mardi 4 novembre 2008

Rapa Nui, l'île de Pâques

En préparant notre itinéraire autour du monde, l'île de Pâques n'était pas dans la première ébauche. Lorsqu'on a découvert que ce n'était pas plus cher de partir sur ce petit bout de terre au milieu du Pacifique, on en a profité pour l'inclure dans notre billet tour du monde. L'île habitée la plus isolée du monde, à 2000km de son premier voisin, l'ile de pitcairn et ses 50 habitants dont personne n'a jamais entendu parler, à portée de main. C'est un peu la noisette dans la plaquette de chocolat, celle à laquelle on ne s'attendait pas mais qu'on a envie de déguster. Alors, afin de profiter de cette terre lointaine difficilement accessible malgré le pied estropié, on décide d'étendre notre séjour de 6 a 12 jours. Ben ouais nous on est comme ça !

Seb el romantico

Ne pas poser le pied par terre pendant 3 jours. Voilà le défi auquel Seb et moi sommes confrontés sur cette île aux douces collines volcaniques... Oui, mais nous on veut les voir les Moais ! Theresa nous propose de louer la voiture de sa fille, une bonne affaire, malgré son pare brise étoilé, ses portes deglinguées et son coffre inouvrable... De toute façon, il n'y a pas d'assurance sur l'île, ça n'existe pas. Il faut seulement bien faire attention à éviter les chevaux, ils sont presque plus nombreux que les habitants de l'île ! Avec notre nouveau moyen de locomotion, qu'on loue un jour sur deux budget oblige, on est tout content, on va pouvoir visiter tout Rapa Nui !

Hors de la voiture, Seb devient “el caballo”, le cheval, et porte Aurélie sur son dos d'un site à l'autre... Et dans les rues d'Hanga Roa aussi ! Ce soir là, c'est la fête au village. Le maire et ses conseillers doivent être élus le dimanche suivant, et pour l'occasion les 3800 habitants se sont rassemblés dans la rue principale (la seule aussi) au son de groupes de musique et à l'odeur des saucisses au barbecue afin de soutenir leur candidat préféré. Pas question de manquer l'évènement, Seb prend Aurelie sur son dos et nous courons après le cortège d'un des conseillers afin de prendre quelques photos, et ce dernier pris de pitié nous propose de nous installer sur son char ! De spectateurs, nous nous transformons en acteurs! Seb se repose un peu, avant de repartir sa petite femme accrochée a lui. Tout le monde nous acclame dans les rues et congratule les efforts du mari. Rapidement, les gens du coin nous connaissent, Seb est surnommé “el romantico”, et chacun y va de son petit conseil pour la guérison du pied. Eau de mer, plante locale nommée Higueillo, technique de bandage... On s'occupe bien de nous à l'île de Pâques !

A la découverte du Moai

3 jours après, le pied est tout dégonflé et Aurélie peut de nouveau marcher... Pas très vite, certes, mais suffisamment pour partir à la rencontre des Moais, ces fameuses statues élevées avec tant de patience et tant d'efforts par les ancêtres des Pascuans. Venus de Polynésie et certainement chassés par une tribu adverse, il se sont mis en quête d'une terre pour les accueillir, qu'ils ont découvert après un long voyage de plusieurs milliers de kilométres. Durant plus de 1000 ans, isolés, loin de toute influence exterieure, ils se sont inventés leur propre culture, unique au monde. Jusqu'à la fin du 17éme siècle, sans relâche, ils ont taillés 887 Moais, sculptures géantes de plusieurs mètres de haut, dont un quart seulement sont arrivées à destination et ont été érigées sur des ahu, grands socles de pierre, et coiffés d'un pukao, chapeau ou chignon de couleur rouge. Fait surprenant, les Moais ne regardent pas la mer, mais au contraire regarde vers l'interieur des terres, vers ce qu'appelle les Pascuans le Te Pito Te Henua, le nombril du monde !


Dès la fin du 17ème siecle, devenus trop nombreux sur ce petit bout de terre, les ressources deviennent insuffisantes, la quelque dizaine de tribus guerroient et les vainqueurs font tomber les Moais des vaincus, la tête la première... Petit a petit, tous les Moais se retrouvent le nez dans la poussière, et c'est aujourd'hui l'apparence que nous donnent les multiples ahus qui parsément les côtes de l'ile.

37 se dressent toutefois fiérement debout, restaurés sur 4 sites différents,

La carrière du volcan Rano Raraku

Sur le flanc du volcan Rano Raraku se trouve la carrière, celle là même où les Pascuans fabriquaient leurs Moais. Prés de la moitié des statues de l'île s'y trouve encore, quelques 397 pour être précis, pas terminées, trop fragiles, ou peut être pas assez grandioses. Nous errons à travers un enchevêtrement de Moais couchés, debouts, penchés, en toile de fond la mer à perte de vue, et nous sommes fascinés par ce spectacle grandiose. Notre imagination s'envole, nous admirons dans nos esprits l'incroyable travail de forçat pour réussir à amener ces énormes statues de 50 tonnes et plus sur des sites se trouvant parfois à 20 km de là. Une réelle prouesse technique !

Le plus grand d'entre eux, encore accrochée a la roche, mesure 20 m pour un poids de 200 tonnes... Il aurait certainement impossible de le déplacer !

La carrière n'a pas fini de nous dévoiler ses secrets, et tout en haut d'un chemin nous découvrons la magie d'un paysage à couper le souffle, un cratère parfaitement rond au fond duquel repose un lac, bleu gris de l'eau, rouge de la terre, vert des îlots de joncs et toujours ce bleu profond de la mer à l'horizon. Une splendeur.

On ne se lasse pas de retourner dans ce site extraordinaire, en particulier à la tombée du jour lorsque la lumière douce arrondie les angles et adoucie les visages de nos amis les Moais.

Les 15 au lever du soleil

L'un des sites les plus prestigieux de Rapa Nui est le Ahu Tongariki, 15 moais dressés devant la mer. Magnifiques sous la lumière du crépuscule, parfait pour un petit apéro dinatoire arrosé de vin chilien, mais il paraît qu'ils le sont d'autant plus au lever du jour. Un guide local nous explique qu'il faut y être vers les 6h pour ne pas louper la scéance. Tres bien, à nous les jolies couleurs du petit matin !

A 5h45, sous un incroyable ciel étoilé, éclairés seulement par un faible clair de lune, nous voici devant les 15 appareil photo et caméra en main, fin prêts pour capturer l'instant. Mais voilà, le soleil est paresseux ce matin, il n'a pas l'air d'avoir envie de se lever, et une bande de nuages se profile à l'horizon. Patiemment nous attendons le spectacle, mais force est de reconnaître qu'à 7h15 il fait jour et que le soleil, on l'a pas vu, certainement caché par les nuages... Tant pis, on reviendra, on part faire un petit tour à la carriére juste derrière, et voici alors notre soleil qui décide de pointer le bout de son nez, profite d'un trou dans les nuages et enflamme le ciel d'un orange brûlant. Bref, l'aube et les moais en même temps, on l'a raté... Pas question de se laisser faire, on revient, on persiste, mais avec surplus de grasse mat, arriver à 7h c'est amplement suffisant ! La deuxieme fois, le soleil ne se lève pas pour de bon, il est bien trop paresseux ce jour là, mais la troisième c'est la bonne ! Les 15 à contre jour sous lumière orangee, on les a vu !

Le volcan Rano Kau et l'homme oiseau

Autre merveille de la nature, dominant la ville d'Hanga Roa, le cratère du volcan Rano Kau, au fond duquel repose un lac époustouflant, véritable patchwork d'îlots de joncs et eau mêlés.

C'est aussi ici que se trouve le village d'Orongo occupé entre le 17 ème et le 19ème siècles seulement quelques semaines dans l'année. C'est ici que se déroulait la plus que célèbre cérémonie de l'homme-oiseau, une tradition qui fait le lien entre la fin de l'époque des moais et le début d'une ére de crise qui dura près de 200 ans, et oui, ca existait déjà la crise à l'époque.

Chaque année au printemps, c'est à dire en septembre, chacune des tribus désigne un homme-oiseau représenté par l'homme le plus fort du clan. Armé de suffisamment de vivres, ce dernier doit alors descendre une falaise à pic de 300 m de haut, nager dans une mer agitée tout en évitant les requins, et se rendre sur un petit îlot à quelques centaines de métres au large où il attendra l'arrivée du premier oiseaux migrateur, une hirondelle appelée Manutara. Patiemment, il guette la ponte du premier oeuf de l'année, et se doit de le rapporter intact après avoir fait le chemin inverse, et escalader la fameuse barre rocheuse de 300 mètres. Le vainqueur de l'épreuve permet à son chef de devenir homme-oiseau, et à la tribu de régner sur l'île pendant une année entière. Une tradition qui se perpetuera jusqu'en 1866, date à laquelle des missionnaires chrétiens l'interdisent...

Une coutume qui se rappelle à nous dans toute l'île, la gravure de l'homme-oiseau étant le second symbole de Rapa Nui.

On a bien fait de rester

Ca y est, le pied est presque réparé, il est temps pour nous de découvrir l'ile de Paques en marchant.

Nous entamons notre première randonnée par l'ascension du plus haut volcan de l'ile, le Terevaka, enfin, pas de quoi s'affoler, il ne mesure que 511m de haut. Mais quelle vue ! C'est le seul endroit ou l'on peut avoir un aperçu de l'île dans son ensemble, regarder à 360 degrés, et on confirme, admirer de l'eau à perte de vue !

Autre marche, celle du Poike, un peu plus rude même si ce volcan le plus ancien de l'île est moins haut, nous serpentons entre les vaches qui paissent paisiblement et rencontrons le plus plus petit Moai de l'île, 1m13 seulement. Le plus grand arrivé à destination et érigé mesure quant à lui 9m80, 11m avec son chapeau !

Dernier weekend, celui de la Toussaint

Au Chili, le 31 octobre, c'est férié. Les petits en profite pour se déguiser et perpétuer la tradition d'Halloween dans les rues d'Hanga Roa, menaçant les patrons des bars et restaurants de la bourse ou la vie en échange de quelques bonbons.

Le lendemain, c'est la Toussaint, tous les habitants de la ville se retrouvent au coucher du soleil dans le petit cimetière en bord de mer, fleurissent les tombes, rencontrent leurs voisins et assistent à la messe, dans une ambiance décontractée et sous le rire des enfants qui jouent à proximité. Une veritable célébration de toute une communauté cohérente et solidaire.

L'île de Pâques, c'est fini !

C'est enchantés que nous quittons cette île enchanteresse, sous le regard de Theresa à qui va manquer son Romantico qu'elle idolâtre, son Matatau ou “beaux yeux” comme elle le surnomme également, et nous offre en guise de souvenir un petit pendentif à l'effigie... d'un Moai, bien sûr !

6 commentaires:

Anonyme a dit…

ENFIN!!!!!!!!!!!!Depuis le temps qu'on attendait ce mini-reportage!!!Bon vous m'avez bien donné envie d'y aller...l'ambiance sur l'île a l'air d'être trés conviviale....bonne route au Chili...et n'abusez pas du pisco...
bisous

Anonyme a dit…

Salut les magiciens
Magnifiques photos et récits, c'est féérique, spendeur du regard de Ko Te Riku dernière statue "voyante" de l'ile. Cette "aura" magnifique nous a emmergés dans le silence des siècles accumulés.
Regard dans le ciel vers cet infini de la création , mystère de la raison, Géants de pierre enigmatiques , dieux de pierre, divinités muettes, monuments occultes.
Statues qui strutent jour et nuit le cosmos.
Force spirituelle, la 'mana" concentrée sur cette Pierre Ronde TE PITO KURA (nombril du monde).
Passé mythique qui existe au Tibet,en Egypte, en Afrique, au Pérou....insondable au-delà, espace ouvert à l'infini.
But enchanteur, tout voyage se regéner à la source des ces mystères de la création.
Bonne initiation les acrobates de l'espace terrien.
Bisous
Bobart

Unknown a dit…

Salut les gars....
lundi je me suis levé à 5h55, ça aurait pu être pour un levé de soleil mais j'ai rien vu.... il était derrière une couche de 3 km de nuage....!!!!
Scoumoune me diriez vous !!!!
Et comment !!!!!!
Double scoumoune même, c'était pour reprendre le boulot... et le pire c'est que ça se répète mais du coup j'ai plus de chance avec les jolie levé de soleil sur l'humide région d'Aquitaine.... Et bien sur je pense à vous....
Comme on a bien pensez à vous le jour de notre départ de l'ile de Pâques quand on a vu l'avion atterrir par l'est !!!! :))
Franchement ??? On s'est tapé une bonne barre de rire..... si vous voulez j'ai le film !!!!!!!
D'ailleurs j'ai également quelques photos à vous faire parvenir.... c'est comment qu'on fait ????
Sinon, je veux mes droit d'auteur pour la photo partie d'échec.... voilà c'est dit.
Bon vous démarrez votre tour de l'Amérique latine bande de veinards... Profitez en bien et à bientôt pour de nouvelles aventures....
mon mail c'est : thomas.gobley@gmail.com

Unknown a dit…

Seb el romantico, terrible!!C'est cool que la cheville soit réparée..
Merci pour ces belles photos,ça donne trop envie d'y aller!
J'attends avec impatience la suite de vos aventures!
Bises,
Vir

Anonyme a dit…

je voudreis bien ale habite seul sur illede pasques je 38 ans sportive tu pense que ce possible ? CAR MON REVE ET VIVRE SUR cette sauvage ILLE JE SAIS PECHE ET CHASSE ECT... je te donne mon email pour avoir 1 reponse de votre part MERCI tasmani.tasmania@laposte.net

Anonyme a dit…

on fait se tout jour le monsieur que veu ale habite seul dans cette ille je vous signale que je habite en france et je suis d'origine français BON LUNDI DE PAQUES ET MERCI DE MES REPONDRE