lundi 29 décembre 2008

Buenos Aires

Nous voici dans la capitale de l'Argentine, celle qui possède un si joli nom, j'ai nommé Buenos Aires. 6 millions d'habitants dans la ville même, 13 millions avec sa banlieue, Buenos Aires est grande, très grande, et de larges avenues la percent en son centre.

Nous logeons sur l'une d'entre elle, la vibrante avenue Corrientes, si longue qu'il faudrait des heures et des heures pour se rendre d'un bout à l'autre à pied. Heureusement, il y a le métro, celui où on se colle les uns aux autres sous une chaleur à faire transpirer à grosses gouttes. Ici, on ne sait jamais quand est l'heure de pointe, les horaires des argentins étant radicalement opposés à celle de la vieille europe, l'espagne faisant exception ; on se lève un tout petit peu plus tard que chez nous, mais pas tellement, par contre on fait une grande pause entre 13h et 16h, c'est l'heure de la sieste, et on rentre chez soi après le travail relativement tard, souvent vers 20h.
La voilà la véritable heure de pointe, à 20h tout le monde est dehors, ceux qui rentrent du travail, ceux qui vont faire les courses, parce que oui, les magasins sont ouverts jusqu'à point d'heure. Et puis ici on ne mange que lorsque la nuit est tombée, ça veut parfois dire après 23h, 23h30, selon où l'on vit en Argentine, et si l'on sort, ce n'est pas avant 1h du matin, alors on se couche tard, très tard.

Vive le shopping

On profite d'être à Buenos Aires, la capitale de la mode et des boutiques branchées, pour faire quelques emplettes, surtout pour Aurélie qui se débattait avec ses 3 t-shirts et son unique pantalon depuis de nombreux mois maintenant, puis on va visiter quelques quartiers sympas.

Nous nous rendons à San Telmo, un quartier riches en antiquités et vieilleries en tout genre, c'est un régal que de déambuler entre les étals où l'on vend tout et n'importe quoi, du téléphone des années 20 à la figurine kitsch.

Cimetière Recoleta

Aussi étrange que cela puisse paraître, nous partons visiter le cimetière de la ville. Plus qu'un cimetière, c'est une véritable ville des morts, chacun à sa maison, énorme, que beaucoup de vivants envieraient. Gigantisme des tombeaux, ornés d'or, de marbre, de matériaux précieux, créés au 19ème siècle par des êtres imbus d'eux-mêmes, qui, même dans la mort, souhaitaient montrer à leurs voisins à quel point ils étaient riches et puissants...

La plus célèbre résidente de Recoleta est sans aucun doute Eva Peron, plus connue sous le nom d'Evita, première dame de l'Argentine entre 1946 et 1952. Disparue très tôt, à l'âge de 32 ans, après avoir soutenue les plus pauvres, on lui voue aujourd'hui un véritable culte de la personnalité, chaque ville possédant au moins une statue de la grande dame.

On quitte la ville pour le Nord Ouest de l'Argentine

Encore un petit tour de bus de... 20h et hop nous voici à Salta

samedi 20 décembre 2008

Puerto Natales, Torres del Paine et Perito Moreno

Puerto Natales

Nous voici à Puerto Natales, petite ville bien agréable en bord de fjord, porte d'accès au fameux parc national de Torres del Paine. Nous avons réservé une chambre dans une auberge, qui se trouve encore dans la cuisine (ça nous arrive fréquemment), et qui sent pas bon... Pas tellement envie de squatter dans cette chambre, heureusement, on avait prévu une journée en bateau !

Au fil de l'eau

Nous remontons le fjord Ultima Esperanza en Catamaran vers les glaciers Balmaceda et Serrano, et nous découvrons une côte découpée, des sommets enneigés, sous une lumière patagonienne à tomber. Le ciel couvert laisse passer parfois un rayon de soleil, éclairant une montagne, un arbre, une cascade... Le soleil s'amuse et dirige notre regard sur ce qu'il faut admirer. Magique.
On passe un premier glacier, le Balmaceda, accroché à la roche, le bleu de la glace contrastant avec l'orangé de la pierre, puis nous arrivons au second, le Serrano. Blotti dans un cirque, il se jette dans un petit lac tout bleu, et perd parfois un bout de lui même qui se met à flotter et à fondre tout doucement, alimentant de son eau millénaire le fameux petit lac tout bleu.

Nous embarquons ensuite sur un zodiac, vêtu d'une combinaison étanche de survie pour milieux aquatiques hostiles (eau à 4 degrés). Les bibendums que nous sommes remontent la rivière Serrano sur une distance de 35 kilomètres ; nous nous arrêtons prendre des nouvelles de cet ermite qui a quitté son village depuis 20 ans et vit seul au milieu de la forêt, puis nous faisons halte dans une hacienda, la seule à des kilomètres à la ronde, coincée entre deux parcs nationaux que sont le O'Higgins, le plus vaste de Patagonie, et le Torres del Paine.

Voilà qu'au loin nous pouvons admirer ces majestueuses montagnes, à la roche contrastée de noir et beige, sortant de terre tel un mirage. Magnifique. Bientôt, nous irons la visiter.


Torres del Paine

On fait le V du W

Le parc national Torres del Paine est connu dans le monde des trekkers pour son fameux circuit W, qui contourne les montagnes et s'enfonce dans les vallées. Nous, on s'est décidé pour un trek de 4 jours, et la découverte de deux vallées, celle qui vous emmène aux Tours et celle des français.

JOUR 1

Il fait beau, très beau, pas un nuage à l'horizon, et surtout pas de vent, un miracle dans ces contrées lointaines.

Après 3h de bus, nous voici à l'entrée du parc. Aujourd'hui, c'est petite journée, 4h de marche qui monte qui monte pour dormir au camp de base au pied des tours.

On réussit à se planter de chemin

Et oui, on est trop fort, il y a pas à dire, on prend le mauvais chemin, qui va toutefois dans la bonne direction, alors on continue, on rejoindra bien le vrai...

Ah le voilà, en face, tout près, ben oui mais non, à nos pieds, un immense canyon où coule une rivière nous barre la route. Redescend en longeant le canyon, et rattrape le chemin... Un petit détour d'une heure, avec un sac de 14 à 17 kilos sur le dos, une broutille !

On dort (peu) au camping de las Torres

4 h de montée, et nous voici enfin au camping de las Torres. On s'évanouit dans notre tente en songeant aux jolies tours que l'on va découvrir demain.

JOUR 2

3h30, le réveil sonne, on va voir le lever de soleil sur les tours. Et c'est qu'il se lève tôt le soleil en Patagonie ! Des dizaines de petites loupiottes éclairent le camp, tels de petites lucioles affairées, on est pas tout seul à vouloir découvrir ce spectacle unique.

45 minutes de marche, ou plutôt d'escalade pour atteindre la base des tours, les randonneurs partent à l'assaut des 310 m de pierrier, la course au soleil a commencé.

On arrive à moitié épuisé en haut pour découvrir un paysage unique, petit lac tout de vert vêtu au creux d'un cirque surmonté des 3 tours mystiques à la paroi abrupte.

Les minutes s'écoulent, et peu à peu le soleil vient chatouiller la tête des tours. On reste 3h à les contempler revêtir leur habit de lumière, jusqu'à ce que le paysage en son ensemble soit noyé d'un bain de soleil. On est content.

Bon, ben, c'est pas tout ça, mais il y a quand même 8h de marche qui nous attendent.

Il nous faut redescendre, replier la tente, charger le sac sur nos épaules, et marcher, descendre, monter, descendre, monter, sous une chaleur écrasante parce que, oui, en Patagonie il fait beau et il fait chaud.

Le paysage vaut le coup d'oeil, c'est le printemps, les arbustes explosent de couleurs, rouge des fleurs, vert des arbres, bleu turquoise des lacs créés par la fonte des glaciers.

16 km plus tard, nous arrivons finalement au prochain camp fourbus, nos pieds ne sont que douleur (surtout les gauches), nos épaules rougies se délectent d'abandonner les sacs à dos.

Et oh bonheur, nous allons pouvoir apprécier une douche chaude, et se délester de cette odeur tenace qui colle au corps.

On s'évanouit dans notre tente

Une nuit de sommeil de plomb nous requinque pour affronter notre 3ème jour

JOUR 3

Les épaules ne veulent pas, les jambes crient non, les pieds ne rentrent même plus dans leurs chaussures. Notre corps refuse de souffrir à nouveau. Et pourtant, sac sur le dos, c'est reparti ! 2h15 de marche et nous voici au prochain camp. On va pouvoir découvrir le val des français sans sac, et ça, ça fait plaisir !

Le val des français avorté

Sans sac, ça va mieux, mais c'est quand même douloureux. Ca monte, ça monte, et à mi chemin, alors que le plus dur est passé, Aurélie s'aperçoit qu'elle a perdu sa veste. Alors on fait demi tour, à la recherche de la veste perdue, mais où qu'elle est donc, on redescend, on cherche, et on se retrouve tout en bas au camp... La veste est définitivement perdue, les nuages s'amoncellent dans le val et nous on est trop épuisés et dépités pour repartir de nouveau. Le val des français c'était pas pour nous !

JOUR 4

Dernier jour dans le parc, nous repartons vers la prochaine étape où nous attend le catamaran qui nous ramènera au bus. On en profite pour manger un hamburger au refuge qui se trouve au pied du lac, de la viande et du pain, ça nous réconforte, après 3 jours de soupe et de nouilles ! Il ne nous reste plus qu'à monter dans le bateau, puis dans le bus qui nous ramènera à Puerto Natales. Nos jambes sont contentes, la marche c'est fini ! Sauf qu'à l'arrivée du bateau, oh surprise, le bus nous attend tout là bas tout loin tout au bout de la route, à près de 700 m de là, et ça c'était pas prévu...

Retour au confort, une bonne douche et un lit douillet pour quelques heures de sommeil avant notre prochaine étape : El Calafate, en Argentine.


El Calafate

Petite ville en bord de lac turquoise, elle est surtout connue pour son fabuleux parc des glaciers, et celui célèbre entre tous : le Perito Moreno.

Le Perito Moreno

Ce n'est pas le plus grand glacier visible en Patagonie, mais une avancée de terre fait front à cette étendue de glace ce qui permet d'en avoir un point de vue unique.

On démarre par un petit tour de bateau, et oui, on aime bien ça, le bateau, pour se retrouver au pied de cette énorme façade de glace, d'une cinquantaine de mètres de haut.

Puis nous le découvrons d'en haut, et là, nous prenons vraiment conscience de son immensité. 5km de large, 14km de long, de la glace à perte de vue, le perito moreno, c'est vraiment une belle bête.

Des pics, des creux, des infractuosités qui dansent sous le soleil, en nous offrant toute une palette couleurs, du bleu intense au blanc neige.

Le glacier craque, le glacier râle, le glacier avance, jusqu'à 2 mètres par jour en son centre, et des morceaux petits ou grands s'en détachent, toujours dans un grand fracas assourdissant.

On ne lasse pas d'admirer cet océan de glace, c'est un spectacle féérique.

Bye bye la Patagonie

La Patagonie, c'est fini, on s'envole pour la capitale de l'Argentine, la célèbre Buenos Aires. On évite ainsi un trajet de 40h de bus (bon, c'est vrai, on en a un peu marre du bus !)

mercredi 17 décembre 2008

Ushuaia Punta Arenas

On nous a dit “Ushuaia, c'est pas terrible, il y a rien à faire, ça sert à rien d'y aller”. Oui, mais Ushuaia, c'est quand même tout là bas en bas du monde, alors on décide d'y aller quoiqu'il en soit.

Et puis on a trouvé un vol qui nous coûte à peine plus cher que le bus, et on gagne 12h de trajet, alors on en profite !

Le piti navion

Il est pas cher le petit avion, mais il est aussi tout petit. A peine une trentaine de personnes peut rentrer dans sa carlingue. Il est pas tout neuf non plus, les sièges sont tous à moitié cassés, mais la carcasse, c'est du solide. LADE, la compagnie aérienne, est une compagnie de l'armée argentine, c'est louche, mais c'est comme ça...

Le petit avion à hélice décolle en vibrant de tout son être, et nous fait découvrir vu du ciel la fameuse terre de feu, joli nom trouvé par Magellan à cause des feux allumés par les amérindiens qui vivaient ici et visibles depuis l'océan.

Une terre aride, fidèle à la pampa argentine, sans relief, jusqu'à ce qu'on arrive tout au sud, là où se trouve le canal de Beagle et où viennent mourir les Andes.


La ville d'Ushuaia, coincée entre les majestueux sommets enneigés et le canal, s'étend sur des kilomètres de long. Une ville de 60 000 personnes, là bas loin de tout, c'est incroyable. Et dire qu'au départ elle est née d'une prison, le gouvernement argentin envoyant ici à la fin du 19ème siècle ses bagnards pour construire la cité. Ici, impossible de s'échapper !

Bienvenue au bout du bout du monde.

Ca souffle !

Magellan s'est trompé. Il aurait mieux fait d'appeler sa Terre de feu la Terre de vent. Ici ça souffle ! A peine sortis de l'aéroport, une bourrasque manque d'emporter Aurélie. La Patagonie venteuse, ça, c'est pas une légende !

On trouve une petite auberge toute jolie toute sympathique, et on y rencontre des tas de voyageurs, et comme souvent en Argentine ça se termine en « Asado », la spécialité du pays, barbecue de gros morceaux de boeuf ou de mouton cuit pendant des heures.

On part à l'assaut des sommets

La montagne nous appelle, alors on lui répond par une petite rando jusqu'à l'un des sommets qui domine la ville, le cerro medio. Deux heures d'une montée interminable sur 615 m de dénivelé, et une sortie de forêt spectaculaire, incroyable vue sur la baie d'Ushuaia sous un soleil radieux.

Retour au Chili

Nous quittons Ushuaia pour nous rendre à Punta Arenas, au Chili. Un trajet en bus d'une durée de 13h, durant lequel nous traversons la Terre de Feu divisée entre les deux pays frontaliers argentins et chiliens, sous un vent d'une puissance à faire tomber la tour Montparnasse. Heureusement ici pas d'immeubles, parfois une maison perdue au milieu de rien, et puis nous arrivons au fameux détroit de Magellan. Un bac nous attend, la mer est déchaînée, le bateau tangue entre les creux de 4 mètres, les vagues jaillissent et ensevelissent les quelques malheureux touristes venus s'aventurer sur le pont pour admirer le paysage... Seb en fait partie, trempé d'eau salé de la tête au pied !

Punta Arenas

Nous voici à Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili. Petite ville ventée, pas extraordinaire mais pas désagréable non plus. On profite de se trouver dans la ville pour faire un tour à la maison musée en l'état de Braun – Menendez ; ces deux familles étaient à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème maîtres de la région lorsque celle ci était le plus grand terrain d'élevage de moutons du monde, et que les bateaux se devaient de se réapprovisionner dans la ville avant d'affronter le Cap Horn.

On va à Puerto Natales

Nous continuons notre route un peu plus au nord, vers la petite ville de Puerto Natales.

dimanche 14 décembre 2008

Puerto Madryn et nos amis les pingouins

9h de route sur des kilomètres de rien, nous découvrons la pampa argentine, une terre aride et plate, parsemée de quelques touffes d'herbes, qui s'étend à perte de vue. Parfois, au bout de 3 ou 4 h de route, on croise un village, moins qu'un village, un hameau, perdu au milieu de nulle part. Puis de nouveau la pampa, encore et encore... Ouahh, cette terre est impressionnante de vide, d'aridité et d'infini !

Au bout de cet espace , Puerto Madryn se dresse devant nous tel un mirage, ville coincée entre désert et mer.
Ici l'on vit de la baleine, des lions de mers et des pingouins ; il suffit de lever les yeux pour remarquer ces immenses affiches parsemées un peu partout dans la ville. La péninsule de Valdes
n'est pas loin, refuge de milliers d'animaux, et Puerto Madryn en est le principal point d'accès.

Les baleines, on les a vu en Australie, et le souvenir que l'on a de cette sortie en mer est tellement magique que l'on a envie de le garder intact. De plus, c'est la fin de la saison, ne reste plus que les baleines à la traine, celles qui sont fatiguées, qui vont rejoindre l'Antarctique d'ici quelques semaines.

Non, nous, si on est là, c'est pour voir les Pingouins. Parce qu'on les a jamais vu les pingouins, et que tout près, à seulement 200 km de là (On n'a pas la même notion des distances en Argentine), se trouve la plus grande colonie de pingouins de magellans du continent Américain : Punta Tombo.

Punta Tombo

Chaque année, 1 million de pingouins se retrouvent sur ce petit bout de terre, car ils y trouvent un terrain de sable fin et compact qui leur permet de creuser facilement leur nid.
Papa pingouin arrive en premier fin août, creuse de ses petites pattes le petit nid douillet qui accueillera sa petite famille, au même endroit que l'année dernière. La maison est prête pour la lourde maman pingouin, qui se délestera de 2 oeufs à couver pendant un petit mois. Papa et maman pingouin se partage le travail, quand l'un couve, l'autre part manger, et vice versa.

Pour ne pas trop déranger les pingouins, un chemin d'un kilomètre et demi a été aménagé pour pouvoir visiter la colonie. Bien que nous n'ayons pas le droit d'en sortir, les pingouins eux ni prennent pas garde et l'empruntent, ou le traversent allègrement, sans se soucier de ces étranges êtres à deux pattes venus les observer.

Nous sommes début décembre, les petits bébés pingouins viennent de naître, petit être fragile les yeux tout collés qui se protège sous maman ou papa pingouin, et qui quand il ne dort pas crie qu'il a faim.
Pour le nourrir, les parents vont se relayer incessamment, et nous marchons au milieu de ses oiseaux qui se déhanchent, cahin cahan, et qui déambulent jusqu'à la mer, parfois à plus d'un kilomètre de là, Arrivés à l'eau, les voilà qui plongent et nagent et surfent la vague, virevoltent et disparaissent dans les eaux profondes.

C'est un va et vient incroyable de pingouins, ceux qui vont à la mer, ceux qui rentrent au foyer, ceux qui se calinent aussi, et parfois l'un d'entre eux, curieux, s'arrête, et entame avec nous un dialogue avec les yeux pleins de questions.
Puis, rassurés, il repart vers sa mission, cheminant entre les milliers de nids dans un décor de pampa, croisant parfois un mouton, ou un guanaco.
Pour nous, c'est une nouvelle expérience unique, une rencontre extraordinaire.

Y a pas que les pingouins...

Il y a aussi les dauphins ! Et pas n'importe lesquelles, les dauphins de commerson. Ces dauphins sont reconnaissables entre tous, tous petits, ils ont la tête, la queue et les nageoires noires et le reste du corps tout blanc !

On décide de partir à leur rencontre, et nous embarquons sur un gros zodiac, sûrement le plus gros du monde, prévu pour 60 personnes... Heureusement on n'est qu'une vingtaine, et à quelques centaines de mètre seulement du rivage, nous voyons apparaître un dos, une nageoire, puis des dizaines de dauphins qui entourent l'embarcation. Les dauphins de Commerson vivent en groupe, et ils aiment la compagnie, ils sont joueurs, passent et repassent sous le bateau, adorent lorsque ce dernier prend de la vitesse pour se faufiler sous la coque et lui faire la course.
Ils terminent par nous proposer un spectacle digne de Marineland, sautent comme des fous, cabriolent, vifs comme l'air.
On vous l'avoue : ils sont pas faciles à photographier ces bêtes là !

En tout cas, les dauphins, c'est drôlement rigolo !

Rencontre laotienne

A Puerto Madryn, on ne rencontre pas que des animaux. En rentrant à notre auberge de jeunesse, on se retrouve nez à nez avec Vincent, un français que l'on a rencontré sur le bateau qui descendait le mékong, au Laos, en mai dernier ! Entre temps, il est rentré en France, a travaillé 5 mois, et le voici de nouveau en vadrouille pour 2 mois.
Ce soir là, argentins et français se retrouvent autour d'une bibine, la bière étant définitivement la boisson numéro un mondiale.

On part pour le sud

Une petite nuit de bus pour nous rendre à Rio Gallegos, où nous attend notre vol pour Ushuaia, au bout du bout du monde.

mardi 2 décembre 2008

De Bariloche à Esquel

Les Andes

La route qui nous mène à San Carlos de Bariloche est superbe. La traversée des Andes ne manque pas de panache, on est encore une fois ébloui par les couleurs qui se juxtaposent, le vert, le bleu, le blanc des sommets enneigés et le jaune des genêts qui brille sous le soleil. On adore.

San Carlos de Bariloche

Bariloche est une ville importante, 120 000 habitants, à vocation essentiellement touristique. Il faut dire qu'elle a tout pour elle : au pied de montagnes somptueuses, en bord d'un lac foisonnant de poissons, elle fait sa belle et expose ses devantures luxueuses au vacancier venu d'Argentine ou du Brésil. La « Suisse Argentine » n'a pas volée son nom, et les chocolateries se succèdent les unes aux autres, alléchant le passant de leurs avalanches de friandises. Tout est beau, tout est clinquant, tout est cher aussi ! L'Argentine, en crise ? l'Argentine, pas chère ? Pas ici ! On se renseigne un peu et on apprend que le pays a connu une inflation de 40% entre l'année dernière et cette année... C'est pas bon pour nos finances tout ça !

Cerro Cathedral

Bariloche est aussi pourvue de l'un des centres de ski les plus étendus d'Amérique du Sud, le Cerro Cathedral, station de petits chalets de bois, au top de la technologie de la remontée mécanique. La saison est terminée depuis fin septembre, de neige il n'y a plus qu'aux sommets, mais la montagne et ses randonnées sont là, et on ne manque pas de se faire une petite balade histoire d'avoir une vue sur le lac qui repose en contre bas au soleil... Au soleil ? Ouh là tout au fond là bas de gros nuages noirs ferment la vallée... Et courent à notre encontre ! On va se la prendre, la sauce. Ce ne sera finalement qu'une petite vinaigrette, on l'a échappé belle.

On va à San Martin de los Andes... Ah ben non

Aujourd'hui on va à San Martin de los Andes. On s'est renseigné à l'office de tourisme, il y a deux compagnies de bus qui partent à 9h, très bien, on prendra les billets sur place. Il est 8h30, bonjour madame, le bus pour San Martin svp, vous avez vos tickets, ben non, ah, bah il est complet... le prochain est dans l'après midi.

Bon, il est 8h30 du matin, on a nos sacs sur le dos et on se trouve à la gare routière à des kilomètres de la ville, attendre 6h ici c'est pas très rigolo, on va où ?

On se décide en dernière minute pour Villa Angostura, à 2h30 d'ici.

Villa Angostura

Villa Angostura est un petit village qui s'est transformé depuis quelques années en annexe de Bariloche, des maisons de bois, des hôtels et boutiques de luxe, elle est moins grandiose que sa grande soeur mais beaucoup plus charmante. Nous, on y trouve notre hâvre de paix, une petite auberge avec feu de cheminée, tenu par un couple fou de vélo qui parcourt environ 3000 km à l'année. Il pleut averse, c'est le jour idéal pour coocooner et se faire de bons petits plats, on apprécie cette douceur de vivre.

On se lance tout de même dans une petite balade pour découvrir un point de vue il paraît magnifique, petite balade qui monte qui monte qui monte, Seb n'avait pas prévu ça ! Mais en haut, comme à chaque fois, quelle récompense ! Une vue sur plusieurs lacs au creux des forêts, splendide. La ville se trouve à l'entrée d'une région que l'on nomme des 7 lacs, et c'est par là que finalement nous nous rendons à San Martin.

San Martin de los Andes

San Martin, en bord d'un lac une fois n'est pas coutume, est souvent comparé à Megève. Encore une fois, on est chez les riches, mais on a réussi à se dégoter une petite maison, une cabana comme on dit ici, toute jolie toute mignonne, salon cheminée, cuisine, et à l'étage, 2 chambres... On n'en demandait pas temps ! De nouveau, on en profite, parce que être à l'autre bout du monde sans avoir d'autre chose à faire que de penser à nous ça ne va pas durer éternellement.

De nouveau, on fait une balade au sommet, sous un soleil écrasant, et de nouveau on admire la vue extraordinaire sur les... lacs !!

C'est l'anniversaire de Seb !

Aujourd'hui Seb a 33 ans ! Et oui, c'est un grand garçon ! Pour son anniversaire, champagne argentin à midi sur une terrasse au soleil, champagne argentin le soir devant le feu de cheminée, petit repas à la française entre amoureux, une bonne viande argentine bien saignante, on se régale !

On part pour Esquel

Esquel, notre prochaine étape, est à quelques 9h de bus de San Martin. La tête encore embrumée de la soirée d'anniversaire de Seb, nous arrivons éreintés à 23h à notre destination. Un taxi, et nous voici dans l'auberge de jeunesse que nous avons réservé sur internet. Toc toc toc... Personne. On entre, on appelle, on cherche, personne. On se résout alors au canapé du salon, en attendant que quelqu'un pointe le bout de son nez... La patience est la plus grande des vertus, nous voici récompenser par l'arrivée de notre hôte, qui nous mène à notre chambre... toute pourrie, on se croirait en Inde ! Faut dire qu'après notre petite maison à San Martin, on devient difficile. On est quand même extrêmement étonné de la différence de logement d'un endroit à l'autre pour la même gamme de prix, parfois on se retrouve dans un appartement immense, ou une maison avec deux chambres, et notre cuisine personnelle, parfois on se retrouve dans des chambrettes extrêmement sommaires sans salle de bain...

Esquel

Notre rencontre avec Esquel n'a pas très bien commencé, du coup on a du mal à l'aimer, cette ville. Il faut dire qu'il n'y a pas grand chose ici, les pâtés de maison se ressemblent tous, on fait des kilomètres pour trouver un supermarché, un bar. Bien qu'elle soit entourée de montagnes, on a qu'une envie, partir !

Le soir nous retrouvons notre charmante auberge de jeunesse, un peu plus animée cette fois, un bus de préados a déversé son lot de jeunes filles en fleur et garçons prépubères, les filles hurlent de leur voix stridente et les garçons vocifèrent de leur voix muante... Pas la peine d'essayer de dormir, ça sera pour demain, dans le bus !

On part à Puerto Madryn

Aujourd'hui on va à la mer, direction Puerto Madryn !