samedi 20 décembre 2008

Puerto Natales, Torres del Paine et Perito Moreno

Puerto Natales

Nous voici à Puerto Natales, petite ville bien agréable en bord de fjord, porte d'accès au fameux parc national de Torres del Paine. Nous avons réservé une chambre dans une auberge, qui se trouve encore dans la cuisine (ça nous arrive fréquemment), et qui sent pas bon... Pas tellement envie de squatter dans cette chambre, heureusement, on avait prévu une journée en bateau !

Au fil de l'eau

Nous remontons le fjord Ultima Esperanza en Catamaran vers les glaciers Balmaceda et Serrano, et nous découvrons une côte découpée, des sommets enneigés, sous une lumière patagonienne à tomber. Le ciel couvert laisse passer parfois un rayon de soleil, éclairant une montagne, un arbre, une cascade... Le soleil s'amuse et dirige notre regard sur ce qu'il faut admirer. Magique.
On passe un premier glacier, le Balmaceda, accroché à la roche, le bleu de la glace contrastant avec l'orangé de la pierre, puis nous arrivons au second, le Serrano. Blotti dans un cirque, il se jette dans un petit lac tout bleu, et perd parfois un bout de lui même qui se met à flotter et à fondre tout doucement, alimentant de son eau millénaire le fameux petit lac tout bleu.

Nous embarquons ensuite sur un zodiac, vêtu d'une combinaison étanche de survie pour milieux aquatiques hostiles (eau à 4 degrés). Les bibendums que nous sommes remontent la rivière Serrano sur une distance de 35 kilomètres ; nous nous arrêtons prendre des nouvelles de cet ermite qui a quitté son village depuis 20 ans et vit seul au milieu de la forêt, puis nous faisons halte dans une hacienda, la seule à des kilomètres à la ronde, coincée entre deux parcs nationaux que sont le O'Higgins, le plus vaste de Patagonie, et le Torres del Paine.

Voilà qu'au loin nous pouvons admirer ces majestueuses montagnes, à la roche contrastée de noir et beige, sortant de terre tel un mirage. Magnifique. Bientôt, nous irons la visiter.


Torres del Paine

On fait le V du W

Le parc national Torres del Paine est connu dans le monde des trekkers pour son fameux circuit W, qui contourne les montagnes et s'enfonce dans les vallées. Nous, on s'est décidé pour un trek de 4 jours, et la découverte de deux vallées, celle qui vous emmène aux Tours et celle des français.

JOUR 1

Il fait beau, très beau, pas un nuage à l'horizon, et surtout pas de vent, un miracle dans ces contrées lointaines.

Après 3h de bus, nous voici à l'entrée du parc. Aujourd'hui, c'est petite journée, 4h de marche qui monte qui monte pour dormir au camp de base au pied des tours.

On réussit à se planter de chemin

Et oui, on est trop fort, il y a pas à dire, on prend le mauvais chemin, qui va toutefois dans la bonne direction, alors on continue, on rejoindra bien le vrai...

Ah le voilà, en face, tout près, ben oui mais non, à nos pieds, un immense canyon où coule une rivière nous barre la route. Redescend en longeant le canyon, et rattrape le chemin... Un petit détour d'une heure, avec un sac de 14 à 17 kilos sur le dos, une broutille !

On dort (peu) au camping de las Torres

4 h de montée, et nous voici enfin au camping de las Torres. On s'évanouit dans notre tente en songeant aux jolies tours que l'on va découvrir demain.

JOUR 2

3h30, le réveil sonne, on va voir le lever de soleil sur les tours. Et c'est qu'il se lève tôt le soleil en Patagonie ! Des dizaines de petites loupiottes éclairent le camp, tels de petites lucioles affairées, on est pas tout seul à vouloir découvrir ce spectacle unique.

45 minutes de marche, ou plutôt d'escalade pour atteindre la base des tours, les randonneurs partent à l'assaut des 310 m de pierrier, la course au soleil a commencé.

On arrive à moitié épuisé en haut pour découvrir un paysage unique, petit lac tout de vert vêtu au creux d'un cirque surmonté des 3 tours mystiques à la paroi abrupte.

Les minutes s'écoulent, et peu à peu le soleil vient chatouiller la tête des tours. On reste 3h à les contempler revêtir leur habit de lumière, jusqu'à ce que le paysage en son ensemble soit noyé d'un bain de soleil. On est content.

Bon, ben, c'est pas tout ça, mais il y a quand même 8h de marche qui nous attendent.

Il nous faut redescendre, replier la tente, charger le sac sur nos épaules, et marcher, descendre, monter, descendre, monter, sous une chaleur écrasante parce que, oui, en Patagonie il fait beau et il fait chaud.

Le paysage vaut le coup d'oeil, c'est le printemps, les arbustes explosent de couleurs, rouge des fleurs, vert des arbres, bleu turquoise des lacs créés par la fonte des glaciers.

16 km plus tard, nous arrivons finalement au prochain camp fourbus, nos pieds ne sont que douleur (surtout les gauches), nos épaules rougies se délectent d'abandonner les sacs à dos.

Et oh bonheur, nous allons pouvoir apprécier une douche chaude, et se délester de cette odeur tenace qui colle au corps.

On s'évanouit dans notre tente

Une nuit de sommeil de plomb nous requinque pour affronter notre 3ème jour

JOUR 3

Les épaules ne veulent pas, les jambes crient non, les pieds ne rentrent même plus dans leurs chaussures. Notre corps refuse de souffrir à nouveau. Et pourtant, sac sur le dos, c'est reparti ! 2h15 de marche et nous voici au prochain camp. On va pouvoir découvrir le val des français sans sac, et ça, ça fait plaisir !

Le val des français avorté

Sans sac, ça va mieux, mais c'est quand même douloureux. Ca monte, ça monte, et à mi chemin, alors que le plus dur est passé, Aurélie s'aperçoit qu'elle a perdu sa veste. Alors on fait demi tour, à la recherche de la veste perdue, mais où qu'elle est donc, on redescend, on cherche, et on se retrouve tout en bas au camp... La veste est définitivement perdue, les nuages s'amoncellent dans le val et nous on est trop épuisés et dépités pour repartir de nouveau. Le val des français c'était pas pour nous !

JOUR 4

Dernier jour dans le parc, nous repartons vers la prochaine étape où nous attend le catamaran qui nous ramènera au bus. On en profite pour manger un hamburger au refuge qui se trouve au pied du lac, de la viande et du pain, ça nous réconforte, après 3 jours de soupe et de nouilles ! Il ne nous reste plus qu'à monter dans le bateau, puis dans le bus qui nous ramènera à Puerto Natales. Nos jambes sont contentes, la marche c'est fini ! Sauf qu'à l'arrivée du bateau, oh surprise, le bus nous attend tout là bas tout loin tout au bout de la route, à près de 700 m de là, et ça c'était pas prévu...

Retour au confort, une bonne douche et un lit douillet pour quelques heures de sommeil avant notre prochaine étape : El Calafate, en Argentine.


El Calafate

Petite ville en bord de lac turquoise, elle est surtout connue pour son fabuleux parc des glaciers, et celui célèbre entre tous : le Perito Moreno.

Le Perito Moreno

Ce n'est pas le plus grand glacier visible en Patagonie, mais une avancée de terre fait front à cette étendue de glace ce qui permet d'en avoir un point de vue unique.

On démarre par un petit tour de bateau, et oui, on aime bien ça, le bateau, pour se retrouver au pied de cette énorme façade de glace, d'une cinquantaine de mètres de haut.

Puis nous le découvrons d'en haut, et là, nous prenons vraiment conscience de son immensité. 5km de large, 14km de long, de la glace à perte de vue, le perito moreno, c'est vraiment une belle bête.

Des pics, des creux, des infractuosités qui dansent sous le soleil, en nous offrant toute une palette couleurs, du bleu intense au blanc neige.

Le glacier craque, le glacier râle, le glacier avance, jusqu'à 2 mètres par jour en son centre, et des morceaux petits ou grands s'en détachent, toujours dans un grand fracas assourdissant.

On ne lasse pas d'admirer cet océan de glace, c'est un spectacle féérique.

Bye bye la Patagonie

La Patagonie, c'est fini, on s'envole pour la capitale de l'Argentine, la célèbre Buenos Aires. On évite ainsi un trajet de 40h de bus (bon, c'est vrai, on en a un peu marre du bus !)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut les migrateurs parmi les pingouins
Nous décernons le pingouin d'Or à Aurélie, fabuleuse narratrice de la beauté du monde.
Bravo pour la photo où déambule Seb parmi les pingouins . Qui est le pingouin ?
Loin des jacasseries du monde, de belles images, de magifiques clichés impressionnistes.
Cette capacité infinie de donner à rêver. Vision poètique, émotion esthétique intacte.
Illuminations féeriques de la fragile beauté du monde.
Révêr, n'est-ce pas enquêter sur l'existence ?
Joyeux Noël sous les tropiques du Capricorne et continuer à nous envouter de vos séjours enchanteurs dans cette polyphonie terrestre.
Bisous
Bobart

Anonyme a dit…

Joyeux Noel à l'endroit du monde ou vous serez à ce moment là.
Nous pensons bien à vous
Bisous
Mamoune

Anonyme a dit…

MAGNIFIQUE

coucou,

Voilà le premier mot qu'il me vient à l'esprit en lisant et regardant vos dernières aventures. Toujours autant d'émotions et de rêves, c'est génial.
Je suis d'accord avec Bobart pour le pingouin d'or et pour la recherche du pingouin quand Seb déambule parmi eux.

Ca doit faire bizarre de se retrouver devant ces monstres de glaces.... Ca fait encore plus réfléchir que le réchauffement climatique et la protection de notre chère planète.

Je vous souhaite une bonne continuation et faite nous encore rêver.

Et sans oublier de vous souhaiter un JOYEUX NOEL au bout du monde.

GROS BISOUS du trio.