'est la rue aux immenses écrans de publicité qui clignotent de partout, gigantissimes spots aux couleurs flashies décolories, ici on ne lésine pas sur le vif et l'éclatant. L'oeil est transporté d'une scène à l'autre, attiré par un véritable délire de lumière.
On s'offre un hot dog au petit marchand ambulant et on y est, on vit Manhattan, on atteint le summum de l'image New Yorkaise. De figurants, on devient premiers rôles de notre film !

Il est temps pour nous de nous rendre à notre rendez vous, et de goûter au théâtre de Broadway. Il est 14h40, la séance est dans vingt minutes, nous attendons patiemment au milieu des habitués venus à leur spectacle hebdomadaire. 14H50, toujours pas de Daya. 15h, la cloche sonne, les retardataires prennent place, toujours pas de Daya. 15h10, le spectacle a commencé, toujours pas de Daya. À 15h20, on estime qu'on l'a définitivement perdue, de Daya et de spectacle, on tire un trait dessus ! On ne sait pas ce qu'il s'est passé, a-t-elle oublié, a-t-elle eu un souci ? Nous lui envoyons un mail, et espérons qu'il ne lui est rien arrivé.

Changement de plan, vive le bus touristique

Nous nous retrouvons quelque peu tout dépité en plein Time Square, il nous faut désormais trouver un nouveau plan pour l'après midi. En même temps, nous sommes à New York, et les choses à faire, ce n'est pas ce qu'il manque ici ! C'est là que passe devant nous un gros bus à deux étages, de ceux qui baladent les touristes et leurs appareils photos à travers la ville. C'est décidé, nous aussi on veut explorer Manhattan, chevauchant cette énorme monture à demi couverte ! Des petites dames vendent les billets dans la rue et nous annonce le prix. Un regard vers notre portefeuille, ah, on n'a plus de liquide, on revient dans quelques minutes le temps de tirer de l'argent. « Ce n'est pas la peine messieurs dames » et voilà la petite dame qui nous dégaine de sa poche sa machine à carte bleue portative. Définitivement, nous nous trouvons bien dans le pays capitaliste par excellence, j'ai nommé les Etats-Unis !

Billets en poche, nous voici à l'étage terrasse de notre bus rouge, où il ne fait pas bon être trop grand. « Attention ! » crient en coeur les passagers du fond, tandis que le sémaphore frôle la tête d'Aurélie ! On se régale à admirer ces immenses immeubles qui touchent littéralement le ciel, l'Empire State Building et autres grattes ciels de haute altitude disparaissant sous les nuages. Le monsieur-guide du bus nous montre deux énormes bâtiments : « les tours jumelles étaient deux fois plus grandes que celles-ci ». À donner le tournis... Ou le torticolis ! À force de regarder en l'air, nos cous sont tous endoloris !

Daya suite et fin

Daya nous a répondu : à force de trop en faire, entre petits boulots, cours de théâtre et castings, elle s'est tout simplement... Trompée d'heure ! Arrivée à 15h45, elle n'a pas compris pourquoi la dame de l'entrée lui a demandé de se taire et d'attendre l'entracte... Nous passons donc la voir à l'un de ses jobs, celui où elle travaille comme secrétaire dans un magasin de musique haut de gamme. C'est juré, la prochaine fois, on ne se loupera pas !

Balade sur l'Hudson

Impossible de quitter New York sans avoir aperçu l'un des symboles de la ville : la statue de la liberté. Le vent froid souffle sur nos visages sur le pont du bateau qui nous emmène à la petite île, mais il chasse aussi les nuages et nous offre de merveilleux reflets sur les immeubles en verre de la ville. Notre guide est un poète, un autre rappeur, qui débite ses vers inspirés de la mégapole avec humour et entrain. Ah, la voilà la statue, mais c'est qu'elle est toute pitite ! La statue de la liberté nous sourit et nous enveloppe de son regard bienveillant, les photos fusent et les souvenirs s'accrochent...

Voilà, c'est fini !

Un an déjà que nous sommes partis, notre voyage touche à sa fin ! Il est temps pour nous de retrouver notre terre natale, notre famille, nos amis, la tête pleine d'aventures et de moments inoubliables. Nous sommes prêts à dévorer la vie d'une autre manière, une nouvelle aventure commence !

mardi 31 mars 2009

15 jours à la plage

Bientôt un an que nous sommes partis, l'heure du retour approche. Alors, avant de reprendre le rythme effréné de la vie active, on a décidé de se prendre des vacances ! 15 jours au soleil, sur la plage, à vivre le farniente... Et puis, il faut bien qu'on peaufine notre bronzage avant de rentrer !

L'île d'Holbox

Première étape et non des moindres : l'ïle de Holbox. Cette petite île paisible encore à l'abri des hordes de touristes qui envahissent la riviera Maya nous enchante dés notre arrivée. Nous débarquons à 6h30 du matin après une (dernière) nuit de bus, sur la rive en face de la terre mère. Nous traversons le village encore endormi jusqu'à l'autre rive, celle où se trouvent les plages et aménagements touristiques. Luis, notre capitaine de Campeche nous a donné une bonne adresse pour dormir. Il nous a même dessiné un plan ! Il est bien tôt le matin, trop tôt pour déranger toute la maisonnée et demander une chambre, mais il est toujours possible de partir en repérage ! C'est ce que l'on fait, et on tombe littéralement amoureux de l'endroit. Hamacs étendus entre deux palmiers, quelques transats, un joli petit resto, oui, c'est ici que l'on veut séjourner ! Sauf que, à l'heure du réveil des hôteliers, le rêve s'évanouit... La chambre est bien au-dessus de notre budget... Luis nous a pris pour des américains ! Bon, on prend nos cliques et nos claques et repartons chercher un logement qui nous ressemble plus. Rien de plus facile sur cette île dès lors que l'on s'éloigne un tant soit peu de la plage, et nous voici avec un belle chambre à un quart du prix de la précédente. Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot ! Comme nous avons l'intention de rester quelques temps sur l'île, on va économiser. Hôtel pas cher, pique nique, sandwichs et tacos, on l'aura notre hôtel aux hamacs !

Bonnes résolutions d'Holbox

Nous allons rester 10 jours sur l'île. Au programme, la plage bien sûr, les piques niques, la mer, et on a bien l'intention de se remettre en forme avant notre retour. Alors tous les matins ce sera natation ! L'eau est bonne, turquoise, une demi heure de nage nous fera le plus grand bien. Et on s'y tient. Un jour, deux jours, le vent se lève de plus en plus tôt et on commence à se battre avec le courant, trois jours, quatre jours, et puis un après midi, nous rencontrons ceux qui seront à l'origine de notre perdition : 3 normands.

Les normands et la natation ne font pas bon ménage

Romain, Antoine et Jonathan sont 3 jeunes garçons sur la fin de leur périple : la semaine prochaine ils rentrent d'un tour du monde d'une année. Comme nous ! Alors, forcément, lorsque des tourmondistes se rencontrent, et qu'en plus ils sont au même point de leur voyage, ça tchatche, ça partage ses expériences, ça rigole... C'est parti pour un apéro au coucher du soleil, que l'on admire chaque soir plonger dans les eaux tièdes aux environs de 18h, et on se raconte nos péripéties autour d'un verre de Bacardi. Les verres se vident aussi vite qu'ils se remplissent, on ne voit pas le temps passer, OUPS, on a oublié de manger. Les conversations s'étiolent, on commence à voir double. Résultat : tout le monde au lit à 21h30. .

Les jours suivants, personne ne renouvelle la même erreur : ON MANGE. La vie s'écoule paisiblement entre plages et apéro, voir même le samedi on pousse jusqu'à sortir dans le bar branché d'Holbox. Et puis, après maints sandwichs et nombre de tacos, ça y est, nous pouvons nous payer notre hôtel d'américain !

Le rêve américain

3 jours entre hamacs, transats, ombre et soleil. Bon, d'accord, le vent a redoublé de force, l'eau limpide et calme désormais frémit, apparaissent même quelques vaguelettes, et il faut se lever tôt pour que les rafales ne soient que brise et réellement apprécier la douceur du climat. Il paraît que c'est l'effet de la fin du printemps, la tempête avant le calme et la torpeur des mois brûlants que sont avril et mai.

Playa del Carmen

Plus que quelques jours sur le sol mexicain, nous troquons notre douce Holbox pour la frénétique Playa del Carmen. Playa l'américaine, Playa l'héritière de Cancun, ses bars, ses restaurants, ses magasins, son monde ! tout est fait ici pour s'amuser et dépenser des sous. Mais on n'est que de passage, demain, nous partons pour Tulum.

Tulum

Tulum est réputé pour son site archéologique de l'époque tardive des mayas, le seul dans toute la péninsule érigé sur la côte. Et quel spectacle ! De jolis édifices au milieu de palmiers surplombant la mer turquoise des Caraïbes. Un vrai décor de carte postale.

Tulum, c'est aussi l'un des derniers endroits sur toute la riviera maya à la construction plus rapide que speedy gonzales où l'on peut dénicher des cabanes sur la plage. C'est évidemment où nous avons l'intention de passer quelques jours.

Et c'est qu'elles sont rustiques les cabanes ! Toit (à trous) de palmes, murs de troncs d'arbre, matelas surmonté d'une moustiquaire, des petites huttes comme celles que l'on retrouve en Asie pour une misère. Ici ce sont les seuls à proposer ce genre de logement, alors ils en profitent ! Louer une cabane au Mexique, c'est du luxe ! M'enfin, on joue le jeu, la plage est belle, la mer d'un bleu transcendant, et le vent omniprésent. Ca souffle sur la riviera maya !

Ici, cocktails pas chers, bières à gogo, il y a tout ce qu'il faut pour faire la fête. Sauf que nous, on est crevé, et on n'est pas tellement d'humeur festive. Finalement, on se bat avec le sommeil au son des basses de la boite de nuit, les cabanes de Tulum, c'est pas pour nous. On déménage de nouveau à Playa.

Retour à Playa

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Aurélie ! Alors, pour fêter ça, on s'offre un vrai repas, sans tacos ni sandwichs, on explose le budget (50 euros !). On commence par l'apéro, une pina colada XXL, dans un verre tellement immense qu'on dirait un vase, accompagné d'un cocktail de crevettes. On pousse jusqu'à se faire péter la pièce de boeuf saignante XXL elle aussi, de celle que tu ne vois que dans les films américains. On en avait oublié le goût ! Pour arroser tout ça, rien de tel qu'un petit vin mexicain. On se régale, au son des mariachis et sous l'oeil envieux des américains qui font la queue devant le restaurant... Un peu pompette ? Pour s'en assurer, on s'envoie une dernière pina colada ! BON ANNIVERSAIRE Aurélie !

On part à New York

Nous quittons le mexique et ses 30 degrés et partons pour New York (et ses 5 degrés...)

mardi 24 mars 2009

Merida

A Merida, il fait chaud. L'air y est lourd et pesant, une véritable chape de chaleur qui s'abat sur vos épaules. Et encore, on est en hiver ! Merida toute coincée qu'elle est au milieu des terres, ne connaît pas le petit air apaisant des villes de bord de mer. Ici, il fait chaud, un point c'est tout !

Merida aux multiples facettes

De la place centrale s'éparpillent dans toutes les directions de petites rues numérotées. Et lorsque l'on s'engouffre dans l'une d'entre elles, on débarque dans un univers à l'opposé de la suivante. Par ici c'est le quartier luxueux, les jolies maisons coloniales transformées en hôtels pour gens riches, les charmants restaus en terrasses, et les magasins aux vitrines distinguées. Par là, c'est le marché, les odeurs de tacos qui se mêlent aux bruits venus des téléviseurs poussés à pleine puissance vocale. Les mexicains sont amoureux du haut volume sonore, musique assourdissante, radio criante, et télénovelas beuglantes. Vivre dans le silence ? Inconcevable !

Uxmal

Nous continuons notre exploration du monde maya en nous rendant à Uxmal, à quelques deux heures de Mérida. Lever de bon matin, nous arrivons avant même l'ouverture du site, c'est certain, on sera les premiers à partir à l'assaut des ruines. La pyramide du devin domine de sa forte présence l'ancienne cité maya. Elle se distingue de celles traditionnellement construites dans les cités voisines par sa silhouette toute en rondeur. Uxmal l'élégante pavoise en exposant ses sculptures raffinées, ses Kulkukans ou Dieux serpents à plumes, mais surtout ses Chaacs, Dieux de la pluie à la figure si reconnaissable grâce à son long nez crochu. Chaac veille, partout, sur chaque édifice, démultiplié à l'outrance. Alors oui, Uxmal est belle avec ses sculptures, mais il lui manque ce charme des cités perdues dans la jungle, cette majesté des pierres veillées par la nature. Ici la forêt est sèche, les arbres courts, l'horizon uniforme.

Voyage au pays des Cenotes

Aujourd'hui, nous partons découvrir un phénomène géologique particulier à la péninsule du Yucatan : les cénotes, des espèces de trous remplis d'eau. Pour nous y rendre, nous prenons un bus qui nous amène jusqu'au petit village de Cuzama où nous attendent des taxis. Mais pas n'importe lesquels ! Des tritaxis, une sorte de tuk tuk à vélo à la mexicaine. C'est un tout jeune garçon dont la voix vient à peine de muer qui pédale pour nous, tout frêle qu'il est, il se bat et s'essouffle sur les petites montées, il se la galère, et nous il nous fait trop de peine ! 3 kilomètres plus loin, nous voici prêt à embarquer dans notre nouveau moyen de locomotion, le plus original que l'on n'est jamais pris durant toute cette année : un chariot de train tiré par un cheval ! Si, si, c'est bien ça, un petit wagon tiré par un canasson ! Nous embarquons dans l'une de ses chariottes avec un couple Hispano Argentin et nous cahotons sur les rails, vestiges d'un ancien temps. Le chemin de fer a été construit originellement pour les besoins d'une hacienda qui transportait ainsi sa récolte d'agaves, plante alors hautement recherchée puisqu'on utilisait sa fibre pour la fabrication de cordes.

Lorsqu'un autre de ses wagons aujourd'hui chargé de touristes arrive en sens inverse, il nous faut alors descendre et sortir le chariot des rails, on laisse passer le collègue, et hop, on remet le tout sur les rails. Le train cheval, c'est le top !

Ca y est, nous arrivons au premier cénote. On va enfin savoir à quoi ressemble ce puits naturel. Nous descendons un petit escalier de bois et apparaît alors un spectacle magique, incroyable : dans une caverne à moitié à ciel ouvert, un lac, mais plus qu'un lac, une eau pure, transparente comme on ne peut se l'imaginer, et d'un bleu turquoise à faire pâlir les mers des tropiques. L'eau est douce, bien que parfois profitant des failles, de l'eau de mer peut s'infiltrer dans l'un d'entre eux. Plus dense, cette dernière reste sagement au fond surmontée par l'eau douce plus légère. On se jette dans le bassin avec bonheur, l'eau est bonne et rafraîchissante, un vrai bonheur.

Et ce n'est pas fini ! On visite 3 cénotes en tout, tous différents. Le deuxième se cache sous une voûte entière ou perce quelques trous laissant passer quelques rayons de lumière, éclairage tamisée qui adoucit les contours. Le troisième est déjà plus cascadesque : pour y accéder il nous faut prendre une échelle de bois à pic qui descend dans un trou creusée dans la roche. Celui ci est vraiment bien dissimulée, un lac dans une grotte, et il nous donne une indication sur son âge : c'est le plus jeune d'entre tous. En effet, Les cénotes vieillissent, et en prenant de l'âge ils se découvrent. Lorsqu'ils sont jeunes ils se cachent des regards indiscrets grâce à une coupole, puis en devenant un peu plus matures ils se libèrent de leur voûte et prennent le soleil. C'est ainsi que l'on retrouve des cénotes sous grottes, et d'autres à ciel ouvert.

Une journée extraordinaire au pays des cénotes, inoubliable !

mardi 17 mars 2009

Campeche

Nous partons pour Campeche, petite ville de 250 000 habitants en bord de mer. Campeche, Aurelie connaît bien, puisqu'elle y a effectué un stage de fin d'études il y a 7 ans. Et quel stage ! Un stage à l'INAH, L'Institut National d'Archéologie et d'Histoire, l'institut en charge de tous les sites archéologiques et musées mexicains. A Campeche, elle a réalisé ses premiers guidages sur les sites archéologiques mayas comme Edzna ou Calakmul et plus particulièrement dans le petit musée d'archéologie maya logé dans un bastion du 18ème siècle surplombant la mer.

Et tout ça avait été possible surtout grâce à une personne : Malena, archéologue, qui, sans même connaître Aurelie, lui avait trouvé le stage et l'avait hébergé durant tout l'été.

Et la voici Malena qui vient nous chercher à la gare des bus ! Et c'est qu'en 7 ans, elle a pris du galon ! Aujourd'hui, elle fait de l'archéologie sous marine et est responsable de toute la région Yucatan. Huit personnes travaillent sous ses ordres. Du coup, elle nous propose de plonger et d'explorer des épaves aux large de Campeche, ce que l'on s'empresse évidemment d'accepter !

Sous l'eau

Luis ancien pêcheur devenu moniteur de plongée et capitaine du bateau de l'INAH nous emmène avec son coéquipier Castro explorer les abîmes du Golfe. Et des épaves, ce n'est pas ce qui manque par ici ! 250 bateaux ont été répertoriés, des anciens, des récents, coulés par accident, ou délibérément. C'est que depuis une trentaine d'années, la pêche est de moins en moins rentable, et nombre sont les pêcheurs qui ont fait sombrer leur propre embarcation pour toucher l'argent de l'assurance !

Le Rey del Mar, première embarcation que nous explorons, à huit mètres de profondeur, est un réel refuge pour vie aquatique. Des petits, des gros, des pieuvres également cachées dans des trous creusées dans le sable, et puis un fameux Poisson Pierre qui se confond avec le métal où s'accrochent les coraux et plantes de toutes espèces. Attention à ce dernier poisson, il peut piquer, et douloureusement ! Luis nous promène entre la proue, la quille, les anciens filets de pêche, le moteur même, difficile de s'y retrouver dans cet entrelacs de ferraille si on n'est pas connaisseur !

La Perla Blanca, second bateau que nous découvrons, s'est retrouvé noyé à seulement 4 mètres de profondeur et une centaine de mètres du bord de mer plaqué ici par la force d'un cyclone. Celui-ci est nettement plus lisible, énorme qu'il est planté dans le sable, on en fait le tour collés à la coque, c'est que ça remue sous l'eau et la visibilité est faible, plus ou moins... 1 mètre. Il faut surtout surveiller son collègue, son buddy comme on dit, on a vite fait de le perdre de vue !

Une extraordinaire expérience que ces plongées d'épaves, cette découverte de ces monstres d'acier que la nature a adopté et adapté pour devenir l'habitat de centaines de créatures marines. Un régal !

Malena est débordée

La semaine prochaine, Malena et son équipe partent pour un mois faire des recherches à Ciudad del Carmen. Du coup, avec tous les préparatifs, elle est débordée. Difficile pour elle de pouvoir s'accorder un peu de temps pour nous voir ! Elle y parvient toutefois et nous rejoint pour le déjeuner. Ah moins que ce soit le dîner, on n'a pas très bien compris... Faut dire qu'au Mexique, à part le petit déjeuner, on mange en général un gros repas dans l'après midi qui fait office des deux. Bon, entre les repas, ça grignote pas mal aussi !

Evidemment, on se trouve en bord de mer, alors c'est poissons et fruits de mer au menu. On goûte aux fameuses crevettes campechanaise, célèbres jusqu'aux Etats Unis : un délice.

Edzna

Luis de capitaine se transforme en pilote et vient nous chercher. Aujourd'hui, nous partons visiter le site archéologique d'Edzna, à une cinquantaine de kilomètres de Campeche.

Edzna, c'est une ancienne cité maya superbe, dominée par une incroyable Pyramide des cinq terrasses, qui mêle la structure d'un temple maya classique à une série de chambres rappelant les palais des gouverneurs de l'époque. Peu de monde ici encore, le tourisme n'a pas encore envahi la place, Seuls quelques iguanes prennent le soleil sur les pierres ou nous accompagnent dans notre éternelle montée des marches.

Sur le retour, Luis nous arrête dans un champs de pastèques, on en achète quelques unes aux petites dames abritées sous un toit de bois, et on goûte aux délicieux épis de maïs aromatisées de sel et de citron. De meilleur maïs il n'en existe pas !

La vie à la mexicaine : vive les hamacs !

Au Mexique, et tout particulièrement dans la péninsule du Yucatan, point de maison sans hamac. Souvent, il fait office de siège, de canapé, et de lit ! L'été est chaud ici, très chaud, et c'est bien plus rafraîchissant de dormir en hamac. Et les mexicains savent les tisser ! Nous les avons élus les plus confortables du monde. Alors, on aimerait bien en ramener, histoire de pouvoir nous aussi vivre à la mexicaine en France.

Luis a ses adresses. Les meilleurs et les moins chers des hamacs se trouvent dans un quartier en dehors de la ville... à la sortie de la prison ! Ce sont d'ailleurs les prisonniers qui les fabriquent, et leurs familles qui les vendent à la sortie. Et comble du bonheur, Seb en a trouvé un violet !

Un petit tour en ville et puis s'en vont

La vieille ville de Campeche est sans aucun doute l'une des plus belles du Mexique. A l'abri derrière ses remparts construits dès le 17ème siècle pour se protéger des pirates, elle arbore avec fierté ses façades multicolores, pas une seule maison ne possède la même teinte que sa voisine. La place centrale devient le dimanche un lieu de rendez vous pour tous ses habitants, on y joue au bingo campechano, ou même au minigolf portatif ! L'orchestre local prend place et inonde le quartier de ses airs langoureux.

Il est temps pour nous de quitter cette ville si paisible et ses gens si accueillants. Dur dur de quitter Campeche !

jeudi 12 mars 2009

De Veracruz à Palenque

Nous quittons Mexico et ses fous et nous dirigeons vers la côte. Prochaine étape : Veracruz. Là bas il y a la mer, le soleil, et on aimerait bien se poser un peu, histoire de nous changer du bus. Il faut dire que ces derniers temps ont été assez lourds de trajets, on est pas loin des 4000 kilomètres en 10 jours !

A Veracruz, il fait froid, parole de Mexicain

Nous voici arrivés à la gare des bus. On demande à un taxi s'il connaît un hôtel pas cher, il nous répond « un hôtel avec les 3 B, Bueno, Bonito, et Barato », c'est à dire Bon, Joli et Pas cher, ben oui, c'est ça qu'on voudrait s'il vous plait monsieur. Pas de problème, cet homme est efficace, il a ses adresses.

Il nous explique également qu'en ce moment il fait froid, et ça, c'est une chose que l'on n'avait pas remarqué. En effet, à Veracruz, lorsqu'il fait moins de 30 degrés, on se pèle les miches... En tout cas, nous, on est bien content de la température, et, après avoir déposé nos sacs à dos dans la chambre, nous partons à la découverte de la ville et de ses plages.

Une petite marche de trois quarts d'heure le long d'une promenade gagnée sur la mer nous amène à la playa de Veracruz. Sable brun, eau bleue foncée et des tas de mexicains qui prennent un bain. Les filles sont généralement habillées, ici on ne dévoile pas son corps lorsque l'on se baigne. Du coup, rares sont les serviettes étendues sur le sable, car ici on ne fait pas non plus bronzette. A la place des serviettes, des tables à perte de vue, et des serveurs qui vous accostent tous les 2 mètres pour vous proposer une bière, un poisson, un cocktail. La plage nous est sympathique, la mer relativement chaude, on reviendra se faire un plouf demain !

A Veracruz, on aime la musique

Il fait soif, c'est l'heure de l'apéro, nous nous rendons au Zocalo, la place principale du centre de Veracruz. C'est samedi soir, les gens sont de sortie, et nous nous posons sur l'une des nombreuses terrasses. Il paraît que Veracruz est la capitale de la musique mexicaine, la ville s'est spécialisée entre autres dans la Bamba, la Marimba ou le Danzon. Et bien, nous allons en faire l'expérience, Veracruz et la musique, c'est une réélle histoire d'amour ! Qui se transforme parfois en une cacophonie à la mexicaine... Un premier groupe de musiciens tout en noir joue autour d'une table, à quelques mètres de nous. Apparaît le groupe des tout en blancs, qui se poste un peu plus loin, mais voilà aussi les rouges, et bientôt les multicolores ! ce n'est pas fini, d'autres noirs (il y a plusieurs bandes) arrivent avec leur xylophone et s'installent... à 50 cm de notre table... Nous nous échappons, la musique, c'est sympa en fond sonore, mais lorsqu'il faut crier pour se faire entendre, ça l'est nettement moins... Enfin, au milieu de la place, une estrade a été montée, et des musiciens antillais commencent leur show. Veracruz ne fait pas défaut à sa réputation !

Nous restons quelques jours à Veracruz... Ah ben non.

Un vent à balayer les perruques souffle sur Veracruz. C'est la tempête, et pour le coup, la température s'est rafraîchie ! La plage, c'est donc compromis... En plus, c'est dimanche, et le dimanche, c'est pas très rigolo. Tout est fermé, et on se pose la question : reste-t-on, reste-t-on pas ? Reste-t-on pas gagne, et nous voici reparti sur les routes en direction de Palenque.

Palenque

Nous arrivons à Palenque le lendemain après une halte à Villahermosa, ce qui veut dire « la belle ville ». Si elle est belle, ça, on sait pas, on est resté dans le quartier de la gare, et avons dormi dans un hôtel tout pourri où t'entends la télé « à donffe »de tes voisins et le chauffaud de bon matin sauf que dans ta chambre, il y a pas d'eau chaude.

Le lendemain, nous voici enfin arrivés dans la région du Chiapas, à Palenque, au coeur de la jungle. Nous trouvons un charmant petit hôtel vraiment pas cher, avec, messieurs dames, piscine, transats, et même hamacs... Le bonheur ! C'est qu'on est bien dans ce petit coin de paradis, alors, on troque la mer pour la piscine et on reste quelques jours.

Le site archéologique

Palenque est réputé pour le site archéologique du même nom qui se trouve à 8 kilomètres de la ville. Nous voici donc partis à la découverte de cette grande cité Maya.

La lumière du petit matin éclaire et magnifie les temples, protégés par une jungle majestueuse qui veille en arrière fond. Il est encore tôt, nous profitons du site avant que la masse des touristes n'envahisse les lieux. Et quel splendeur ! Nous nous glissons dans le palais, complexe de bâtiments et de terrasses dominé par une tour unique en son genre dans l'architecture maya, nous grimpons les pyramides du soleil ou de la croix et admirons les bas reliefs qui se trouvent dans les temples à leurs sommets. Mais surtout, nous admirons la superbe structure des inscriptions, une pyramide à degrés surmontée d'un temple à la crête qui touche le ciel, celle là même qui renferme le sarcophage de l'un des plus grands seigneurs mayas : le roi Pakal. Pakal, c'est celui qui redore le blason de la cité au 7ème siècle et qui la relève alors qu'elle est mise à mal par sa rivale Calakmul. Il érige de nouveaux bâtiments, embellie ceux existants, et meurt après 68 ans de règne. Il est alors enterré dans le tombeau qu'il avait pris soin d'ériger avant sa mort, et comme la tradition le veut son corps est recouvert de cinabre rouge et de bijoux de jade. Pakal, nous on le connait déjà, on l'a rencontré au Musée d'Anthropologie de Mexico... on l'avoue, il était pas bien en forme !

Après avoir exploré la cité des seigneurs et des prêtres, nous descendons dans la forêt et découvrons les quartiers d'habitation, à proximité d'une charmante rivière qui s'étire en cascades.

Yaxchilan

Le problème, si s'en est un, c'est que la péninsule du Yucatan et ses environs sont bourrés de sites mayas. Hormis les plus connus, les incontournables que sont Palenque, Chitchen Itza pour le Mexique, ou Tikal pour le Guatemala, il y en des centaines, tous extraordinaires, tous différents, tous impressionnants. Alors, comme nous n'avons pas envie de nous contenter uniquement du haut du classement mais aussi de nous la jouer à la Indiana Jones et arpenter des sites déserts de touristes, on décide d'explorer les moins connus. Et c'est là où le bas blesse : il nous faut choisir.

On se décide pour le site archéologique de Yaxchilan, à la frontière avec le Guatemala.

Il est 5h du matin, nous roulons dans un minibus et sautons sur les centaines de dos d'ânes, si en France les collectivités ont des actions dans les ronds points, ici, c'est certainement dans les dos d'ânes ! Près de 3h plus tard, nous voici près de la rivière Usumacinta qui sépare le Mexique de sa voisine guatemaltèque. Il nous faut remonter le fleuve durant trois quart d'heure pour atteindre le site. On s'attend donc à voir de petites embarcations qui font la navette, effectivement, il y a bien des bateaux, mais pas de navettes régulières. Vous voulez aller à Yaxchilan ? Pas de problème, vous pouvez louer votre propre barque pour vous tout seul. Mais il vous faut sortir les billets messieurs dames ! bon, ben, il est super tôt le matin, pas de compagnons de route en vue, on n'a pas trop le choix, alors c'est parti pour le tour de bateau privé !

Une petite brume épaisse recouvre le cours d'eau, notre pilote se faufile dans les nuages et nous glissons entre forêts et champs de maïs. La traversée nous rappelle quelques souvenirs d'Asie !

Nous débarquons à Yaxchilan, et on est bien contents, parce qu'on est les premiers visiteurs ! Nous marchons dans la jungle jusqu'à un joli bâtiment dans lequel une ouverte mène dans un couloir de plus en plus sombre où ont élus domicile les chauves souris... Et les grosses araignées ! Un peu plus loin, une autre porte et quelques marches nous mènent jusqu'à une immense place aux multiples structures. Le soleil joue avec le feuillages des arbres immenses, il caresse les pierres, et nos yeux ne sont pas assez grands pour pouvoir embrasser toute la beauté de ce spectacle du passé.

Nos oreilles, quant à elles, sont un peu déconcertées. Un bruit étrange, quelque chose comme une grosse machine, mais, non, ce n'est pas possible par ici, non, ça serait plutôt un râle, mais un râle qui vient du fond des entrailles, comme celui d'un énorme animal qui serait en train de rendre l'âme. Nous écoutons, marchons vers le point d'origine de ce bruit, il est de plus en plus fort, on se croirait presque dans un mauvais film d'horreur, coursés par un monstre qui veut nous dévorer. On y est, ça vient de là haut, mais d'où, nous fixons la cime des arbres, et nous découvrons... Un singe, un simple petit singe, qui paye pas de mine en plus, accompagné de ses petits. Ah ça, vraiment, c'est certainement l'animal à la cage thoracique la plus développée du monde ! Voilà le macaque que l'on connaît mieux sous le nom de « singe hurleur ». Peut-être aurait-il mieux mérité le nom de « singe agoniseur » !

On se régale à Yaxchilan, le site est superbe, les pyramides magnifiques, et on a les vieilles pierres pour nous tout seuls. Deux heures plus tard, nous repartons et croisons les barques débordantes de touristes qui viennent rendre visite à notre hurleur de la jungle. On se dit alors que les quelques billets dépensés valait bien le moment magique en exclusivité que l'on vient de passer !

samedi 7 mars 2009

Mexico

A Mexico, Mexiiiicoooo comme le disait si bien Luis Mariano... paraît même que le temps paraît trop court pour goûter au bonheur de chaque jour... En tout cas, nous on a tout un mois pour y goûter !

Après 8h de trajet, notre avion s'apprête à atterrir... Extraordinaire spectacle que cette ville de 9 millions d'habitants, 20 si on compte sa banlieue, qui s'étend à 2000 mètres d'altitude sur un plateau encerclé de hauts sommets.
Ca et là, un lac, un peu de verdure, rappelle qu'il y a des siècles la nature était maître. Plus maintenant ! Le plus incroyable c'est que la piste d'atterrissage se trouve en plein milieu de la ville. On survole les autoroutes, les petits immeubles, de très très près.

Voilà, on y est à Mexico, cette ville à la réputation plus que tendancieuse, cette mauvaise élève des mégalopoles mondiales. Haut degré de pollution, note élevé en ce qui concerne la délinquance, Mexico ne cesse d'inquiéter. Promis, on fera attention !

L'hôtel que l'on a réservé vient nous chercher à l'aéroport, ça facilite les choses... Ou peut-être pas ! D'abord, il nous faut les appeler. A l'heure du portable, rien de plus facile, sauf que nous on n'en a pas, de portable ! Et les cabines ne prennent pas la carte bleue. Ni les pièces ; Bon, il nous faut retirer des sous, acheter une carte de téléphone, voilà, c'est fait, on sort à peine du magasin qu'un gentil monsieur ayant compris notre quête nous propose d'utiliser son portable... Une carte de téléphone dans la poche pour rien, nous joignons l'hôtel qui nous donne les instructions à suivre : prenez le train pour le deuxième terminal, allez à la porte 5, attendez une Toyota verte... On se prendrait presque pour Jason Bourne ! Après une bonne heure d'attente, nous voici dans la Toyota qui nous mène à notre hôtel.
Le petit monsieur de la réception nous amène à notre chambre en emportant avec lui un objet pour le moins curieux : Une espèce de grosse boîte ronde.
Mais qu'est-ce que ça peut bien être que cette grosse boîte ronde ? Le petit monsieur le branche, et commence à expliquer... mais non, on n'a pas très bien compris, à ben si, il persiste, c'est un écran de bruit. Quand tu l'allumes, ça fait bbbbrrrrhhh, un son continu et sourd, un peu comme un gonfleur électrique, ou alors un moteur d'aquarium. Avec ça, c'est sûr, t'entends plus rien !
Bon, allez, une bonne nuit de sommeil (sans écran de bruit) et à nous le Musée National d'Anthropologie.

Le Musée d'Anthropologie

Pour nous rendre au Musée d'Anthropologie, nous longeons le Paseo de la Reforma et découvrons une ville beaucoup plus jolie que celle que nous avions imaginée, fontaines, larges avenues, parcs se succèdent... Reste que les 4 millions de véhicules qui circulent dans la ville ne sont pas du domaine du fantasme, la circulation est dense, voire souvent non circulante. Après quelques trois quart d'heure de marche, nous voici devant le musée, édifié dans les années 60, un réel modèle en matière d'architecture. Une immense cour, agrémentée de bassins où des tortues étalées de tout leur long sur des pierres prennent le soleil, donne accès à de grandes salles aérées qui exposent quelques unes des plus belles pièces des civilisations passées. Avec les différentes cultures qui se sont succédées, Olmèques, Aztèques, Mayas pour n'en citer que quelques unes, le Mexique est bel et bien le pays le plus riche que l'on est vu en matière d'archéologie.
D'une salle à l'autre, nous nous promenons dans le temps entre les frises du Dieu Serpent à Plumes de Teotihuacan, l'immense sculpture d'un visage Olmèque ou encore le tombeau du roi Maya de Palenque, le célèbre Pakal et ses ornements de jade. De réelles oeuvres d'art témoins du passé laissées par ces civilisations depuis longtemps disparues.
Sans aucun conteste, le musée d'Anthropologie de Mexico est l'un des plus beau musée du monde.


La salle la plus visitée reste celle des Mexicas, plus connus sous le nom d'Aztèques, ceux là mêmes qui régnaient sur le pays lorsque Hernan Cortès et ses copains espagnols sont arrivés en 1519, ceux là aussi qui ont créé la ville de Mexico.

Au 14ème siècle, les Mexicas étaient à la recherche d'un endroit sympa pour s'installer. Ils erraient déjà depuis un certain temps, tous les bons coins pour se poser étant évidemment déjà squattés par d'autres peuples, lorsqu'ils virent
« sur un cactus perché un aigle tenant dans son bec un serpent ». Les prêtres sûrement fatigués de leur longue errance, auraient alors considéré le fait comme un signe des Dieux et déclarèrent que le peuple aztèque devait s'installer ici. C'est ainsi que Technotitlan fut établie sur une île en plein milieu d'un lac. Force est de constater que ça leur a plutôt réussi puisque les voici bientôt maîtres d'un important royaume qui s'étend du Pacifique au Golfe du Mexique.

Au musée, une maquette montre la ville de Tenochtitlan telle qu'elle était lorsque les espagnols sont arrivés, une ville de 250 000 habitants en plein milieu d'un lac, construite sur une île marécageuse et agrandie sur l'eau, une petite Venise, et on a du mal à s'imaginer que la présente Mexico a été construite sur ses ruines, dans le bassin d'un lac qui n'existe plus. Les conquistadors, confrontés au problème des inondations, ont drainé, et drainé encore jusqu'à ce que de l'eau du lac il n'y en ai plus. Aujourd'hui, on subit les conséquences des erreurs du passé, la ville s'enfonce un peu plus chaque année dans une zone autrefois marécageuse, et puis surtout maintenant, à Mexico, il n'y a plus assez d'eau pour pourvoir la population en son ensemble... Too bad !

A Mexico, des constructions aztèques, il ne reste plus grand chose, la ville espagnole a été construite sur leurs ruines, par contre il reste quelques objets incroyables réalisés par leur soin et exposés au musée, comme cette énorme calendrier sculpté dans un monolithe de 17 tonnes, ou alors cette magnifique coiffe en plumes de Quetzal de Moctezuma II, dernier souverain aztèque qui lutta contre l'invasion espagnole... Ah ben non, la coiffe c'est une copie, la vraie, elle est en Autriche, on se demande bien ce qu'elle fout là-bas. Les Mexicains aussi se le demande, et réclame haut et fort le rapatriement de leur bien dans son pays d'origine.

A la sortie du musée, une musique envoûtante jouée par un flûtiste ondule jusqu'à nos oreilles. C'est joli, c'est agréable, nous nous avançons vers la source, mais point de joueur de flûte devant nous... Le son vient du ciel. Nous levons la tête, oui, il est là haut le musicien, perché sur un poteau d'au moins 30 mètres de hauteur. Et il n'est pas tout seul, il est accompagné de quatre compagnons attachés par une corde, et les voilà qui se lancent dans le vide la tête en bas. Ils tournent, ils tournent autour du poteau tout en déroulant leur corde et petit à petit, les cheveux au vent, ils descendent jusqu'à toucher le sol. Même pas la tête qui tourne, les 4 mexicains se relèvent et marchent jusqu'au centre comme si de rien n'était !

Teotihuacan

A quelques kilomètres de la ville de Mexico se trouve le site archéologique de Teotihuacan. La civilisation du même nom reste un mystère pour les chercheurs, peu de sources écrites leur révèlent qui étaient véritablement les bâtisseurs de cette incroyable cité. On sait tout de même qu'ils se sont établis et ont régnés entre 100 avant Jésus Christ et 750 après et qu'ils faisaient du commerce avec les autres peuples environnants, notamment les mayas. Ils possédaient le monopole de l'obsidienne, et ça, c'était un peu la mine d'argent de l'époque, ça les a rendus riches !
Nous voici sur ce site où la végétation se fait timide. Les constructions sont disposées autour d'une grande allée de 4km sur 40 mètres de large. La plus grande et la plus impressionnante des structures c'est évidemment le temple du soleil, une pyramide gigantesque de 65 mètres de haut. Elle a été construite sur une grotte, symbole de l'inframonde, que l'on ne peut malheureusement pas visiter. Faut dire qu'on est pas les seuls à Teotihuacan ! Des bus à la pelle y déverse leurs flots de touristes. Mais si l'on ne peut pas rentrer à l'intérieur du bâtiment, on peut lui monter dessus ! C'est parti pour quelques centaines de marches, et tout en haut, la récompense, la vue embrasse le site et les alentours, superbe. Au bout de l'allée se trouve la pyramide de la lune, qui connaîtra le même sort, on la grimpe, on s'assoit, et on admire.

Quelques 5 siècles après la disparition de Teotihuacan, les aztèques redécouvrirent le site. D'après leur légende, c'est ici même que les Dieux créèrent le monde dans lequel on vit, le 5ème et dernier après plusieurs essais infructueux. Mais pour créer un monde, il faut créer un soleil, et pour créer un soleil, il faut qu'un Dieu se jette dans un bûcher. On se décida pour le Dieu Pustuleux, pas tellement heureux d'être l'élu. Il hésite, il hésite, il hésite tellement qu'à la fin, un autre Dieu, Tonatiuh, excédé, décide de s'y jeter à sa place. Pustuleux est tout péteux, il est pris de remords et se jette aussi. C'est bien joli tout ça, mais ça nous fait deux soleils, et ça, c'est pas possible. Les Dieux restants se concertent et décident alors que le deuxième soleil sera moins brillant et ne brillera que la nuit...

mercredi 25 février 2009

Bye bye Amérique du Sud

Il est temps pour nous de redescendre tranquillement jusqu'à Santiago, où nous attend notre vol qui nous mènera vers notre dernière étape : le Mexique.

Et pour ce faire, on va prendre... Des bus ! Un petit bus de nuit qui tourne qui tourne jusqu'à Arequipa, la ville blanche, à l'accent colonial, où l'on rencontre le père Noël (si si) qui y réside toute l'année et qui y vend ses bonbons dans son habit vert (sauf en décembre, il devient tout rouge) ; Un petit bus de jour pour nous emmener à la frontière chilienne. On y rencontre un couple de chiliens, Mario et Patricia, avec qui on avait pris le même bus qui tourne de Cuzco deux jours auparavant. Ils décident de nous prendre sous leurs ailes, on prend le taxi qui passe la frontière avec eux, puis on se retrouve à déambuler dans les rues d'Arica à la recherche d'un petit hôtel que Mario connaît (mais pas les chauffeurs de taxi de la ville !). On y est, on va pouvoir se reposer un peu... Il fait chaud à Arica, il fait beau, et ça fait du bien. Alors on décide de ne repartir que le surlendemain...

Arica et les grosses méduses

A Arica, il y a même la plage ! si ça c'est pas cool ! Alors on prend nos maillots, nos serviettes, et on marche jusqu'à la grande plage que l'on a repéré la veille en arrivant... Ouais, mais la plage à Arica, c'est du sable noir brûlant, une mer grise glaciale, et des méduses énormes qui jonchent le sol... Bon, ben, pour la baignade, on attendra le Mexique !

Et un autre piti tour de bus

Encore un tour de bus de nuit qui tourne moins, pour nous rendre à la Serena... 24h assis vautrés dans nos sièges qui s'inclinent, à admirer le désert qui n'en finit plus... Et enfin la délivrance, nous voici de retour à la Serena ! Quelques 3 mois et des poussières plus tard, la ville s'est parée de ses atours d'été. On en profite pour faire un tour à Vicuna, petite ville à 1h de là dans la vallée d'El Elqui. Il paraît qu'il y a la fête des vendanges, on va goûter à la liqueur du pays, j'ai nommé le bien aimé PISCO ! Ah ouais, ben non, on s'est trompé de jour, la fête des vendanges c'est la semaine suivante... Qu'à cela ne tienne, on ne va pas se laisser faire, alors on visite la distillerie de Pisco du coin... Et on n'est pas les seuls ! Les chiliens adorent le Pisco et ça se voit. Une visite tous les ¼ d'heures à 50 personnes minimum, la visite de la distillerie Capel ne connaît pas la crise !

Santiago

Retour dans la capitale (en bus !), un petit air de déjà vu... Sauf le tarif de l'hôtel qui a pris 25% ! Lui non plus ne connaît pas la crise !! On en profite pour (enfin) monter au Cerro San Cristobal, qui domine la ville et le quartier Bellavista où nous résidons. Pour accéder au sommet, nous empruntons le funiculaire qui date de 1923, tout brinquebalant qu'il est il nous emmène en haut de la montagne. Un petit effort, et nous voici à la statue qui domine la ville, et à la grande stupéfaction d'Aurélie, c'est pas un Jésus, c'est une Madone ! La vue d'ici est extraordinaire, le regard embrasse toute la ville tapie au fond d'une vallée et surmontée des majestueux sommets andins aux neiges éternelles.

Il fait chaud, c'est l'été ici, et on aurait bien envie de se rafraichir. Ca tombe bien, il paraît qu'il y a une piscine sur la colline ! On s'oriente tant bien que mal sur un plan, on demande notre chemin, nous voici dans la bonne direction. Mais de piscine point... On marche, on marche, on marche, il fait toujours chaud, mais où qu'elle est donc cette piscine ? Il faut dire qu'on n'avait pas bien pris en compte l'immensité du Cerro, vu d'en bas, il paraît tel un tout petit sommet, mais en réalité il s'étend sur des kilomètres... Ah, un peu plus bas, des voix d'enfants, on doit pas être loin ! Et c'est une immense piscine où barbotent des centaines de gens qui nous accueille. Nous plongeons dans l'eau avec délectation...

Un petit apéro dînatoire sur la terrasse de l'hôtel, on profite de la douceur du climat et du petit vent frais du soir qui nous taquine, avant de s'endormir en pensant à notre vol du lendemain qui nous emmène à Mexico !