lundi 29 décembre 2008

Buenos Aires

Nous voici dans la capitale de l'Argentine, celle qui possède un si joli nom, j'ai nommé Buenos Aires. 6 millions d'habitants dans la ville même, 13 millions avec sa banlieue, Buenos Aires est grande, très grande, et de larges avenues la percent en son centre.

Nous logeons sur l'une d'entre elle, la vibrante avenue Corrientes, si longue qu'il faudrait des heures et des heures pour se rendre d'un bout à l'autre à pied. Heureusement, il y a le métro, celui où on se colle les uns aux autres sous une chaleur à faire transpirer à grosses gouttes. Ici, on ne sait jamais quand est l'heure de pointe, les horaires des argentins étant radicalement opposés à celle de la vieille europe, l'espagne faisant exception ; on se lève un tout petit peu plus tard que chez nous, mais pas tellement, par contre on fait une grande pause entre 13h et 16h, c'est l'heure de la sieste, et on rentre chez soi après le travail relativement tard, souvent vers 20h.
La voilà la véritable heure de pointe, à 20h tout le monde est dehors, ceux qui rentrent du travail, ceux qui vont faire les courses, parce que oui, les magasins sont ouverts jusqu'à point d'heure. Et puis ici on ne mange que lorsque la nuit est tombée, ça veut parfois dire après 23h, 23h30, selon où l'on vit en Argentine, et si l'on sort, ce n'est pas avant 1h du matin, alors on se couche tard, très tard.

Vive le shopping

On profite d'être à Buenos Aires, la capitale de la mode et des boutiques branchées, pour faire quelques emplettes, surtout pour Aurélie qui se débattait avec ses 3 t-shirts et son unique pantalon depuis de nombreux mois maintenant, puis on va visiter quelques quartiers sympas.

Nous nous rendons à San Telmo, un quartier riches en antiquités et vieilleries en tout genre, c'est un régal que de déambuler entre les étals où l'on vend tout et n'importe quoi, du téléphone des années 20 à la figurine kitsch.

Cimetière Recoleta

Aussi étrange que cela puisse paraître, nous partons visiter le cimetière de la ville. Plus qu'un cimetière, c'est une véritable ville des morts, chacun à sa maison, énorme, que beaucoup de vivants envieraient. Gigantisme des tombeaux, ornés d'or, de marbre, de matériaux précieux, créés au 19ème siècle par des êtres imbus d'eux-mêmes, qui, même dans la mort, souhaitaient montrer à leurs voisins à quel point ils étaient riches et puissants...

La plus célèbre résidente de Recoleta est sans aucun doute Eva Peron, plus connue sous le nom d'Evita, première dame de l'Argentine entre 1946 et 1952. Disparue très tôt, à l'âge de 32 ans, après avoir soutenue les plus pauvres, on lui voue aujourd'hui un véritable culte de la personnalité, chaque ville possédant au moins une statue de la grande dame.

On quitte la ville pour le Nord Ouest de l'Argentine

Encore un petit tour de bus de... 20h et hop nous voici à Salta

samedi 20 décembre 2008

Puerto Natales, Torres del Paine et Perito Moreno

Puerto Natales

Nous voici à Puerto Natales, petite ville bien agréable en bord de fjord, porte d'accès au fameux parc national de Torres del Paine. Nous avons réservé une chambre dans une auberge, qui se trouve encore dans la cuisine (ça nous arrive fréquemment), et qui sent pas bon... Pas tellement envie de squatter dans cette chambre, heureusement, on avait prévu une journée en bateau !

Au fil de l'eau

Nous remontons le fjord Ultima Esperanza en Catamaran vers les glaciers Balmaceda et Serrano, et nous découvrons une côte découpée, des sommets enneigés, sous une lumière patagonienne à tomber. Le ciel couvert laisse passer parfois un rayon de soleil, éclairant une montagne, un arbre, une cascade... Le soleil s'amuse et dirige notre regard sur ce qu'il faut admirer. Magique.
On passe un premier glacier, le Balmaceda, accroché à la roche, le bleu de la glace contrastant avec l'orangé de la pierre, puis nous arrivons au second, le Serrano. Blotti dans un cirque, il se jette dans un petit lac tout bleu, et perd parfois un bout de lui même qui se met à flotter et à fondre tout doucement, alimentant de son eau millénaire le fameux petit lac tout bleu.

Nous embarquons ensuite sur un zodiac, vêtu d'une combinaison étanche de survie pour milieux aquatiques hostiles (eau à 4 degrés). Les bibendums que nous sommes remontent la rivière Serrano sur une distance de 35 kilomètres ; nous nous arrêtons prendre des nouvelles de cet ermite qui a quitté son village depuis 20 ans et vit seul au milieu de la forêt, puis nous faisons halte dans une hacienda, la seule à des kilomètres à la ronde, coincée entre deux parcs nationaux que sont le O'Higgins, le plus vaste de Patagonie, et le Torres del Paine.

Voilà qu'au loin nous pouvons admirer ces majestueuses montagnes, à la roche contrastée de noir et beige, sortant de terre tel un mirage. Magnifique. Bientôt, nous irons la visiter.


Torres del Paine

On fait le V du W

Le parc national Torres del Paine est connu dans le monde des trekkers pour son fameux circuit W, qui contourne les montagnes et s'enfonce dans les vallées. Nous, on s'est décidé pour un trek de 4 jours, et la découverte de deux vallées, celle qui vous emmène aux Tours et celle des français.

JOUR 1

Il fait beau, très beau, pas un nuage à l'horizon, et surtout pas de vent, un miracle dans ces contrées lointaines.

Après 3h de bus, nous voici à l'entrée du parc. Aujourd'hui, c'est petite journée, 4h de marche qui monte qui monte pour dormir au camp de base au pied des tours.

On réussit à se planter de chemin

Et oui, on est trop fort, il y a pas à dire, on prend le mauvais chemin, qui va toutefois dans la bonne direction, alors on continue, on rejoindra bien le vrai...

Ah le voilà, en face, tout près, ben oui mais non, à nos pieds, un immense canyon où coule une rivière nous barre la route. Redescend en longeant le canyon, et rattrape le chemin... Un petit détour d'une heure, avec un sac de 14 à 17 kilos sur le dos, une broutille !

On dort (peu) au camping de las Torres

4 h de montée, et nous voici enfin au camping de las Torres. On s'évanouit dans notre tente en songeant aux jolies tours que l'on va découvrir demain.

JOUR 2

3h30, le réveil sonne, on va voir le lever de soleil sur les tours. Et c'est qu'il se lève tôt le soleil en Patagonie ! Des dizaines de petites loupiottes éclairent le camp, tels de petites lucioles affairées, on est pas tout seul à vouloir découvrir ce spectacle unique.

45 minutes de marche, ou plutôt d'escalade pour atteindre la base des tours, les randonneurs partent à l'assaut des 310 m de pierrier, la course au soleil a commencé.

On arrive à moitié épuisé en haut pour découvrir un paysage unique, petit lac tout de vert vêtu au creux d'un cirque surmonté des 3 tours mystiques à la paroi abrupte.

Les minutes s'écoulent, et peu à peu le soleil vient chatouiller la tête des tours. On reste 3h à les contempler revêtir leur habit de lumière, jusqu'à ce que le paysage en son ensemble soit noyé d'un bain de soleil. On est content.

Bon, ben, c'est pas tout ça, mais il y a quand même 8h de marche qui nous attendent.

Il nous faut redescendre, replier la tente, charger le sac sur nos épaules, et marcher, descendre, monter, descendre, monter, sous une chaleur écrasante parce que, oui, en Patagonie il fait beau et il fait chaud.

Le paysage vaut le coup d'oeil, c'est le printemps, les arbustes explosent de couleurs, rouge des fleurs, vert des arbres, bleu turquoise des lacs créés par la fonte des glaciers.

16 km plus tard, nous arrivons finalement au prochain camp fourbus, nos pieds ne sont que douleur (surtout les gauches), nos épaules rougies se délectent d'abandonner les sacs à dos.

Et oh bonheur, nous allons pouvoir apprécier une douche chaude, et se délester de cette odeur tenace qui colle au corps.

On s'évanouit dans notre tente

Une nuit de sommeil de plomb nous requinque pour affronter notre 3ème jour

JOUR 3

Les épaules ne veulent pas, les jambes crient non, les pieds ne rentrent même plus dans leurs chaussures. Notre corps refuse de souffrir à nouveau. Et pourtant, sac sur le dos, c'est reparti ! 2h15 de marche et nous voici au prochain camp. On va pouvoir découvrir le val des français sans sac, et ça, ça fait plaisir !

Le val des français avorté

Sans sac, ça va mieux, mais c'est quand même douloureux. Ca monte, ça monte, et à mi chemin, alors que le plus dur est passé, Aurélie s'aperçoit qu'elle a perdu sa veste. Alors on fait demi tour, à la recherche de la veste perdue, mais où qu'elle est donc, on redescend, on cherche, et on se retrouve tout en bas au camp... La veste est définitivement perdue, les nuages s'amoncellent dans le val et nous on est trop épuisés et dépités pour repartir de nouveau. Le val des français c'était pas pour nous !

JOUR 4

Dernier jour dans le parc, nous repartons vers la prochaine étape où nous attend le catamaran qui nous ramènera au bus. On en profite pour manger un hamburger au refuge qui se trouve au pied du lac, de la viande et du pain, ça nous réconforte, après 3 jours de soupe et de nouilles ! Il ne nous reste plus qu'à monter dans le bateau, puis dans le bus qui nous ramènera à Puerto Natales. Nos jambes sont contentes, la marche c'est fini ! Sauf qu'à l'arrivée du bateau, oh surprise, le bus nous attend tout là bas tout loin tout au bout de la route, à près de 700 m de là, et ça c'était pas prévu...

Retour au confort, une bonne douche et un lit douillet pour quelques heures de sommeil avant notre prochaine étape : El Calafate, en Argentine.


El Calafate

Petite ville en bord de lac turquoise, elle est surtout connue pour son fabuleux parc des glaciers, et celui célèbre entre tous : le Perito Moreno.

Le Perito Moreno

Ce n'est pas le plus grand glacier visible en Patagonie, mais une avancée de terre fait front à cette étendue de glace ce qui permet d'en avoir un point de vue unique.

On démarre par un petit tour de bateau, et oui, on aime bien ça, le bateau, pour se retrouver au pied de cette énorme façade de glace, d'une cinquantaine de mètres de haut.

Puis nous le découvrons d'en haut, et là, nous prenons vraiment conscience de son immensité. 5km de large, 14km de long, de la glace à perte de vue, le perito moreno, c'est vraiment une belle bête.

Des pics, des creux, des infractuosités qui dansent sous le soleil, en nous offrant toute une palette couleurs, du bleu intense au blanc neige.

Le glacier craque, le glacier râle, le glacier avance, jusqu'à 2 mètres par jour en son centre, et des morceaux petits ou grands s'en détachent, toujours dans un grand fracas assourdissant.

On ne lasse pas d'admirer cet océan de glace, c'est un spectacle féérique.

Bye bye la Patagonie

La Patagonie, c'est fini, on s'envole pour la capitale de l'Argentine, la célèbre Buenos Aires. On évite ainsi un trajet de 40h de bus (bon, c'est vrai, on en a un peu marre du bus !)

mercredi 17 décembre 2008

Ushuaia Punta Arenas

On nous a dit “Ushuaia, c'est pas terrible, il y a rien à faire, ça sert à rien d'y aller”. Oui, mais Ushuaia, c'est quand même tout là bas en bas du monde, alors on décide d'y aller quoiqu'il en soit.

Et puis on a trouvé un vol qui nous coûte à peine plus cher que le bus, et on gagne 12h de trajet, alors on en profite !

Le piti navion

Il est pas cher le petit avion, mais il est aussi tout petit. A peine une trentaine de personnes peut rentrer dans sa carlingue. Il est pas tout neuf non plus, les sièges sont tous à moitié cassés, mais la carcasse, c'est du solide. LADE, la compagnie aérienne, est une compagnie de l'armée argentine, c'est louche, mais c'est comme ça...

Le petit avion à hélice décolle en vibrant de tout son être, et nous fait découvrir vu du ciel la fameuse terre de feu, joli nom trouvé par Magellan à cause des feux allumés par les amérindiens qui vivaient ici et visibles depuis l'océan.

Une terre aride, fidèle à la pampa argentine, sans relief, jusqu'à ce qu'on arrive tout au sud, là où se trouve le canal de Beagle et où viennent mourir les Andes.


La ville d'Ushuaia, coincée entre les majestueux sommets enneigés et le canal, s'étend sur des kilomètres de long. Une ville de 60 000 personnes, là bas loin de tout, c'est incroyable. Et dire qu'au départ elle est née d'une prison, le gouvernement argentin envoyant ici à la fin du 19ème siècle ses bagnards pour construire la cité. Ici, impossible de s'échapper !

Bienvenue au bout du bout du monde.

Ca souffle !

Magellan s'est trompé. Il aurait mieux fait d'appeler sa Terre de feu la Terre de vent. Ici ça souffle ! A peine sortis de l'aéroport, une bourrasque manque d'emporter Aurélie. La Patagonie venteuse, ça, c'est pas une légende !

On trouve une petite auberge toute jolie toute sympathique, et on y rencontre des tas de voyageurs, et comme souvent en Argentine ça se termine en « Asado », la spécialité du pays, barbecue de gros morceaux de boeuf ou de mouton cuit pendant des heures.

On part à l'assaut des sommets

La montagne nous appelle, alors on lui répond par une petite rando jusqu'à l'un des sommets qui domine la ville, le cerro medio. Deux heures d'une montée interminable sur 615 m de dénivelé, et une sortie de forêt spectaculaire, incroyable vue sur la baie d'Ushuaia sous un soleil radieux.

Retour au Chili

Nous quittons Ushuaia pour nous rendre à Punta Arenas, au Chili. Un trajet en bus d'une durée de 13h, durant lequel nous traversons la Terre de Feu divisée entre les deux pays frontaliers argentins et chiliens, sous un vent d'une puissance à faire tomber la tour Montparnasse. Heureusement ici pas d'immeubles, parfois une maison perdue au milieu de rien, et puis nous arrivons au fameux détroit de Magellan. Un bac nous attend, la mer est déchaînée, le bateau tangue entre les creux de 4 mètres, les vagues jaillissent et ensevelissent les quelques malheureux touristes venus s'aventurer sur le pont pour admirer le paysage... Seb en fait partie, trempé d'eau salé de la tête au pied !

Punta Arenas

Nous voici à Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili. Petite ville ventée, pas extraordinaire mais pas désagréable non plus. On profite de se trouver dans la ville pour faire un tour à la maison musée en l'état de Braun – Menendez ; ces deux familles étaient à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème maîtres de la région lorsque celle ci était le plus grand terrain d'élevage de moutons du monde, et que les bateaux se devaient de se réapprovisionner dans la ville avant d'affronter le Cap Horn.

On va à Puerto Natales

Nous continuons notre route un peu plus au nord, vers la petite ville de Puerto Natales.

dimanche 14 décembre 2008

Puerto Madryn et nos amis les pingouins

9h de route sur des kilomètres de rien, nous découvrons la pampa argentine, une terre aride et plate, parsemée de quelques touffes d'herbes, qui s'étend à perte de vue. Parfois, au bout de 3 ou 4 h de route, on croise un village, moins qu'un village, un hameau, perdu au milieu de nulle part. Puis de nouveau la pampa, encore et encore... Ouahh, cette terre est impressionnante de vide, d'aridité et d'infini !

Au bout de cet espace , Puerto Madryn se dresse devant nous tel un mirage, ville coincée entre désert et mer.
Ici l'on vit de la baleine, des lions de mers et des pingouins ; il suffit de lever les yeux pour remarquer ces immenses affiches parsemées un peu partout dans la ville. La péninsule de Valdes
n'est pas loin, refuge de milliers d'animaux, et Puerto Madryn en est le principal point d'accès.

Les baleines, on les a vu en Australie, et le souvenir que l'on a de cette sortie en mer est tellement magique que l'on a envie de le garder intact. De plus, c'est la fin de la saison, ne reste plus que les baleines à la traine, celles qui sont fatiguées, qui vont rejoindre l'Antarctique d'ici quelques semaines.

Non, nous, si on est là, c'est pour voir les Pingouins. Parce qu'on les a jamais vu les pingouins, et que tout près, à seulement 200 km de là (On n'a pas la même notion des distances en Argentine), se trouve la plus grande colonie de pingouins de magellans du continent Américain : Punta Tombo.

Punta Tombo

Chaque année, 1 million de pingouins se retrouvent sur ce petit bout de terre, car ils y trouvent un terrain de sable fin et compact qui leur permet de creuser facilement leur nid.
Papa pingouin arrive en premier fin août, creuse de ses petites pattes le petit nid douillet qui accueillera sa petite famille, au même endroit que l'année dernière. La maison est prête pour la lourde maman pingouin, qui se délestera de 2 oeufs à couver pendant un petit mois. Papa et maman pingouin se partage le travail, quand l'un couve, l'autre part manger, et vice versa.

Pour ne pas trop déranger les pingouins, un chemin d'un kilomètre et demi a été aménagé pour pouvoir visiter la colonie. Bien que nous n'ayons pas le droit d'en sortir, les pingouins eux ni prennent pas garde et l'empruntent, ou le traversent allègrement, sans se soucier de ces étranges êtres à deux pattes venus les observer.

Nous sommes début décembre, les petits bébés pingouins viennent de naître, petit être fragile les yeux tout collés qui se protège sous maman ou papa pingouin, et qui quand il ne dort pas crie qu'il a faim.
Pour le nourrir, les parents vont se relayer incessamment, et nous marchons au milieu de ses oiseaux qui se déhanchent, cahin cahan, et qui déambulent jusqu'à la mer, parfois à plus d'un kilomètre de là, Arrivés à l'eau, les voilà qui plongent et nagent et surfent la vague, virevoltent et disparaissent dans les eaux profondes.

C'est un va et vient incroyable de pingouins, ceux qui vont à la mer, ceux qui rentrent au foyer, ceux qui se calinent aussi, et parfois l'un d'entre eux, curieux, s'arrête, et entame avec nous un dialogue avec les yeux pleins de questions.
Puis, rassurés, il repart vers sa mission, cheminant entre les milliers de nids dans un décor de pampa, croisant parfois un mouton, ou un guanaco.
Pour nous, c'est une nouvelle expérience unique, une rencontre extraordinaire.

Y a pas que les pingouins...

Il y a aussi les dauphins ! Et pas n'importe lesquelles, les dauphins de commerson. Ces dauphins sont reconnaissables entre tous, tous petits, ils ont la tête, la queue et les nageoires noires et le reste du corps tout blanc !

On décide de partir à leur rencontre, et nous embarquons sur un gros zodiac, sûrement le plus gros du monde, prévu pour 60 personnes... Heureusement on n'est qu'une vingtaine, et à quelques centaines de mètre seulement du rivage, nous voyons apparaître un dos, une nageoire, puis des dizaines de dauphins qui entourent l'embarcation. Les dauphins de Commerson vivent en groupe, et ils aiment la compagnie, ils sont joueurs, passent et repassent sous le bateau, adorent lorsque ce dernier prend de la vitesse pour se faufiler sous la coque et lui faire la course.
Ils terminent par nous proposer un spectacle digne de Marineland, sautent comme des fous, cabriolent, vifs comme l'air.
On vous l'avoue : ils sont pas faciles à photographier ces bêtes là !

En tout cas, les dauphins, c'est drôlement rigolo !

Rencontre laotienne

A Puerto Madryn, on ne rencontre pas que des animaux. En rentrant à notre auberge de jeunesse, on se retrouve nez à nez avec Vincent, un français que l'on a rencontré sur le bateau qui descendait le mékong, au Laos, en mai dernier ! Entre temps, il est rentré en France, a travaillé 5 mois, et le voici de nouveau en vadrouille pour 2 mois.
Ce soir là, argentins et français se retrouvent autour d'une bibine, la bière étant définitivement la boisson numéro un mondiale.

On part pour le sud

Une petite nuit de bus pour nous rendre à Rio Gallegos, où nous attend notre vol pour Ushuaia, au bout du bout du monde.

mardi 2 décembre 2008

De Bariloche à Esquel

Les Andes

La route qui nous mène à San Carlos de Bariloche est superbe. La traversée des Andes ne manque pas de panache, on est encore une fois ébloui par les couleurs qui se juxtaposent, le vert, le bleu, le blanc des sommets enneigés et le jaune des genêts qui brille sous le soleil. On adore.

San Carlos de Bariloche

Bariloche est une ville importante, 120 000 habitants, à vocation essentiellement touristique. Il faut dire qu'elle a tout pour elle : au pied de montagnes somptueuses, en bord d'un lac foisonnant de poissons, elle fait sa belle et expose ses devantures luxueuses au vacancier venu d'Argentine ou du Brésil. La « Suisse Argentine » n'a pas volée son nom, et les chocolateries se succèdent les unes aux autres, alléchant le passant de leurs avalanches de friandises. Tout est beau, tout est clinquant, tout est cher aussi ! L'Argentine, en crise ? l'Argentine, pas chère ? Pas ici ! On se renseigne un peu et on apprend que le pays a connu une inflation de 40% entre l'année dernière et cette année... C'est pas bon pour nos finances tout ça !

Cerro Cathedral

Bariloche est aussi pourvue de l'un des centres de ski les plus étendus d'Amérique du Sud, le Cerro Cathedral, station de petits chalets de bois, au top de la technologie de la remontée mécanique. La saison est terminée depuis fin septembre, de neige il n'y a plus qu'aux sommets, mais la montagne et ses randonnées sont là, et on ne manque pas de se faire une petite balade histoire d'avoir une vue sur le lac qui repose en contre bas au soleil... Au soleil ? Ouh là tout au fond là bas de gros nuages noirs ferment la vallée... Et courent à notre encontre ! On va se la prendre, la sauce. Ce ne sera finalement qu'une petite vinaigrette, on l'a échappé belle.

On va à San Martin de los Andes... Ah ben non

Aujourd'hui on va à San Martin de los Andes. On s'est renseigné à l'office de tourisme, il y a deux compagnies de bus qui partent à 9h, très bien, on prendra les billets sur place. Il est 8h30, bonjour madame, le bus pour San Martin svp, vous avez vos tickets, ben non, ah, bah il est complet... le prochain est dans l'après midi.

Bon, il est 8h30 du matin, on a nos sacs sur le dos et on se trouve à la gare routière à des kilomètres de la ville, attendre 6h ici c'est pas très rigolo, on va où ?

On se décide en dernière minute pour Villa Angostura, à 2h30 d'ici.

Villa Angostura

Villa Angostura est un petit village qui s'est transformé depuis quelques années en annexe de Bariloche, des maisons de bois, des hôtels et boutiques de luxe, elle est moins grandiose que sa grande soeur mais beaucoup plus charmante. Nous, on y trouve notre hâvre de paix, une petite auberge avec feu de cheminée, tenu par un couple fou de vélo qui parcourt environ 3000 km à l'année. Il pleut averse, c'est le jour idéal pour coocooner et se faire de bons petits plats, on apprécie cette douceur de vivre.

On se lance tout de même dans une petite balade pour découvrir un point de vue il paraît magnifique, petite balade qui monte qui monte qui monte, Seb n'avait pas prévu ça ! Mais en haut, comme à chaque fois, quelle récompense ! Une vue sur plusieurs lacs au creux des forêts, splendide. La ville se trouve à l'entrée d'une région que l'on nomme des 7 lacs, et c'est par là que finalement nous nous rendons à San Martin.

San Martin de los Andes

San Martin, en bord d'un lac une fois n'est pas coutume, est souvent comparé à Megève. Encore une fois, on est chez les riches, mais on a réussi à se dégoter une petite maison, une cabana comme on dit ici, toute jolie toute mignonne, salon cheminée, cuisine, et à l'étage, 2 chambres... On n'en demandait pas temps ! De nouveau, on en profite, parce que être à l'autre bout du monde sans avoir d'autre chose à faire que de penser à nous ça ne va pas durer éternellement.

De nouveau, on fait une balade au sommet, sous un soleil écrasant, et de nouveau on admire la vue extraordinaire sur les... lacs !!

C'est l'anniversaire de Seb !

Aujourd'hui Seb a 33 ans ! Et oui, c'est un grand garçon ! Pour son anniversaire, champagne argentin à midi sur une terrasse au soleil, champagne argentin le soir devant le feu de cheminée, petit repas à la française entre amoureux, une bonne viande argentine bien saignante, on se régale !

On part pour Esquel

Esquel, notre prochaine étape, est à quelques 9h de bus de San Martin. La tête encore embrumée de la soirée d'anniversaire de Seb, nous arrivons éreintés à 23h à notre destination. Un taxi, et nous voici dans l'auberge de jeunesse que nous avons réservé sur internet. Toc toc toc... Personne. On entre, on appelle, on cherche, personne. On se résout alors au canapé du salon, en attendant que quelqu'un pointe le bout de son nez... La patience est la plus grande des vertus, nous voici récompenser par l'arrivée de notre hôte, qui nous mène à notre chambre... toute pourrie, on se croirait en Inde ! Faut dire qu'après notre petite maison à San Martin, on devient difficile. On est quand même extrêmement étonné de la différence de logement d'un endroit à l'autre pour la même gamme de prix, parfois on se retrouve dans un appartement immense, ou une maison avec deux chambres, et notre cuisine personnelle, parfois on se retrouve dans des chambrettes extrêmement sommaires sans salle de bain...

Esquel

Notre rencontre avec Esquel n'a pas très bien commencé, du coup on a du mal à l'aimer, cette ville. Il faut dire qu'il n'y a pas grand chose ici, les pâtés de maison se ressemblent tous, on fait des kilomètres pour trouver un supermarché, un bar. Bien qu'elle soit entourée de montagnes, on a qu'une envie, partir !

Le soir nous retrouvons notre charmante auberge de jeunesse, un peu plus animée cette fois, un bus de préados a déversé son lot de jeunes filles en fleur et garçons prépubères, les filles hurlent de leur voix stridente et les garçons vocifèrent de leur voix muante... Pas la peine d'essayer de dormir, ça sera pour demain, dans le bus !

On part à Puerto Madryn

Aujourd'hui on va à la mer, direction Puerto Madryn !

lundi 24 novembre 2008

Valdivia et Pucon

On atterrit à Valdivia

Le ciel est une nouvelle fois limpide lorsque nous arrivons à Valdivia, décidément nous sommes chanceux avec le temps. Le soleil se reflète sur l'une des trois rivières au confluent desquelles s'est installée la ville, « la région des fleuves » porte bien son nom !

Durant deux jours, on se laisse aller à la douceur de vivre valdivienne, profitant du doux soleil de printemps qui taquine notre visage, et explorant les recoins de cette cité charmante et agréable.

Le marché aux poissons

Au petit matin, en bord de rivière, les pêcheurs viennent vendre le fruit de leur travail, montagnes de saumons, congres, soles, oursins, fruits de mer de toutes formes et de toutes tailles. Les valdiviens ne sont pas les seuls à venir choisir et se régaler de ces produits frais, juste derrière les grilles que l'on a monté pour se prévenir de leurs attaques, mouettes, cormorans, pélicans et autres bêtes à plumes attendent avec impatience les restes de poissons et autres entrailles que les pêcheurs leur réservent. Et ils ne sont pas seuls ! Avides lions de mer et otaries guettent également, c'est à celui qui prendra possession de la meilleure place sur les quais aménagés à leur intention ! Spectacle unique, oiseaux et mammifères nous offre un superbe ballet dont on on ne se lasse pas. Repus, les otaries et lions de mer s'échouent sur une barge au large, s'évanouissant sous la chaleur du soleil bienfaisant.

Niebla et Corral

Nous partons explorer la région, et filons vers le petit village de Niebla. Ici, pas grand chose, c'est tout petit et tout vide... Un peu tout pourri quoi... Alors on décide de prendre le bateau pour se rendre sur l'autre rive, histoire de voir à quoi ressemble le village d'en face, connu sous le joli nom de Corral. Bon, le nom est plus joli que le village en lui-même, mais c'est un bon prétexte pour se promener entre les petites maisons chiliennes et s'aventurer dans les ruines du fort, construits au 18ème siècle à l'heure où les espagnols devaient protéger leurs navires se rendant de Valparaiso au Cap Horn.

Pucon

Nous quittons la région des fleuves pour celle beaucoup plus connue des lacs. Il faut dire qu'ici le paysage est de toute beauté, bleu intense du lac, vert tendre des forêts, et blanc immaculé des pentes des volcans. Nous nous rendons à Pucon, petite ville toute de bois vêtue, au pied du majestueux volcan Villarica. C'est un cône parfait perché à 2800 m et au sommet duquel s'échappe une légère fumée, preuve de l'activité intense de ses entrailles.

Pucon vit quasi uniquement du tourisme, c'est le lieu à la mode, agences, restaurants et hôtels se partagent les devantures. C'est vrai qu'ici le cadre est idyllique, et les activités nombreuses : l'ascension du volcan bien sûr, pas possible pour nous pour cause de pied pas encore réparé, mais aussi randonnées, rafting, balades à cheval, et puis les thermes. Et ça, nous, on adore !

Les thermes des Pozones

Le paradis de la therme, son joyau, THE NUMBER ONE. Au creux d'une vallée verdoyante, quelques bassins de roches accueillent généreusement l'eau chaude. Alors oui, c'est vrai, le soleil tape un peu fort et l'eau est bouillante, nos corps sont ivres de chaleur, mais quel plaisir de se trouver dans un cadre aussi charmeur, dérangés seulement par la mélodie des flots de la rivière adjacente. Je sais, ça fait râler. Surtout quand on voit les photos !

On continue notre visite de la région des lacs... Ah ben non.

Nous quittons Pucon pour nous rendre un peu plus au sud dans la région d'Osorno. Arrivés à la gare des bus, à la dernière minute, on change de plan et on prend un billet pour l'Argentine et San Carlos de Bariloche. Passer les frontières en lousdé, ça marche vachement mieux !

dimanche 16 novembre 2008

De Santiago à la Serena

Retour à Santiago

A notre arrivée à Santiago nous attend une agréable surprise : on a reçu les 2 colis que nous ont envoyés nos parents, soit plein de nouveaux livres en français et le cd de réinstallation de notre petit ordi.

Tout avait l'air si simple sur la toile, pour réinstaller linux sur l'EEE PC il suffit d'un cd rom, d'une clé usb, et d'un ordi... Sauf qu'ici les lecteurs cd rom ne lisent pas les cds français... Alors on court dans la ville à la recherche d'un hypothétique ordinateur qui voudrait bien nous faire le plaisir de déchiffrer notre disc compact... A la fin de journée, alleluia, on en trouve un, il n'y a plus qu'à suivre les instructions et enregistrer ce qu'il faut sur la clé USB... Sauf que ça veut pas. les mystères de l'informatique sont parfois impénétrables... Heureusement pour nous un « sachant » vient à notre rescousse, un technicien qui nous délivre en nous dénichant un lecteur de dvd et en utilisant sa cervelle d'informaticien et nous guérit notre petit ordi qui nous avait bien manqué...

Valparaiso

2 h de bus et nous voici à Valparaiso, 2ème ville du Chili avec ses 300 000 habitants, elle est divisée en 2 parties, la vibrante et bruyante ville basse, et les sereines et tranquilles collines. C'est là que vit la majorité de la population, dans des bâtisses à l'architecture incroyablement diversifiée accrochées aux 44 sommets qui encerclent la baie.

Nous arpentons les ruelles pavées du quartier historique, classé au patrimoine de l'UNESCO et admirons un incroyable embriglio de maisons aux couleurs tranchantes, encastrées les unes dans les autres, formant un fantastique paysage multicolore...

Les célèbres ascenseurs construits au 19ème à l'heure de gloire de la ville nous permettent de nous promener d'une colline à l'autre sans trop d'effort, et nous découvrons à nos pieds l'intense activité portuaire. Tout en Valparaiso rappelle cet âge d'or, lorsque la ville était l'escale obligée des bateaux se rendant du Pacifique à l'Atlantique par le détroit de Magellan, jusqu'à ce qu'un certain canal de Panama ne change à jamais les itinéraires maritimes.

Sur l'un des « cerros » se trouve l'une des trois maisons du célèbre poète Pablo Neruda, fierté des chiliens, et nous déambulons par de petits escaliers étroits d'une pièce à l'autre, admirant l'architecture insolite de la demeure et les collections d'objets du prix Nobel.
Dans chaque pièce, une grande baie vitrée offre une vue imprenable sur la ville. Grandiose.

Nous quittons Valparaiso en direction du Nord. En effet, nous planifions de longer la Côte jusqu'à la frontière avec le Pérou, notre prochaine destination. Première étape : La Serena.

La Serena

Le Chili est un immense pays long de 4300km et les trajets d'une ville à l'autre se comptent en plusieurs heures. Il nous en faut 7 pour nous rendre à la Séréna, mais les Chiliens nous facilite la tâche en nous offrant des bus semi cama, ce qui signifie demi lit, hyper confortables. Comme son nom l'indique, on fait les trajets à moitié couché, et même Seb et ses longues jambes prennent leurs aises.

Nous arrivons à La Serena la sereine, jolie petite ville ponctuée de 29 clochers, aux rues animées et à l'ambiance décontractée. Bref, on se sent tout de suite comme chez nous ici, d'autant plus que les tenanciers de notre maison d'hôtes sont extrêmement sympathiques. On y rencontre d'autres voyageurs, un couple d'allemands, Kai et Kathy, qui font également le tour du monde, et de fil en aiguille on organise un barbecue dans le jardin pour le lendemain soir, en invitant au passage tous les autres convives, qui se révèlent tous être... Allemands, ben ouais, ils sont un paquet à venir par ici.

En allant à la plage...

En allant à la plage, à quelques 2 kilomètres du centre ville, nous entendons derrière nous une voix qui crie : « Aurélie ! ». Au loin, nous voyons une jeune fille qui saute d'un taxi et vient nous rejoindre, c'est Florence, la fille d'un couple d'amis des parents d'Aurélie, qui vit à Antibes ! Le monde est petit... Florence et Patrice sont arrivés il y a quelques jours pour un voyage de 4 mois en Amérique du Sud. On discute un petit moment sur le trottoir avant de se donner rendez vous à 19h pour le barbecue le soir même.

La plage est immense, 14km de long, bordée de petits immeubles, hôtels et quelques restaurants. Pour l'instant, elle est déserte, et attend tranquillement la saison et ses touristes qui s'annoncent avec l'été, en janvier et février.

Le phare, construction insolite, paraît tel un château en carton pâte, un château Wall Disney au charme féérique.

Barbecue party

Le barbecue démarre et tous nos allemands arrivent... Mais de Florence et Patrice point... 19h30, 20h, 21h, on les a définitivement perdus... Et voyage oblige, pas de téléphone portable !

21h30, alors qu'on ne l'attendait plus, Florence arrive... Sans Patrice ! Ce dernier nous a fait une belle allergie aux fruits de mer, tout rouge et tout gonflé qu'il est devenu, et ils ont donc passé la fin d'après midi à l'hôpital... Bienvenue au Chili ! Ce n'est que partie remise, on dînera avec eux demain soir.

Entre temps, nous avons appris qu'il y avait des troubles à Tacna, ville frontière du Pérou, des miniers qui se révoltent... Vérifications faites, la ville est en état d'urgence pour les 30 jours à venir. On ne peut plus passer au Pérou par là. Il va falloir revoir nos plans...

On décide alors de passer en Argentine à Mendoza, puis de descendre au sud, on ira au Pérou dans quelques mois, à la fin de notre séjour en Amérique du Sud.

Valle del Elqui

Après avoir finalement réussi à dîner avec Florence ET Patrice, qui va beaucoup mieux et est tout dégonflé, nous partons en direction de la Valle del Elqui, à quelques kilomètres de la Serena. C'est sur ses sommets que se trouvent plusieurs grands observatoires astronomiques, profitant du climat sec et surtout des 320 nuits claires par an... Et autant de jours de soleil ! Quelle incroyable différence de température entre La Serena et les villages de la vallée ! Partis sous les nuages et un vent très rafraîchissants, nous arrivons sous un ciel limpide et un souffle d'air chaud au petit village de Pisco Elqui. Des fenêtres du bus nous pouvons sentir la chaleur écrasante du soleil qui tape sur les reliefs, transformant les pentes des montagnes en désert brûlant... Contraste impressionnant, le fond de la vallée est d'un vert étonnamment vif et profond, irriguée qu'il est pour la culture des vignobles ; Ces derniers ne sont pas destinés à l'élaboration du vin, mais bel et bien comme le nom du village l'indique à la fabrication de la célèbre boisson locale, le pisco, cette eau de vie à 40 degrés à base de raisin. Et les chiliens en raffolent ! 97% de la production est destinée à la consommation nationale !

Le village de Pisco est une agréable étape, les rues de poussière mènent à un magnifique panorama sur la vallée fertile, et l'atmosphère languissante de l'avant saison nous ravie... Mais il fait chaud ! pas de problème, au fond du ravissant jardin de notre auberge se trouve une superbe piscine... Très fraîche ! On y retrouve un autre couple d'allemands venu au barbecue de la Serena et qui voyagent avec leur bébé tout calme de 6 mois. Toute une aventure pour eux également !

Départ pour l'Argentine... Ah ben non...

Nous voilà près à explorer une nouvelle destination : l'Argentine. Lever aux aurores, nous voici à la gare des bus où nous attendons de pied ferme notre moyen de locomotion pour les 12 h à venir... Oui, ben, on a beau l'attendre, il n'arrive jamais. Une âme charitable nous voyant penchés sur nos tickets d'un air dubitatif, nous renvoie vers le bureau de vente... De bus pour l'Argentine il n'y en aura point, les douaniers sont en grève... Ah oui, c'est peut être aussi pour ça qu'on se sent si bien au Chili, il y a la grève de partout, les fonctionnaires, les hôpitaux, les douaniers, un petit goût de France en quelque sorte !!

Le bus partira demain, ou ne partira pas, en tout cas nous on décide de changer une fois de plus de plan : si le Chili ne veut pas que nous partions de chez elle, nous ne partirons pas ! On prend le bus pour Valdivia, dans le sud du pays, que nous atteindrons quelques... 20h plus tard.

mardi 4 novembre 2008

Rapa Nui, l'île de Pâques

En préparant notre itinéraire autour du monde, l'île de Pâques n'était pas dans la première ébauche. Lorsqu'on a découvert que ce n'était pas plus cher de partir sur ce petit bout de terre au milieu du Pacifique, on en a profité pour l'inclure dans notre billet tour du monde. L'île habitée la plus isolée du monde, à 2000km de son premier voisin, l'ile de pitcairn et ses 50 habitants dont personne n'a jamais entendu parler, à portée de main. C'est un peu la noisette dans la plaquette de chocolat, celle à laquelle on ne s'attendait pas mais qu'on a envie de déguster. Alors, afin de profiter de cette terre lointaine difficilement accessible malgré le pied estropié, on décide d'étendre notre séjour de 6 a 12 jours. Ben ouais nous on est comme ça !

Seb el romantico

Ne pas poser le pied par terre pendant 3 jours. Voilà le défi auquel Seb et moi sommes confrontés sur cette île aux douces collines volcaniques... Oui, mais nous on veut les voir les Moais ! Theresa nous propose de louer la voiture de sa fille, une bonne affaire, malgré son pare brise étoilé, ses portes deglinguées et son coffre inouvrable... De toute façon, il n'y a pas d'assurance sur l'île, ça n'existe pas. Il faut seulement bien faire attention à éviter les chevaux, ils sont presque plus nombreux que les habitants de l'île ! Avec notre nouveau moyen de locomotion, qu'on loue un jour sur deux budget oblige, on est tout content, on va pouvoir visiter tout Rapa Nui !

Hors de la voiture, Seb devient “el caballo”, le cheval, et porte Aurélie sur son dos d'un site à l'autre... Et dans les rues d'Hanga Roa aussi ! Ce soir là, c'est la fête au village. Le maire et ses conseillers doivent être élus le dimanche suivant, et pour l'occasion les 3800 habitants se sont rassemblés dans la rue principale (la seule aussi) au son de groupes de musique et à l'odeur des saucisses au barbecue afin de soutenir leur candidat préféré. Pas question de manquer l'évènement, Seb prend Aurelie sur son dos et nous courons après le cortège d'un des conseillers afin de prendre quelques photos, et ce dernier pris de pitié nous propose de nous installer sur son char ! De spectateurs, nous nous transformons en acteurs! Seb se repose un peu, avant de repartir sa petite femme accrochée a lui. Tout le monde nous acclame dans les rues et congratule les efforts du mari. Rapidement, les gens du coin nous connaissent, Seb est surnommé “el romantico”, et chacun y va de son petit conseil pour la guérison du pied. Eau de mer, plante locale nommée Higueillo, technique de bandage... On s'occupe bien de nous à l'île de Pâques !

A la découverte du Moai

3 jours après, le pied est tout dégonflé et Aurélie peut de nouveau marcher... Pas très vite, certes, mais suffisamment pour partir à la rencontre des Moais, ces fameuses statues élevées avec tant de patience et tant d'efforts par les ancêtres des Pascuans. Venus de Polynésie et certainement chassés par une tribu adverse, il se sont mis en quête d'une terre pour les accueillir, qu'ils ont découvert après un long voyage de plusieurs milliers de kilométres. Durant plus de 1000 ans, isolés, loin de toute influence exterieure, ils se sont inventés leur propre culture, unique au monde. Jusqu'à la fin du 17éme siècle, sans relâche, ils ont taillés 887 Moais, sculptures géantes de plusieurs mètres de haut, dont un quart seulement sont arrivées à destination et ont été érigées sur des ahu, grands socles de pierre, et coiffés d'un pukao, chapeau ou chignon de couleur rouge. Fait surprenant, les Moais ne regardent pas la mer, mais au contraire regarde vers l'interieur des terres, vers ce qu'appelle les Pascuans le Te Pito Te Henua, le nombril du monde !


Dès la fin du 17ème siecle, devenus trop nombreux sur ce petit bout de terre, les ressources deviennent insuffisantes, la quelque dizaine de tribus guerroient et les vainqueurs font tomber les Moais des vaincus, la tête la première... Petit a petit, tous les Moais se retrouvent le nez dans la poussière, et c'est aujourd'hui l'apparence que nous donnent les multiples ahus qui parsément les côtes de l'ile.

37 se dressent toutefois fiérement debout, restaurés sur 4 sites différents,

La carrière du volcan Rano Raraku

Sur le flanc du volcan Rano Raraku se trouve la carrière, celle là même où les Pascuans fabriquaient leurs Moais. Prés de la moitié des statues de l'île s'y trouve encore, quelques 397 pour être précis, pas terminées, trop fragiles, ou peut être pas assez grandioses. Nous errons à travers un enchevêtrement de Moais couchés, debouts, penchés, en toile de fond la mer à perte de vue, et nous sommes fascinés par ce spectacle grandiose. Notre imagination s'envole, nous admirons dans nos esprits l'incroyable travail de forçat pour réussir à amener ces énormes statues de 50 tonnes et plus sur des sites se trouvant parfois à 20 km de là. Une réelle prouesse technique !

Le plus grand d'entre eux, encore accrochée a la roche, mesure 20 m pour un poids de 200 tonnes... Il aurait certainement impossible de le déplacer !

La carrière n'a pas fini de nous dévoiler ses secrets, et tout en haut d'un chemin nous découvrons la magie d'un paysage à couper le souffle, un cratère parfaitement rond au fond duquel repose un lac, bleu gris de l'eau, rouge de la terre, vert des îlots de joncs et toujours ce bleu profond de la mer à l'horizon. Une splendeur.

On ne se lasse pas de retourner dans ce site extraordinaire, en particulier à la tombée du jour lorsque la lumière douce arrondie les angles et adoucie les visages de nos amis les Moais.

Les 15 au lever du soleil

L'un des sites les plus prestigieux de Rapa Nui est le Ahu Tongariki, 15 moais dressés devant la mer. Magnifiques sous la lumière du crépuscule, parfait pour un petit apéro dinatoire arrosé de vin chilien, mais il paraît qu'ils le sont d'autant plus au lever du jour. Un guide local nous explique qu'il faut y être vers les 6h pour ne pas louper la scéance. Tres bien, à nous les jolies couleurs du petit matin !

A 5h45, sous un incroyable ciel étoilé, éclairés seulement par un faible clair de lune, nous voici devant les 15 appareil photo et caméra en main, fin prêts pour capturer l'instant. Mais voilà, le soleil est paresseux ce matin, il n'a pas l'air d'avoir envie de se lever, et une bande de nuages se profile à l'horizon. Patiemment nous attendons le spectacle, mais force est de reconnaître qu'à 7h15 il fait jour et que le soleil, on l'a pas vu, certainement caché par les nuages... Tant pis, on reviendra, on part faire un petit tour à la carriére juste derrière, et voici alors notre soleil qui décide de pointer le bout de son nez, profite d'un trou dans les nuages et enflamme le ciel d'un orange brûlant. Bref, l'aube et les moais en même temps, on l'a raté... Pas question de se laisser faire, on revient, on persiste, mais avec surplus de grasse mat, arriver à 7h c'est amplement suffisant ! La deuxieme fois, le soleil ne se lève pas pour de bon, il est bien trop paresseux ce jour là, mais la troisième c'est la bonne ! Les 15 à contre jour sous lumière orangee, on les a vu !

Le volcan Rano Kau et l'homme oiseau

Autre merveille de la nature, dominant la ville d'Hanga Roa, le cratère du volcan Rano Kau, au fond duquel repose un lac époustouflant, véritable patchwork d'îlots de joncs et eau mêlés.

C'est aussi ici que se trouve le village d'Orongo occupé entre le 17 ème et le 19ème siècles seulement quelques semaines dans l'année. C'est ici que se déroulait la plus que célèbre cérémonie de l'homme-oiseau, une tradition qui fait le lien entre la fin de l'époque des moais et le début d'une ére de crise qui dura près de 200 ans, et oui, ca existait déjà la crise à l'époque.

Chaque année au printemps, c'est à dire en septembre, chacune des tribus désigne un homme-oiseau représenté par l'homme le plus fort du clan. Armé de suffisamment de vivres, ce dernier doit alors descendre une falaise à pic de 300 m de haut, nager dans une mer agitée tout en évitant les requins, et se rendre sur un petit îlot à quelques centaines de métres au large où il attendra l'arrivée du premier oiseaux migrateur, une hirondelle appelée Manutara. Patiemment, il guette la ponte du premier oeuf de l'année, et se doit de le rapporter intact après avoir fait le chemin inverse, et escalader la fameuse barre rocheuse de 300 mètres. Le vainqueur de l'épreuve permet à son chef de devenir homme-oiseau, et à la tribu de régner sur l'île pendant une année entière. Une tradition qui se perpetuera jusqu'en 1866, date à laquelle des missionnaires chrétiens l'interdisent...

Une coutume qui se rappelle à nous dans toute l'île, la gravure de l'homme-oiseau étant le second symbole de Rapa Nui.

On a bien fait de rester

Ca y est, le pied est presque réparé, il est temps pour nous de découvrir l'ile de Paques en marchant.

Nous entamons notre première randonnée par l'ascension du plus haut volcan de l'ile, le Terevaka, enfin, pas de quoi s'affoler, il ne mesure que 511m de haut. Mais quelle vue ! C'est le seul endroit ou l'on peut avoir un aperçu de l'île dans son ensemble, regarder à 360 degrés, et on confirme, admirer de l'eau à perte de vue !

Autre marche, celle du Poike, un peu plus rude même si ce volcan le plus ancien de l'île est moins haut, nous serpentons entre les vaches qui paissent paisiblement et rencontrons le plus plus petit Moai de l'île, 1m13 seulement. Le plus grand arrivé à destination et érigé mesure quant à lui 9m80, 11m avec son chapeau !

Dernier weekend, celui de la Toussaint

Au Chili, le 31 octobre, c'est férié. Les petits en profite pour se déguiser et perpétuer la tradition d'Halloween dans les rues d'Hanga Roa, menaçant les patrons des bars et restaurants de la bourse ou la vie en échange de quelques bonbons.

Le lendemain, c'est la Toussaint, tous les habitants de la ville se retrouvent au coucher du soleil dans le petit cimetière en bord de mer, fleurissent les tombes, rencontrent leurs voisins et assistent à la messe, dans une ambiance décontractée et sous le rire des enfants qui jouent à proximité. Une veritable célébration de toute une communauté cohérente et solidaire.

L'île de Pâques, c'est fini !

C'est enchantés que nous quittons cette île enchanteresse, sous le regard de Theresa à qui va manquer son Romantico qu'elle idolâtre, son Matatau ou “beaux yeux” comme elle le surnomme également, et nous offre en guise de souvenir un petit pendentif à l'effigie... d'un Moai, bien sûr !

mardi 28 octobre 2008

Clopin Clopan entre Santiago et l´ile de paques

Nous arrivons 4h avant notre départ à Santiago du Chili, aprés 16h de vol... Ah les mystères de l'espace temps !
Pendant 2 jours, après avoir difficilement émergés d'un sommeil lourd plein de décalage horaire, nous parcourons les rues de Santiago, la capitale chilienne nichée au pied des Andes, ville vibrante et colorée aux sonorités chantantes. Ca nous change de la calme et tranquille Nouvelle Zélande !
Nous nous sommes établis dans un quartier extremement touristique, aux facades rouges, jaunes, bleues, et aux bars et restaurants qui s'étirent dans une rue non loin de là sur toute sa longueur. C'est ici que les chiliens viennent se détendre le soir et surtout le week end, les terrasses y sont bondées des 17h, et l'alcool s'y déversent à flot : bienvenue à Bellavista.

Dans notre petite auberge quelque peu excentrée, des allemands, des coréens, des espagnols, et un couple de francais, Florence et Pierre, qui s'avèrent faire également un tour du monde... On discute, on papote, comme on le fait souvent lorsque l'on rencontre d'autres voyageurs, et on se retrouve à se raconter nos voyages respectifs autour d'un, puis deux pisco sour, le beuverage local à base d'alcool de raisin, de jus de citron et de blanc d'oeuf, un vrai délice mais aussi un apéro traitre, genre “tu me bois comme du petit lait, et en quelques gorgées te voici fait !”. Faits nous sommes, faits nous continuons notre joyeuse soirée autour d'un joyeux repas jusqu'à ce qu'arrive le moment de la joyeuse addition... Et là, sans qu'aucun de nous ne s'en soit apercu, du sac de Florence il n'y en avait plus... Disparu ! Le gros problème c'est que dans son sac, il y avait leurs 2 cartes de crédit et leurs 2 passeports. Le vent a tourné, le temps n'est plus aux pisco sours mais aux formalités, et alors que les filles s'occupent des papiers, les garcons eux partent faire un tour dans le quartier dans l'hypothèse où le voleur aurait jeté l'objet du delit dans quelques recoins sombres. Vaines recherches. On fini par se retrouver tous dans notre chambre. Aurelie redescend avec Florence chercher sa carte de retrait de secours dans le coffre de son dortoir, et manque une marche... Crac la cheville. Bel oeuf, belle entorse, et dans 8 heures on decolle pour l'ile de Paques... Il y a des nuits ou il vaut mieux rester chez soi !

La clopinante arrivée à l'ile de Paques

Apres quelques 3 heures de sommeil, la gueule enfarinée, Seb s'occupe de tout : ranger, fermer les sacs, porter Aurelie dans la baignoire, porter les sacs, porter Aurelie 3 etages plus bas... Pierre, qui est kiné, s'occupe de bander le pied enflé, alors que nous attendons notre taxi... qui ne viendra jamais. On en appelle un autre, et arrivés à l'aéroport Seb s'occupe toujours de tout, prend 2 chariots, un pour les sacs, un pour sa femme, et roule ! L'avantage quand on a un pied en moins et que l'on prend l'avion c'est que tu as un bonhomme et une chaise roulante qui t'accompagne jusqu'à la porte d'embarquement, et que tu passes en premier.

Enfin, le pied en moins, c'etait pas prévu. Ce qui etait prévu, c'était la rando, le camping, le réchaud... On avait meme acheté de quoi se nourrir à Santiago, histoire de ne pas dépenser toutes nos économies sur une ile à la chère réputation.
Là, c'est plus du tout la meme, il nous faut une chambre, si possible avec salle de bains, ou pas très loin, et un autre moyen de locomotion que nos patounes... Seb, un peu angoissé, se demande bien comment il va se débrouiller à trouver un logement avec 4 sacs et une femme sur les bras...

Après 6h de vol, nous voici arrivés à la légendaire ile de Paques. Le stewart de la compagnie aerienne vient nous chercher avec la chaise roulante sur le tarmac, et oh merveilleuse surprise, dans le hall de l'entrée se trouve chacun des propriétaires des petits hotels ou maisons d'hotes de l'ile, venu proposer leurs chambres libres. L'ile de Paques nous est d'emblée sympathique, pas de taxis qui te harcèle, l'accueil à l'aéroport est familial, agréable. Ca va nous faciliter grandement la tache ! Pendant que Seb s'occupe des sacs, Aurelie fait le tour des comptoirs à cloche pied, et on se decide pour une petite chambre avec salle de bain chez une petite dame toute gentille, Theresa, dans le centre ville, car meme si Hanga Roa, unique ville, village et chef lieu de l'ile, n'est pas grande, on ne peut pas aller bien loin à deux avec trois pieds.

Theresa nous propose de nous emmener à l'hopital, et nous acceptons car meme si ce n'est qu'une entorse, il vaut mieux s'en assurer, et surtout on pourra y trouver des béquilles. Oui mais l'hopital n'ouvre qu'à 15h, et oui, la pause déjeuner c'est partout dans l'ile, va pour 15h ! Apres 2h d'attente, et 2 radios, la médecin conclue à la foulure, ce que nous savions déjà, 3 jours sans poser le pied par terre, on s'en doutait, mais pas de béquilles, ben non, il n'y en a pas sur l'ile, et ca on ne le savait pas.
Il y en a un qui va avoir du travail dans les jours à venir...

dimanche 19 octobre 2008

La peninsule de Coromandel

Ordi tu nous laches !

Apres plusieurs mois de bons et loyaux services, notre ordi nous lache... Plus moyen de l'allumer, probleme de memoire. Nous tentons vainement de le faire reparer, et apres plusieurs jours de tergiversations, nous arrivons a la conclusion qu'il faut nous en acheter un autre... Comment qu'on fait sinon pour alimenter le blog ? Voici le blog ecrit avec le nouvel ordi au clavier... Qwerty ! Adieu les jolis accents !

Peninsule de Coromandel

Nous partons a la mer... La peninsule de Coromandel est une region magnifique, parsemee de petits hameaux de vacances et de plages immenses. Nous faisons halte a Whangamata et apres un petit dejeuner face a la mer nous harpentons la superbe plage de 4 km de long et nous saoulons de grand air. Il est temps de partir decouvrir une autre plage, la Hot Water Beach, la Plage d'eau chaude... Que de promesses dans un tel nom !

La Plage d'eau chaude

Et que de promesses tenues ! En effet, deux sources d'eau chaude a 65 degres jaillissent sur la plage. Pour en profiter, il faut venir entre 2h avant et 2 h apres la maree basse, et amener sa pelle ! C'est dimanche, il fait un temps magnifique, il est midi, et toute la Cote de Coromandel s'est donne rendez vous pour un bain chaud ! Des dizaines de personnes qui creusent des ptis trous,et qui se prelassent dans leur baignoire improvisee. Un veritable spectacle, surtout quand la mer remonte et chasse les intrus de son eau glacee ! Qu'a cela ne tienne, ils iront creuser un autre trou un peu plus loin.
Nous aussi on aimerait bien s'essayer au bain de plage, mais la tout de suite, il y a un peu de monde a notre gout. Heureusement, il y a deux maree dans la journee, et la prochaine est a minuit... Si on vient deux heures avant, ca nous fait 22h ! Rendez vous est pris.

Quelques heures plus tard, armes de notre pelle, nous marchons sous une lune presque pleine en direction du lieu des promesses. Ah ca, il y a beaucoup moins de monde ! On est... 3 ! Creuser sa baignoire se revele etre tout un art. Seb creuse un petit trou par ici, trop loin de la source, un petit trou par la, ouh la c'est beaucoup trop chaud, ca y est on a compris la technique, quelques essais et une grosse ampoule plus tard, Seb nous fait un joli ptit bain a bonne temperature. Les fesses dans l'eau chaude, a la lueur des etoiles, le va et vient des vagues en fond sonore, nous feterons l'evenement accompagne de notre bouteille de vin petillant !

Hahei, Cathedral Cove et la petite maison

A quelques kilometres de la Hot Water Beach se trouve la jolie station balneaire d'Hahei et le fabuleux paysage de Cathedral Cove. Une courte promenade d'une heure et nous debarquons sur cette jolie crique a l'enorme faille dans la roche, formant une voute grandiose a l'image d'une cathedrale. La Nouvelle Zelande nous reserve encore son lot de paysages a couper le souffle.
Hahei est une petite ville paisible et charmante, l'endroit ideal pour se poser quelques jours. Il faut dire qu'apres plus de 6 mois de voyage on est parfois en manque de confort, de vie normale et de train train quotidien, on a besoin de se poser quoi. Et on va trouver l'endroit parfait pour ca, une petite maison pas tres chere, tout de bois, avec un salon, une cuisine, et une salle de bain rien qu'a nous ! Apres 2 jours de vie banale, nous revoila requinques et en pleine forme pour terminer notre periple en Nouvelle Zelande.

La Mine d'or de Puketui Valley

Et on commence par une rando sur les pentes de la Vallee de Puketui ou se trouve les vestiges d'une ancienne mine d'or. Ici aussi, a la fin du 19eme siecle, on decouvre quelques filons, et c'est la ruee vers l'or... 200 mineurs se trouvaient a l'epoque dans les environs, creusant sans cesse a la recherche du metal precieux. Nous parcourons armes de nos lampes de poche les 500 m de l'obscure tunnel minier, parfois eclaires par les vers luisants, telle une voute celeste que l'on peut toucher du bout des doigts. Spectacle grandiose. A la sortie, Aurelie a ramene un petit souvenir avec elle : une enorme araignee des cavernes dans les cheveux !

Auckland le retour

La Nouvelle Zelande c'est bientot fini, nous passons les 2 derniers jours a Auckland, a decouvrir les charmants petits quartiers du bord de mer comme Davenport, a marcher sur les plages voisines, et on ira meme faire une degustation de vin... Expresse ! 10 minutes et 10 vins plus tard, nous ressortant chancelant du vignoble une bouteille de rouge a la main !

On va de l'autre cote du bout du monde

Ca y est, notre avion nous emmene sur un nouveau continent, le continent Americain. Dans 12 h nous serons a Santiago, et nous arriverons, decalage horaire oblige... Avant meme d'etre parti !

jeudi 16 octobre 2008

Rotorua et ses parcs

Rotorua, la ville a l'odeur d'oeuf pourri

Apres les emotions de ces derniers jours, nous reprenons notre route vers Rotorua, au coeur de la ligne de feu. Il y a enormement de parcs volcaniques a y visiter et on a bien l'intention d'en profiter...

Oui mais voila, la pluie neo zelandaise a decide de pointer son nez, la gentille dame de la chute libre avait bien raison, et pour mesurer la pleine beaute des paysages tourmentes par les vapeurs de soufre, nous decidons d'attendre le retour des beaux jours... Et bien il va nous falloir attendre... parce que le ciel a decide de deverser son trop plein... Il pleut, il pleut, il pleut, incessamment, pendant 3 jours et 3 nuits... Alors on passe le temps dans cette petite ville a l'odeur persistante d'oeuf pourri, on va au musee, que l'on a elu le plus mauvais de Nouvelle Zelande, on va au cine, on va aux thermes pas tres chaudes, on se tape un peu dessus, et puis on decide d'aller faire une rando aux lacs bleu et vert, tant pis pour la pluie... La chance est avec nous, le ciel a decide de nous donner un peu de repis durant nos 4 h de marche ! A peine rentres dans le van, rebelote...

Parcs volcaniques et danses Maoris

Ca y est, une eclaircie ! On en profite pour demarrer notre visite des parcs geothermiques, en commencant par celui de Te puia, un centre de culture Maori, ou se trouve un geyser puissant et regulier. Nous en profitons pour assister a un spectacle Maori, danses et chants traditionnels, les femmes maoris initierons meme Aurelie au Poi, une cordelette de 30 centimetres de long terminee par une boule, dont on se sert pour effectuer une choregraphie. Une chose est sure, Aurelie ne sera jamais une grande danseuse Maori !

La mise en scene se termine evidemment par le celebre Haka, autrefois utilise par les Maoris pour impressionner leurs ennemis... Et ca marche !

Un petit tour a Waimangu, la plus recente vallee volcanique du monde puisqu'elle a ete creee en 1886 apres l'eruption volcanique du Mont Tarawera et qu'elle est toujours en constante evolution. On y decouvre le tres impressionnant lac d'eau chaude le plus grand du monde (decidemment, c'est la vallee de tous les records), 200 000 m3 d'une eau a 55 degres. Une promenade de 4km en 3 h, (ca c'est du rythme de marche intensif) entre lac au bleu turquoise et terrasse de silice a l'orange eclatant.

Nous terminons en apotheose sous un ciel d'azur notre decouverte geologique au parc de Waiotapu aux couleurs de l'arc en ciel, le bleu de l'eau, l'orange de l'antimoine, le vert de l'arsenic, le rouge de l'oxyde de fer et evidemment le jaune du soufre... Les images parlent d'elles meme...

Nous y decouvrons egalement son geyser qui jaillit tous les jours a la meme heure, 10h15 petante du matin... Tel un magicien dans un theatre, devant une audience comble fremissante dans l'attente du tour, il explose de toute sa puissance a 20 m de haut sous les olas de la foule... ben ouais, on est pas les seuls a avoir envie d'assister a un tel spectacle...

Le camping thermal de reve !

Et pour visiter toutes ces merveilles nous avons trouve LE camping, celui la meme qui se trouve pres de la source d'eau chaude la plus importante de Nouvelle Zelande, le camping de la Waikite valley aux 6 piscines exterieures entre 38 et 42 degres... Et on en profite ! Le matin avant de partir, le soir avant de se coucher, et parfois meme dans l'apres midi. Le plus dur, c'est de choisir dans quelle piscine on va se baigner !

mardi 14 octobre 2008

D'Auckland à Taupo : vol au dessus d'un nid de kiwis

Auckland et le van de campeur

Ca y est, nous sommes parvenus et à Auckland et à louer notre van pour les 18 prochains jours.
Auckland, c'est la vraie capitale de la Nouvelle Zélande, le poumon économique du pays, a mégapole au 1 million et demi d'habitants. Emberlificotée dans des bras de mer, elle est parsemée de 48 volcans éteints, petits dômes tous ronds qui dominent la ville. Le plus haut d´entre eux est le Mont Eden, culminant à 196 m, et au volant de notre van, nous profitons de notre liberté de mouvement pour nous rendre sur les crêtes du volcan. Et quelle vue magnifique ! Nous prenons la dimension de cette ville immense qui s´étend à nos pieds... en compagnie des vaches !

C´est parti pour la découverte du centre de l´île. Un vent de liberté souffle sur nous... Nous pouvons nous arrêter pour admirer le paysage ou prendre une photo, changer d´avis sur la direction à prendre, nous perdre sur les petites routes adjacentes, et croiser des semi-remorques qui nous projette des cailloux... qui se plantent dans le pare brise. 3h de route seulement et déjà un éclat à l´avant de notre van... Et on n´a pas pris l´assurance brise glace, évidemment...
Après un arrêt impromptu au lac Taupo, où nous faisons réparer ce petit accroc, nous repartons découvrir cette région riche en activité géothermale.

Cratères de la lune et Orakei Korako

L´île du Nord subit les frasques du jeu des plaques tectoniques et l´activité volcanique est en effervescence. L´occasion pour nous de découvrir des paysages variés et inhabituels dans nos contrées.
Nous partons faire un petit tour aux cratères de la lune, nom poétique s´il en est. A travers un paysage insolite au relief escarpé, nous évoluons entre volutes de fumées et boue bouillonante, le tout avec une odeur de souffre et dans une ambiance brumeuse quasi lunaire, sous une petite pluie fine une fois n´est pas coutume.

Nous passons notre première nuit en van sur le parking à l'entrée du parc d'orakei korako, la vallée cachée, au bord du lac qui nous en sépare, et nous nous endormons dans notre nouvelle maison à roues sous un ciel sans nuages et sans lune, éclairés seulement par le scintillement des étoiles ; la voie lactée longtemps oubliée par chez nous est ici énorme et magnifique.

C est un soleil resplendissant qui nous éveille le lendemain, un réel don du ciel pour visiter le parc thermal. 20 millions de litres d'eau chaude se déversent dans le lac et forment une langue de silice multicolore qui plonge jusqu'à une profondeur de 35m ; des couleurs impressionantes sont créées par le dépot de l'eau sulfureuse ; des cratères d'eau bouillonantes, des cascades de silice, des marres de boue qui bouent, une grotte avec au fond un petit lac à la température d'un bain, voila le décor surnaturel dans lequel nous évoluons au milieu de vapeurs de souffre baignées de soleil.

Tongariro

Suite à cette matinee exceptionelle nous reprenons notre route direction le mordor, et
le mont Ngauruhoe ou un célebre hobbit doit aller jeter son précieux anneau... En effet, l´une des merveilles de l´île du Nord est le trio que forme les volcans du plateau central, j´ai nommé Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu. Ils dominent de leurs sommets enneigés entre 2000 et 2800 m le lac Taupo et la plaine environnante, montagnes majestueuses veillants sur la plaine. Et sur le Mont Ruapehu, on skie ! Nous avons bien l'intention de nous lancer sur ses pentes enneigées, certainement l'une des seules stations au monde ou l'on t'explique les mesures d'urgence et le chemin à suivre en cas d'éruption volcanique !
Sauf que c'est les vacances scolaires, que les pistes sont ultra bondées, et que la neige est glacée... On abandonne l'idée de la glisse et on reprend celle de la marche... Demain petite rando au pied des volcans.

Plans en déroute, tu nous poursuis !!

Sauf que le lendemain pour quelque obscure raison le pied d'Aurelie est tout gonflé et douloureux... Pas possible de marcher dans ces conditions, nous partons à la recherche d'une pharmacie et la plus proche est à 45min de la... On en avait pourtant prévu de la crème anti-inflammatoire, mais elle est restée dans le sac de seb et se trouve toujours là bas quelque part entre Londres et Delhi !
Du coup on se retrouve de nouveau prés du lac Taupo... Comme on ne peut pas marcher, on décide de se renseigner pour réaliser le rêve de Seb, sauter en chute libre.

Vol au dessus d'un nid de kiwis !

La chute libre... C'etait prévu depuis le début, on sautera d'un avion en Nouvelle Zélande. Seb y pense comme un fou, Aurelie essaie de ne pas y penser... Parce que ca fait peur !
Aller on va prendre quelques infos à l'aéroport pour se lancer demain ou après demain.
Sauf que la très gentille madame nous explique que dans les jours qui viennent les prévisions météorologiques sont des plus mauvaises... “Mais vous devriez sauter aujourdhui le temps est magnifique” dit la gentille madame... Et le visage d'Aurelie se décompose... Ca c'était pas prévu, meme si Seb, lui l'espérait secrétement. Sur le canapé face à l'écran géant qui fait défiler les images de sauts Aurelie manque de s'évanouir.
Seb : “ca va mon amour ?”
Aurelie : “je suis un peu en panique là”

1 h plus tard nous voici assis tout harnachés à nos moniteurs dans le petit avion qui monte, qui monte, qui monte jusqu'à 5000 m, pour 60 secondes de chute libre à 200km/h.
Seb s'élance en premier, son rêve se réalise, plonger dans le vide, puis vient le tour d'Aurelie toujours en panique mais qui essaie de faire bonne figure... Se jeter d'un avion la fait flipper à mort, mais une fois que tu es là haut tu n'as plus le choix, le moniteur prend les choses en main... Cest parti... OUAAAHH ! Quelle sensation inégalable ! Indescriptible ! C'est énorme ! Nous volons au dessus du lac Taupo, 60 secondes de pur bonheur...
Une expérience inoubliable.
Et on en est même pas morts...

dimanche 5 octobre 2008

Ile du Nord... Plans en déroute

Nous partons pour la capitale de la Nouvelle Zelande, j'ai nommé Wellington. Notre bateau est supposé partir à 5h45 du matin, arrivée à 8h30, ce qui nous laissera tout le loisir de visiter la ville. De justesse, nous ouvrons notre boite email et découvrons un message de la compagnie maritime : notre bateau est annulé, nous partirons donc avec celui de 9h30. Ok pour une petite grasse mat improvisée... Sauf que finalement le bateau en question ne pointera le bout de son nez que vers 12h. Bref, nous atteignons finalement Wellington avec 8h de retard, il pleut et il fait froid, et il est plus que temps de se trouver un endroit où dormir. Pas facile, tous les backpackers sont complets, ce soir il y a un match de rugby... Après une dizaine de coups de fil, l'un d'eux nous répond finalement positivement.

Ici, plein de chambres de libres. Forcément, c'est certainement le backpacker le plus miteux de toute la ville, la réceptionniste aux mèches violettes et au multiples piercings n'est pas des plus avenantes, et des affichettes scotchées un peu partout te réprimande avant même que tu aies posé le pied dans ta chambre (genre « t'as payé, si la chambre ne te plaît pas, tant pis pour toi »). Un vrai havre de paix... Qu'à cela ne tienne, nous n'allons pas rester longtemps, nous avons décidé de louer un van à Wellington, faut dire que traverser la Nouvelle Zélande sans voiture est extrêmement difficile et frustrant, peu de bus, ils sont assez chers, les trajets sont très longs et on ne peut pas se rendre partout. Avec le van, vive la liberté !

Sauf qu'à Wellington, il n'y a pas de loueurs de vans... Ca a beau être la capitale, ce n'est que la 3ème ville de Nouvelle Zelande avec ses 200 000 habitants ; il faut donc que nous nous rendions à Auckland... Ca c'était pas prévu. Qu'à cela ne tienne, nous irons donc là bas tout au nord dès demain, nous réservons notre billet de bus sur internet, et après un petit tour au Te Papa, un formidable musée sur la géographie et l'histoire du pays, nous nous endormons en rêvant à notre futur van...

Réveil de bon matin pour prendre notre bus prévu à 8h, il est 7h30, nous sommes en avance comme d'habitude et on en profite pour aller boire un petit thé bien chaud avant nos 12h de trajet... On trouve même un café d'ouvert, toutefois c'est assez étrange, il n'est sensé ouvrir qu'à 8h, les gens sont bien matinaux pour un dimanche matin... Un doute s'insinue dans nos esprits... Vérification faite auprès de la serveuse, il est... 8h30... On vient de passer à l'heure d'été... Et on a loupé notre bus... non modifiable, non remboursable...

Bon, qu'à cela ne tienne, changement de plan, nous décidons de partir dans l'après midi pour le Mont Taranaki, un volcan tout à l'ouest de l'île, et tant pis pour le van, il attendra encore un peu. Nous pouvons alors profiter durant quelques heures de cette merveilleuse journée ensoleillée sur la terrasse d'une brasserie et nous nous offrons une fois n'est pas coutume un délicieux repas accompagné... de mousseux !

Taranaki, le volcan filou

Le Mont Taranaki est un superbe volcan dormant de 2518 m de haut, montagne sacrée que l'on peut voir à des centaines de kilomètres à la ronde, tout seul qu'il est entre mer et plaine. Et pour cause, la légende Maori raconte qu'autrefois il faisait parti du groupe de volcans qui se trouve au centre de l'île. Mais voilà, Taranaki, le volcan filou, a piqué la jolie fiancée de Tongariro, ce qui a fortement déplu à ce dernier, on l'imagine. Pour le punir, il décide de le chasser, et voici notre Taranaki qui se retrouve tout seul tout au bout de l'île jusqu'à la fin des temps...
Par la fenêtre du bus, à plus de 200 km de notre destination, nous pouvons admirer la beauté de son cône parfait, sous un ciel limpide, pas un nuage à l'horizon. Méfions nous tout de même, ici l'on dit que si tu vois le Mont Taranaki c'est qu'il va bientôt pleuvoir, et si tu ne le vois pas c'est qu'il pleut déjà !

New Plymouth

Des trombes d'eau. Un vent à décorner un boeuf. Une mer déchaînée. Le dicton disait donc vrai... Nous sommes à New Plymouth, au pied du Mont Taranaki. Enfin il parait, il est pour l'heure caché par les nuages. Nous nous rendons à l'office de tourisme afin de nous renseigner et organiser nos randonnées des prochains jours. Qui tombent à l'eau... Mauvais temps annoncé pour toute la fin de la semaine...

Qu'à cela ne tienne, changement de plan, on prend le bus le lendemain pour Auckland, promis cette fois on va louer notre van...

mardi 30 septembre 2008

La Nouvelle Zelande : ile du Sud

Nous survolons les Alpes Néozélandaises sous un soleil resplendissant. Le paysage est à couper le souffle, les montagnes enneigés laissent peu à peu la place à une plaine immense qui se jette dans la mer. Sébastien pose enfin le pied au pays de ses rêves : bienvenue en Nouvelle Zélande, ses 4 millions d'habitants et ses 39 millions de moutons.
Et c'est vrai qu'elle est belle cette terre, qu'elle nous enchante et qu'elle nous réserve des paysages dignes des plus grands films hollywoodiens ; pour n'en citer aucun... (si vous n'avez pas vu le Seigneur des Anneaux, il est temps).

Christchurch

Christchurch et ses quelques 350 000 âmes, la plus grande des villes de l'île du Sud, nous accueille avec un grand ciel bleu, qui a dit qu'il pleuvait tout le temps en Nouvelle Zélande. C'est ici que l'on s'organise et que l'on achète ce dont on a besoin pour les presque 5 semaines à venir. Car si l'on est venu ici, c'est principalement pour randonner, et des chemins, il y en a à parcourir ! Il nous faut donc investir dans une tente (on a laissé la dernière acquise à Bali en Australie, elle se dépeçait toute seule et n'était pas imperméable, gros handicap pour la Nouvelle Zélande), un thermos, un maillet, bref tout ce qui nous manquait pour être des randonneurs digne de ce nom. Ca y est, on est au top, on a TOUT, on est prêt pour marcher des 5 jours et plus, no worries.

Nelson

Nous nous rendons à Nelson, au nord de l'île du Sud, point de départ vers de nombreux parcs nationaux et sites touristiques. Le temps y est plus clément que dans les autres régions, la nature alentour superbe, on dit même que pour les Nouveaux Zélandais c'est l'endroit où il fait le plus bon vivre. C'est vrai qu'on y est bien, nous nous dégotons une chambre dans une petite maison transformée en backpackers, on apprécie le feu de cheminée, la jolie petite cuisine, on se sent comme chez nous.

Il est temps toutefois de partir pour notre première randonnée, nous allons arpenter les chemins de l'Abel Tasman Track, 5 jours de trek sur un chemin qui longe la mer, nous sommes prêts pour l'aventure.

Abel Tasman Track

Le parc national Abel Tasman est l'un des plus célèbre en Nouvelle Zélande, et son parcours de 51 km le long de la mer l'un des plus parcourus, en particulier en été. Pour l'heure, c'est le printemps, et la foule n'afflue pas encore, nous dormirons donc en huttes, refuges qui accueillent jusqu'à une trentaine de personnes.

Nous sommes d'attaque, chaussures de marche aux pieds, sac à dos contenant tout le nécessaire, sacs de couchage, lampes de poche, casserole et tasses, recharges de gaz et réchaud... Réchaud ? Mais où est donc passé ce satané réchaud ? Pffuh, disparu... Adieu pâtes, riz et thé, il faudra nous contenter de nos barres de céréales et boites de thon. On va devoir se rationner !

Nous marchons le long de la côte et admirons le paysage aux couleurs éclatantes, mer bleue turquoise, vert profond, il faut dire qu'il fait encore un temps magnifique, nous sommes bénis des Dieux.
Après 4 h de marche, nous accédons à notre première étape. Une jolie plage au creux d'une baie, où les bateaux viennent s'ancrer pour la nuit, et aujourd'hui ils sont nombreux, nous sommes Samedi et il fait beau. Juste derrière se trouve la hutte, nous installons nos affaires dans l'une des « chambres », et voyons arriver quelques temps plus tard nos collocataires d'une nuit... Deux paires de parents, un, deux, trois, quatre, cinq, six, mais combien ils ont de gosses ? Ca piaille, ça pleure, et ce n'est pas fatigué forcément ils sont arrivés en bateau... C'est bien la peine de se faire 4h de marche pour se retrouver dans la nature, au calme !!
Deux âmes charitables nous prêtent leur tête de réchaud, et pour cette nuit on pourra manger chaud... Le ventre plein, nous nous couchons dans notre hutte bondée mais finalement très calme...

Le lendemain, nous partons vers 7h30 du matin afin de traverser une baie à marée basse, ce qui nous évite de faire tout le tour de la montagne. Nous découvrons un petit village uniquement accessible par bateau, longeons une colline, mais à mi chemin nous décidons de faire demi tour. Cela fait une semaine qu'Aurélie a mal à la poitrine, on est un peu loin de tout ici, on est un peu inquiet et parfois, il vaut mieux être raisonnable. Un petit tour de bateau taxi, des gentils texans qui nous emmènent à la prochaine ville en voiture, et nous voici chez le médecin, qui nous rassure... C'est encore lié à ce satané estomac, quelques pillules et on en parlera plus.

Changement de plan, petit tour aux lacs de Nelson

Etant donné le revirement de situation, nous décidons d'explorer une autre région au Sud de Nelson, les lacs du mêmes noms, et de se rapprocher un peu de la montagne. La mer c'est bien, mais on en a bien profité depuis 5 mois, alors vive la montagne !
Il fait un froid de tous les diables lorsque nous arrivons au désertique village de St Arnaud. Une rue, une station essence qui fait supermarché en même temps, pas une âme qui vive. Nous profitons de cette glaciale journée pour se lover dans un canapé devant la chaîne qui passe des films en boucle dans notre joli cottage que nous partageons avec 3 américains.

Il pleut averse toute la nuit et au petit matin, ce qui ne nous encourage pas à sortir du lit ! Le ciel s'éclaircit finalement et nous partons pour notre rando de 6 h autour du lac Rotoiti. Oui, mais voilà, avec les pluies torrentielles de la nuit précédente, nous devons nous démener pour traverser les rivières puissantes, ce qui nous fait perdre beaucoup de temps. Partis un peu tard, nous décidons de ne pas tenter le diable et rentrons par le même chemin.

Nouvelle balade le jour suivant, on va grimper en haut de la montagne, une petite promenade tranquille... Tranquille ? 1100 m de dénivelé et 5h30 de marche vous appelez ça tranquille ? Nous montons, nous grimpons, la forêt n'en fini plus, on discerne bien le ciel bleu là haut entre les cîmes des arbres mais nous ne sentons pas la chaleur du soleil, où diable est le bout de cette forêt ? Après 2h30 de marche, ça y est, une vue magnifique sur le lac et les vallées alentours, ça valait le coup de venir jusqu'ici. Ce n'est toutefois pas terminé, le sommet, c'est tout là haut, nous zigzaguons entre les névés et après avoir fourni un dernier effort nous accédons sur la crête, vue au nord vers le lac, vue au sud sur le flanc d'une montagne enneigée. Superbe ! Sous un vent glacial, à 1730 m d'altitude, nous nous régalons d'un monton fettucini déshydraté préparée grâce à notre nouveau super réchaud et de la neige fondue... On est au top !

Adieu l'île du Sud, bienvenue l'île du Nord

Nous quittons la région de Nelson pour nous rendre à Picton. C'est là que se trouve l'embarcadère pour les bateaux qui font la traversée entre les deux îles. Nous nous rendons à la capitale de la Nouvelle Zélande, Wellington !

samedi 27 septembre 2008

Sydney

Retour en Australie, pas pour longtemps, seulement 3 jours, histoire de visiter la capitale économique des Aussies.

Découverte de la ville

Nous déambulons dans les rues de Sydney, et découvrons cette ville sympathique aux multiples facettes : l'agréable quartier de Darling Harbour et ses petits restos qui jalonnent le quai, l'armature métallique du fameux pont de Sydney, et bien sûr le fameux opéra qui il faut bien le dire est nettement moins joli en vrai qu'en photo... C'est au hasard de nos pérégrinations que nous tombons sur le défilé de l'équipe olympique australienne. Des kangourous sauteurs, des dragons chinois, des fanfares, et bien sûr des médaillés que sont venus acclamer sous une pluie de confettis une foule d'admirateurs, à laquelle nous nous mêlons.
Sydney est morcelée par un système complexe d'entrelacs de bras de mer, et parfois le plus court chemin pour atteindre l'un de ses quartiers c'est de naviguer sur les flots. Nous nous rendons à Manly, sorte de station balnéaire où visiteurs et locaux aiment à se relaxer, et en profitons pour admirer une vue imprenable sur la ville et ses monuments principaux.
Des plages, Sydney en est jalonnée, et nous découvrirons certaines d'entre elles au cours d'une promenade de près de 3h le long de la Côte entre Cogee beach et la plus branchée d'entre toutes, j'ai nommé Bondi beach, celle où se retrouvent skateurs, surfeurs et joggeurs de tout poil.

Vive la Slovaquie

Nous sommes accueillis à Sydney par Martin et Daninka, nos deux amis slovaques que l'on a rencontré dans la Baie d'Halong au Vietnam et qui vivent ici depuis 4 ans, et qui vont gentilment nous héberger durant notre séjour dans la ville. Nous retrouvons leurs compatriotes slovaques dans un bar, ou l'on boit des bières à 38 cl taille standard, tout est plus grand on vous l'a dit rien à voir avec notre norme française de 25 cl, ce qui désappointe les slovaques habitués à leur 50 cl !
Nous terminons notre séjour par un petit repas à la française préparé par nos soins à nos amis slovaques, avant que Martin au grand coeur nous dépose à l'aéroport à 6h du matin. Le rêve de Sébastien va devenir réalité : la Nouvelle Zélande est à portée de main.

lundi 22 septembre 2008

Nouvelle Calédonie

Un petit goût de France...

Nous survolons la Nouvelle Calédonie, ni un DOM ni un TOM mais un POM, seul Pays d'Outre Mer au statut si particulier, un peu français, un peu autonome, et nous admirons le vert profond de son relief accidenté et les eaux bleues turquoises de son lagon. Et si nous nous rendons sur cette île, c'est pour rendre visite à notre amie Agathe qui s'y est installée depuis quelques mois. Quel plaisir de la revoir ainsi au bout du monde ! Au bout du monde ? Mais il y a un peu de France dans ce bout du monde, on y parle notre langue, les administrations portent le drapeau tricolore, il y a un tas d'expats qui vivent ici, et surtout, il y a la bonne bouffe et le bon vin... Du saucisson, des fromages à foison, même pas que du cheddar, de la vraie mayonnaise, et même des yahourts au chocolat... On est au paradis des papilles ! Agathe et Pierre ne sont pas les derniers pour ripailler, et à nous 4 nous allons nous offrir un véritable festival gustatif tout au long de la semaine. Nous faisons les réserves pour les 7 prochains mois à venir.

Le bleu du lagon

La Nouvelle Calédonie c'est aussi et surtout le plus grand lagon du monde, depuis peu inscrit au patrimoine de l'UNESCO, parsemé de centaines de petites îles, une pure beauté. C'est Dimanche, le printemps pointe le bout de son nez, le ciel est d'un bleu profond, le soleil éclatant, seule une petite brise trouble la surface de la mer, et aujourd'hui, Pierre et Agathe nous emmène explorer le lagon. La matinée est consacrée au snorkelling pour les filles, tandis que Pierre initie Seb à la chasse au harpon. La pêche est un succès, à peine un quart d'heure dans l'eau qu'il a déjà attrapé un poisson... qui se révèle être un poisson boule, tout gonflé qu'il est son poisson au bout de son harpon, celui là, on ne pourra le griller au barbecue... Mais qu'à cela ne tienne, il ne se laisse pas faire et nous ramène au final deux beaux poissons, et un poisson apéro – tout petit qu'on en fait qu'une bouchée.
Nous nous rendons ensuite au phare Amédée, situé au centre du lagon, où les habitants de Nouméa aiment à profiter de la plage et de la réserve naturelle le week end. Y niche le tricot rayé, un serpent endémique à rayures noires et brunes, au venin paraît-il mortel, mais à la bouche si petite qu'il peut difficilement te mordre... On n'a quand même pas testé.
Nous y rejoignons des amis d'Agathe, Medhi, Claire et Sylvain, qui eux ont eu une pêche plus prolifique, avec notamment un énorme poisson perroquet et une belle loche. Le soir venu, nous nous régalons tous ensemble d'un barbecue de poissons très très frais dans le jardin de Medhi et Claire, vue sur le port de Noumea.

Le vert de la montagne

La Nouvelle Calédonie, ce n'est pas que les plaisirs de la mer, mais aussi les joies de la montagne. Des sommets culminant à 1600 m d'altitude, une chaîne de montagne qui traverse en sa longueur toute l'île principale.
Nous nous rendons au Mont Koghi, qui se trouve derrière Nouméa, pour nous attaquer au Pic du Malaoui... Une petite promenade pas si petite que ça, la terre est détrempée (ben oui, il pleut plus souvent qu'on ne le pense en Nouvelle Calédonie), le chemin escarpé, ça monte, ça monte, ça descend, ça glisse, ça monte, mais quel spectacle en bout de course ! Une vue à couper le souffle sur la ville de Nouméa et ses quelques 100 000 habitants.
Après cette bonne marche, nous nous réchauffons d'un chocolat chaud à l'auberge du Mont Koghi, celle là même où les Calédoniens se rendent pour boire un vin chaud ou manger une raclette... Si si, véridique, on mange la raclette sous les tropiques ! On l'a même testé grâce aux bons soins d'Agathe un soir de tempête ! Rien de tel pour se réchauffer !

Kava, quand tu nous tiens

Le Kava, c'est une institution en Nouvelle Calédonie. Agathe et Pierre nous emmène goûter à ce breuvage, que l'on déguste dans un nakamal ou bar à kava, d'apres une tradition venue du Vanuatu et recemment importe sur l'ile. Lumières tamisées, des groupes épars qui discutent, et tout en bas, le fameux bar. C'est là que l'on vous sert le kava, boisson à base de racines de la plante du meme nom, dans une moitié de noix de coco, et que l'on boit à côté d'un crachoir... Je sais, ça paraît louche... On nous recommande chaudement de boire cul sec, bon conseil, ça a le goût terreux d'un truc pas bon et après il y a le deuxième effet, l'effet amer, celui qu'on crache probablement.
Le Kava vous engourdit la langue et vous rend tout moellax... Ca c'est le troisième effet.

Barbecue, rivière bleue et Bodeguita

Pour notre dernière journée, Agathe et Pierre sont en congé et nous emmène pour une balade typiquement calédonnienne... qui commence traditionnellement par un barbecue arrosé de vin rouge, il ne faudrait pas perdre les bonnes habitudes. Nous irons tout de même faire un peu d'activité physique et allons admirer la forêt noyée au coeur de la rivière bleue, avant de rejoindre Claire et Medhi pour un resto et le fameux bar de Nouméa la Bodeguita, sur pilotis au dessus de la mer... On fait de nouveau les jeunes, jusqu'à 4h du matin ; on ne se sent plus aussi jeunes quand le réveil sonne quelques heures plus tard, et nous quittons Nouméa, Agathe et la Nouvelle Calédonie la tête dans le cirage... Prochaine étape : Sydney

jeudi 11 septembre 2008

Hervey Bay

Hervey Bay n'est pas vraiment une charmante petite ville australienne, de centre ou de jolies petites rues il n'y a point. Mais la ville des retraités a le mérite de posséder une plage longue de 10 kilomètres de long, et surtout d'être la porte d'accès à la découverte des baleines qui folâtrent dans ses eaux en hiver et printemps, soit d'août à novembre (oui, je sais, ça fait bizzare), et celle de Fraser Island, la plus que célèbre île de sable...

Les baleines à bosses

Les baleines à bosses passent l'été en Antarctique, où elles se gavent abondamment de crevettes et autres délicieux mets de la mer, elles en engloutissent environ 1 tonne par jour... Lorsque l'hiver pointe le bout de son nez, rassasiées, elles se dirigent alors vers le nord vers des températures plus clémentes, en vivant sur leurs réserves. Elles remontent jusqu'à Cairns, vont chercher le mâle de leurs rêves et s'ébattent joyeusement, où alors si ça a déjà été fait l'année dernière vont mettre au monde un petit baleineau, de 4 tonnes tout de même ! C'est certainement pour donner le plus de chances au petit de grandir dans un environnement moins hostile qu'elles font ce si long trajet, puis elles rebroussent chemin vers le sud, en passant par Hervey Bay. Et ne me demandez pas pourquoi mais c'est un endroit qu'elles aiment bien, peut-être un lieu de rendez vous, ou une pause bien méritée, et elles squattent généralement dans la Baie entre 3 à 5 jours...

Le ciel est d'un bleu limpide, la mer est d'un calme olympien, nous embarquons sur un superbe catamaran de 12 m, espérant apercevoir l'un de ces mammifères mythiques. Nos espoirs vont être rapidement comblés, les baleines ne sont pas farouches, elles auraient tort de l'être avec leur 14 m de long, et elles ne se font pas prier pour s'approcher de notre embarcation, se glissent sous notre bateau, nous offrant l'opportunité de saisir l'énormité de leur masse. Curieuses, parfois très curieuses, les baleines qui se déplacent par deux ou trois s'approchent et nous mirent, l'observateur observé, le visiteur visité. Joueuses, parfois très joueuses, les dernières que nous voyons, nous offrent un spectacle incroyable, se glissant d'un côté et d'un autre du bateau, pointant leur bout de nez hors de l'eau pour mieux nous regarder, ou jouant avec leur queue pour mieux nous étonner... A notre plus grand plaisir ! Une journée extraordinaire, où nous découvrons cet animal si puissant et si sympathique en même temps, qui nous a offert un réel moment de bonheur.

Fraser Island, et roule ma poule !

Difficile de se rendre sur la Côte Est australienne sans passer par Fraser Island, la plus grande île de sable du monde de 120 km de long. Le moins cher pour nous, c'est de louer un 4X4 par l'intermédiaire d'une auberge de jeunesse, avec d'autres backpackers. Et c'est parti pour 3 jours sur Fraser, en compagnie d'une anglaise et de six allemands, soit 9 dans la voiture. 9 dans un 4X4 ? Il est si grand que ça ? Non, il n'y a tout simplement pas de sièges arrières, mais des banquettes le long de la voiture, et on s'y entassent allègrement avec les vivres, le matériel de camping et autres nécessités personnelles.

Dans le groupes, une majorité de filles pas très enclines à s'essayer à la conduite sur sable et 2 garçons de moins de 21 ans trop jeunes pour manoeuvrer l'engin, et Seb est heureux comme un pacha au volant de son 4x4 dans le grand terrain de jeux qu'est Fraser... Contrairement à ce que l'imaginaire collectif conçoit, l'île de sable est boisée d'un bout à l'autre, et nous traversons cahin cahan (jamais expression n'aura été plus juste) sur une piste molle une forêt majestueuse jusqu'à atterrir sur la plage des 70 miles, 112 kilomètres de long... Nous y découvrirons l'épave du Maheno, échouée ici en 1935 après un cyclone, le lac McKenzie d'un sable étonnamment blanc et d'un bleu extraordinairement profond, et surtout, la marée montante...

Ben oui, c'est une île, la route c'est la plage, et deux fois par jour, la marée monte. Donc, il est bon d'être sorti de la route à ce moment là... Oui, mais nous, bien qu'à neuf, on n'a pas bien lu l'heure des marées, et on est parti une heure trop tard par rapport au moment prévu... La marée monte, on a encore pas mal de marge, mais elle monte tout de même, le sable est mou et la voiture force, la tension est à son comble dans la voiture, et c'est à ce moment là que cette dernière choisit de chanter. Ce qui signifie : je chauffe. Nous laissons la bête respirer, la mer monte toujours, nous parcourons quelques kilomètres, puis rebolote, elle rechante... Heureusement, nous ne sommes pas loin de notre point d'arrivée, nous laissons Seb repartir seul au volant de son fidèle destrier et nous le rejoignons à pied tranquillement. Finalement, plus de peur que de mal, la mer, en réalité, elle ne montait pas si haut que ça !

La matinée s'est nettement mieux terminée avec un bain dans la « piscine au champagne », une mer intérieure où les vagues viennent se fracasser sur les rochers provoquant de grandes jerbes d'eau qui peuvent effectivement faire penser à la résultante du sabrage de champagne...

Fraser Island, c'est aussi le camping et les pêcheurs, et le soir nous nous retrouvons avec les aussies à boire le « goun », le cubi de vin rouge australien. Goun, ça signifie oreiller en aborigène, tout simplement parce que ces derniers après avoir bu la dernière goutte du cubi souffle dans le sachet et s'en font un oreiller, avant de sombrer dans les bras de morphée...

Brisbane

Eugénie vit à Brisbane depuis presque 2 ans et il s'en est fallu de peu pour que l'on manque de se voir puisqu'elle prend l'avion pour ses vacances en France le lendemain ! Nous dînons chez elle, un coquet petit appartement avec une vue sur la ville à couper le souffle, en compagnie de son colloc australien et sa petite amie, un repas à la française préparé avec soin par Sebastien...

Eugénie travaille dans un hôtel 4* en tant que manager de réception, et nous offre une chambre à un prix défiant toute concurrence. On profite de notre salle de bain à nous tout seul, de notre lit king size, de notre écran plat, et comble du luxe il y a même internet en wifi, un peu de confort parfois, ça fait du bien !

Requinqués par une bonne nuit de sommeil, nous sommes prêts à affronter d'autres aventures, et nous décollons pour une nouvelle destination : la Nouvelle Calédonie.

vendredi 5 septembre 2008

De Townsville à Hervey Bay

Townsville

Notre petite halte à Townsville qui ne devait durer qu'un ou deux jours s'est transformé en séjour d'une semaine... Pourquoi Townsville ? Ce n'est en rien une ville extrêmement touristique, il n'y a pas des millions de choses à faire, mais c'est une ville agréable et on s'y sent bien... Il y a le « strand », la promenade le long de la mer de quelques kilomètres de long, super équipée comme toutes les plages australiennes, avec barbecues au gaz gratuits, toilettes et douches nickel tous les 300 mètres, et aux fontaines d'eau dédiés à étancher la soif des êtres humains mais aussi des chiens ! il y a aussi le centre ville piéton bordé de boutiques, la rue des restos, des pubs et des boites (évidemment), mais surtout, la ROCK POOL, c'est à dire une piscine de mer gratuite et ouverte à tous, et son écran géant qui diffuse les J.O. en direct...

Et puis après nos quelques 2000 kilomètres dans les pattes, il est temps de se poser un peu, de plus, l'Australie ça ruine vite le porte monnaie, moins on se déplace et moins on dépense, et enfin, on a trouvé des backpackers (=voyageurs sac au dos) qui vivent à Townsville depuis quelques mois et qui nous initient à la vie nocturne « Aussie »(aussie = australien). On a même fait les jeunes qui vont en boîte jusqu'à 4h du matin, et qui rentrent à pied en titubant jusqu'au camping à quelques 5 kilomètres de là.

Mais on ne fait pas que faire la fête, on fait aussi beaucoup d'exercice puisque notre unique moyen de locomotion sont nos jambes. On a même poussé nos patounes jusqu'au sommet du gros rocher rouge qui domine Townsville... Un bon entraînement en perspective de nos prochaines randonnées en Nouvelle Zélande avec une moyenne de 10 kilomètres par jour.

Magnetic Island

En face de Townsville se trouve l'île magnétique, la charmante et charmeuse. Nous marchons au coeur d'une forêt d'eucalyptus, et découvrons notre premier koala au sommet de l'un deux, tout assoupie au creux des branches... Il faut dire qu'un koala ça dort beaucoup, beaucoup, puisqu'il lui faut sa dose de 20h de sommeil par jour, les 4h qui restent étant dédiées à la mastication de feuilles d'eucalyptus. Ces dernières sont toxiques, et il faut beaucoup d'énergie à leur corps pour éliminer les mauvaises substances, tellement d'énergie qu'ils n'en ont plus assez pour fournir leur cerveau et il paraît donc que le koala est le seul animal à posséder une tête plus grosse que sa matière cérébrale. Une noix qui nage dans une substance liquide, voilà ce qu'il y a dans la tête d'un koala... Quoiqu'il en soit, cet animal est un vrai régal pour les yeux, une grosse peluche à la fourrure épaisse...

Et pas troublé de notre présence avec ça... Il faut dire qu'en Australie les animaux n'ont pas de prédateurs, ils n'ont absolument pas peur de l'homme et se laissent facilement approcher, pour peu que l'on est quelquechose d'intéressant à leur offrir, genre un morceau de pain. Les campings sont de véritables zoos, on y rencontre des wallabees, ces petits kangourous qui viennent à la tombée de la nuit, ou encore des opossums. Mélangez un chat, un rat et un écureuil et vous obtenez un opossum, ce drôle d'animal qui grimpe dans les arbres comme un fou... On trouve également des oiseaux plus étranges les uns que les autres, à bec courbé, à longues pattes, à cri strident... De véritables zoos qu'on vous dit !

A Magnetic, on marche, on marche, et l'on découvre des décors de rêves, plages de sable blanc, mer turquoise, doux rochers polies par les vagues, et quelques arbres verts en toile de fond...

Nous quittons cette merveille de la nature pour continuer notre chemin vers le sud, en direction d'Hervey Bay

It's a long way to Hervey Bay

Pour ce faire, nous avons loué une voiture. En Australie tout est plus gros, et plus grand qu'ailleurs... Plus gros pot de yahourt, plus gros camions, plus grandes distances... les villes voisines sont facilement à 100 kilomètres les unes les autres, et les moyens de transports publics peu efficaces, en bref, si on veut voir un peu du pays il faut le parcourir avec un véhicule roulant à moteur résistant...

Nous avons 3 jours pour parcourir les quelques 1200 kilomètres qui nous sépare d'Hervey Bay, assez pour profiter du paysage et explorer quelques nouveaux coins, comme Airlie Beach, la ville des backpackers qui font la fête, Rockampton, la ville du boeuf, Clairview, le hameau à la marée très, très basse... Nous en profitons même pour nous arrêter dans un parc d'animaux, le « billabong park », histoire de peaufiner notre connaissance des marsupiaux et nous y découvrons notamment le wombat, espèce de gros hamster d'1m50 de long, le célèbre dingo, le chien sauvage qui n'a pas l'air si méchant que ça, ou les fameux crocodiles qui dorment au moins autant que les koalas.

Nous parvenons enfin à Harvey Bay où nous attendent de nouvelles aventures...