3 jours à New York
Dernière ligne droite, nous passons trois jours à New York la grande pomme... Et on a bien l'intention de la croquer !
Metro galère
Le gentil monsieur des informations de l'aéroport nous explique comment nous rendre à notre hôtel en métro. Ça a l'air si simple ! Suffit de prendre le train, s'asseoir, et sortir à la bonne sortie à une trentaine de stations de là. Sauf qu'aujourd'hui, c'est samedi, et le samedi, c'est travaux ! Alors messieurs dames, au milieu du trajet, tout le monde descend ! Prend tes sacs, et prend le bus qui se rue dans les bouchons et passe par les quartiers pauvres de la banlieue de Manhattan. Le bus, ça prend beaucoup plus de temps... Peu importe, on en a du temps ! On visite un peu, et on prend la température de la ville. Les locaux, tous de gigantesques masses auprès desquels Seb paraît un tantinet gringalet, parlent et bougent tels ces acteurs de films à grande distribution made in Hollywood. On ne se sent pas perdu, tous ces bonhommes à la casquette à l'envers et au pantalon flottant sous le caleçon, on les a déjà vus à la télé ! Bienvenue dans l'univers de New York, film grandeur nature.
Dans un film
De spectacteur on devient acteur, on fait partie de la distribution ! bon, d'accord, on n'est que figurant, mais quand même, on est en plein dedans. Première étape si l'on veut ressentir l'âme de la ville, ou tout du moins l'une de ses âmes, nous partons dans une église à Harlem. Nous allons expérimenter le gospel en chair et en os.
A l'église
C'est la messe de 11h. Les fidèles viennent prendre place à l'avant, nous on se fait tout petit, simples spectateurs restés à l'arrière scène. Et la communauté qui assiste à la cérémonie religieuse s'est préparée à cette rencontre ! Ici une petite dame toute de blanc vêtu, chapeau à voilette assortie. Là des messieurs aux costumes impeccables et cravates. Tous sont de couleur de peau noire, seuls quelques touristes venus vivre une messe différente comme nous sont blancs.
Les voix des chanteuses de gospel nous accueillent, on se dandine sur nos sièges au rythme de la batterie, du piano, les chants religieux montent du fond du ventre, on se sent vibrer... Magnifique expérience que celle du « god spell », de la « parole de dieu ». Mais une messe est une messe, et dans cette petite paroisse de New York on ne fait pas que chanter, on prêche aussi. Nombreux sont les intervenants venus parler de leurs expériences, de la vie de Jésus ou des problèmes de la communauté, tous chapeautés par le prêtre en chef, à l'allure plutôt... Atypique. Sous sa longue bure, il se déhanche tel un chanteur de rap et ponctue son discours d'un Amen à l'accent si prononcé qu'on le prendrait pour un « hey men ». Il ne s'en lasse pas et profère son amen à la cadence d'un pour cinq mots. Ca nous donne à peu près ça : « Les forts doivent aider les plus faibles, « hey men », comme Jésus l'a fait, « hey men », il est mort pour nous « hey men » », et il se dandine, et il mouline des bras, et il tchatche, il tchatche... Le prêtre rappeur a le verbe facile et le rythme dans la peau. L'auditoire n'est pas en reste, il participe, on ponctue le discours d'un « ouais, ouais » pour affirmer son approbation, d'une prière pour un frère ou une mère malade, d'un remerciement à l'égard d'une aide divine. On a inventé la messe interactive. A New York, point de spectateur, nous sommes tous acteurs.
On va voir piece de theatre, ah ben non
Daya est une jeune bolivienne que l'on a rencontré au Salar d'Uyuni il y a quelques mois et qui vit à New York. Elle a émigré de son pays natal et s'est installée ici afin de réaliser son rêve : devenir actrice. Etre à New York, c'est un peu l'être déjà ! Pour arriver à ses fins, elle se bat entre ses trois petits boulots et ses cours de théâtre, une vie de fou à courir d'un bout à l'autre de Manhattan. Alors, lorsqu'on lui annonce notre venue dans Big Apple, elle réussit à nous accorder quelques unes des heures libres de sa semaine et nous propose d'assister à une pièce de théâtre, déformation professionnelle oblige. Va pour le théâtre !
La salle se trouve dans l'un des quartiers les plus célèbres de la ville, Time Square... Impossible d'y échapper, tous autant que nous sommes sur cette planète, à moins de ne pas avoir de télévision, nous avons forcément vu un jour ou l'autre cette incroyable avenue dans un de ces blockbusters américains. Time Square, c'est la rue aux immenses écrans de publicité qui clignotent de partout, gigantissimes spots aux couleurs flashies décolories, ici on ne lésine pas sur le vif et l'éclatant. L'oeil est transporté d'une scène à l'autre, attiré par un véritable délire de lumière.
On s'offre un hot dog au petit marchand ambulant et on y est, on vit Manhattan, on atteint le summum de l'image New Yorkaise. De figurants, on devient premiers rôles de notre film !
Il est temps pour nous de nous rendre à notre rendez vous, et de goûter au théâtre de Broadway. Il est 14h40, la séance est dans vingt minutes, nous attendons patiemment au milieu des habitués venus à leur spectacle hebdomadaire. 14H50, toujours pas de Daya. 15h, la cloche sonne, les retardataires prennent place, toujours pas de Daya. 15h10, le spectacle a commencé, toujours pas de Daya. À 15h20, on estime qu'on l'a définitivement perdue, de Daya et de spectacle, on tire un trait dessus ! On ne sait pas ce qu'il s'est passé, a-t-elle oublié, a-t-elle eu un souci ? Nous lui envoyons un mail, et espérons qu'il ne lui est rien arrivé.
Changement de plan, vive le bus touristique
Nous nous retrouvons quelque peu tout dépité en plein Time Square, il nous faut désormais trouver un nouveau plan pour l'après midi. En même temps, nous sommes à New York, et les choses à faire, ce n'est pas ce qu'il manque ici ! C'est là que passe devant nous un gros bus à deux étages, de ceux qui baladent les touristes et leurs appareils photos à travers la ville. C'est décidé, nous aussi on veut explorer Manhattan, chevauchant cette énorme monture à demi couverte ! Des petites dames vendent les billets dans la rue et nous annonce le prix. Un regard vers notre portefeuille, ah, on n'a plus de liquide, on revient dans quelques minutes le temps de tirer de l'argent. « Ce n'est pas la peine messieurs dames » et voilà la petite dame qui nous dégaine de sa poche sa machine à carte bleue portative. Définitivement, nous nous trouvons bien dans le pays capitaliste par excellence, j'ai nommé les Etats-Unis !
Billets en poche, nous voici à l'étage terrasse de notre bus rouge, où il ne fait pas bon être trop grand. « Attention ! » crient en coeur les passagers du fond, tandis que le sémaphore frôle la tête d'Aurélie ! On se régale à admirer ces immenses immeubles qui touchent littéralement le ciel, l'Empire State Building et autres grattes ciels de haute altitude disparaissant sous les nuages. Le monsieur-guide du bus nous montre deux énormes bâtiments : « les tours jumelles étaient deux fois plus grandes que celles-ci ». À donner le tournis... Ou le torticolis ! À force de regarder en l'air, nos cous sont tous endoloris !
Daya suite et fin
Daya nous a répondu : à force de trop en faire, entre petits boulots, cours de théâtre et castings, elle s'est tout simplement... Trompée d'heure ! Arrivée à 15h45, elle n'a pas compris pourquoi la dame de l'entrée lui a demandé de se taire et d'attendre l'entracte... Nous passons donc la voir à l'un de ses jobs, celui où elle travaille comme secrétaire dans un magasin de musique haut de gamme. C'est juré, la prochaine fois, on ne se loupera pas !
Balade sur l'Hudson
Impossible de quitter New York sans avoir aperçu l'un des symboles de la ville : la statue de la liberté. Le vent froid souffle sur nos visages sur le pont du bateau qui nous emmène à la petite île, mais il chasse aussi les nuages et nous offre de merveilleux reflets sur les immeubles en verre de la ville. Notre guide est un poète, un autre rappeur, qui débite ses vers inspirés de la mégapole avec humour et entrain. Ah, la voilà la statue, mais c'est qu'elle est toute pitite ! La statue de la liberté nous sourit et nous enveloppe de son regard bienveillant, les photos fusent et les souvenirs s'accrochent...
Voilà, c'est fini !
Un an déjà que nous sommes partis, notre voyage touche à sa fin ! Il est temps pour nous de retrouver notre terre natale, notre famille, nos amis, la tête pleine d'aventures et de moments inoubliables. Nous sommes prêts à dévorer la vie d'une autre manière, une nouvelle aventure commence !
vendredi 10 avril 2009
mardi 31 mars 2009
15 jours à la plage
Bientôt un an que nous sommes partis, l'heure du retour approche. Alors, avant de reprendre le rythme effréné de la vie active, on a décidé de se prendre des vacances ! 15 jours au soleil, sur la plage, à vivre le farniente... Et puis, il faut bien qu'on peaufine notre bronzage avant de rentrer !
L'île d'Holbox
Première étape et non des moindres : l'ïle de Holbox. Cette petite île paisible encore à l'abri des hordes de touristes qui envahissent la riviera Maya nous enchante dés notre arrivée. Nous débarquons à 6h30 du matin après une (dernière) nuit de bus, sur la rive en face de la terre mère. Nous traversons le village encore endormi jusqu'à l'autre rive, celle où se trouvent les plages et aménagements touristiques. Luis, notre capitaine de Campeche nous a donné une bonne adresse pour dormir. Il nous a même dessiné un plan ! Il est bien tôt le matin, trop tôt pour déranger toute la maisonnée et demander une chambre, mais il est toujours possible de partir en repérage ! C'est ce que l'on fait, et on tombe littéralement amoureux de l'endroit. Hamacs étendus entre deux palmiers, quelques transats, un joli petit resto, oui, c'est ici que l'on veut séjourner ! Sauf que, à l'heure du réveil des hôteliers, le rêve s'évanouit... La chambre est bien au-dessus de notre budget... Luis nous a pris pour des américains ! Bon, on prend nos cliques et nos claques et repartons chercher un logement qui nous ressemble plus. Rien de plus facile sur cette île dès lors que l'on s'éloigne un tant soit peu de la plage, et nous voici avec un belle chambre à un quart du prix de la précédente. Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot ! Comme nous avons l'intention de rester quelques temps sur l'île, on va économiser. Hôtel pas cher, pique nique, sandwichs et tacos, on l'aura notre hôtel aux hamacs !
Bonnes résolutions d'Holbox
Nous allons rester 10 jours sur l'île. Au programme, la plage bien sûr, les piques niques, la mer, et on a bien l'intention de se remettre en forme avant notre retour. Alors tous les matins ce sera natation ! L'eau est bonne, turquoise, une demi heure de nage nous fera le plus grand bien. Et on s'y tient. Un jour, deux jours, le vent se lève de plus en plus tôt et on commence à se battre avec le courant, trois jours, quatre jours, et puis un après midi, nous rencontrons ceux qui seront à l'origine de notre perdition : 3 normands.
Les normands et la natation ne font pas bon ménage
Romain, Antoine et Jonathan sont 3 jeunes garçons sur la fin de leur périple : la semaine prochaine ils rentrent d'un tour du monde d'une année. Comme nous ! Alors, forcément, lorsque des tourmondistes se rencontrent, et qu'en plus ils sont au même point de leur voyage, ça tchatche, ça partage ses expériences, ça rigole... C'est parti pour un apéro au coucher du soleil, que l'on admire chaque soir plonger dans les eaux tièdes aux environs de 18h, et on se raconte nos péripéties autour d'un verre de Bacardi. Les verres se vident aussi vite qu'ils se remplissent, on ne voit pas le temps passer, OUPS, on a oublié de manger. Les conversations s'étiolent, on commence à voir double. Résultat : tout le monde au lit à 21h30. .
Les jours suivants, personne ne renouvelle la même erreur : ON MANGE. La vie s'écoule paisiblement entre plages et apéro, voir même le samedi on pousse jusqu'à sortir dans le bar branché d'Holbox. Et puis, après maints sandwichs et nombre de tacos, ça y est, nous pouvons nous payer notre hôtel d'américain !
Le rêve américain
3 jours entre hamacs, transats, ombre et soleil. Bon, d'accord, le vent a redoublé de force, l'eau limpide et calme désormais frémit, apparaissent même quelques vaguelettes, et il faut se lever tôt pour que les rafales ne soient que brise et réellement apprécier la douceur du climat. Il paraît que c'est l'effet de la fin du printemps, la tempête avant le calme et la torpeur des mois brûlants que sont avril et mai.
Playa del Carmen
Plus que quelques jours sur le sol mexicain, nous troquons notre douce Holbox pour la frénétique Playa del Carmen. Playa l'américaine, Playa l'héritière de Cancun, ses bars, ses restaurants, ses magasins, son monde ! tout est fait ici pour s'amuser et dépenser des sous. Mais on n'est que de passage, demain, nous partons pour Tulum.
Tulum
Tulum est réputé pour son site archéologique de l'époque tardive des mayas, le seul dans toute la péninsule érigé sur la côte. Et quel spectacle ! De jolis édifices au milieu de palmiers surplombant la mer turquoise des Caraïbes. Un vrai décor de carte postale.
Tulum, c'est aussi l'un des derniers endroits sur toute la riviera maya à la construction plus rapide que speedy gonzales où l'on peut dénicher des cabanes sur la plage. C'est évidemment où nous avons l'intention de passer quelques jours.
Et c'est qu'elles sont rustiques les cabanes ! Toit (à trous) de palmes, murs de troncs d'arbre, matelas surmonté d'une moustiquaire, des petites huttes comme celles que l'on retrouve en Asie pour une misère. Ici ce sont les seuls à proposer ce genre de logement, alors ils en profitent ! Louer une cabane au Mexique, c'est du luxe ! M'enfin, on joue le jeu, la plage est belle, la mer d'un bleu transcendant, et le vent omniprésent. Ca souffle sur la riviera maya !
Ici, cocktails pas chers, bières à gogo, il y a tout ce qu'il faut pour faire la fête. Sauf que nous, on est crevé, et on n'est pas tellement d'humeur festive. Finalement, on se bat avec le sommeil au son des basses de la boite de nuit, les cabanes de Tulum, c'est pas pour nous. On déménage de nouveau à Playa.
Retour à Playa
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Aurélie ! Alors, pour fêter ça, on s'offre un vrai repas, sans tacos ni sandwichs, on explose le budget (50 euros !). On commence par l'apéro, une pina colada XXL, dans un verre tellement immense qu'on dirait un vase, accompagné d'un cocktail de crevettes. On pousse jusqu'à se faire péter la pièce de boeuf saignante XXL elle aussi, de celle que tu ne vois que dans les films américains. On en avait oublié le goût ! Pour arroser tout ça, rien de tel qu'un petit vin mexicain. On se régale, au son des mariachis et sous l'oeil envieux des américains qui font la queue devant le restaurant... Un peu pompette ? Pour s'en assurer, on s'envoie une dernière pina colada ! BON ANNIVERSAIRE Aurélie !
On part à New York
Nous quittons le mexique et ses 30 degrés et partons pour New York (et ses 5 degrés...)
L'île d'Holbox
Première étape et non des moindres : l'ïle de Holbox. Cette petite île paisible encore à l'abri des hordes de touristes qui envahissent la riviera Maya nous enchante dés notre arrivée. Nous débarquons à 6h30 du matin après une (dernière) nuit de bus, sur la rive en face de la terre mère. Nous traversons le village encore endormi jusqu'à l'autre rive, celle où se trouvent les plages et aménagements touristiques. Luis, notre capitaine de Campeche nous a donné une bonne adresse pour dormir. Il nous a même dessiné un plan ! Il est bien tôt le matin, trop tôt pour déranger toute la maisonnée et demander une chambre, mais il est toujours possible de partir en repérage ! C'est ce que l'on fait, et on tombe littéralement amoureux de l'endroit. Hamacs étendus entre deux palmiers, quelques transats, un joli petit resto, oui, c'est ici que l'on veut séjourner ! Sauf que, à l'heure du réveil des hôteliers, le rêve s'évanouit... La chambre est bien au-dessus de notre budget... Luis nous a pris pour des américains ! Bon, on prend nos cliques et nos claques et repartons chercher un logement qui nous ressemble plus. Rien de plus facile sur cette île dès lors que l'on s'éloigne un tant soit peu de la plage, et nous voici avec un belle chambre à un quart du prix de la précédente. Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot ! Comme nous avons l'intention de rester quelques temps sur l'île, on va économiser. Hôtel pas cher, pique nique, sandwichs et tacos, on l'aura notre hôtel aux hamacs !
Bonnes résolutions d'Holbox
Nous allons rester 10 jours sur l'île. Au programme, la plage bien sûr, les piques niques, la mer, et on a bien l'intention de se remettre en forme avant notre retour. Alors tous les matins ce sera natation ! L'eau est bonne, turquoise, une demi heure de nage nous fera le plus grand bien. Et on s'y tient. Un jour, deux jours, le vent se lève de plus en plus tôt et on commence à se battre avec le courant, trois jours, quatre jours, et puis un après midi, nous rencontrons ceux qui seront à l'origine de notre perdition : 3 normands.
Les normands et la natation ne font pas bon ménage
Romain, Antoine et Jonathan sont 3 jeunes garçons sur la fin de leur périple : la semaine prochaine ils rentrent d'un tour du monde d'une année. Comme nous ! Alors, forcément, lorsque des tourmondistes se rencontrent, et qu'en plus ils sont au même point de leur voyage, ça tchatche, ça partage ses expériences, ça rigole... C'est parti pour un apéro au coucher du soleil, que l'on admire chaque soir plonger dans les eaux tièdes aux environs de 18h, et on se raconte nos péripéties autour d'un verre de Bacardi. Les verres se vident aussi vite qu'ils se remplissent, on ne voit pas le temps passer, OUPS, on a oublié de manger. Les conversations s'étiolent, on commence à voir double. Résultat : tout le monde au lit à 21h30. .
Les jours suivants, personne ne renouvelle la même erreur : ON MANGE. La vie s'écoule paisiblement entre plages et apéro, voir même le samedi on pousse jusqu'à sortir dans le bar branché d'Holbox. Et puis, après maints sandwichs et nombre de tacos, ça y est, nous pouvons nous payer notre hôtel d'américain !
Le rêve américain
3 jours entre hamacs, transats, ombre et soleil. Bon, d'accord, le vent a redoublé de force, l'eau limpide et calme désormais frémit, apparaissent même quelques vaguelettes, et il faut se lever tôt pour que les rafales ne soient que brise et réellement apprécier la douceur du climat. Il paraît que c'est l'effet de la fin du printemps, la tempête avant le calme et la torpeur des mois brûlants que sont avril et mai.
Playa del Carmen
Plus que quelques jours sur le sol mexicain, nous troquons notre douce Holbox pour la frénétique Playa del Carmen. Playa l'américaine, Playa l'héritière de Cancun, ses bars, ses restaurants, ses magasins, son monde ! tout est fait ici pour s'amuser et dépenser des sous. Mais on n'est que de passage, demain, nous partons pour Tulum.
Tulum
Tulum est réputé pour son site archéologique de l'époque tardive des mayas, le seul dans toute la péninsule érigé sur la côte. Et quel spectacle ! De jolis édifices au milieu de palmiers surplombant la mer turquoise des Caraïbes. Un vrai décor de carte postale.
Tulum, c'est aussi l'un des derniers endroits sur toute la riviera maya à la construction plus rapide que speedy gonzales où l'on peut dénicher des cabanes sur la plage. C'est évidemment où nous avons l'intention de passer quelques jours.
Et c'est qu'elles sont rustiques les cabanes ! Toit (à trous) de palmes, murs de troncs d'arbre, matelas surmonté d'une moustiquaire, des petites huttes comme celles que l'on retrouve en Asie pour une misère. Ici ce sont les seuls à proposer ce genre de logement, alors ils en profitent ! Louer une cabane au Mexique, c'est du luxe ! M'enfin, on joue le jeu, la plage est belle, la mer d'un bleu transcendant, et le vent omniprésent. Ca souffle sur la riviera maya !
Ici, cocktails pas chers, bières à gogo, il y a tout ce qu'il faut pour faire la fête. Sauf que nous, on est crevé, et on n'est pas tellement d'humeur festive. Finalement, on se bat avec le sommeil au son des basses de la boite de nuit, les cabanes de Tulum, c'est pas pour nous. On déménage de nouveau à Playa.
Retour à Playa
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Aurélie ! Alors, pour fêter ça, on s'offre un vrai repas, sans tacos ni sandwichs, on explose le budget (50 euros !). On commence par l'apéro, une pina colada XXL, dans un verre tellement immense qu'on dirait un vase, accompagné d'un cocktail de crevettes. On pousse jusqu'à se faire péter la pièce de boeuf saignante XXL elle aussi, de celle que tu ne vois que dans les films américains. On en avait oublié le goût ! Pour arroser tout ça, rien de tel qu'un petit vin mexicain. On se régale, au son des mariachis et sous l'oeil envieux des américains qui font la queue devant le restaurant... Un peu pompette ? Pour s'en assurer, on s'envoie une dernière pina colada ! BON ANNIVERSAIRE Aurélie !
On part à New York
Nous quittons le mexique et ses 30 degrés et partons pour New York (et ses 5 degrés...)
mardi 24 mars 2009
Merida
A Merida, il fait chaud. L'air y est lourd et pesant, une véritable chape de chaleur qui s'abat sur vos épaules. Et encore, on est en hiver ! Merida toute coincée qu'elle est au milieu des terres, ne connaît pas le petit air apaisant des villes de bord de mer. Ici, il fait chaud, un point c'est tout !
Merida aux multiples facettes
De la place centrale s'éparpillent dans toutes les directions de petites rues numérotées. Et lorsque l'on s'engouffre dans l'une d'entre elles, on débarque dans un univers à l'opposé de la suivante. Par ici c'est le quartier luxueux, les jolies maisons coloniales transformées en hôtels pour gens riches, les charmants restaus en terrasses, et les magasins aux vitrines distinguées. Par là, c'est le marché, les odeurs de tacos qui se mêlent aux bruits venus des téléviseurs poussés à pleine puissance vocale. Les mexicains sont amoureux du haut volume sonore, musique assourdissante, radio criante, et télénovelas beuglantes. Vivre dans le silence ? Inconcevable !
Uxmal
Nous continuons notre exploration du monde maya en nous rendant à Uxmal, à quelques deux heures de Mérida. Lever de bon matin, nous arrivons avant même l'ouverture du site, c'est certain, on sera les premiers à partir à l'assaut des ruines. La pyramide du devin domine de sa forte présence l'ancienne cité maya. Elle se distingue de celles traditionnellement construites dans les cités voisines par sa silhouette toute en rondeur. Uxmal l'élégante pavoise en exposant ses sculptures raffinées, ses Kulkukans ou Dieux serpents à plumes, mais surtout ses Chaacs, Dieux de la pluie à la figure si reconnaissable grâce à son long nez crochu. Chaac veille, partout, sur chaque édifice, démultiplié à l'outrance. Alors oui, Uxmal est belle avec ses sculptures, mais il lui manque ce charme des cités perdues dans la jungle, cette majesté des pierres veillées par la nature. Ici la forêt est sèche, les arbres courts, l'horizon uniforme.
Voyage au pays des Cenotes
Aujourd'hui, nous partons découvrir un phénomène géologique particulier à la péninsule du Yucatan : les cénotes, des espèces de trous remplis d'eau. Pour nous y rendre, nous prenons un bus qui nous amène jusqu'au petit village de Cuzama où nous attendent des taxis. Mais pas n'importe lesquels ! Des tritaxis, une sorte de tuk tuk à vélo à la mexicaine. C'est un tout jeune garçon dont la voix vient à peine de muer qui pédale pour nous, tout frêle qu'il est, il se bat et s'essouffle sur les petites montées, il se la galère, et nous il nous fait trop de peine ! 3 kilomètres plus loin, nous voici prêt à embarquer dans notre nouveau moyen de locomotion, le plus original que l'on n'est jamais pris durant toute cette année : un chariot de train tiré par un cheval ! Si, si, c'est bien ça, un petit wagon tiré par un canasson ! Nous embarquons dans l'une de ses chariottes avec un couple Hispano Argentin et nous cahotons sur les rails, vestiges d'un ancien temps. Le chemin de fer a été construit originellement pour les besoins d'une hacienda qui transportait ainsi sa récolte d'agaves, plante alors hautement recherchée puisqu'on utilisait sa fibre pour la fabrication de cordes.
Lorsqu'un autre de ses wagons aujourd'hui chargé de touristes arrive en sens inverse, il nous faut alors descendre et sortir le chariot des rails, on laisse passer le collègue, et hop, on remet le tout sur les rails. Le train cheval, c'est le top !
Ca y est, nous arrivons au premier cénote. On va enfin savoir à quoi ressemble ce puits naturel. Nous descendons un petit escalier de bois et apparaît alors un spectacle magique, incroyable : dans une caverne à moitié à ciel ouvert, un lac, mais plus qu'un lac, une eau pure, transparente comme on ne peut se l'imaginer, et d'un bleu turquoise à faire pâlir les mers des tropiques. L'eau est douce, bien que parfois profitant des failles, de l'eau de mer peut s'infiltrer dans l'un d'entre eux. Plus dense, cette dernière reste sagement au fond surmontée par l'eau douce plus légère. On se jette dans le bassin avec bonheur, l'eau est bonne et rafraîchissante, un vrai bonheur.
Et ce n'est pas fini ! On visite 3 cénotes en tout, tous différents. Le deuxième se cache sous une voûte entière ou perce quelques trous laissant passer quelques rayons de lumière, éclairage tamisée qui adoucit les contours. Le troisième est déjà plus cascadesque : pour y accéder il nous faut prendre une échelle de bois à pic qui descend dans un trou creusée dans la roche. Celui ci est vraiment bien dissimulée, un lac dans une grotte, et il nous donne une indication sur son âge : c'est le plus jeune d'entre tous. En effet, Les cénotes vieillissent, et en prenant de l'âge ils se découvrent. Lorsqu'ils sont jeunes ils se cachent des regards indiscrets grâce à une coupole, puis en devenant un peu plus matures ils se libèrent de leur voûte et prennent le soleil. C'est ainsi que l'on retrouve des cénotes sous grottes, et d'autres à ciel ouvert.
Une journée extraordinaire au pays des cénotes, inoubliable !
Merida aux multiples facettes
De la place centrale s'éparpillent dans toutes les directions de petites rues numérotées. Et lorsque l'on s'engouffre dans l'une d'entre elles, on débarque dans un univers à l'opposé de la suivante. Par ici c'est le quartier luxueux, les jolies maisons coloniales transformées en hôtels pour gens riches, les charmants restaus en terrasses, et les magasins aux vitrines distinguées. Par là, c'est le marché, les odeurs de tacos qui se mêlent aux bruits venus des téléviseurs poussés à pleine puissance vocale. Les mexicains sont amoureux du haut volume sonore, musique assourdissante, radio criante, et télénovelas beuglantes. Vivre dans le silence ? Inconcevable !
Uxmal
Nous continuons notre exploration du monde maya en nous rendant à Uxmal, à quelques deux heures de Mérida. Lever de bon matin, nous arrivons avant même l'ouverture du site, c'est certain, on sera les premiers à partir à l'assaut des ruines. La pyramide du devin domine de sa forte présence l'ancienne cité maya. Elle se distingue de celles traditionnellement construites dans les cités voisines par sa silhouette toute en rondeur. Uxmal l'élégante pavoise en exposant ses sculptures raffinées, ses Kulkukans ou Dieux serpents à plumes, mais surtout ses Chaacs, Dieux de la pluie à la figure si reconnaissable grâce à son long nez crochu. Chaac veille, partout, sur chaque édifice, démultiplié à l'outrance. Alors oui, Uxmal est belle avec ses sculptures, mais il lui manque ce charme des cités perdues dans la jungle, cette majesté des pierres veillées par la nature. Ici la forêt est sèche, les arbres courts, l'horizon uniforme.
Voyage au pays des Cenotes
Aujourd'hui, nous partons découvrir un phénomène géologique particulier à la péninsule du Yucatan : les cénotes, des espèces de trous remplis d'eau. Pour nous y rendre, nous prenons un bus qui nous amène jusqu'au petit village de Cuzama où nous attendent des taxis. Mais pas n'importe lesquels ! Des tritaxis, une sorte de tuk tuk à vélo à la mexicaine. C'est un tout jeune garçon dont la voix vient à peine de muer qui pédale pour nous, tout frêle qu'il est, il se bat et s'essouffle sur les petites montées, il se la galère, et nous il nous fait trop de peine ! 3 kilomètres plus loin, nous voici prêt à embarquer dans notre nouveau moyen de locomotion, le plus original que l'on n'est jamais pris durant toute cette année : un chariot de train tiré par un cheval ! Si, si, c'est bien ça, un petit wagon tiré par un canasson ! Nous embarquons dans l'une de ses chariottes avec un couple Hispano Argentin et nous cahotons sur les rails, vestiges d'un ancien temps. Le chemin de fer a été construit originellement pour les besoins d'une hacienda qui transportait ainsi sa récolte d'agaves, plante alors hautement recherchée puisqu'on utilisait sa fibre pour la fabrication de cordes.
Lorsqu'un autre de ses wagons aujourd'hui chargé de touristes arrive en sens inverse, il nous faut alors descendre et sortir le chariot des rails, on laisse passer le collègue, et hop, on remet le tout sur les rails. Le train cheval, c'est le top !
Ca y est, nous arrivons au premier cénote. On va enfin savoir à quoi ressemble ce puits naturel. Nous descendons un petit escalier de bois et apparaît alors un spectacle magique, incroyable : dans une caverne à moitié à ciel ouvert, un lac, mais plus qu'un lac, une eau pure, transparente comme on ne peut se l'imaginer, et d'un bleu turquoise à faire pâlir les mers des tropiques. L'eau est douce, bien que parfois profitant des failles, de l'eau de mer peut s'infiltrer dans l'un d'entre eux. Plus dense, cette dernière reste sagement au fond surmontée par l'eau douce plus légère. On se jette dans le bassin avec bonheur, l'eau est bonne et rafraîchissante, un vrai bonheur.
Et ce n'est pas fini ! On visite 3 cénotes en tout, tous différents. Le deuxième se cache sous une voûte entière ou perce quelques trous laissant passer quelques rayons de lumière, éclairage tamisée qui adoucit les contours. Le troisième est déjà plus cascadesque : pour y accéder il nous faut prendre une échelle de bois à pic qui descend dans un trou creusée dans la roche. Celui ci est vraiment bien dissimulée, un lac dans une grotte, et il nous donne une indication sur son âge : c'est le plus jeune d'entre tous. En effet, Les cénotes vieillissent, et en prenant de l'âge ils se découvrent. Lorsqu'ils sont jeunes ils se cachent des regards indiscrets grâce à une coupole, puis en devenant un peu plus matures ils se libèrent de leur voûte et prennent le soleil. C'est ainsi que l'on retrouve des cénotes sous grottes, et d'autres à ciel ouvert.
Une journée extraordinaire au pays des cénotes, inoubliable !
mardi 17 mars 2009
Campeche
Nous partons pour Campeche, petite ville de 250 000 habitants en bord de mer. Campeche, Aurelie connaît bien, puisqu'elle y a effectué un stage de fin d'études il y a 7 ans. Et quel stage ! Un stage à l'INAH, L'Institut National d'Archéologie et d'Histoire, l'institut en charge de tous les sites archéologiques et musées mexicains. A Campeche, elle a réalisé ses premiers guidages sur les sites archéologiques mayas comme Edzna ou Calakmul et plus particulièrement dans le petit musée d'archéologie maya logé dans un bastion du 18ème siècle surplombant la mer.
Et tout ça avait été possible surtout grâce à une personne : Malena, archéologue, qui, sans même connaître Aurelie, lui avait trouvé le stage et l'avait hébergé durant tout l'été.
Et la voici Malena qui vient nous chercher à la gare des bus ! Et c'est qu'en 7 ans, elle a pris du galon ! Aujourd'hui, elle fait de l'archéologie sous marine et est responsable de toute la région Yucatan. Huit personnes travaillent sous ses ordres. Du coup, elle nous propose de plonger et d'explorer des épaves aux large de Campeche, ce que l'on s'empresse évidemment d'accepter !
Sous l'eau
Luis ancien pêcheur devenu moniteur de plongée et capitaine du bateau de l'INAH nous emmène avec son coéquipier Castro explorer les abîmes du Golfe. Et des épaves, ce n'est pas ce qui manque par ici ! 250 bateaux ont été répertoriés, des anciens, des récents, coulés par accident, ou délibérément. C'est que depuis une trentaine d'années, la pêche est de moins en moins rentable, et nombre sont les pêcheurs qui ont fait sombrer leur propre embarcation pour toucher l'argent de l'assurance !
Le Rey del Mar, première embarcation que nous explorons, à huit mètres de profondeur, est un réel refuge pour vie aquatique. Des petits, des gros, des pieuvres également cachées dans des trous creusées dans le sable, et puis un fameux Poisson Pierre qui se confond avec le métal où s'accrochent les coraux et plantes de toutes espèces. Attention à ce dernier poisson, il peut piquer, et douloureusement ! Luis nous promène entre la proue, la quille, les anciens filets de pêche, le moteur même, difficile de s'y retrouver dans cet entrelacs de ferraille si on n'est pas connaisseur !
La Perla Blanca, second bateau que nous découvrons, s'est retrouvé noyé à seulement 4 mètres de profondeur et une centaine de mètres du bord de mer plaqué ici par la force d'un cyclone. Celui-ci est nettement plus lisible, énorme qu'il est planté dans le sable, on en fait le tour collés à la coque, c'est que ça remue sous l'eau et la visibilité est faible, plus ou moins... 1 mètre. Il faut surtout surveiller son collègue, son buddy comme on dit, on a vite fait de le perdre de vue !
Une extraordinaire expérience que ces plongées d'épaves, cette découverte de ces monstres d'acier que la nature a adopté et adapté pour devenir l'habitat de centaines de créatures marines. Un régal !
Malena est débordée
La semaine prochaine, Malena et son équipe partent pour un mois faire des recherches à Ciudad del Carmen. Du coup, avec tous les préparatifs, elle est débordée. Difficile pour elle de pouvoir s'accorder un peu de temps pour nous voir ! Elle y parvient toutefois et nous rejoint pour le déjeuner. Ah moins que ce soit le dîner, on n'a pas très bien compris... Faut dire qu'au Mexique, à part le petit déjeuner, on mange en général un gros repas dans l'après midi qui fait office des deux. Bon, entre les repas, ça grignote pas mal aussi !
Evidemment, on se trouve en bord de mer, alors c'est poissons et fruits de mer au menu. On goûte aux fameuses crevettes campechanaise, célèbres jusqu'aux Etats Unis : un délice.
Edzna
Luis de capitaine se transforme en pilote et vient nous chercher. Aujourd'hui, nous partons visiter le site archéologique d'Edzna, à une cinquantaine de kilomètres de Campeche.
Edzna, c'est une ancienne cité maya superbe, dominée par une incroyable Pyramide des cinq terrasses, qui mêle la structure d'un temple maya classique à une série de chambres rappelant les palais des gouverneurs de l'époque. Peu de monde ici encore, le tourisme n'a pas encore envahi la place, Seuls quelques iguanes prennent le soleil sur les pierres ou nous accompagnent dans notre éternelle montée des marches.
Sur le retour, Luis nous arrête dans un champs de pastèques, on en achète quelques unes aux petites dames abritées sous un toit de bois, et on goûte aux délicieux épis de maïs aromatisées de sel et de citron. De meilleur maïs il n'en existe pas !
La vie à la mexicaine : vive les hamacs !
Au Mexique, et tout particulièrement dans la péninsule du Yucatan, point de maison sans hamac. Souvent, il fait office de siège, de canapé, et de lit ! L'été est chaud ici, très chaud, et c'est bien plus rafraîchissant de dormir en hamac. Et les mexicains savent les tisser ! Nous les avons élus les plus confortables du monde. Alors, on aimerait bien en ramener, histoire de pouvoir nous aussi vivre à la mexicaine en France.
Luis a ses adresses. Les meilleurs et les moins chers des hamacs se trouvent dans un quartier en dehors de la ville... à la sortie de la prison ! Ce sont d'ailleurs les prisonniers qui les fabriquent, et leurs familles qui les vendent à la sortie. Et comble du bonheur, Seb en a trouvé un violet !
Un petit tour en ville et puis s'en vont
La vieille ville de Campeche est sans aucun doute l'une des plus belles du Mexique. A l'abri derrière ses remparts construits dès le 17ème siècle pour se protéger des pirates, elle arbore avec fierté ses façades multicolores, pas une seule maison ne possède la même teinte que sa voisine. La place centrale devient le dimanche un lieu de rendez vous pour tous ses habitants, on y joue au bingo campechano, ou même au minigolf portatif ! L'orchestre local prend place et inonde le quartier de ses airs langoureux.
Il est temps pour nous de quitter cette ville si paisible et ses gens si accueillants. Dur dur de quitter Campeche !
Et tout ça avait été possible surtout grâce à une personne : Malena, archéologue, qui, sans même connaître Aurelie, lui avait trouvé le stage et l'avait hébergé durant tout l'été.
Et la voici Malena qui vient nous chercher à la gare des bus ! Et c'est qu'en 7 ans, elle a pris du galon ! Aujourd'hui, elle fait de l'archéologie sous marine et est responsable de toute la région Yucatan. Huit personnes travaillent sous ses ordres. Du coup, elle nous propose de plonger et d'explorer des épaves aux large de Campeche, ce que l'on s'empresse évidemment d'accepter !
Sous l'eau
Luis ancien pêcheur devenu moniteur de plongée et capitaine du bateau de l'INAH nous emmène avec son coéquipier Castro explorer les abîmes du Golfe. Et des épaves, ce n'est pas ce qui manque par ici ! 250 bateaux ont été répertoriés, des anciens, des récents, coulés par accident, ou délibérément. C'est que depuis une trentaine d'années, la pêche est de moins en moins rentable, et nombre sont les pêcheurs qui ont fait sombrer leur propre embarcation pour toucher l'argent de l'assurance !
Le Rey del Mar, première embarcation que nous explorons, à huit mètres de profondeur, est un réel refuge pour vie aquatique. Des petits, des gros, des pieuvres également cachées dans des trous creusées dans le sable, et puis un fameux Poisson Pierre qui se confond avec le métal où s'accrochent les coraux et plantes de toutes espèces. Attention à ce dernier poisson, il peut piquer, et douloureusement ! Luis nous promène entre la proue, la quille, les anciens filets de pêche, le moteur même, difficile de s'y retrouver dans cet entrelacs de ferraille si on n'est pas connaisseur !
La Perla Blanca, second bateau que nous découvrons, s'est retrouvé noyé à seulement 4 mètres de profondeur et une centaine de mètres du bord de mer plaqué ici par la force d'un cyclone. Celui-ci est nettement plus lisible, énorme qu'il est planté dans le sable, on en fait le tour collés à la coque, c'est que ça remue sous l'eau et la visibilité est faible, plus ou moins... 1 mètre. Il faut surtout surveiller son collègue, son buddy comme on dit, on a vite fait de le perdre de vue !
Une extraordinaire expérience que ces plongées d'épaves, cette découverte de ces monstres d'acier que la nature a adopté et adapté pour devenir l'habitat de centaines de créatures marines. Un régal !
Malena est débordée
La semaine prochaine, Malena et son équipe partent pour un mois faire des recherches à Ciudad del Carmen. Du coup, avec tous les préparatifs, elle est débordée. Difficile pour elle de pouvoir s'accorder un peu de temps pour nous voir ! Elle y parvient toutefois et nous rejoint pour le déjeuner. Ah moins que ce soit le dîner, on n'a pas très bien compris... Faut dire qu'au Mexique, à part le petit déjeuner, on mange en général un gros repas dans l'après midi qui fait office des deux. Bon, entre les repas, ça grignote pas mal aussi !
Evidemment, on se trouve en bord de mer, alors c'est poissons et fruits de mer au menu. On goûte aux fameuses crevettes campechanaise, célèbres jusqu'aux Etats Unis : un délice.
Edzna
Luis de capitaine se transforme en pilote et vient nous chercher. Aujourd'hui, nous partons visiter le site archéologique d'Edzna, à une cinquantaine de kilomètres de Campeche.
Edzna, c'est une ancienne cité maya superbe, dominée par une incroyable Pyramide des cinq terrasses, qui mêle la structure d'un temple maya classique à une série de chambres rappelant les palais des gouverneurs de l'époque. Peu de monde ici encore, le tourisme n'a pas encore envahi la place, Seuls quelques iguanes prennent le soleil sur les pierres ou nous accompagnent dans notre éternelle montée des marches.
Sur le retour, Luis nous arrête dans un champs de pastèques, on en achète quelques unes aux petites dames abritées sous un toit de bois, et on goûte aux délicieux épis de maïs aromatisées de sel et de citron. De meilleur maïs il n'en existe pas !
La vie à la mexicaine : vive les hamacs !
Au Mexique, et tout particulièrement dans la péninsule du Yucatan, point de maison sans hamac. Souvent, il fait office de siège, de canapé, et de lit ! L'été est chaud ici, très chaud, et c'est bien plus rafraîchissant de dormir en hamac. Et les mexicains savent les tisser ! Nous les avons élus les plus confortables du monde. Alors, on aimerait bien en ramener, histoire de pouvoir nous aussi vivre à la mexicaine en France.
Luis a ses adresses. Les meilleurs et les moins chers des hamacs se trouvent dans un quartier en dehors de la ville... à la sortie de la prison ! Ce sont d'ailleurs les prisonniers qui les fabriquent, et leurs familles qui les vendent à la sortie. Et comble du bonheur, Seb en a trouvé un violet !
Un petit tour en ville et puis s'en vont
La vieille ville de Campeche est sans aucun doute l'une des plus belles du Mexique. A l'abri derrière ses remparts construits dès le 17ème siècle pour se protéger des pirates, elle arbore avec fierté ses façades multicolores, pas une seule maison ne possède la même teinte que sa voisine. La place centrale devient le dimanche un lieu de rendez vous pour tous ses habitants, on y joue au bingo campechano, ou même au minigolf portatif ! L'orchestre local prend place et inonde le quartier de ses airs langoureux.
Il est temps pour nous de quitter cette ville si paisible et ses gens si accueillants. Dur dur de quitter Campeche !
jeudi 12 mars 2009
De Veracruz à Palenque
Nous quittons Mexico et ses fous et nous dirigeons vers la côte. Prochaine étape : Veracruz. Là bas il y a la mer, le soleil, et on aimerait bien se poser un peu, histoire de nous changer du bus. Il faut dire que ces derniers temps ont été assez lourds de trajets, on est pas loin des 4000 kilomètres en 10 jours !
A Veracruz, il fait froid, parole de Mexicain
Nous voici arrivés à la gare des bus. On demande à un taxi s'il connaît un hôtel pas cher, il nous répond « un hôtel avec les 3 B, Bueno, Bonito, et Barato », c'est à dire Bon, Joli et Pas cher, ben oui, c'est ça qu'on voudrait s'il vous plait monsieur. Pas de problème, cet homme est efficace, il a ses adresses.
Il nous explique également qu'en ce moment il fait froid, et ça, c'est une chose que l'on n'avait pas remarqué. En effet, à Veracruz, lorsqu'il fait moins de 30 degrés, on se pèle les miches... En tout cas, nous, on est bien content de la température, et, après avoir déposé nos sacs à dos dans la chambre, nous partons à la découverte de la ville et de ses plages.
Une petite marche de trois quarts d'heure le long d'une promenade gagnée sur la mer nous amène à la playa de Veracruz. Sable brun, eau bleue foncée et des tas de mexicains qui prennent un bain. Les filles sont généralement habillées, ici on ne dévoile pas son corps lorsque l'on se baigne. Du coup, rares sont les serviettes étendues sur le sable, car ici on ne fait pas non plus bronzette. A la place des serviettes, des tables à perte de vue, et des serveurs qui vous accostent tous les 2 mètres pour vous proposer une bière, un poisson, un cocktail. La plage nous est sympathique, la mer relativement chaude, on reviendra se faire un plouf demain !
A Veracruz, on aime la musique
Il fait soif, c'est l'heure de l'apéro, nous nous rendons au Zocalo, la place principale du centre de Veracruz. C'est samedi soir, les gens sont de sortie, et nous nous posons sur l'une des nombreuses terrasses. Il paraît que Veracruz est la capitale de la musique mexicaine, la ville s'est spécialisée entre autres dans la Bamba, la Marimba ou le Danzon. Et bien, nous allons en faire l'expérience, Veracruz et la musique, c'est une réélle histoire d'amour ! Qui se transforme parfois en une cacophonie à la mexicaine... Un premier groupe de musiciens tout en noir joue autour d'une table, à quelques mètres de nous. Apparaît le groupe des tout en blancs, qui se poste un peu plus loin, mais voilà aussi les rouges, et bientôt les multicolores ! ce n'est pas fini, d'autres noirs (il y a plusieurs bandes) arrivent avec leur xylophone et s'installent... à 50 cm de notre table... Nous nous échappons, la musique, c'est sympa en fond sonore, mais lorsqu'il faut crier pour se faire entendre, ça l'est nettement moins... Enfin, au milieu de la place, une estrade a été montée, et des musiciens antillais commencent leur show. Veracruz ne fait pas défaut à sa réputation !
Nous restons quelques jours à Veracruz... Ah ben non.
Un vent à balayer les perruques souffle sur Veracruz. C'est la tempête, et pour le coup, la température s'est rafraîchie ! La plage, c'est donc compromis... En plus, c'est dimanche, et le dimanche, c'est pas très rigolo. Tout est fermé, et on se pose la question : reste-t-on, reste-t-on pas ? Reste-t-on pas gagne, et nous voici reparti sur les routes en direction de Palenque.
Palenque
Nous arrivons à Palenque le lendemain après une halte à Villahermosa, ce qui veut dire « la belle ville ». Si elle est belle, ça, on sait pas, on est resté dans le quartier de la gare, et avons dormi dans un hôtel tout pourri où t'entends la télé « à donffe »de tes voisins et le chauffaud de bon matin sauf que dans ta chambre, il y a pas d'eau chaude.
Le lendemain, nous voici enfin arrivés dans la région du Chiapas, à Palenque, au coeur de la jungle. Nous trouvons un charmant petit hôtel vraiment pas cher, avec, messieurs dames, piscine, transats, et même hamacs... Le bonheur ! C'est qu'on est bien dans ce petit coin de paradis, alors, on troque la mer pour la piscine et on reste quelques jours.
Le site archéologique
Palenque est réputé pour le site archéologique du même nom qui se trouve à 8 kilomètres de la ville. Nous voici donc partis à la découverte de cette grande cité Maya.
La lumière du petit matin éclaire et magnifie les temples, protégés par une jungle majestueuse qui veille en arrière fond. Il est encore tôt, nous profitons du site avant que la masse des touristes n'envahisse les lieux. Et quel splendeur ! Nous nous glissons dans le palais, complexe de bâtiments et de terrasses dominé par une tour unique en son genre dans l'architecture maya, nous grimpons les pyramides du soleil ou de la croix et admirons les bas reliefs qui se trouvent dans les temples à leurs sommets. Mais surtout, nous admirons la superbe structure des inscriptions, une pyramide à degrés surmontée d'un temple à la crête qui touche le ciel, celle là même qui renferme le sarcophage de l'un des plus grands seigneurs mayas : le roi Pakal. Pakal, c'est celui qui redore le blason de la cité au 7ème siècle et qui la relève alors qu'elle est mise à mal par sa rivale Calakmul. Il érige de nouveaux bâtiments, embellie ceux existants, et meurt après 68 ans de règne. Il est alors enterré dans le tombeau qu'il avait pris soin d'ériger avant sa mort, et comme la tradition le veut son corps est recouvert de cinabre rouge et de bijoux de jade. Pakal, nous on le connait déjà, on l'a rencontré au Musée d'Anthropologie de Mexico... on l'avoue, il était pas bien en forme !
Après avoir exploré la cité des seigneurs et des prêtres, nous descendons dans la forêt et découvrons les quartiers d'habitation, à proximité d'une charmante rivière qui s'étire en cascades.
Yaxchilan
Le problème, si s'en est un, c'est que la péninsule du Yucatan et ses environs sont bourrés de sites mayas. Hormis les plus connus, les incontournables que sont Palenque, Chitchen Itza pour le Mexique, ou Tikal pour le Guatemala, il y en des centaines, tous extraordinaires, tous différents, tous impressionnants. Alors, comme nous n'avons pas envie de nous contenter uniquement du haut du classement mais aussi de nous la jouer à la Indiana Jones et arpenter des sites déserts de touristes, on décide d'explorer les moins connus. Et c'est là où le bas blesse : il nous faut choisir.
On se décide pour le site archéologique de Yaxchilan, à la frontière avec le Guatemala.
Il est 5h du matin, nous roulons dans un minibus et sautons sur les centaines de dos d'ânes, si en France les collectivités ont des actions dans les ronds points, ici, c'est certainement dans les dos d'ânes ! Près de 3h plus tard, nous voici près de la rivière Usumacinta qui sépare le Mexique de sa voisine guatemaltèque. Il nous faut remonter le fleuve durant trois quart d'heure pour atteindre le site. On s'attend donc à voir de petites embarcations qui font la navette, effectivement, il y a bien des bateaux, mais pas de navettes régulières. Vous voulez aller à Yaxchilan ? Pas de problème, vous pouvez louer votre propre barque pour vous tout seul. Mais il vous faut sortir les billets messieurs dames ! bon, ben, il est super tôt le matin, pas de compagnons de route en vue, on n'a pas trop le choix, alors c'est parti pour le tour de bateau privé !
Une petite brume épaisse recouvre le cours d'eau, notre pilote se faufile dans les nuages et nous glissons entre forêts et champs de maïs. La traversée nous rappelle quelques souvenirs d'Asie !
Nous débarquons à Yaxchilan, et on est bien contents, parce qu'on est les premiers visiteurs ! Nous marchons dans la jungle jusqu'à un joli bâtiment dans lequel une ouverte mène dans un couloir de plus en plus sombre où ont élus domicile les chauves souris... Et les grosses araignées ! Un peu plus loin, une autre porte et quelques marches nous mènent jusqu'à une immense place aux multiples structures. Le soleil joue avec le feuillages des arbres immenses, il caresse les pierres, et nos yeux ne sont pas assez grands pour pouvoir embrasser toute la beauté de ce spectacle du passé.
Nos oreilles, quant à elles, sont un peu déconcertées. Un bruit étrange, quelque chose comme une grosse machine, mais, non, ce n'est pas possible par ici, non, ça serait plutôt un râle, mais un râle qui vient du fond des entrailles, comme celui d'un énorme animal qui serait en train de rendre l'âme. Nous écoutons, marchons vers le point d'origine de ce bruit, il est de plus en plus fort, on se croirait presque dans un mauvais film d'horreur, coursés par un monstre qui veut nous dévorer. On y est, ça vient de là haut, mais d'où, nous fixons la cime des arbres, et nous découvrons... Un singe, un simple petit singe, qui paye pas de mine en plus, accompagné de ses petits. Ah ça, vraiment, c'est certainement l'animal à la cage thoracique la plus développée du monde ! Voilà le macaque que l'on connaît mieux sous le nom de « singe hurleur ». Peut-être aurait-il mieux mérité le nom de « singe agoniseur » !
On se régale à Yaxchilan, le site est superbe, les pyramides magnifiques, et on a les vieilles pierres pour nous tout seuls. Deux heures plus tard, nous repartons et croisons les barques débordantes de touristes qui viennent rendre visite à notre hurleur de la jungle. On se dit alors que les quelques billets dépensés valait bien le moment magique en exclusivité que l'on vient de passer !
A Veracruz, il fait froid, parole de Mexicain
Nous voici arrivés à la gare des bus. On demande à un taxi s'il connaît un hôtel pas cher, il nous répond « un hôtel avec les 3 B, Bueno, Bonito, et Barato », c'est à dire Bon, Joli et Pas cher, ben oui, c'est ça qu'on voudrait s'il vous plait monsieur. Pas de problème, cet homme est efficace, il a ses adresses.
Il nous explique également qu'en ce moment il fait froid, et ça, c'est une chose que l'on n'avait pas remarqué. En effet, à Veracruz, lorsqu'il fait moins de 30 degrés, on se pèle les miches... En tout cas, nous, on est bien content de la température, et, après avoir déposé nos sacs à dos dans la chambre, nous partons à la découverte de la ville et de ses plages.
Une petite marche de trois quarts d'heure le long d'une promenade gagnée sur la mer nous amène à la playa de Veracruz. Sable brun, eau bleue foncée et des tas de mexicains qui prennent un bain. Les filles sont généralement habillées, ici on ne dévoile pas son corps lorsque l'on se baigne. Du coup, rares sont les serviettes étendues sur le sable, car ici on ne fait pas non plus bronzette. A la place des serviettes, des tables à perte de vue, et des serveurs qui vous accostent tous les 2 mètres pour vous proposer une bière, un poisson, un cocktail. La plage nous est sympathique, la mer relativement chaude, on reviendra se faire un plouf demain !
A Veracruz, on aime la musique
Il fait soif, c'est l'heure de l'apéro, nous nous rendons au Zocalo, la place principale du centre de Veracruz. C'est samedi soir, les gens sont de sortie, et nous nous posons sur l'une des nombreuses terrasses. Il paraît que Veracruz est la capitale de la musique mexicaine, la ville s'est spécialisée entre autres dans la Bamba, la Marimba ou le Danzon. Et bien, nous allons en faire l'expérience, Veracruz et la musique, c'est une réélle histoire d'amour ! Qui se transforme parfois en une cacophonie à la mexicaine... Un premier groupe de musiciens tout en noir joue autour d'une table, à quelques mètres de nous. Apparaît le groupe des tout en blancs, qui se poste un peu plus loin, mais voilà aussi les rouges, et bientôt les multicolores ! ce n'est pas fini, d'autres noirs (il y a plusieurs bandes) arrivent avec leur xylophone et s'installent... à 50 cm de notre table... Nous nous échappons, la musique, c'est sympa en fond sonore, mais lorsqu'il faut crier pour se faire entendre, ça l'est nettement moins... Enfin, au milieu de la place, une estrade a été montée, et des musiciens antillais commencent leur show. Veracruz ne fait pas défaut à sa réputation !
Nous restons quelques jours à Veracruz... Ah ben non.
Un vent à balayer les perruques souffle sur Veracruz. C'est la tempête, et pour le coup, la température s'est rafraîchie ! La plage, c'est donc compromis... En plus, c'est dimanche, et le dimanche, c'est pas très rigolo. Tout est fermé, et on se pose la question : reste-t-on, reste-t-on pas ? Reste-t-on pas gagne, et nous voici reparti sur les routes en direction de Palenque.
Palenque
Nous arrivons à Palenque le lendemain après une halte à Villahermosa, ce qui veut dire « la belle ville ». Si elle est belle, ça, on sait pas, on est resté dans le quartier de la gare, et avons dormi dans un hôtel tout pourri où t'entends la télé « à donffe »de tes voisins et le chauffaud de bon matin sauf que dans ta chambre, il y a pas d'eau chaude.
Le lendemain, nous voici enfin arrivés dans la région du Chiapas, à Palenque, au coeur de la jungle. Nous trouvons un charmant petit hôtel vraiment pas cher, avec, messieurs dames, piscine, transats, et même hamacs... Le bonheur ! C'est qu'on est bien dans ce petit coin de paradis, alors, on troque la mer pour la piscine et on reste quelques jours.
Le site archéologique
Palenque est réputé pour le site archéologique du même nom qui se trouve à 8 kilomètres de la ville. Nous voici donc partis à la découverte de cette grande cité Maya.
La lumière du petit matin éclaire et magnifie les temples, protégés par une jungle majestueuse qui veille en arrière fond. Il est encore tôt, nous profitons du site avant que la masse des touristes n'envahisse les lieux. Et quel splendeur ! Nous nous glissons dans le palais, complexe de bâtiments et de terrasses dominé par une tour unique en son genre dans l'architecture maya, nous grimpons les pyramides du soleil ou de la croix et admirons les bas reliefs qui se trouvent dans les temples à leurs sommets. Mais surtout, nous admirons la superbe structure des inscriptions, une pyramide à degrés surmontée d'un temple à la crête qui touche le ciel, celle là même qui renferme le sarcophage de l'un des plus grands seigneurs mayas : le roi Pakal. Pakal, c'est celui qui redore le blason de la cité au 7ème siècle et qui la relève alors qu'elle est mise à mal par sa rivale Calakmul. Il érige de nouveaux bâtiments, embellie ceux existants, et meurt après 68 ans de règne. Il est alors enterré dans le tombeau qu'il avait pris soin d'ériger avant sa mort, et comme la tradition le veut son corps est recouvert de cinabre rouge et de bijoux de jade. Pakal, nous on le connait déjà, on l'a rencontré au Musée d'Anthropologie de Mexico... on l'avoue, il était pas bien en forme !
Après avoir exploré la cité des seigneurs et des prêtres, nous descendons dans la forêt et découvrons les quartiers d'habitation, à proximité d'une charmante rivière qui s'étire en cascades.
Yaxchilan
Le problème, si s'en est un, c'est que la péninsule du Yucatan et ses environs sont bourrés de sites mayas. Hormis les plus connus, les incontournables que sont Palenque, Chitchen Itza pour le Mexique, ou Tikal pour le Guatemala, il y en des centaines, tous extraordinaires, tous différents, tous impressionnants. Alors, comme nous n'avons pas envie de nous contenter uniquement du haut du classement mais aussi de nous la jouer à la Indiana Jones et arpenter des sites déserts de touristes, on décide d'explorer les moins connus. Et c'est là où le bas blesse : il nous faut choisir.
On se décide pour le site archéologique de Yaxchilan, à la frontière avec le Guatemala.
Il est 5h du matin, nous roulons dans un minibus et sautons sur les centaines de dos d'ânes, si en France les collectivités ont des actions dans les ronds points, ici, c'est certainement dans les dos d'ânes ! Près de 3h plus tard, nous voici près de la rivière Usumacinta qui sépare le Mexique de sa voisine guatemaltèque. Il nous faut remonter le fleuve durant trois quart d'heure pour atteindre le site. On s'attend donc à voir de petites embarcations qui font la navette, effectivement, il y a bien des bateaux, mais pas de navettes régulières. Vous voulez aller à Yaxchilan ? Pas de problème, vous pouvez louer votre propre barque pour vous tout seul. Mais il vous faut sortir les billets messieurs dames ! bon, ben, il est super tôt le matin, pas de compagnons de route en vue, on n'a pas trop le choix, alors c'est parti pour le tour de bateau privé !
Une petite brume épaisse recouvre le cours d'eau, notre pilote se faufile dans les nuages et nous glissons entre forêts et champs de maïs. La traversée nous rappelle quelques souvenirs d'Asie !
Nous débarquons à Yaxchilan, et on est bien contents, parce qu'on est les premiers visiteurs ! Nous marchons dans la jungle jusqu'à un joli bâtiment dans lequel une ouverte mène dans un couloir de plus en plus sombre où ont élus domicile les chauves souris... Et les grosses araignées ! Un peu plus loin, une autre porte et quelques marches nous mènent jusqu'à une immense place aux multiples structures. Le soleil joue avec le feuillages des arbres immenses, il caresse les pierres, et nos yeux ne sont pas assez grands pour pouvoir embrasser toute la beauté de ce spectacle du passé.
Nos oreilles, quant à elles, sont un peu déconcertées. Un bruit étrange, quelque chose comme une grosse machine, mais, non, ce n'est pas possible par ici, non, ça serait plutôt un râle, mais un râle qui vient du fond des entrailles, comme celui d'un énorme animal qui serait en train de rendre l'âme. Nous écoutons, marchons vers le point d'origine de ce bruit, il est de plus en plus fort, on se croirait presque dans un mauvais film d'horreur, coursés par un monstre qui veut nous dévorer. On y est, ça vient de là haut, mais d'où, nous fixons la cime des arbres, et nous découvrons... Un singe, un simple petit singe, qui paye pas de mine en plus, accompagné de ses petits. Ah ça, vraiment, c'est certainement l'animal à la cage thoracique la plus développée du monde ! Voilà le macaque que l'on connaît mieux sous le nom de « singe hurleur ». Peut-être aurait-il mieux mérité le nom de « singe agoniseur » !
On se régale à Yaxchilan, le site est superbe, les pyramides magnifiques, et on a les vieilles pierres pour nous tout seuls. Deux heures plus tard, nous repartons et croisons les barques débordantes de touristes qui viennent rendre visite à notre hurleur de la jungle. On se dit alors que les quelques billets dépensés valait bien le moment magique en exclusivité que l'on vient de passer !
samedi 7 mars 2009
Mexico
A Mexico, Mexiiiicoooo comme le disait si bien Luis Mariano... paraît même que le temps paraît trop court pour goûter au bonheur de chaque jour... En tout cas, nous on a tout un mois pour y goûter !
Après 8h de trajet, notre avion s'apprête à atterrir... Extraordinaire spectacle que cette ville de 9 millions d'habitants, 20 si on compte sa banlieue, qui s'étend à 2000 mètres d'altitude sur un plateau encerclé de hauts sommets.
Ca et là, un lac, un peu de verdure, rappelle qu'il y a des siècles la nature était maître. Plus maintenant ! Le plus incroyable c'est que la piste d'atterrissage se trouve en plein milieu de la ville. On survole les autoroutes, les petits immeubles, de très très près.
Voilà, on y est à Mexico, cette ville à la réputation plus que tendancieuse, cette mauvaise élève des mégalopoles mondiales. Haut degré de pollution, note élevé en ce qui concerne la délinquance, Mexico ne cesse d'inquiéter. Promis, on fera attention !
L'hôtel que l'on a réservé vient nous chercher à l'aéroport, ça facilite les choses... Ou peut-être pas ! D'abord, il nous faut les appeler. A l'heure du portable, rien de plus facile, sauf que nous on n'en a pas, de portable ! Et les cabines ne prennent pas la carte bleue. Ni les pièces ; Bon, il nous faut retirer des sous, acheter une carte de téléphone, voilà, c'est fait, on sort à peine du magasin qu'un gentil monsieur ayant compris notre quête nous propose d'utiliser son portable... Une carte de téléphone dans la poche pour rien, nous joignons l'hôtel qui nous donne les instructions à suivre : prenez le train pour le deuxième terminal, allez à la porte 5, attendez une Toyota verte... On se prendrait presque pour Jason Bourne ! Après une bonne heure d'attente, nous voici dans la Toyota qui nous mène à notre hôtel.
Le petit monsieur de la réception nous amène à notre chambre en emportant avec lui un objet pour le moins curieux : Une espèce de grosse boîte ronde.
Mais qu'est-ce que ça peut bien être que cette grosse boîte ronde ? Le petit monsieur le branche, et commence à expliquer... mais non, on n'a pas très bien compris, à ben si, il persiste, c'est un écran de bruit. Quand tu l'allumes, ça fait bbbbrrrrhhh, un son continu et sourd, un peu comme un gonfleur électrique, ou alors un moteur d'aquarium. Avec ça, c'est sûr, t'entends plus rien !
Bon, allez, une bonne nuit de sommeil (sans écran de bruit) et à nous le Musée National d'Anthropologie.
Le Musée d'Anthropologie
Pour nous rendre au Musée d'Anthropologie, nous longeons le Paseo de la Reforma et découvrons une ville beaucoup plus jolie que celle que nous avions imaginée, fontaines, larges avenues, parcs se succèdent... Reste que les 4 millions de véhicules qui circulent dans la ville ne sont pas du domaine du fantasme, la circulation est dense, voire souvent non circulante. Après quelques trois quart d'heure de marche, nous voici devant le musée, édifié dans les années 60, un réel modèle en matière d'architecture. Une immense cour, agrémentée de bassins où des tortues étalées de tout leur long sur des pierres prennent le soleil, donne accès à de grandes salles aérées qui exposent quelques unes des plus belles pièces des civilisations passées. Avec les différentes cultures qui se sont succédées, Olmèques, Aztèques, Mayas pour n'en citer que quelques unes, le Mexique est bel et bien le pays le plus riche que l'on est vu en matière d'archéologie.
D'une salle à l'autre, nous nous promenons dans le temps entre les frises du Dieu Serpent à Plumes de Teotihuacan, l'immense sculpture d'un visage Olmèque ou encore le tombeau du roi Maya de Palenque, le célèbre Pakal et ses ornements de jade. De réelles oeuvres d'art témoins du passé laissées par ces civilisations depuis longtemps disparues.
Sans aucun conteste, le musée d'Anthropologie de Mexico est l'un des plus beau musée du monde.
La salle la plus visitée reste celle des Mexicas, plus connus sous le nom d'Aztèques, ceux là mêmes qui régnaient sur le pays lorsque Hernan Cortès et ses copains espagnols sont arrivés en 1519, ceux là aussi qui ont créé la ville de Mexico.
Au 14ème siècle, les Mexicas étaient à la recherche d'un endroit sympa pour s'installer. Ils erraient déjà depuis un certain temps, tous les bons coins pour se poser étant évidemment déjà squattés par d'autres peuples, lorsqu'ils virent
« sur un cactus perché un aigle tenant dans son bec un serpent ». Les prêtres sûrement fatigués de leur longue errance, auraient alors considéré le fait comme un signe des Dieux et déclarèrent que le peuple aztèque devait s'installer ici. C'est ainsi que Technotitlan fut établie sur une île en plein milieu d'un lac. Force est de constater que ça leur a plutôt réussi puisque les voici bientôt maîtres d'un important royaume qui s'étend du Pacifique au Golfe du Mexique.
Au musée, une maquette montre la ville de Tenochtitlan telle qu'elle était lorsque les espagnols sont arrivés, une ville de 250 000 habitants en plein milieu d'un lac, construite sur une île marécageuse et agrandie sur l'eau, une petite Venise, et on a du mal à s'imaginer que la présente Mexico a été construite sur ses ruines, dans le bassin d'un lac qui n'existe plus. Les conquistadors, confrontés au problème des inondations, ont drainé, et drainé encore jusqu'à ce que de l'eau du lac il n'y en ai plus. Aujourd'hui, on subit les conséquences des erreurs du passé, la ville s'enfonce un peu plus chaque année dans une zone autrefois marécageuse, et puis surtout maintenant, à Mexico, il n'y a plus assez d'eau pour pourvoir la population en son ensemble... Too bad !
A Mexico, des constructions aztèques, il ne reste plus grand chose, la ville espagnole a été construite sur leurs ruines, par contre il reste quelques objets incroyables réalisés par leur soin et exposés au musée, comme cette énorme calendrier sculpté dans un monolithe de 17 tonnes, ou alors cette magnifique coiffe en plumes de Quetzal de Moctezuma II, dernier souverain aztèque qui lutta contre l'invasion espagnole... Ah ben non, la coiffe c'est une copie, la vraie, elle est en Autriche, on se demande bien ce qu'elle fout là-bas. Les Mexicains aussi se le demande, et réclame haut et fort le rapatriement de leur bien dans son pays d'origine.
A la sortie du musée, une musique envoûtante jouée par un flûtiste ondule jusqu'à nos oreilles. C'est joli, c'est agréable, nous nous avançons vers la source, mais point de joueur de flûte devant nous... Le son vient du ciel. Nous levons la tête, oui, il est là haut le musicien, perché sur un poteau d'au moins 30 mètres de hauteur. Et il n'est pas tout seul, il est accompagné de quatre compagnons attachés par une corde, et les voilà qui se lancent dans le vide la tête en bas. Ils tournent, ils tournent autour du poteau tout en déroulant leur corde et petit à petit, les cheveux au vent, ils descendent jusqu'à toucher le sol. Même pas la tête qui tourne, les 4 mexicains se relèvent et marchent jusqu'au centre comme si de rien n'était !
Teotihuacan
A quelques kilomètres de la ville de Mexico se trouve le site archéologique de Teotihuacan. La civilisation du même nom reste un mystère pour les chercheurs, peu de sources écrites leur révèlent qui étaient véritablement les bâtisseurs de cette incroyable cité. On sait tout de même qu'ils se sont établis et ont régnés entre 100 avant Jésus Christ et 750 après et qu'ils faisaient du commerce avec les autres peuples environnants, notamment les mayas. Ils possédaient le monopole de l'obsidienne, et ça, c'était un peu la mine d'argent de l'époque, ça les a rendus riches !
Nous voici sur ce site où la végétation se fait timide. Les constructions sont disposées autour d'une grande allée de 4km sur 40 mètres de large. La plus grande et la plus impressionnante des structures c'est évidemment le temple du soleil, une pyramide gigantesque de 65 mètres de haut. Elle a été construite sur une grotte, symbole de l'inframonde, que l'on ne peut malheureusement pas visiter. Faut dire qu'on est pas les seuls à Teotihuacan ! Des bus à la pelle y déverse leurs flots de touristes. Mais si l'on ne peut pas rentrer à l'intérieur du bâtiment, on peut lui monter dessus ! C'est parti pour quelques centaines de marches, et tout en haut, la récompense, la vue embrasse le site et les alentours, superbe. Au bout de l'allée se trouve la pyramide de la lune, qui connaîtra le même sort, on la grimpe, on s'assoit, et on admire.
Quelques 5 siècles après la disparition de Teotihuacan, les aztèques redécouvrirent le site. D'après leur légende, c'est ici même que les Dieux créèrent le monde dans lequel on vit, le 5ème et dernier après plusieurs essais infructueux. Mais pour créer un monde, il faut créer un soleil, et pour créer un soleil, il faut qu'un Dieu se jette dans un bûcher. On se décida pour le Dieu Pustuleux, pas tellement heureux d'être l'élu. Il hésite, il hésite, il hésite tellement qu'à la fin, un autre Dieu, Tonatiuh, excédé, décide de s'y jeter à sa place. Pustuleux est tout péteux, il est pris de remords et se jette aussi. C'est bien joli tout ça, mais ça nous fait deux soleils, et ça, c'est pas possible. Les Dieux restants se concertent et décident alors que le deuxième soleil sera moins brillant et ne brillera que la nuit...
Après 8h de trajet, notre avion s'apprête à atterrir... Extraordinaire spectacle que cette ville de 9 millions d'habitants, 20 si on compte sa banlieue, qui s'étend à 2000 mètres d'altitude sur un plateau encerclé de hauts sommets.
Ca et là, un lac, un peu de verdure, rappelle qu'il y a des siècles la nature était maître. Plus maintenant ! Le plus incroyable c'est que la piste d'atterrissage se trouve en plein milieu de la ville. On survole les autoroutes, les petits immeubles, de très très près.
Voilà, on y est à Mexico, cette ville à la réputation plus que tendancieuse, cette mauvaise élève des mégalopoles mondiales. Haut degré de pollution, note élevé en ce qui concerne la délinquance, Mexico ne cesse d'inquiéter. Promis, on fera attention !
L'hôtel que l'on a réservé vient nous chercher à l'aéroport, ça facilite les choses... Ou peut-être pas ! D'abord, il nous faut les appeler. A l'heure du portable, rien de plus facile, sauf que nous on n'en a pas, de portable ! Et les cabines ne prennent pas la carte bleue. Ni les pièces ; Bon, il nous faut retirer des sous, acheter une carte de téléphone, voilà, c'est fait, on sort à peine du magasin qu'un gentil monsieur ayant compris notre quête nous propose d'utiliser son portable... Une carte de téléphone dans la poche pour rien, nous joignons l'hôtel qui nous donne les instructions à suivre : prenez le train pour le deuxième terminal, allez à la porte 5, attendez une Toyota verte... On se prendrait presque pour Jason Bourne ! Après une bonne heure d'attente, nous voici dans la Toyota qui nous mène à notre hôtel.
Le petit monsieur de la réception nous amène à notre chambre en emportant avec lui un objet pour le moins curieux : Une espèce de grosse boîte ronde.
Mais qu'est-ce que ça peut bien être que cette grosse boîte ronde ? Le petit monsieur le branche, et commence à expliquer... mais non, on n'a pas très bien compris, à ben si, il persiste, c'est un écran de bruit. Quand tu l'allumes, ça fait bbbbrrrrhhh, un son continu et sourd, un peu comme un gonfleur électrique, ou alors un moteur d'aquarium. Avec ça, c'est sûr, t'entends plus rien !
Bon, allez, une bonne nuit de sommeil (sans écran de bruit) et à nous le Musée National d'Anthropologie.
Le Musée d'Anthropologie
Pour nous rendre au Musée d'Anthropologie, nous longeons le Paseo de la Reforma et découvrons une ville beaucoup plus jolie que celle que nous avions imaginée, fontaines, larges avenues, parcs se succèdent... Reste que les 4 millions de véhicules qui circulent dans la ville ne sont pas du domaine du fantasme, la circulation est dense, voire souvent non circulante. Après quelques trois quart d'heure de marche, nous voici devant le musée, édifié dans les années 60, un réel modèle en matière d'architecture. Une immense cour, agrémentée de bassins où des tortues étalées de tout leur long sur des pierres prennent le soleil, donne accès à de grandes salles aérées qui exposent quelques unes des plus belles pièces des civilisations passées. Avec les différentes cultures qui se sont succédées, Olmèques, Aztèques, Mayas pour n'en citer que quelques unes, le Mexique est bel et bien le pays le plus riche que l'on est vu en matière d'archéologie.
D'une salle à l'autre, nous nous promenons dans le temps entre les frises du Dieu Serpent à Plumes de Teotihuacan, l'immense sculpture d'un visage Olmèque ou encore le tombeau du roi Maya de Palenque, le célèbre Pakal et ses ornements de jade. De réelles oeuvres d'art témoins du passé laissées par ces civilisations depuis longtemps disparues.
Sans aucun conteste, le musée d'Anthropologie de Mexico est l'un des plus beau musée du monde.
La salle la plus visitée reste celle des Mexicas, plus connus sous le nom d'Aztèques, ceux là mêmes qui régnaient sur le pays lorsque Hernan Cortès et ses copains espagnols sont arrivés en 1519, ceux là aussi qui ont créé la ville de Mexico.
Au 14ème siècle, les Mexicas étaient à la recherche d'un endroit sympa pour s'installer. Ils erraient déjà depuis un certain temps, tous les bons coins pour se poser étant évidemment déjà squattés par d'autres peuples, lorsqu'ils virent
« sur un cactus perché un aigle tenant dans son bec un serpent ». Les prêtres sûrement fatigués de leur longue errance, auraient alors considéré le fait comme un signe des Dieux et déclarèrent que le peuple aztèque devait s'installer ici. C'est ainsi que Technotitlan fut établie sur une île en plein milieu d'un lac. Force est de constater que ça leur a plutôt réussi puisque les voici bientôt maîtres d'un important royaume qui s'étend du Pacifique au Golfe du Mexique.
Au musée, une maquette montre la ville de Tenochtitlan telle qu'elle était lorsque les espagnols sont arrivés, une ville de 250 000 habitants en plein milieu d'un lac, construite sur une île marécageuse et agrandie sur l'eau, une petite Venise, et on a du mal à s'imaginer que la présente Mexico a été construite sur ses ruines, dans le bassin d'un lac qui n'existe plus. Les conquistadors, confrontés au problème des inondations, ont drainé, et drainé encore jusqu'à ce que de l'eau du lac il n'y en ai plus. Aujourd'hui, on subit les conséquences des erreurs du passé, la ville s'enfonce un peu plus chaque année dans une zone autrefois marécageuse, et puis surtout maintenant, à Mexico, il n'y a plus assez d'eau pour pourvoir la population en son ensemble... Too bad !
A Mexico, des constructions aztèques, il ne reste plus grand chose, la ville espagnole a été construite sur leurs ruines, par contre il reste quelques objets incroyables réalisés par leur soin et exposés au musée, comme cette énorme calendrier sculpté dans un monolithe de 17 tonnes, ou alors cette magnifique coiffe en plumes de Quetzal de Moctezuma II, dernier souverain aztèque qui lutta contre l'invasion espagnole... Ah ben non, la coiffe c'est une copie, la vraie, elle est en Autriche, on se demande bien ce qu'elle fout là-bas. Les Mexicains aussi se le demande, et réclame haut et fort le rapatriement de leur bien dans son pays d'origine.
A la sortie du musée, une musique envoûtante jouée par un flûtiste ondule jusqu'à nos oreilles. C'est joli, c'est agréable, nous nous avançons vers la source, mais point de joueur de flûte devant nous... Le son vient du ciel. Nous levons la tête, oui, il est là haut le musicien, perché sur un poteau d'au moins 30 mètres de hauteur. Et il n'est pas tout seul, il est accompagné de quatre compagnons attachés par une corde, et les voilà qui se lancent dans le vide la tête en bas. Ils tournent, ils tournent autour du poteau tout en déroulant leur corde et petit à petit, les cheveux au vent, ils descendent jusqu'à toucher le sol. Même pas la tête qui tourne, les 4 mexicains se relèvent et marchent jusqu'au centre comme si de rien n'était !
Teotihuacan
A quelques kilomètres de la ville de Mexico se trouve le site archéologique de Teotihuacan. La civilisation du même nom reste un mystère pour les chercheurs, peu de sources écrites leur révèlent qui étaient véritablement les bâtisseurs de cette incroyable cité. On sait tout de même qu'ils se sont établis et ont régnés entre 100 avant Jésus Christ et 750 après et qu'ils faisaient du commerce avec les autres peuples environnants, notamment les mayas. Ils possédaient le monopole de l'obsidienne, et ça, c'était un peu la mine d'argent de l'époque, ça les a rendus riches !
Nous voici sur ce site où la végétation se fait timide. Les constructions sont disposées autour d'une grande allée de 4km sur 40 mètres de large. La plus grande et la plus impressionnante des structures c'est évidemment le temple du soleil, une pyramide gigantesque de 65 mètres de haut. Elle a été construite sur une grotte, symbole de l'inframonde, que l'on ne peut malheureusement pas visiter. Faut dire qu'on est pas les seuls à Teotihuacan ! Des bus à la pelle y déverse leurs flots de touristes. Mais si l'on ne peut pas rentrer à l'intérieur du bâtiment, on peut lui monter dessus ! C'est parti pour quelques centaines de marches, et tout en haut, la récompense, la vue embrasse le site et les alentours, superbe. Au bout de l'allée se trouve la pyramide de la lune, qui connaîtra le même sort, on la grimpe, on s'assoit, et on admire.
Quelques 5 siècles après la disparition de Teotihuacan, les aztèques redécouvrirent le site. D'après leur légende, c'est ici même que les Dieux créèrent le monde dans lequel on vit, le 5ème et dernier après plusieurs essais infructueux. Mais pour créer un monde, il faut créer un soleil, et pour créer un soleil, il faut qu'un Dieu se jette dans un bûcher. On se décida pour le Dieu Pustuleux, pas tellement heureux d'être l'élu. Il hésite, il hésite, il hésite tellement qu'à la fin, un autre Dieu, Tonatiuh, excédé, décide de s'y jeter à sa place. Pustuleux est tout péteux, il est pris de remords et se jette aussi. C'est bien joli tout ça, mais ça nous fait deux soleils, et ça, c'est pas possible. Les Dieux restants se concertent et décident alors que le deuxième soleil sera moins brillant et ne brillera que la nuit...
mercredi 25 février 2009
Bye bye Amérique du Sud
Il est temps pour nous de redescendre tranquillement jusqu'à Santiago, où nous attend notre vol qui nous mènera vers notre dernière étape : le Mexique.
Et pour ce faire, on va prendre... Des bus ! Un petit bus de nuit qui tourne qui tourne jusqu'à Arequipa, la ville blanche, à l'accent colonial, où l'on rencontre le père Noël (si si) qui y réside toute l'année et qui y vend ses bonbons dans son habit vert (sauf en décembre, il devient tout rouge) ; Un petit bus de jour pour nous emmener à la frontière chilienne. On y rencontre un couple de chiliens, Mario et Patricia, avec qui on avait pris le même bus qui tourne de Cuzco deux jours auparavant. Ils décident de nous prendre sous leurs ailes, on prend le taxi qui passe la frontière avec eux, puis on se retrouve à déambuler dans les rues d'Arica à la recherche d'un petit hôtel que Mario connaît (mais pas les chauffeurs de taxi de la ville !). On y est, on va pouvoir se reposer un peu... Il fait chaud à Arica, il fait beau, et ça fait du bien. Alors on décide de ne repartir que le surlendemain...
Arica et les grosses méduses
A Arica, il y a même la plage ! si ça c'est pas cool ! Alors on prend nos maillots, nos serviettes, et on marche jusqu'à la grande plage que l'on a repéré la veille en arrivant... Ouais, mais la plage à Arica, c'est du sable noir brûlant, une mer grise glaciale, et des méduses énormes qui jonchent le sol... Bon, ben, pour la baignade, on attendra le Mexique !
Et un autre piti tour de bus
Encore un tour de bus de nuit qui tourne moins, pour nous rendre à la Serena... 24h assis vautrés dans nos sièges qui s'inclinent, à admirer le désert qui n'en finit plus... Et enfin la délivrance, nous voici de retour à la Serena ! Quelques 3 mois et des poussières plus tard, la ville s'est parée de ses atours d'été. On en profite pour faire un tour à Vicuna, petite ville à 1h de là dans la vallée d'El Elqui. Il paraît qu'il y a la fête des vendanges, on va goûter à la liqueur du pays, j'ai nommé le bien aimé PISCO ! Ah ouais, ben non, on s'est trompé de jour, la fête des vendanges c'est la semaine suivante... Qu'à cela ne tienne, on ne va pas se laisser faire, alors on visite la distillerie de Pisco du coin... Et on n'est pas les seuls ! Les chiliens adorent le Pisco et ça se voit. Une visite tous les ¼ d'heures à 50 personnes minimum, la visite de la distillerie Capel ne connaît pas la crise !
Santiago
Retour dans la capitale (en bus !), un petit air de déjà vu... Sauf le tarif de l'hôtel qui a pris 25% ! Lui non plus ne connaît pas la crise !! On en profite pour (enfin) monter au Cerro San Cristobal, qui domine la ville et le quartier Bellavista où nous résidons. Pour accéder au sommet, nous empruntons le funiculaire qui date de 1923, tout brinquebalant qu'il est il nous emmène en haut de la montagne. Un petit effort, et nous voici à la statue qui domine la ville, et à la grande stupéfaction d'Aurélie, c'est pas un Jésus, c'est une Madone ! La vue d'ici est extraordinaire, le regard embrasse toute la ville tapie au fond d'une vallée et surmontée des majestueux sommets andins aux neiges éternelles.
Il fait chaud, c'est l'été ici, et on aurait bien envie de se rafraichir. Ca tombe bien, il paraît qu'il y a une piscine sur la colline ! On s'oriente tant bien que mal sur un plan, on demande notre chemin, nous voici dans la bonne direction. Mais de piscine point... On marche, on marche, on marche, il fait toujours chaud, mais où qu'elle est donc cette piscine ? Il faut dire qu'on n'avait pas bien pris en compte l'immensité du Cerro, vu d'en bas, il paraît tel un tout petit sommet, mais en réalité il s'étend sur des kilomètres... Ah, un peu plus bas, des voix d'enfants, on doit pas être loin ! Et c'est une immense piscine où barbotent des centaines de gens qui nous accueille. Nous plongeons dans l'eau avec délectation...
Un petit apéro dînatoire sur la terrasse de l'hôtel, on profite de la douceur du climat et du petit vent frais du soir qui nous taquine, avant de s'endormir en pensant à notre vol du lendemain qui nous emmène à Mexico !
Et pour ce faire, on va prendre... Des bus ! Un petit bus de nuit qui tourne qui tourne jusqu'à Arequipa, la ville blanche, à l'accent colonial, où l'on rencontre le père Noël (si si) qui y réside toute l'année et qui y vend ses bonbons dans son habit vert (sauf en décembre, il devient tout rouge) ; Un petit bus de jour pour nous emmener à la frontière chilienne. On y rencontre un couple de chiliens, Mario et Patricia, avec qui on avait pris le même bus qui tourne de Cuzco deux jours auparavant. Ils décident de nous prendre sous leurs ailes, on prend le taxi qui passe la frontière avec eux, puis on se retrouve à déambuler dans les rues d'Arica à la recherche d'un petit hôtel que Mario connaît (mais pas les chauffeurs de taxi de la ville !). On y est, on va pouvoir se reposer un peu... Il fait chaud à Arica, il fait beau, et ça fait du bien. Alors on décide de ne repartir que le surlendemain...
Arica et les grosses méduses
A Arica, il y a même la plage ! si ça c'est pas cool ! Alors on prend nos maillots, nos serviettes, et on marche jusqu'à la grande plage que l'on a repéré la veille en arrivant... Ouais, mais la plage à Arica, c'est du sable noir brûlant, une mer grise glaciale, et des méduses énormes qui jonchent le sol... Bon, ben, pour la baignade, on attendra le Mexique !
Et un autre piti tour de bus
Encore un tour de bus de nuit qui tourne moins, pour nous rendre à la Serena... 24h assis vautrés dans nos sièges qui s'inclinent, à admirer le désert qui n'en finit plus... Et enfin la délivrance, nous voici de retour à la Serena ! Quelques 3 mois et des poussières plus tard, la ville s'est parée de ses atours d'été. On en profite pour faire un tour à Vicuna, petite ville à 1h de là dans la vallée d'El Elqui. Il paraît qu'il y a la fête des vendanges, on va goûter à la liqueur du pays, j'ai nommé le bien aimé PISCO ! Ah ouais, ben non, on s'est trompé de jour, la fête des vendanges c'est la semaine suivante... Qu'à cela ne tienne, on ne va pas se laisser faire, alors on visite la distillerie de Pisco du coin... Et on n'est pas les seuls ! Les chiliens adorent le Pisco et ça se voit. Une visite tous les ¼ d'heures à 50 personnes minimum, la visite de la distillerie Capel ne connaît pas la crise !
Santiago
Retour dans la capitale (en bus !), un petit air de déjà vu... Sauf le tarif de l'hôtel qui a pris 25% ! Lui non plus ne connaît pas la crise !! On en profite pour (enfin) monter au Cerro San Cristobal, qui domine la ville et le quartier Bellavista où nous résidons. Pour accéder au sommet, nous empruntons le funiculaire qui date de 1923, tout brinquebalant qu'il est il nous emmène en haut de la montagne. Un petit effort, et nous voici à la statue qui domine la ville, et à la grande stupéfaction d'Aurélie, c'est pas un Jésus, c'est une Madone ! La vue d'ici est extraordinaire, le regard embrasse toute la ville tapie au fond d'une vallée et surmontée des majestueux sommets andins aux neiges éternelles.
Il fait chaud, c'est l'été ici, et on aurait bien envie de se rafraichir. Ca tombe bien, il paraît qu'il y a une piscine sur la colline ! On s'oriente tant bien que mal sur un plan, on demande notre chemin, nous voici dans la bonne direction. Mais de piscine point... On marche, on marche, on marche, il fait toujours chaud, mais où qu'elle est donc cette piscine ? Il faut dire qu'on n'avait pas bien pris en compte l'immensité du Cerro, vu d'en bas, il paraît tel un tout petit sommet, mais en réalité il s'étend sur des kilomètres... Ah, un peu plus bas, des voix d'enfants, on doit pas être loin ! Et c'est une immense piscine où barbotent des centaines de gens qui nous accueille. Nous plongeons dans l'eau avec délectation...
Un petit apéro dînatoire sur la terrasse de l'hôtel, on profite de la douceur du climat et du petit vent frais du soir qui nous taquine, avant de s'endormir en pensant à notre vol du lendemain qui nous emmène à Mexico !
dimanche 22 février 2009
La vallée sacrée
La vallée sacrée ne se lasse pas de nous dévoiler de nouvelles merveilles. Elle nous divulgue un peu plus chaque jour quelques uns de ses secrets. Et des secrets, elle en a à revendre ! Hormis les gros sites archéologiques « classiques », quelques 260 autres ruines incas se dispersent dans la montagne environnante.
Ollantaytambo
Ollantaytambo, ce village au nom si difficile à prononcer, se situe au croisement de deux vallées. C'est la porte d'accès au Machu Picchu, c'est ici que la route s'arrête et laisse la place aux rails qui se fraient un chemin le long de la rivière Vilcanota et rejoint Aguas Calientes.
Le village en lui même ne manque pas de charme. Construit sur les ruines d'une cité inca, il en a gardé le tracé. Les espagnols se sont servis des murs déjà présents, et les façades sont une juxtaposition d'appareil inca aux grosses pierres assemblées sans mortiers et d'appareil plus simple de pierres jointes par un mélange de terre et de paille. Ca et là, en arpentant les étroites rues pavées, on aperçoit une jolie porte inca en V inversé, une charmante cour ombragée, c'est un fait, Ollantaytambo respire la sérénité ! On adore ce village, on s'y sent bien...
Alors on y reste un peu.
L'héritage inca
Le village, coincé entre deux pans de vallée, est dominé à droite et à gauche par des ruines incas. Le plus important, c'est le centre cérémonial qui s'agrippe à la colline et auquel on accède par des centaines de marches, au grand plaisir de nos petites fesses qui ne cessent de monter ! de là, une vue magnifique sur la vallée, et sur la bourgade. Les incas construisaient en grand, tout était minutieusement pensé, rien n'était laissé au hasard. Tout d'abord, la forme de leur construction était inspirée de symboles, comme ce centre cérémonial qui a la forme d'un lama, ou le village en lui même qui paraît à un épi de maïs. Et puis son orientation aussi était finement étudié, le lever du soleil du solstice d'hiver et d'été éclairant précisément un point stratégique des sites, tel un hommage des hommes au dieu soleil.
Sur l'autre versant, d'autres constructions s'accrochent à la montagne, des greniers à grains, des observatoires, et cette énorme tête de Viracocha, le dieu suprême inca, à l'aspect d'un vieil homme portant la barbe, directement taillé dans la roche de la falaise. Viracocha, c'est celui qui a commandé au soleil de se lever derrière l'île du même nom sur le lac Titicaca, éclairant les ténèbres. C'est lui aussi qui a créé la lune, les étoiles, l'arc en ciel... Ces derniers, devenus divinités, ne sont en réalité ici que pour représenter Viracocha, des espèces d'intermédiaires, et contrairement aux idées reçues on se rend compte que la religion inca était bel et bien monothéiste.
La région est belle, on se décide pour une balade dans la vallée... Mais au grand plaisir de nos arrières trains nous la remontons en taxi ! 10 kilomètres plus loin, au sommet d'une colline, nous explorons les ruines d'un autre site, celui de Pumamarca, ancienne forteresse oubliée de tous, même des touristes. Nous cheminons (en descente, youpi !) au milieu des champs de maïs, rencontrons quelques personnes des villages alentours aux costumes hautement colorés, fuschia et jaune se mêlent sur les ponchos et chapeaux des hommes.
La vallée sacrée, c'est pas que Ollantay, on décolle pour d'autres contrées.
Chinchero
Tout là haut sur un plateau qui mène à Cuzco, au milieu d'un véritable patchwork de champs multicolores et sur fond de hauts sommets enneigés que l'on aperçoit lorsque les nuages daignent s'élever, se trouve le petit village de Chinchero. Le bus nous dépose sur la route principale boueuse et sans charme, et franchement, c'est pas très joli. Cette piteuse façade cache en réalité de jolies petites rues de pierres, et un peu plus loin un autre site inca... Ben ouais, il y en a partout ici ! De petites filles gardiennes d'ânes, toutes crasseuses, pas plus âgées que 7 ou 8 ans, s'improvisent guides des ruines. Nous suivons l'une d'entre elle et escaladons des rochers, nous courbons à la recherche d'un éventuel caillou à la forme d'un condor, nous nous essayons au trône de l'inca... Un étroit escalier taillé dans une énorme roche nous mène... Nulle part, paraît qu'il y avait une porte, avant... Bref, on a rien compris à la visite, mais la petite nous a bien fait trotter !!
Moray et les salines
Moray, c'est, devinez quoi... Un site Inca ! Oui, mais celui ci n'a rien d'ordinaire, si toutefois site ordinaire il y a. Moray, c'est le laboratoire agronomique des incas, leur INRA en quelque sorte. Le site consiste en une succession de terrasses en cercles concentriques creusées sur un dénivelé de 50 mètres, ce qui permet d'obtenir une différence de température de 5 degrés entre le haut et le bas de l'amphithéâtre, alors qu'ailleurs à la même altitude la différence n'est que de 0,5 degrés. Les incas se servaient des microclimats ainsi obtenus pour acclimater des plantes des basses terre à l'altitude. Malins qu'ils sont ces incas !On prend plaisir à descendre tout en bas de cette construction, au centre même, là où il fait le plus chaud, puis on remonte péniblement les hautes marches en cherchant notre souffle. C'est qu'en plus d'être malins, ils étaient bien agiles ces incas !
Les salines de Maras
A quelques kilomètres de Moray se trouvent les salines de Maras, exploitées depuis des lustres, bien avant les incas. Et quel spectacle ! Des milliers de bassins construits dans la roche accueillent la bienheureuse eau salée qui se charge de sa substance au tréfond de la montagne. Elle attend avidement l'heure où le dieu soleil chassera les nuages et portera toute son attention à son évaporation. Pour l'heure, c'est la saison des pluies, le sel a beaucoup de mal à émerger à la surface ; les bassins ont revêtu leur habits d'été en attendant la saison sèche, du rouge, de l'orangé, du vert, et s'étagent en cascade jusqu'au fond de la vallée. Nous suivons la source qui se déverse dans les réceptacles, et passons de bassin en bassin toujours plus émerveillés par ce tableau surréaliste. Tout simplement magnifique.
Retour à Cuzco
Après avoir passé presque deux semaines de quiétude dans la vallée, nous retrouvons Cuzco et son ultratourisme ! Ici, nous avons rendez vous avec un couple anglo-hispanique, Julia et Nicolas, que nous avions rencontré quelques mois auparavant en Nouvelle Zélande. La rencontre fut brève, dans la cuisine d'un camping nous avons échangé quelques mots, avons appris qu'ils faisaient un tour du monde comme nous, pour leur voyage de noce comme nous, et que leur itinéraire était sensiblement le même... Echange de mails, ça serait sympa de se croiser en Amérique du Sud, et 5 mois plus tard, on se retrouve à Cuzco au même moment ! Nous leur avons donné rendez vous devant l'église de San Blas, un quartier toujours très calme, au moins on n'aura pas de mal à les reconnaître... Oui mais voilà, aujourd'hui c'est la fiesta de los compadres, la fête des compères, et elle a lieu... Sur le parvis de l'église ! Des dizaines de musiciens, des cageots de bières qui débordent, des spectateurs par centaines, et... des gens bourrés qui dansent... Comment qu'on va faire pour les retrouver ? Après plusieurs mois de vadrouille, leurs visages se sont brouillés dans nos mémoires... Heureusement, Seb est grand, et c'est eux qui nous repérent... On passe une excellente soirée à se raconter nos voyages, nos moments forts, nos projets futurs, et nous finissons sur la terrasse de notre hôtel qui surplombe la place aux danseurs de plus en plus nombreux et de plus en plus bourrés...
Ollantaytambo
Ollantaytambo, ce village au nom si difficile à prononcer, se situe au croisement de deux vallées. C'est la porte d'accès au Machu Picchu, c'est ici que la route s'arrête et laisse la place aux rails qui se fraient un chemin le long de la rivière Vilcanota et rejoint Aguas Calientes.
Le village en lui même ne manque pas de charme. Construit sur les ruines d'une cité inca, il en a gardé le tracé. Les espagnols se sont servis des murs déjà présents, et les façades sont une juxtaposition d'appareil inca aux grosses pierres assemblées sans mortiers et d'appareil plus simple de pierres jointes par un mélange de terre et de paille. Ca et là, en arpentant les étroites rues pavées, on aperçoit une jolie porte inca en V inversé, une charmante cour ombragée, c'est un fait, Ollantaytambo respire la sérénité ! On adore ce village, on s'y sent bien...
Alors on y reste un peu.
L'héritage inca
Le village, coincé entre deux pans de vallée, est dominé à droite et à gauche par des ruines incas. Le plus important, c'est le centre cérémonial qui s'agrippe à la colline et auquel on accède par des centaines de marches, au grand plaisir de nos petites fesses qui ne cessent de monter ! de là, une vue magnifique sur la vallée, et sur la bourgade. Les incas construisaient en grand, tout était minutieusement pensé, rien n'était laissé au hasard. Tout d'abord, la forme de leur construction était inspirée de symboles, comme ce centre cérémonial qui a la forme d'un lama, ou le village en lui même qui paraît à un épi de maïs. Et puis son orientation aussi était finement étudié, le lever du soleil du solstice d'hiver et d'été éclairant précisément un point stratégique des sites, tel un hommage des hommes au dieu soleil.
Sur l'autre versant, d'autres constructions s'accrochent à la montagne, des greniers à grains, des observatoires, et cette énorme tête de Viracocha, le dieu suprême inca, à l'aspect d'un vieil homme portant la barbe, directement taillé dans la roche de la falaise. Viracocha, c'est celui qui a commandé au soleil de se lever derrière l'île du même nom sur le lac Titicaca, éclairant les ténèbres. C'est lui aussi qui a créé la lune, les étoiles, l'arc en ciel... Ces derniers, devenus divinités, ne sont en réalité ici que pour représenter Viracocha, des espèces d'intermédiaires, et contrairement aux idées reçues on se rend compte que la religion inca était bel et bien monothéiste.
La région est belle, on se décide pour une balade dans la vallée... Mais au grand plaisir de nos arrières trains nous la remontons en taxi ! 10 kilomètres plus loin, au sommet d'une colline, nous explorons les ruines d'un autre site, celui de Pumamarca, ancienne forteresse oubliée de tous, même des touristes. Nous cheminons (en descente, youpi !) au milieu des champs de maïs, rencontrons quelques personnes des villages alentours aux costumes hautement colorés, fuschia et jaune se mêlent sur les ponchos et chapeaux des hommes.
La vallée sacrée, c'est pas que Ollantay, on décolle pour d'autres contrées.
Chinchero
Tout là haut sur un plateau qui mène à Cuzco, au milieu d'un véritable patchwork de champs multicolores et sur fond de hauts sommets enneigés que l'on aperçoit lorsque les nuages daignent s'élever, se trouve le petit village de Chinchero. Le bus nous dépose sur la route principale boueuse et sans charme, et franchement, c'est pas très joli. Cette piteuse façade cache en réalité de jolies petites rues de pierres, et un peu plus loin un autre site inca... Ben ouais, il y en a partout ici ! De petites filles gardiennes d'ânes, toutes crasseuses, pas plus âgées que 7 ou 8 ans, s'improvisent guides des ruines. Nous suivons l'une d'entre elle et escaladons des rochers, nous courbons à la recherche d'un éventuel caillou à la forme d'un condor, nous nous essayons au trône de l'inca... Un étroit escalier taillé dans une énorme roche nous mène... Nulle part, paraît qu'il y avait une porte, avant... Bref, on a rien compris à la visite, mais la petite nous a bien fait trotter !!
Moray et les salines
Moray, c'est, devinez quoi... Un site Inca ! Oui, mais celui ci n'a rien d'ordinaire, si toutefois site ordinaire il y a. Moray, c'est le laboratoire agronomique des incas, leur INRA en quelque sorte. Le site consiste en une succession de terrasses en cercles concentriques creusées sur un dénivelé de 50 mètres, ce qui permet d'obtenir une différence de température de 5 degrés entre le haut et le bas de l'amphithéâtre, alors qu'ailleurs à la même altitude la différence n'est que de 0,5 degrés. Les incas se servaient des microclimats ainsi obtenus pour acclimater des plantes des basses terre à l'altitude. Malins qu'ils sont ces incas !On prend plaisir à descendre tout en bas de cette construction, au centre même, là où il fait le plus chaud, puis on remonte péniblement les hautes marches en cherchant notre souffle. C'est qu'en plus d'être malins, ils étaient bien agiles ces incas !
Les salines de Maras
A quelques kilomètres de Moray se trouvent les salines de Maras, exploitées depuis des lustres, bien avant les incas. Et quel spectacle ! Des milliers de bassins construits dans la roche accueillent la bienheureuse eau salée qui se charge de sa substance au tréfond de la montagne. Elle attend avidement l'heure où le dieu soleil chassera les nuages et portera toute son attention à son évaporation. Pour l'heure, c'est la saison des pluies, le sel a beaucoup de mal à émerger à la surface ; les bassins ont revêtu leur habits d'été en attendant la saison sèche, du rouge, de l'orangé, du vert, et s'étagent en cascade jusqu'au fond de la vallée. Nous suivons la source qui se déverse dans les réceptacles, et passons de bassin en bassin toujours plus émerveillés par ce tableau surréaliste. Tout simplement magnifique.
Retour à Cuzco
Après avoir passé presque deux semaines de quiétude dans la vallée, nous retrouvons Cuzco et son ultratourisme ! Ici, nous avons rendez vous avec un couple anglo-hispanique, Julia et Nicolas, que nous avions rencontré quelques mois auparavant en Nouvelle Zélande. La rencontre fut brève, dans la cuisine d'un camping nous avons échangé quelques mots, avons appris qu'ils faisaient un tour du monde comme nous, pour leur voyage de noce comme nous, et que leur itinéraire était sensiblement le même... Echange de mails, ça serait sympa de se croiser en Amérique du Sud, et 5 mois plus tard, on se retrouve à Cuzco au même moment ! Nous leur avons donné rendez vous devant l'église de San Blas, un quartier toujours très calme, au moins on n'aura pas de mal à les reconnaître... Oui mais voilà, aujourd'hui c'est la fiesta de los compadres, la fête des compères, et elle a lieu... Sur le parvis de l'église ! Des dizaines de musiciens, des cageots de bières qui débordent, des spectateurs par centaines, et... des gens bourrés qui dansent... Comment qu'on va faire pour les retrouver ? Après plusieurs mois de vadrouille, leurs visages se sont brouillés dans nos mémoires... Heureusement, Seb est grand, et c'est eux qui nous repérent... On passe une excellente soirée à se raconter nos voyages, nos moments forts, nos projets futurs, et nous finissons sur la terrasse de notre hôtel qui surplombe la place aux danseurs de plus en plus nombreux et de plus en plus bourrés...
mercredi 11 février 2009
Machu Picchu
Ah, le Machu Picchu, un vieux rêve de gosse, la cité inca perdue tout là haut dans les Andes... Apparemment, c'est un vieux rêve de gosse commun à un bon paquet de gens sur notre planète, et la société Orient Express péruvienne l'a bien compris. Surtout que le site archéologique se trouve coincé dans une vallée et que le seul moyen d'accès c'est... Leur train. Ou alors à pied, mais en passant par une agence. Bref, le Machu Picchu, c'est peut-être pas l'eldorado légendaire, mais c'est bel et bien la poule aux oeufs d'or !
Aguas Calientes
Il est 5h du matin lorsque nous prenons le fameux train. Ici, locaux et touristes ne se mélangent pas, chacun son wagon ! Le train serpente au fond de la vallée, de plus en plus encaissée, creusée par une rivière puissante que nous longeons. Nous voici arrivés à Aguas Calientes, le village qui se trouve à quelques kilomètres du Machu Picchu, et qui vit uniquement grâce à lui. Environ 500 000 touristes passent ici chaque année ! Et ça se voit ! Les restaurants se suivent les uns après les autres, longeant le chemin de fer et transformant les quais en terrasses. Il faut dire que c'est assez exceptionnel de descendre du train au beau milieu du village alpagués par des serveurs de tous les côtés qui vantent les mérites de leur établissement !
Comme son nom l'indique, Aguas Calientes (= Eaux Chaudes) possèdent des thermes, et nous ne manquons pas de les tester ! Quelques bassins archibondés à l'eau féreuse, mais cela reste un vrai plaisir que de se baigner dans l'eau chaude !
On part à l'assaut du Machu Picchu... Ah ben non
C'est aujourd'hui que l'on va enfin découvrir le Machu Picchu. Le réveil est réglé à 3h30 du matin, on a l'intention d'y aller à pied et d'être dans les premiers à l'ouverture du site, à 6h. Oui mais voilà, on est réveillé à minuit par des trombes d'eau... Il pleut, il pleut, et on est un peu inquiet pour la journée du lendemain... Impossible de se rendormir. On se tâte, va-t-on courir le risque de ne rien voir au Machu ? On règle à nouveau le réveil à 5h, soit on prendra le petit bus pour nous rendre sur le site, soit on décale notre journée au lendemain. C'est ce que nous décidons finalement après avoir vérifié pouvoir utiliser nos billets ce jour là.
On remplace le Machu Picchu par le Machu Picchu vu de loin
En face du Machu Picchu se trouve le Mont Putucusi, sommet tout rond duquel on dit qu'il y a une vue magnifique sur le site. En longeant le chemin de fer, nous tombons sur les escaliers qui nous mèneront au sommet. Et ça grimpe ! ah tiens, une petite échelle de bois, cool, ça change des escaliers... ah tiens, une autre échelle de bois, mais celle là, bien plus grande ! Elle s'agrippe à la falaise et fait bien... 60 mètres de haut ! 10 mètres, 20 mètres, 40 mètres, ouh la, ça commence à faire haut, plus le choix, faut continuer, 50, 60 mètres, contents d'être arrivés ! Et dire qu'il va falloir la redescendre ! Bon, en attendant, d'autres escaliers et échelles suivent, nos cuisses souffrent, notre souffle se cherche, et quelques 500 mètres de dénivelé plus haut, notre récompense ! Une vue extraordinaire sur le Machu Picchu ! Et le Huayna Picchu, la montagne qui lui fait face ! Un petit pique nique et quelques photos plus tard, après avoir grandement admiré le paysage qui nous entoure, nous voici reparti en sens inverse... sous l'averse ! Il pleut, il pleut ! Et les échelles qui se rapprochent ! Allez, c'est parti pour la redescente des 60 mètres, finalement beaucoup plus facile qu'on ne le craignait...
Le Machu Picchu, cette fois, c'est la bonne !
3h30 du matin, cette fois, c'est aujourd'hui ou jamais, et il pleut toujours !! Bon, on se décide pour le bus à touristes de 5h30, au moins on n'arrivera pas trempés .
5h, nous voici devant la caisse, et on est pas les seuls ! Déjà une bonne soixante de personnes qui attendent le bus... Et la file s'agrandit, encore, et encore !!! Ca y est, c'est l'heure, on s'enfourne les uns après les autres dans les véhicules qui nous mènent à l'entrée du fameux site. 6h du matin, les portes s'ouvrent, la masse de gens s'engouffre vers le sacro saint. Les nuages sont proches, mais bon comme le dit le petit fascicule qui va avec les billets d'entrée, « De novembre à Mars, c'est la saison des pluies avec nébulosités ce qui donne au décor naturel une plus grande spectacularité ». Va pour la spectacularité ! On monte tout en haut du site, paraît que quand on est les premiers, on peut faire une photo sans personne... Ah ça c'est sûr, sur la photo, y a personne ! Mais y a pas le Machu Picchu non plus ! Une purée de pois sans nom, on n'y voit pas à 10 mètres... Il est 6h du matin, le site ferme à 17h, on a le temps, alors on prend notre mal en patience. Ici le temps change vite, ça va bien se lever à un moment donné !
Il est 9h, ça fait 3h qu'on est dans le brouillard, on a plus rien à manger, bon, va bien falloir faire quelquechose... Hier, on a repéré de la montagne d'en face un petit chemin en pente gentille qui mène un peu plus haut. Quand les nuages se seront quelque peu dissipés, de là, on aura une jolie vue... Sauf que la pente gentille, on l'a pas trouvé, mais à sa place des escaliers tout raides ! Et ça monte, et ça monte ! On est en train de monter le Mont Machu Picchu, l'une des deux montagnes qui dominent la cité inca !! 300 mètres de dénivelé plus haut, à 2745 mètres d'altitude, la brume est encore plus opaque, le chemin se fait scabreux et suit une falaise dont on ne voit pas le fond (ni le début d'ailleurs), et la pluie qui s'y met, allez, demi tour ! Bon, le Machu Picchu, c'est pas gagné...
Arrivés de nouveau sur les terrasses qui sont (supposés) surplomber la cité, le vent s'est enfin levé. Il souffle sur le gros nuage et miracle, on voit le site ! Vite, sort l'appareil photo ! ah ben non, trop tard, le gros nuage il est revenu... La brume danse et joue à envelopper les sommets, tel un voile de mariée jouant avec le vent, découvrant par intermittence la belle, laissant par moment entrapercevoir la beauté de l'heureuse élue. Spectacle magique à l'aura mystique.
Du coup, on est plus content. Petit à petit le voile se déchire et nous pouvons admirer la pleine splendeur de ces vestiges du passé.
On part à la découverte des ruines, construites au 15ème siècle et abandonné peu après l'arrivée des espagnols en 1532, laissées à l'abandon et quelque peu oubliées jusqu'à ce qu'un scientifique américain ne s'aperçoive de leurs beautés et de leurs importances en 1911. Le monde redécouvre alors le Picchu. La particularité du site tient surtout à sa position géographique, coincée entre deux montagnes, le Machu Picchu, qui signifie vieux sommet, et le Huayna Picchu, le jeune, celui qui possède une silhouette si particulière et qui domine de toute sa puissance l'ancien village, celui là même que l'on voit sur toutes les photos et cartes postales. Mais ce que l'on voit moins sur ces mêmes photos, c'est que la vallée et sa rivière en contrebas contournent les deux sommets, ce qui donne encore plus de majesté à l'endroit. Les ruines se trouvant sur une crête, on peut apprécier le paysage sur les deux versants.
Notre rêve de gosse et celui des 1500 personnes qui errent dans le site en notre compagnie est donc enfin devenu réalité !
Aguas Calientes
Il est 5h du matin lorsque nous prenons le fameux train. Ici, locaux et touristes ne se mélangent pas, chacun son wagon ! Le train serpente au fond de la vallée, de plus en plus encaissée, creusée par une rivière puissante que nous longeons. Nous voici arrivés à Aguas Calientes, le village qui se trouve à quelques kilomètres du Machu Picchu, et qui vit uniquement grâce à lui. Environ 500 000 touristes passent ici chaque année ! Et ça se voit ! Les restaurants se suivent les uns après les autres, longeant le chemin de fer et transformant les quais en terrasses. Il faut dire que c'est assez exceptionnel de descendre du train au beau milieu du village alpagués par des serveurs de tous les côtés qui vantent les mérites de leur établissement !
Comme son nom l'indique, Aguas Calientes (= Eaux Chaudes) possèdent des thermes, et nous ne manquons pas de les tester ! Quelques bassins archibondés à l'eau féreuse, mais cela reste un vrai plaisir que de se baigner dans l'eau chaude !
On part à l'assaut du Machu Picchu... Ah ben non
C'est aujourd'hui que l'on va enfin découvrir le Machu Picchu. Le réveil est réglé à 3h30 du matin, on a l'intention d'y aller à pied et d'être dans les premiers à l'ouverture du site, à 6h. Oui mais voilà, on est réveillé à minuit par des trombes d'eau... Il pleut, il pleut, et on est un peu inquiet pour la journée du lendemain... Impossible de se rendormir. On se tâte, va-t-on courir le risque de ne rien voir au Machu ? On règle à nouveau le réveil à 5h, soit on prendra le petit bus pour nous rendre sur le site, soit on décale notre journée au lendemain. C'est ce que nous décidons finalement après avoir vérifié pouvoir utiliser nos billets ce jour là.
On remplace le Machu Picchu par le Machu Picchu vu de loin
En face du Machu Picchu se trouve le Mont Putucusi, sommet tout rond duquel on dit qu'il y a une vue magnifique sur le site. En longeant le chemin de fer, nous tombons sur les escaliers qui nous mèneront au sommet. Et ça grimpe ! ah tiens, une petite échelle de bois, cool, ça change des escaliers... ah tiens, une autre échelle de bois, mais celle là, bien plus grande ! Elle s'agrippe à la falaise et fait bien... 60 mètres de haut ! 10 mètres, 20 mètres, 40 mètres, ouh la, ça commence à faire haut, plus le choix, faut continuer, 50, 60 mètres, contents d'être arrivés ! Et dire qu'il va falloir la redescendre ! Bon, en attendant, d'autres escaliers et échelles suivent, nos cuisses souffrent, notre souffle se cherche, et quelques 500 mètres de dénivelé plus haut, notre récompense ! Une vue extraordinaire sur le Machu Picchu ! Et le Huayna Picchu, la montagne qui lui fait face ! Un petit pique nique et quelques photos plus tard, après avoir grandement admiré le paysage qui nous entoure, nous voici reparti en sens inverse... sous l'averse ! Il pleut, il pleut ! Et les échelles qui se rapprochent ! Allez, c'est parti pour la redescente des 60 mètres, finalement beaucoup plus facile qu'on ne le craignait...
Le Machu Picchu, cette fois, c'est la bonne !
3h30 du matin, cette fois, c'est aujourd'hui ou jamais, et il pleut toujours !! Bon, on se décide pour le bus à touristes de 5h30, au moins on n'arrivera pas trempés .
5h, nous voici devant la caisse, et on est pas les seuls ! Déjà une bonne soixante de personnes qui attendent le bus... Et la file s'agrandit, encore, et encore !!! Ca y est, c'est l'heure, on s'enfourne les uns après les autres dans les véhicules qui nous mènent à l'entrée du fameux site. 6h du matin, les portes s'ouvrent, la masse de gens s'engouffre vers le sacro saint. Les nuages sont proches, mais bon comme le dit le petit fascicule qui va avec les billets d'entrée, « De novembre à Mars, c'est la saison des pluies avec nébulosités ce qui donne au décor naturel une plus grande spectacularité ». Va pour la spectacularité ! On monte tout en haut du site, paraît que quand on est les premiers, on peut faire une photo sans personne... Ah ça c'est sûr, sur la photo, y a personne ! Mais y a pas le Machu Picchu non plus ! Une purée de pois sans nom, on n'y voit pas à 10 mètres... Il est 6h du matin, le site ferme à 17h, on a le temps, alors on prend notre mal en patience. Ici le temps change vite, ça va bien se lever à un moment donné !
Il est 9h, ça fait 3h qu'on est dans le brouillard, on a plus rien à manger, bon, va bien falloir faire quelquechose... Hier, on a repéré de la montagne d'en face un petit chemin en pente gentille qui mène un peu plus haut. Quand les nuages se seront quelque peu dissipés, de là, on aura une jolie vue... Sauf que la pente gentille, on l'a pas trouvé, mais à sa place des escaliers tout raides ! Et ça monte, et ça monte ! On est en train de monter le Mont Machu Picchu, l'une des deux montagnes qui dominent la cité inca !! 300 mètres de dénivelé plus haut, à 2745 mètres d'altitude, la brume est encore plus opaque, le chemin se fait scabreux et suit une falaise dont on ne voit pas le fond (ni le début d'ailleurs), et la pluie qui s'y met, allez, demi tour ! Bon, le Machu Picchu, c'est pas gagné...
Arrivés de nouveau sur les terrasses qui sont (supposés) surplomber la cité, le vent s'est enfin levé. Il souffle sur le gros nuage et miracle, on voit le site ! Vite, sort l'appareil photo ! ah ben non, trop tard, le gros nuage il est revenu... La brume danse et joue à envelopper les sommets, tel un voile de mariée jouant avec le vent, découvrant par intermittence la belle, laissant par moment entrapercevoir la beauté de l'heureuse élue. Spectacle magique à l'aura mystique.
Du coup, on est plus content. Petit à petit le voile se déchire et nous pouvons admirer la pleine splendeur de ces vestiges du passé.
On part à la découverte des ruines, construites au 15ème siècle et abandonné peu après l'arrivée des espagnols en 1532, laissées à l'abandon et quelque peu oubliées jusqu'à ce qu'un scientifique américain ne s'aperçoive de leurs beautés et de leurs importances en 1911. Le monde redécouvre alors le Picchu. La particularité du site tient surtout à sa position géographique, coincée entre deux montagnes, le Machu Picchu, qui signifie vieux sommet, et le Huayna Picchu, le jeune, celui qui possède une silhouette si particulière et qui domine de toute sa puissance l'ancien village, celui là même que l'on voit sur toutes les photos et cartes postales. Mais ce que l'on voit moins sur ces mêmes photos, c'est que la vallée et sa rivière en contrebas contournent les deux sommets, ce qui donne encore plus de majesté à l'endroit. Les ruines se trouvant sur une crête, on peut apprécier le paysage sur les deux versants.
Notre rêve de gosse et celui des 1500 personnes qui errent dans le site en notre compagnie est donc enfin devenu réalité !
vendredi 6 février 2009
Pisac
Pisac et le marché
Pisac est un charmant village au creux de la Vallée que l'on nomme Sacrée pour le nombre de ruines incas qui s'y nichent. La place d'armes au centre de l´agglomeration accueille tous les jours un marché local, qui étend ses tentacules dans toutes les artères du village le mardi, jeudi et surtout dimanche. Chaque matin, les vendeurs montent leur énormes stand de bois et de bâche, et chaque soir ils le démontent. Les enfants sur les vélos à chariottes ramènent les marchandises, et aident à l'étalage des tapis, tentures murales, bijoux... Un véritable tour de force quand on voit le travail qu'il faut accomplir !
Pisac et champs de maïs
La vallée est tapie de champs de patates et de hauts plants de maïs. Nous partons nous promener en lisière de champs, jusqu'à arriver à un bout de chemin, un cul de sac. C'est ou le demi tour, ou la traversée à travers champs. C'est parti pour le champs ! On rencontre un péruvien le sac plein de maïs, pas sûr que les plants lui appartiennent, mais au moins il mangera bien ce soir ! Après avoir traversé un petit pont nous parvenons à un joli village du nom de Taray. Nous croisons des enfants qui jouent dans la rue, des cochons leur groin à terre qui se nourrissent de déchets en tout genre et nous entrevoyons par une porte des tas de cochons d'inde qui courent d'un bout à l'autre de la pièce. On repart à Pisac avec le moyen de locomotion local : la mototaxi, genre de tuk tuk à la péruvienne !
Pisac cité inca
Tout en haut de la montagne qui domine le village de Pisac se trouve le site archéologique inca du même nom. Un taxi nous amène au sommet, cool, on a plus qu'à redescendre ! Le site est majestueux, hameaux de pierres dominant la vallée, terrasses parfaites qui suivent le tracé de la montagne, magique. A nous les ruines ! On erre entre les anciens temples et maisons, on admire la montagne adjacente dont la roche est parsemée de centaines de trous, vestiges du temps où les incas y enterraient leurs morts, accompagnés d'un air de flûte enchanteur et transcendant venu du coeur de la vallée. Et puis, on passe devant un groupe de ruines et on décide d'entreprendre sa découverte et son ascension. Parce que ça grimpe ! Tout en haut, on accède à un chemin sur la crête de la montagne. Et d'ici la vue est des plus impressionnantes, entre deux vallées. Le chemin aussi est impressionnant, sinuant entre roches et aplomb, on se demande parfois s'il va nous mener quelquepart... Le voilà qui descend à pic, le vide n'est pas loin, on descend sur les fesses, et oh surprise on tombe sur un passage étroit creusé dans la roche, un tunnel inca ! Le chemin des crêtes, on a adoré, et surtout il nous a permis d'éviter la bande de touristes fraîchement descendu du bus qui suit le chemin traditionnel à la queuleuleu. En redescendant vers le plus joli des sites qu'était le centre religieux de Pisac et son temple du soleil, on voit au loin une harpe hissée sur les épaules d'un homme. Puis un autre et sa guitare, une petite fille habillée de façon traditionnelle, et enfin une femme qui danse ! Toute cette petite troupe se trouve ici pour enregistrer un clip. Et ils ont l'oeil ! Ils ont vu Sébastien, le grand blond aux yeux bleus, et hop, le voici devenu lui même acteur et danseur du film. Il nous fait virevolter la petite péruvienne, d'un côté, de l'autre, sous fond de ruines incas et vue plongeante sur la vallée. Il paraît même que le clip sera bientôt sur Youtube ! A suivre !
Ca part en Cuy
Il n'y a pas que les ruines ou la danse, le voyage c'est aussi les spécialités culinaires du pays, et nous initions régulièrement nos papilles à de nouvelles saveurs. On goûte au Ceviche, un plat typiquement péruvien à base de poisson cru mariné et garni à grands renforts d'oignons, un vrai délice. Une telle expérience nous donne des ailes, et sur le grand tableau blanc entre les traditionnels empanadas (chaussons fourrés) et le classique poulet au four s'est glissé un inconnu : le Cuy a l'horno, le cuy au four. Nous demandons des renseignements à la petite dame du restaurant familial : « c'est quoi un cuy », « c'est avec des patates » nous répond-elle. Va pour les patates. Oui, mais c'est que les patates ne sont pas seules, il y a le cuy aussi, qui se révèle être un... Cochon d'Inde ! Oui, on l'a bien reconnu sa gueule ouverte aux dents acérées et ses petites pattes toutes recroquevillées ! Bon, ben maintenant qu'il est là va bien falloir le goûter : entre les os, pas grand chose à manger, et le goût ressemblerait à du poulet... Ou plutôt à de la caille. Une chose est sûre, à l'avenir, plus de Cuy !
Pisac est un charmant village au creux de la Vallée que l'on nomme Sacrée pour le nombre de ruines incas qui s'y nichent. La place d'armes au centre de l´agglomeration accueille tous les jours un marché local, qui étend ses tentacules dans toutes les artères du village le mardi, jeudi et surtout dimanche. Chaque matin, les vendeurs montent leur énormes stand de bois et de bâche, et chaque soir ils le démontent. Les enfants sur les vélos à chariottes ramènent les marchandises, et aident à l'étalage des tapis, tentures murales, bijoux... Un véritable tour de force quand on voit le travail qu'il faut accomplir !
Pisac et champs de maïs
La vallée est tapie de champs de patates et de hauts plants de maïs. Nous partons nous promener en lisière de champs, jusqu'à arriver à un bout de chemin, un cul de sac. C'est ou le demi tour, ou la traversée à travers champs. C'est parti pour le champs ! On rencontre un péruvien le sac plein de maïs, pas sûr que les plants lui appartiennent, mais au moins il mangera bien ce soir ! Après avoir traversé un petit pont nous parvenons à un joli village du nom de Taray. Nous croisons des enfants qui jouent dans la rue, des cochons leur groin à terre qui se nourrissent de déchets en tout genre et nous entrevoyons par une porte des tas de cochons d'inde qui courent d'un bout à l'autre de la pièce. On repart à Pisac avec le moyen de locomotion local : la mototaxi, genre de tuk tuk à la péruvienne !
Pisac cité inca
Tout en haut de la montagne qui domine le village de Pisac se trouve le site archéologique inca du même nom. Un taxi nous amène au sommet, cool, on a plus qu'à redescendre ! Le site est majestueux, hameaux de pierres dominant la vallée, terrasses parfaites qui suivent le tracé de la montagne, magique. A nous les ruines ! On erre entre les anciens temples et maisons, on admire la montagne adjacente dont la roche est parsemée de centaines de trous, vestiges du temps où les incas y enterraient leurs morts, accompagnés d'un air de flûte enchanteur et transcendant venu du coeur de la vallée. Et puis, on passe devant un groupe de ruines et on décide d'entreprendre sa découverte et son ascension. Parce que ça grimpe ! Tout en haut, on accède à un chemin sur la crête de la montagne. Et d'ici la vue est des plus impressionnantes, entre deux vallées. Le chemin aussi est impressionnant, sinuant entre roches et aplomb, on se demande parfois s'il va nous mener quelquepart... Le voilà qui descend à pic, le vide n'est pas loin, on descend sur les fesses, et oh surprise on tombe sur un passage étroit creusé dans la roche, un tunnel inca ! Le chemin des crêtes, on a adoré, et surtout il nous a permis d'éviter la bande de touristes fraîchement descendu du bus qui suit le chemin traditionnel à la queuleuleu. En redescendant vers le plus joli des sites qu'était le centre religieux de Pisac et son temple du soleil, on voit au loin une harpe hissée sur les épaules d'un homme. Puis un autre et sa guitare, une petite fille habillée de façon traditionnelle, et enfin une femme qui danse ! Toute cette petite troupe se trouve ici pour enregistrer un clip. Et ils ont l'oeil ! Ils ont vu Sébastien, le grand blond aux yeux bleus, et hop, le voici devenu lui même acteur et danseur du film. Il nous fait virevolter la petite péruvienne, d'un côté, de l'autre, sous fond de ruines incas et vue plongeante sur la vallée. Il paraît même que le clip sera bientôt sur Youtube ! A suivre !
Ca part en Cuy
Il n'y a pas que les ruines ou la danse, le voyage c'est aussi les spécialités culinaires du pays, et nous initions régulièrement nos papilles à de nouvelles saveurs. On goûte au Ceviche, un plat typiquement péruvien à base de poisson cru mariné et garni à grands renforts d'oignons, un vrai délice. Une telle expérience nous donne des ailes, et sur le grand tableau blanc entre les traditionnels empanadas (chaussons fourrés) et le classique poulet au four s'est glissé un inconnu : le Cuy a l'horno, le cuy au four. Nous demandons des renseignements à la petite dame du restaurant familial : « c'est quoi un cuy », « c'est avec des patates » nous répond-elle. Va pour les patates. Oui, mais c'est que les patates ne sont pas seules, il y a le cuy aussi, qui se révèle être un... Cochon d'Inde ! Oui, on l'a bien reconnu sa gueule ouverte aux dents acérées et ses petites pattes toutes recroquevillées ! Bon, ben maintenant qu'il est là va bien falloir le goûter : entre les os, pas grand chose à manger, et le goût ressemblerait à du poulet... Ou plutôt à de la caille. Une chose est sûre, à l'avenir, plus de Cuy !
jeudi 5 février 2009
Cuzco
Le bus péte une durite
Bien que le passage à la frontière soit des l'un des plus efficaces que l'on est connu, le trajet de Copacabana à Cuzco nous semble bien long... Faut dire que ça tourne pas mal dans ces contrées là. Et puis, sur une ligne toute droite, une espèce d'explosion et le bus qui ralentit, puis s'arrête... Il nous a pété une durite ! Une petite halte au milieu de la montagne, le temps de quelques photos et d'un bon dégourdissage de jambes, et voilà notre bus tout réparé. Après quelques 13 h de trajet, nous arrivons enfin dans la si célèbre capitale inca.
Cuzco et la Foi
Cuzco, comme ses homologues Rapa Nui (ïle de Pâques) ou Quito, veut dire nombril du monde. Faut croire qu'ils se pensaient tous au centre du cosmos, à savoir qui avait raison..(?)..
A 3400 mètres d'altitude, cette ville de 300 000 âmes est de toute beauté. Capitale inca, au carrefour des chemins de l'empire, elle garde encore quelques traces de cette période malgré la conquête espagnole. Il faut dire que les murs qu'ils construisaient étaient extrêmement solides, pierres imbriquées les unes dans les autres de manière si exacte qu'il est souvent impossible ne serait-ce que de passer une aiguille entre les interstices. Alors les espagnols se sont servis de ces murs et ont construit leurs églises ou demeures au-dessus de ces pierres. Et ils n'ont pas lésiné ni sur le nombre, ni sur la grandeur des églises ! Rien n'est trop brillant, rien n'est trop clinquant ! On est en pleine période baroque et on ne s'en prive pas ! Retable immense doré et redoré, statues vêtues de capes et robes tissés de fils d'or et d'argent, et particularité du Nouveau Monde des Christs sur la croix hyper sanglants et des angelots sans corps.
Sacsahuaman
Au-dessus de la ville se trouvent les ruines de plusieurs sites incas. L'occasion pour nous de découvrir l'architecture de l'époque et la campagne environnante en nous rendant d'un site à l'autre. Sous une petite pluie fine, nous arrivons finalement au site de Sacsahuaman qui surplombe Cuzco, et sommes une nouvelle fois ébahis devant ces pierres énormes entrelacées et taillées de façon à s'imbriquer dans ses voisines, tel un puzzle grandeur murale.
En redescendant, nous passons par le joli quartier San Blas, rues pavées et petites maisons de pierre, pour atteindre notre chambre d'hôtel qui se trouve sur le toit d'une de ces maisons. Vue imprenable sur Cuzco, de jour, comme de nuit ! Le regard embrasse les toits de tuiles à perte de vue, sur lesquels se trouvent de curieuses petites statues : deux taureaux en terre cuite surmontés d'une croix. Ils signifient que la maison a été bénie, et protègent le foyer et la famille qui y vit. Pourquoi le taureau ? comme c'est un animal qui a été importé par les espagnols, c'est une représentation qui n'a jamais été interdite, et il a donc été adopté par les populations locales comme symbole lié à la terre, et donc à Pachamama, la terre mère. Et voilà !
Picasso n'a plus qu'à aller se rhabiller
Les peuples du continent américain n'étaient pas loin de rivaliser avec les plus grands artistes du 20ème siècle ! Sincèrement, Picasso n'a rien inventé, il s'est contenté de s'inspirer des civilisations précolombiennes. L'art figuratif et abstrait n'avaient pour les Nazcas et les Mochicas aucun secret ! Cruches zoomorphes ou anthropomorphes, poteries soigneusement exécutées, en plus, ils ne manquaient pas d'humour... Rentre ta langue, petit lama !
On découvre notre nouveau quartier général : le Mercado Central
Des stands qui te proposent des jus de fruits fraîchement pressés par dizaine, les cantinières qui t'invitent à goûter à leurs plats, les fruits, les légumes, les fromages, le pain, tout y est !
Alors oui, c'est l'heure de quitter Cuzco, nous partons pour la Vallée Sacrée, mais d'ici un peu plus d'une semaine, on y reviendra, à notre Mercado Central !
Bien que le passage à la frontière soit des l'un des plus efficaces que l'on est connu, le trajet de Copacabana à Cuzco nous semble bien long... Faut dire que ça tourne pas mal dans ces contrées là. Et puis, sur une ligne toute droite, une espèce d'explosion et le bus qui ralentit, puis s'arrête... Il nous a pété une durite ! Une petite halte au milieu de la montagne, le temps de quelques photos et d'un bon dégourdissage de jambes, et voilà notre bus tout réparé. Après quelques 13 h de trajet, nous arrivons enfin dans la si célèbre capitale inca.
Cuzco et la Foi
Cuzco, comme ses homologues Rapa Nui (ïle de Pâques) ou Quito, veut dire nombril du monde. Faut croire qu'ils se pensaient tous au centre du cosmos, à savoir qui avait raison..(?)..
A 3400 mètres d'altitude, cette ville de 300 000 âmes est de toute beauté. Capitale inca, au carrefour des chemins de l'empire, elle garde encore quelques traces de cette période malgré la conquête espagnole. Il faut dire que les murs qu'ils construisaient étaient extrêmement solides, pierres imbriquées les unes dans les autres de manière si exacte qu'il est souvent impossible ne serait-ce que de passer une aiguille entre les interstices. Alors les espagnols se sont servis de ces murs et ont construit leurs églises ou demeures au-dessus de ces pierres. Et ils n'ont pas lésiné ni sur le nombre, ni sur la grandeur des églises ! Rien n'est trop brillant, rien n'est trop clinquant ! On est en pleine période baroque et on ne s'en prive pas ! Retable immense doré et redoré, statues vêtues de capes et robes tissés de fils d'or et d'argent, et particularité du Nouveau Monde des Christs sur la croix hyper sanglants et des angelots sans corps.
Sacsahuaman
Au-dessus de la ville se trouvent les ruines de plusieurs sites incas. L'occasion pour nous de découvrir l'architecture de l'époque et la campagne environnante en nous rendant d'un site à l'autre. Sous une petite pluie fine, nous arrivons finalement au site de Sacsahuaman qui surplombe Cuzco, et sommes une nouvelle fois ébahis devant ces pierres énormes entrelacées et taillées de façon à s'imbriquer dans ses voisines, tel un puzzle grandeur murale.
En redescendant, nous passons par le joli quartier San Blas, rues pavées et petites maisons de pierre, pour atteindre notre chambre d'hôtel qui se trouve sur le toit d'une de ces maisons. Vue imprenable sur Cuzco, de jour, comme de nuit ! Le regard embrasse les toits de tuiles à perte de vue, sur lesquels se trouvent de curieuses petites statues : deux taureaux en terre cuite surmontés d'une croix. Ils signifient que la maison a été bénie, et protègent le foyer et la famille qui y vit. Pourquoi le taureau ? comme c'est un animal qui a été importé par les espagnols, c'est une représentation qui n'a jamais été interdite, et il a donc été adopté par les populations locales comme symbole lié à la terre, et donc à Pachamama, la terre mère. Et voilà !
Picasso n'a plus qu'à aller se rhabiller
Les peuples du continent américain n'étaient pas loin de rivaliser avec les plus grands artistes du 20ème siècle ! Sincèrement, Picasso n'a rien inventé, il s'est contenté de s'inspirer des civilisations précolombiennes. L'art figuratif et abstrait n'avaient pour les Nazcas et les Mochicas aucun secret ! Cruches zoomorphes ou anthropomorphes, poteries soigneusement exécutées, en plus, ils ne manquaient pas d'humour... Rentre ta langue, petit lama !
On découvre notre nouveau quartier général : le Mercado Central
Des stands qui te proposent des jus de fruits fraîchement pressés par dizaine, les cantinières qui t'invitent à goûter à leurs plats, les fruits, les légumes, les fromages, le pain, tout y est !
Alors oui, c'est l'heure de quitter Cuzco, nous partons pour la Vallée Sacrée, mais d'ici un peu plus d'une semaine, on y reviendra, à notre Mercado Central !
dimanche 1 février 2009
Copacabana, lac Titicaca
A 3h à peine de la capitale du pays se trouve le légendaire lac Titicaca, à 3810 mètres d'altitude. Sur ses rives, le village de Copacabana, coincé entre deux sommets, le Calvaire, et l'enfant du Calvaire, tout un programme ! Ici la vie se mêle entre tourisme, devenu l'une des principales ressources financières des villageois, et traditions sacrées.
Bénies soient les voitures !
Devant la gigantesque cathédrale de Copacabana a lieu chaque matin et tout plus particulièrement le week end, la très originale cérémonie de baptême des voitures... si, si, de voitures, ou tout autre véhicules motorisés, minivans, camions, que l'on décore à grand renfort de fleurs et autres banderoles aux couleurs vives. Et l'on vient de loin pour faire bénir son fidèle destrier, des 4 coins de Bolivie ! Patiemment, l'on chouchoute et bichonne sa voiture, dans l'attente du prêtre et de son eau bénite. Le voilà ! Muni de son eau précieuse, il arrose généreusement sous fond de prières calandre, moteur, pneus et bien sûr la famille venue accompagner le nouveau baptisé. Une tradition insolite, unique en son genre !
Marché du samedi
Aujourd'hui, c'est samedi, et sur le plateau surplombant la ville se retrouvent copacabaniens et leurs familles. Sur le parvis de l'église, on peut acheter des voitures et maisons en modèle réduit, symboles de son moyen de locomotion ou de son foyer que l'on fera bénir par procuration. On se retrouve ici pour suivre les traditions mêlées de christianisme et de croyances ancestrales, mais aussi pour s'affronter aucours d'une partie de babyfoot, ou tout simplement partager un pique nique. On squatte allègrement dans l'herbe en famille ! Certains en profitent pour faire un pélerinage en haut du calvaire, et on les suit... La montagne porte bien son nom ! 200 mètres de dénivelé et des escaliers raides à n'en plus finir, nous montons à 4000 mètres d'altitude en tirant la langue... Mais quelle récompense arrivés en haut ! Une vue magnifique sur le lac Titicaca et le village de Copacabana à nos pieds. C'est à la pointe du Calvaire que les boliviens viennent faire leurs offrandes au lac et à Pachamama, la terre mère. Une montée pareille, ça donne soif, alors on commande de la bibine, et oui, ici se trouvent des stands qui vendent boissons, snacks et autres voitures miniatures. Ici la tradition veut que l'on se partage la bière, tout en n'oubliant pas de donner sa part à Pachamama, ce qui provoque des effluves maltés venant titiller nos narines.
Mange ta truite !
Le lac Titicaca est immense. C'est le plus grand lac d'Amérique du Sud, quelques 200 kilomètres de long sur 65 de large, et le plus haut navigable du monde. On n'en voit pas toujours le bout ! A se croire sur les rives d'une mer ! On se balade le long de sa plage, puis sur le retour on s'arrête à l'un des nombreux kiosques qui proposent de la truite. Ici c'est la spécialité de la région ! Truite à midi et truite le soir ! On s'attable et on en profite, le poisson c'est bon, tout en admirant les petits pédalos canards qui voguent sur les flots du lac.
Isla del Sol
Nous partons découvrir l'Ile du Soleil, l'ile sacrée des Incas. On raconte même que c'est ici que le premier Inca Manco Capac serait sorti de ses eaux, devenant le premier d'une lignée de 12 régnants à la tête d'un territoire allant du Chili à l'Equateur.
L'Ile n'est pas loin, on la voit de Copacabana, nous y serons en peu de temps. C'est sans compter sur le bateau de bois sur lequel nous avons embarqué, qui doit, sans mentir, aller à... 2 kilomètres heure. Incroyable, un bateau aussi lent, nous n'en avions jamais vu. Nous admirons le paysage du pont sous la bienveillante et timide chaleur du soleil matinal, bientôt poursuivi par de gros nuages noirs. Nous voilà rattrapés, va-t-on visiter l'ile du soleil sous la pluie ? Après 2h30 de navigation, nous voici arrivés transis de froid au Nord de l'île, et partons nous réchauffer dans une petite auberge d'un bon thé. Bien à l'abri derrière les vitres, nous regardons l'averse qui finalement se déverse. Réchauffés, équipés de nos imperméables et pantalons étanches, nous sommes prêts à parcourir les 3h de marche qui nous sépare du village au sud de l'île. Bien vite, le soleil reprend ses droits, et c'est un véritable enchantement que de traverser cette île qui se révèle splendide. Nous passons par de jolis petits villages d'agriculteurs, croisons des paysans qui nous saluent, des hommes qui marchent l'oreille collée à un poste de radio, ou encore apercevons de jeunes enfants qui mènent leurs troupeaux de moutons d'un champs à l'autre. Le souffle court, nous montons et montons encore, sans cesse admiratifs devant ce paysage, jusqu'à atteindre une des crêtes essoufflés et époustouflés par une vue superbe. Nous dominons le lac Titicaca !
Après 2h30 de marche, nous voici au village Sud bien différent du Nord, hôtels tout neuf et restaurants par dizaine attendant avidemment le touriste. Ici, c'est le côté luxe de l'île !
Sur le retour, le bateau s'arrête devant deux îles flottantes, jolies petites îles de joncs made for tourists...
Un nouveau pays à découvrir : le Pérou
Nous quittons notre petit havre de paix qu'a été pour nous Copacabana, et prenons un bus qui nous mènera à notre prochaine destination : le Pérou, et plus particulièrement la si célèbre ville de Cusco.
Bénies soient les voitures !
Devant la gigantesque cathédrale de Copacabana a lieu chaque matin et tout plus particulièrement le week end, la très originale cérémonie de baptême des voitures... si, si, de voitures, ou tout autre véhicules motorisés, minivans, camions, que l'on décore à grand renfort de fleurs et autres banderoles aux couleurs vives. Et l'on vient de loin pour faire bénir son fidèle destrier, des 4 coins de Bolivie ! Patiemment, l'on chouchoute et bichonne sa voiture, dans l'attente du prêtre et de son eau bénite. Le voilà ! Muni de son eau précieuse, il arrose généreusement sous fond de prières calandre, moteur, pneus et bien sûr la famille venue accompagner le nouveau baptisé. Une tradition insolite, unique en son genre !
Marché du samedi
Aujourd'hui, c'est samedi, et sur le plateau surplombant la ville se retrouvent copacabaniens et leurs familles. Sur le parvis de l'église, on peut acheter des voitures et maisons en modèle réduit, symboles de son moyen de locomotion ou de son foyer que l'on fera bénir par procuration. On se retrouve ici pour suivre les traditions mêlées de christianisme et de croyances ancestrales, mais aussi pour s'affronter aucours d'une partie de babyfoot, ou tout simplement partager un pique nique. On squatte allègrement dans l'herbe en famille ! Certains en profitent pour faire un pélerinage en haut du calvaire, et on les suit... La montagne porte bien son nom ! 200 mètres de dénivelé et des escaliers raides à n'en plus finir, nous montons à 4000 mètres d'altitude en tirant la langue... Mais quelle récompense arrivés en haut ! Une vue magnifique sur le lac Titicaca et le village de Copacabana à nos pieds. C'est à la pointe du Calvaire que les boliviens viennent faire leurs offrandes au lac et à Pachamama, la terre mère. Une montée pareille, ça donne soif, alors on commande de la bibine, et oui, ici se trouvent des stands qui vendent boissons, snacks et autres voitures miniatures. Ici la tradition veut que l'on se partage la bière, tout en n'oubliant pas de donner sa part à Pachamama, ce qui provoque des effluves maltés venant titiller nos narines.
Mange ta truite !
Le lac Titicaca est immense. C'est le plus grand lac d'Amérique du Sud, quelques 200 kilomètres de long sur 65 de large, et le plus haut navigable du monde. On n'en voit pas toujours le bout ! A se croire sur les rives d'une mer ! On se balade le long de sa plage, puis sur le retour on s'arrête à l'un des nombreux kiosques qui proposent de la truite. Ici c'est la spécialité de la région ! Truite à midi et truite le soir ! On s'attable et on en profite, le poisson c'est bon, tout en admirant les petits pédalos canards qui voguent sur les flots du lac.
Isla del Sol
Nous partons découvrir l'Ile du Soleil, l'ile sacrée des Incas. On raconte même que c'est ici que le premier Inca Manco Capac serait sorti de ses eaux, devenant le premier d'une lignée de 12 régnants à la tête d'un territoire allant du Chili à l'Equateur.
L'Ile n'est pas loin, on la voit de Copacabana, nous y serons en peu de temps. C'est sans compter sur le bateau de bois sur lequel nous avons embarqué, qui doit, sans mentir, aller à... 2 kilomètres heure. Incroyable, un bateau aussi lent, nous n'en avions jamais vu. Nous admirons le paysage du pont sous la bienveillante et timide chaleur du soleil matinal, bientôt poursuivi par de gros nuages noirs. Nous voilà rattrapés, va-t-on visiter l'ile du soleil sous la pluie ? Après 2h30 de navigation, nous voici arrivés transis de froid au Nord de l'île, et partons nous réchauffer dans une petite auberge d'un bon thé. Bien à l'abri derrière les vitres, nous regardons l'averse qui finalement se déverse. Réchauffés, équipés de nos imperméables et pantalons étanches, nous sommes prêts à parcourir les 3h de marche qui nous sépare du village au sud de l'île. Bien vite, le soleil reprend ses droits, et c'est un véritable enchantement que de traverser cette île qui se révèle splendide. Nous passons par de jolis petits villages d'agriculteurs, croisons des paysans qui nous saluent, des hommes qui marchent l'oreille collée à un poste de radio, ou encore apercevons de jeunes enfants qui mènent leurs troupeaux de moutons d'un champs à l'autre. Le souffle court, nous montons et montons encore, sans cesse admiratifs devant ce paysage, jusqu'à atteindre une des crêtes essoufflés et époustouflés par une vue superbe. Nous dominons le lac Titicaca !
Après 2h30 de marche, nous voici au village Sud bien différent du Nord, hôtels tout neuf et restaurants par dizaine attendant avidemment le touriste. Ici, c'est le côté luxe de l'île !
Sur le retour, le bateau s'arrête devant deux îles flottantes, jolies petites îles de joncs made for tourists...
Un nouveau pays à découvrir : le Pérou
Nous quittons notre petit havre de paix qu'a été pour nous Copacabana, et prenons un bus qui nous mènera à notre prochaine destination : le Pérou, et plus particulièrement la si célèbre ville de Cusco.
lundi 26 janvier 2009
La Paz
La Paz
La Paz est certainement la ville la plus incroyable et atypique du monde. Sa situation géographique la rend unique. Coincée qu'elle est au creux de la vallée, elle s'accroche de toutes parts aux versants qui l'entourent. 1000 mètres de dénivelé de la ville basse à « El Alto », le quartier qui jouit de la plus belle vue sur la ville mais aussi celui où vivent les plus défavorisés. En tout cas, une chose est sûre, se promener dans La Paz, ça fait les cuisses ! Et le souffle aussi, à 3400 mètres d'altitude en moyenne. Et si cette ville encaissée en fond de vallée créée au milieu du 16ème siècle par les colons espagnols a pu prospérer de cette façon et atteindre aujourd'hui le million et demi de personnes, c'est qu'elle possède une position extrêmement stratégique sur les routes commerciales d'hier et d'aujourd'hui, entre forêt amazonienne et hauts plateaux andins.
Ici, pour se déplacer, les paziens préfèrent les microbus à la marche à pied, et des milliers de milliers de minibus sillonnent la ville en crachant leur fumée noirâtre qui pique les yeux et empêche de respirer...
Nuestra Senora de la Paz, ou Notre Dame de la Paix, son vrai nom, est peut-être une grande ville, mais elle se distingue nettement des autres capitales du monde qui souvent se ressemblent toutes, et garde le charme et les traditions que l'on peut rencontrer ailleurs en Bolivie. La ville est un marché immense, échoppes à l'enfilade vous proposent les mille et unes petites choses dont vous avez besoin, ou plus souvent dont vous n'avez pas besoin. Les étals se partagent la ville en quartier, le quartier des tissus, celui des chaussures, des luminaires, des casseroles et au grand bonheur de Seb de la quincaillerie. Des outils 5 à 10 fois moins chers qu'en France, il est comme un fou !
On retrouve les garçons
On retrouve le groupe d'étudiants que l'on avait rencontré à Potosi, groupe agrandi d'un italien et de deux argentins... Et ils ont la forme ! Ils écument tous les bars et boites de la Paz jusqu'à point d'heure. Nous, on se contente du début de soirée, grande tablée au restaurant à goûter les spécialités culinaires et breuvages de la capitale. Ca se résume souvent à de la cuisine internationale et de la bière ! Les restaus boliviens sont difficiles à dénicher. On a quand même tester la discothèque de la Paz pour l'anniversaire de Charles, l'un des étudiants fous. M'enfin, c'était Lundi, alors on était tous seuls !
On visite la prison de San Pedro... Ah ben non
On nous a parlé de la prison de San Pedro, une « prison hors norme », sans gardien à l'intérieur, en quelque sorte une société à part entière, avec son propre système de fonctionnement. A l'intérieur, on travaille si l'on peut, coiffeur, vendeur, menuisier, et l'on paie pour son logement, les plus riches accédant à de véritables appartements, avec salle de bains privée et cuisine, alors que les plus pauvres se partagent une cellule de 9 m2 à 5. La porte de la prison est ouverte aux familles qui vont et viennent comme ils le désirent. Femmes et enfants se retrouvant souvent sans ressources alors que le mari et père se trouve incarcéré, il n'est pas rare de les voir eux-mêmes vivre dans la prison en compagnie des 1500 prisonniers qui y résident.
La majorité d'entre eux a été arrêtée pour trafic de drogue ; du coup ils ont installé un véritable laboratoire au sein même de la jaule et produisent de la cocaïne qu'ils écoulent à l'intérieur et à l'extérieur de la prison. C'est une des principales ressources financières, et entre autres commerces ils sont également sponsorisés par Coca Cola, qui vend en exclusivité son breuvage en échange d'un peu d'argent, d'approvisionnement en tables, chaises, et autres parasols.
Le tourisme est lui aussi devenu une source de revenue non négligeable ! Tout a commencé à la fin des années 90 lorsqu'un britannique du nom de Thomas McFadden emprisonné pour 4 années pour trafic de drogue se voit accorder une nuit de liberté dans la Paz. Le voilà qui écume les bars et rencontre une jeune voyageuse israélienne qui fascinée par son histoire lui demande la permission de lui rendre visite en prison. Très vite, le mot passe de bouches de voyageurs en oreilles de routards, et voilà notre cher anglais qui reçoit pleins de visiteurs, et se transforme sans s'en apercevoir en guide touristique de la prison.
Aujourd'hui, Thomas n'est plus incarcéré, mais business is business et d'autres résidents ont vite appris où pouvaient être leur intérêt.
Notre petite troupe se rend devant la prison, et bien vite nous voici abordés par un grand black qui nous propose de nous guider dans ce petit monde bien à part. Oui, mais les garçons s'étaient renseigné la veille, et le prix est bien plus exorbitant que celui qui leur avaient été donné alors. 250 bolivianos par personne, 25 euros, une véritable fortune ici, plus que notre budget par jour pour manger, dormir et faire des sorties ! Après moult tergiversations, on décide de laisser la prison aux prisonniers.
On troque la prison pour le musée de la coca
La coca a mauvaise presse. C'est évidemment parce qu'elle est la base d'une des drogues dures les plus vendues dans le monde : la cocaïne. Mais dans les pays andins, la coca est bien autre chose. C'est une plante sacrée utilisée depuis plus de 5000 ans par les peuples amérindiens, lors de cérémonies religieuses mais aussi pour ses nombreuses vertus. Et elle en a des vertus la feuille de coca ! Elle aide à la circulation sanguine et au mal des montagnes, elle donne de l'énergie et fait oublier la fatigue, elle coupe la faim, mais aussi elle aide à la digestion, évite les caries dentaires, et la liste est encore longue ! Les espagnols à leur arrivée traite cette plante de satanique mais bien vite ils vont s'apercevoir qu'elle peut leur être utile, très utile : les indigènes travaillent beaucoup plus longtemps et sans manger dans les mines lorsque qu'il mâche la coca que sans...
La coca est aussi à l'origine de « maître Coca-Cola », car oui, le liquide brunâtre gazeux est bel et bien implantée dans le monde entier et règne en maître de l'Asie à l'Amérique sur le marché de la boisson. En Amérique du Sud, le Coca est moins cher que l'eau, des centaines de devantures sont aux couleurs rouges et blanches du logo, difficile d'éviter la marque ! Il paraît que 300 millions de litres de Coca sont vendus chaque jour dans le monde... Et dire que la boisson doit quelque peu son origine à un français, un certain Mariani, qui crée à la fin du 19ème siècle un vin à base de feuilles de coca, hyper stimulant on s'en doute. L'américain Pemberton s'en inspire, et rajoute de la noix de kola, et voilà notre nom tout trouvé : Coca Cola. Prohibition oblige, la boisson devient sans alcool, voici notre boisson lancée sur la route du succès.
El Alto et son marché géant
Aujoud'hui, c'est dimanche, et c'est jour de marché à El Alto, le quartier qui se trouve tout là haut à 4100 mètres d'altitude. Un marché immense, qui s'étend sur des dizaines de rues, des dizaines de kilomètres, où les boliviens se retrouvent pour dénicher la bonne affaire. Et ici on vend de tout ! Du canapé au t-shirt vintage, du cochon à la poussette, de la voiture à la machine à écrire, rien n'est impossible, tout est disponible. Et pour un prix défiant toute concurrence... On a perdu une partie de notre troupe en montant à El Alto, mais il nous reste Manu et Vincent, qui s'en donnent à coeur joie et achètent blousons colorés et bonnets douteux...
Mariage en grande pompe
Dans la rue, nous croisons un mariage digne des plus grands dignitaires... Les mariés et la famille remonte la rue, au milieu des fumées d'encens et dans le fracas assourdissants des pétards, puis suivent danseurs au costume de lumière et musiciens au souffle bien entraîné. Il faut y aller pour jouer du trombone en montant à 3500 m d'altitude ! Une très jolie parade !
Manifestations pro CPE
Le CPE, c'est la nouvelle Constitution Politique de l'Etat, qui doit être votée dans les jours à venir, et ici, comme dans tout le pays, ça engendre du remue ménage ! A La Paz, on ne voit quasiment que des manifestants pro CPE, paysans indigènes venus montrer leur soutien au projet, Paziens se regroupant autour d'un Evo Morales gonflable géant, les manifestations sont nombreuses... Et les flics (anti-émeutes) aussi !
Bye bye La Paz
On a adoré déambuler dans ses rues et admirer sa si particulière configuration, dominée par les sommets enneigés à 6000 mètres d'altitude, du haut d'el alto ou de miradors (point de vue) qui surplombent la ville. On a vraiment apprécié les marchés et l'artisanat bolivien, et on s'est fait plaisir !
Il est temps de continuer notre route, celle qui nous mène au lac le plus célèbre du monde : le lac Titicaca.
La Paz est certainement la ville la plus incroyable et atypique du monde. Sa situation géographique la rend unique. Coincée qu'elle est au creux de la vallée, elle s'accroche de toutes parts aux versants qui l'entourent. 1000 mètres de dénivelé de la ville basse à « El Alto », le quartier qui jouit de la plus belle vue sur la ville mais aussi celui où vivent les plus défavorisés. En tout cas, une chose est sûre, se promener dans La Paz, ça fait les cuisses ! Et le souffle aussi, à 3400 mètres d'altitude en moyenne. Et si cette ville encaissée en fond de vallée créée au milieu du 16ème siècle par les colons espagnols a pu prospérer de cette façon et atteindre aujourd'hui le million et demi de personnes, c'est qu'elle possède une position extrêmement stratégique sur les routes commerciales d'hier et d'aujourd'hui, entre forêt amazonienne et hauts plateaux andins.
Ici, pour se déplacer, les paziens préfèrent les microbus à la marche à pied, et des milliers de milliers de minibus sillonnent la ville en crachant leur fumée noirâtre qui pique les yeux et empêche de respirer...
Nuestra Senora de la Paz, ou Notre Dame de la Paix, son vrai nom, est peut-être une grande ville, mais elle se distingue nettement des autres capitales du monde qui souvent se ressemblent toutes, et garde le charme et les traditions que l'on peut rencontrer ailleurs en Bolivie. La ville est un marché immense, échoppes à l'enfilade vous proposent les mille et unes petites choses dont vous avez besoin, ou plus souvent dont vous n'avez pas besoin. Les étals se partagent la ville en quartier, le quartier des tissus, celui des chaussures, des luminaires, des casseroles et au grand bonheur de Seb de la quincaillerie. Des outils 5 à 10 fois moins chers qu'en France, il est comme un fou !
On retrouve les garçons
On retrouve le groupe d'étudiants que l'on avait rencontré à Potosi, groupe agrandi d'un italien et de deux argentins... Et ils ont la forme ! Ils écument tous les bars et boites de la Paz jusqu'à point d'heure. Nous, on se contente du début de soirée, grande tablée au restaurant à goûter les spécialités culinaires et breuvages de la capitale. Ca se résume souvent à de la cuisine internationale et de la bière ! Les restaus boliviens sont difficiles à dénicher. On a quand même tester la discothèque de la Paz pour l'anniversaire de Charles, l'un des étudiants fous. M'enfin, c'était Lundi, alors on était tous seuls !
On visite la prison de San Pedro... Ah ben non
On nous a parlé de la prison de San Pedro, une « prison hors norme », sans gardien à l'intérieur, en quelque sorte une société à part entière, avec son propre système de fonctionnement. A l'intérieur, on travaille si l'on peut, coiffeur, vendeur, menuisier, et l'on paie pour son logement, les plus riches accédant à de véritables appartements, avec salle de bains privée et cuisine, alors que les plus pauvres se partagent une cellule de 9 m2 à 5. La porte de la prison est ouverte aux familles qui vont et viennent comme ils le désirent. Femmes et enfants se retrouvant souvent sans ressources alors que le mari et père se trouve incarcéré, il n'est pas rare de les voir eux-mêmes vivre dans la prison en compagnie des 1500 prisonniers qui y résident.
La majorité d'entre eux a été arrêtée pour trafic de drogue ; du coup ils ont installé un véritable laboratoire au sein même de la jaule et produisent de la cocaïne qu'ils écoulent à l'intérieur et à l'extérieur de la prison. C'est une des principales ressources financières, et entre autres commerces ils sont également sponsorisés par Coca Cola, qui vend en exclusivité son breuvage en échange d'un peu d'argent, d'approvisionnement en tables, chaises, et autres parasols.
Le tourisme est lui aussi devenu une source de revenue non négligeable ! Tout a commencé à la fin des années 90 lorsqu'un britannique du nom de Thomas McFadden emprisonné pour 4 années pour trafic de drogue se voit accorder une nuit de liberté dans la Paz. Le voilà qui écume les bars et rencontre une jeune voyageuse israélienne qui fascinée par son histoire lui demande la permission de lui rendre visite en prison. Très vite, le mot passe de bouches de voyageurs en oreilles de routards, et voilà notre cher anglais qui reçoit pleins de visiteurs, et se transforme sans s'en apercevoir en guide touristique de la prison.
Aujourd'hui, Thomas n'est plus incarcéré, mais business is business et d'autres résidents ont vite appris où pouvaient être leur intérêt.
Notre petite troupe se rend devant la prison, et bien vite nous voici abordés par un grand black qui nous propose de nous guider dans ce petit monde bien à part. Oui, mais les garçons s'étaient renseigné la veille, et le prix est bien plus exorbitant que celui qui leur avaient été donné alors. 250 bolivianos par personne, 25 euros, une véritable fortune ici, plus que notre budget par jour pour manger, dormir et faire des sorties ! Après moult tergiversations, on décide de laisser la prison aux prisonniers.
On troque la prison pour le musée de la coca
La coca a mauvaise presse. C'est évidemment parce qu'elle est la base d'une des drogues dures les plus vendues dans le monde : la cocaïne. Mais dans les pays andins, la coca est bien autre chose. C'est une plante sacrée utilisée depuis plus de 5000 ans par les peuples amérindiens, lors de cérémonies religieuses mais aussi pour ses nombreuses vertus. Et elle en a des vertus la feuille de coca ! Elle aide à la circulation sanguine et au mal des montagnes, elle donne de l'énergie et fait oublier la fatigue, elle coupe la faim, mais aussi elle aide à la digestion, évite les caries dentaires, et la liste est encore longue ! Les espagnols à leur arrivée traite cette plante de satanique mais bien vite ils vont s'apercevoir qu'elle peut leur être utile, très utile : les indigènes travaillent beaucoup plus longtemps et sans manger dans les mines lorsque qu'il mâche la coca que sans...
La coca est aussi à l'origine de « maître Coca-Cola », car oui, le liquide brunâtre gazeux est bel et bien implantée dans le monde entier et règne en maître de l'Asie à l'Amérique sur le marché de la boisson. En Amérique du Sud, le Coca est moins cher que l'eau, des centaines de devantures sont aux couleurs rouges et blanches du logo, difficile d'éviter la marque ! Il paraît que 300 millions de litres de Coca sont vendus chaque jour dans le monde... Et dire que la boisson doit quelque peu son origine à un français, un certain Mariani, qui crée à la fin du 19ème siècle un vin à base de feuilles de coca, hyper stimulant on s'en doute. L'américain Pemberton s'en inspire, et rajoute de la noix de kola, et voilà notre nom tout trouvé : Coca Cola. Prohibition oblige, la boisson devient sans alcool, voici notre boisson lancée sur la route du succès.
El Alto et son marché géant
Aujoud'hui, c'est dimanche, et c'est jour de marché à El Alto, le quartier qui se trouve tout là haut à 4100 mètres d'altitude. Un marché immense, qui s'étend sur des dizaines de rues, des dizaines de kilomètres, où les boliviens se retrouvent pour dénicher la bonne affaire. Et ici on vend de tout ! Du canapé au t-shirt vintage, du cochon à la poussette, de la voiture à la machine à écrire, rien n'est impossible, tout est disponible. Et pour un prix défiant toute concurrence... On a perdu une partie de notre troupe en montant à El Alto, mais il nous reste Manu et Vincent, qui s'en donnent à coeur joie et achètent blousons colorés et bonnets douteux...
Mariage en grande pompe
Dans la rue, nous croisons un mariage digne des plus grands dignitaires... Les mariés et la famille remonte la rue, au milieu des fumées d'encens et dans le fracas assourdissants des pétards, puis suivent danseurs au costume de lumière et musiciens au souffle bien entraîné. Il faut y aller pour jouer du trombone en montant à 3500 m d'altitude ! Une très jolie parade !
Manifestations pro CPE
Le CPE, c'est la nouvelle Constitution Politique de l'Etat, qui doit être votée dans les jours à venir, et ici, comme dans tout le pays, ça engendre du remue ménage ! A La Paz, on ne voit quasiment que des manifestants pro CPE, paysans indigènes venus montrer leur soutien au projet, Paziens se regroupant autour d'un Evo Morales gonflable géant, les manifestations sont nombreuses... Et les flics (anti-émeutes) aussi !
Bye bye La Paz
On a adoré déambuler dans ses rues et admirer sa si particulière configuration, dominée par les sommets enneigés à 6000 mètres d'altitude, du haut d'el alto ou de miradors (point de vue) qui surplombent la ville. On a vraiment apprécié les marchés et l'artisanat bolivien, et on s'est fait plaisir !
Il est temps de continuer notre route, celle qui nous mène au lac le plus célèbre du monde : le lac Titicaca.
dimanche 25 janvier 2009
Sucre
Capitale ou pas ?
On quitte le haut plateau pour arriver à Sucre à (seulement) 2 800 m. La ville porte le nom d'un certain général qui a aidé à renvoyer les espagnols dans leur pays et est devenu président de la nouvellement créée Bolivie en 1826. “La ville blanche” devient la capitale du pays, pas pour longtemps, puisque rapidement le gouvernement se déplace à la Paz. Aujourd'hui encore c'est la gueguerre entre les Sucriens et les Paziens qui chacun revendique leur statut de capitale. Afin de ne brusquer aucun d'entre eux, il est dit que Sucre est la capitale constitutionnelle, alors que La Paz est la capitale administrative... M'enfin, sont toujours pas contents. La nouvelle constitution mettra peut-être un terme à cette querelle, il est dit que Sucre sera bel et bien la VRAIE capitale de la Bolivie une fois que celle ci sera acceptée. A suivre.
La ville coloniale
Sucre est une jolie ville coloniale, toute blanche, où il est bon flâner. On se déniche un petit hotel aux accents romantiques, en plein coeur de la ville, et surtout à côté du marché. Et quel marché ! Le plus beau et le plus impressionnant que l'on est vu. Les étalages croulent sous les fruits et légumes, le pain ressemble à s'y méprendre à notre chère baguette, et puis là haut, l'immense “comedor popular”, ou cantine populaire. Ici, la spécialité, c'est la saucisse, et Seb s'en remplit la panse !
Au temps des dinos
Les villes des hauts plateaux Boliviens sont impressionnantes vues d'en haut. Encaissée au fond d'une vallée, nous prenons pleinement conscience de la dimension de Sucre en nous rendant sur les hauteurs de la ville dans notre microbus. Et si on est là, c'est qu'il parait qu'il y a un mur avec des empreintes de dinosaures... Oui, de dinosaures ! Une paroi de 2km de long découverte sur le chantier d'une usine de ciment. Après 20 bonnes minutes de marche, nous passons l'usine et nous découvrons le fameux mur. Ah ben ouais, c'est vrai, il y a des traces de pattes. Les boliviens en ont profité pour faire un parc à dinosaures en face, le tourisme se développe ici aussi, et on admire les reproductions grandeur nature de ses gigantesques animaux préhistoriques disparus il y a quelques 65 millions d'années.
On quitte la capitale... pour la capitale
A nous La Paz ! Un petit bus de nuit en ce 15 janvier dans lequel nous fetons nos 10 ans de rencontre... Et oui, ca ne nous rajeunit pas tout ca !
On quitte le haut plateau pour arriver à Sucre à (seulement) 2 800 m. La ville porte le nom d'un certain général qui a aidé à renvoyer les espagnols dans leur pays et est devenu président de la nouvellement créée Bolivie en 1826. “La ville blanche” devient la capitale du pays, pas pour longtemps, puisque rapidement le gouvernement se déplace à la Paz. Aujourd'hui encore c'est la gueguerre entre les Sucriens et les Paziens qui chacun revendique leur statut de capitale. Afin de ne brusquer aucun d'entre eux, il est dit que Sucre est la capitale constitutionnelle, alors que La Paz est la capitale administrative... M'enfin, sont toujours pas contents. La nouvelle constitution mettra peut-être un terme à cette querelle, il est dit que Sucre sera bel et bien la VRAIE capitale de la Bolivie une fois que celle ci sera acceptée. A suivre.
La ville coloniale
Sucre est une jolie ville coloniale, toute blanche, où il est bon flâner. On se déniche un petit hotel aux accents romantiques, en plein coeur de la ville, et surtout à côté du marché. Et quel marché ! Le plus beau et le plus impressionnant que l'on est vu. Les étalages croulent sous les fruits et légumes, le pain ressemble à s'y méprendre à notre chère baguette, et puis là haut, l'immense “comedor popular”, ou cantine populaire. Ici, la spécialité, c'est la saucisse, et Seb s'en remplit la panse !
Au temps des dinos
Les villes des hauts plateaux Boliviens sont impressionnantes vues d'en haut. Encaissée au fond d'une vallée, nous prenons pleinement conscience de la dimension de Sucre en nous rendant sur les hauteurs de la ville dans notre microbus. Et si on est là, c'est qu'il parait qu'il y a un mur avec des empreintes de dinosaures... Oui, de dinosaures ! Une paroi de 2km de long découverte sur le chantier d'une usine de ciment. Après 20 bonnes minutes de marche, nous passons l'usine et nous découvrons le fameux mur. Ah ben ouais, c'est vrai, il y a des traces de pattes. Les boliviens en ont profité pour faire un parc à dinosaures en face, le tourisme se développe ici aussi, et on admire les reproductions grandeur nature de ses gigantesques animaux préhistoriques disparus il y a quelques 65 millions d'années.
On quitte la capitale... pour la capitale
A nous La Paz ! Un petit bus de nuit en ce 15 janvier dans lequel nous fetons nos 10 ans de rencontre... Et oui, ca ne nous rajeunit pas tout ca !
jeudi 15 janvier 2009
Potosi
En Bolivie, rares sont les routes. Une piste qui tourne qui tourne nous mène d'Uyuni à Potosi, et on est bien content lorsqu'on arrive !
Potosi, siègeant à 4000 mètres d'altitude, est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Elle affirme sa richesse d'antan et offre au regard du passant ses églises aux portails exubérants et ses grandes maisons coloniales. Nous grimpons ses jolies petites rues toute en hauteur, Potosi se mérite ! Dur dur de respirer ! Des centaines de vieux microbus made in China sillonnent la ville et crachent sur leur passage leur fumée dense et noire. Altitude et pollution ne font pas bon ménage pour les poumons !
Marchés boliviens
C'est ici que l'on découvre les marchés boliviens. On y trouve de tout, du shampooing au tissu traditionnel, en passant par les fruits aux milles couleurs et les étals de viande peu ragoutants... Au premier étage des dizaines d'échoppes qui proposent le petit déjeuner et le goûter, et puis le Comedor, la cantine si l'on veut, où l'on nous sert des assiettes bien remplies pour 50 centimes d´euros. Le marché bolivien, on adore !
Le Mont Riche
Potosi est dominée par le Cerro Rico, le Mont riche, magnifique montagne rouge feu, qui ne porte pas son nom en vain. C'est ici que se trouvent les fameuses mines d'argent, celles qui ont rendus si (tristement) célèbre la ville.
Il n'a pas fallu longtemps aux espagnols, avides de nouvelles fortunes, pour découvrir la fabuleuse richesse que possédait en son sein la montagne : de l'argent à en revendre ! Entre le 16ème siècle et le 18ème siècle ils vont en extraire plus de 45 000 tonnes d'argent pur... Mais à quel prix ! Les amérindiens sont exploités, les travaux forcés instaurés, ils se doivent de travailler durant 3 mois non stop dans la mine pour les colons, sans sortir, à respirer cet air de minerai qui envahit les poumons et provoque tant de maladies. De l'argent, il en faut toujours plus, et les amérindiens, si nombreux à mourir dans les mines, ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour assurer tout le travail. Alors on ramène des esclaves noirs, à leur tour victimes de cette fièvre blanche à la fortune.
On raconte qu'avec tout ce que l'on a extrait du Cerro Rico on pourrait construire un pont d'argent entre Potosi et l'Espagne, et pour rentrer en Amérique on pourrait construire un autre pont avec tous les os des hommes morts dans les mines...
Aujourd'hui encore on extrait de l'argent de la montagne, un travail de forçat car la colline s'est vidée de sa substance et il n'en reste plus que des miettes... La vie des mineurs est dure, très dure, 15 000 l'année dernière, ils ne sont plus que 4000 aujourd'hui à gagner leur pitance dans les entrailles de la terre. Et quelle pitance ! entre 50 et 100 euros par mois, quand ils ont de la chance...
Nous, nous décidons d'expérimenter la mine et de tenter d'appréhender la vie des profondeurs...
Histoire de se mettre dans la peau d'un mineur, avant de s'engager dans les galeries obscures, notre guide nous offre une tournée d'alcool à 95 degrés ! Ca met en train ! On s'équippe également de cigarettes et de feuilles de coca, offrandes destinées à El Tio, le Dieu de la mine à l'aspect diabolique que l'on se doit d'adorer pour être couvert d'argent.
Un long tunnel nous mène jusqu'à un boyau qui descend plus bas, toujours plus loin au coeur de la montagne. On rampe, on se faufile, on glisse, et l'air devient de plus en plus dense, un air de poussière qui s'insinue dans tes bronches et te fait tousser. Il fait de plus en plus chaud, pesant, l'air est irrespirable, les entrailles de la mine sont bien proches de l'enfer. Et nous ne sommes ici que pour 2 ou 3 heures ! Nous sortons de la mine bien fatigués, les poumons en feu, et Aurélie en a même perdu la voix !
Histoire d'amuser les troupes (surtout les garçons), on fait exploser un peu de dynamite, en vente libre en Bolivie. Impressionnant !
Ah, les jeunes !
Durant la visite de la mine, on rencontre 5 jeunes français venus faire une partie de leurs études en Amérique du Sud. Après le travail, le voyage, ils profitent d'être sur place pour visiter la Bolivie et le Pérou. Et à l'apéro, ils réussissent à nous dégoter une bouteille de Pastis, du vrai de chez nous ! Dans la cour de notre auberge, nous initions un couple d'argentins à ce magnifique breuvage français, et ce n'est pas pour leur déplaire. Toute cette petite troupe se retrouve dans un bar, puis en boite, oui, oui, on a testé la discothèque la plus haute du monde ! Canapés défoncés, danseurs à doudoune et bonnet, et musique plus que louche !
Vincent, un de nos compatriotes, décidé à ne pas en rester là, demande au bar une carte des boissons... « on n'a pas de carte, on n'a que de la bière ». Après quelques tergiversations, la serveuse nous sort de derrière les fagots une bouteille d'alcool local, « la Casa Real », joli nom pour un breuvage imbuvable ! « mais je n'ai que deux verres »... Décidément, les boites de nuit boliviennes ont encore du chemin à faire...
On quitte Potosi
Encore embrumés de vapeur d'alcool, nous quittons Potosi pour Sucre, la capitale constitutionnelle.
Potosi, siègeant à 4000 mètres d'altitude, est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Elle affirme sa richesse d'antan et offre au regard du passant ses églises aux portails exubérants et ses grandes maisons coloniales. Nous grimpons ses jolies petites rues toute en hauteur, Potosi se mérite ! Dur dur de respirer ! Des centaines de vieux microbus made in China sillonnent la ville et crachent sur leur passage leur fumée dense et noire. Altitude et pollution ne font pas bon ménage pour les poumons !
Marchés boliviens
C'est ici que l'on découvre les marchés boliviens. On y trouve de tout, du shampooing au tissu traditionnel, en passant par les fruits aux milles couleurs et les étals de viande peu ragoutants... Au premier étage des dizaines d'échoppes qui proposent le petit déjeuner et le goûter, et puis le Comedor, la cantine si l'on veut, où l'on nous sert des assiettes bien remplies pour 50 centimes d´euros. Le marché bolivien, on adore !
Le Mont Riche
Potosi est dominée par le Cerro Rico, le Mont riche, magnifique montagne rouge feu, qui ne porte pas son nom en vain. C'est ici que se trouvent les fameuses mines d'argent, celles qui ont rendus si (tristement) célèbre la ville.
Il n'a pas fallu longtemps aux espagnols, avides de nouvelles fortunes, pour découvrir la fabuleuse richesse que possédait en son sein la montagne : de l'argent à en revendre ! Entre le 16ème siècle et le 18ème siècle ils vont en extraire plus de 45 000 tonnes d'argent pur... Mais à quel prix ! Les amérindiens sont exploités, les travaux forcés instaurés, ils se doivent de travailler durant 3 mois non stop dans la mine pour les colons, sans sortir, à respirer cet air de minerai qui envahit les poumons et provoque tant de maladies. De l'argent, il en faut toujours plus, et les amérindiens, si nombreux à mourir dans les mines, ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour assurer tout le travail. Alors on ramène des esclaves noirs, à leur tour victimes de cette fièvre blanche à la fortune.
On raconte qu'avec tout ce que l'on a extrait du Cerro Rico on pourrait construire un pont d'argent entre Potosi et l'Espagne, et pour rentrer en Amérique on pourrait construire un autre pont avec tous les os des hommes morts dans les mines...
Aujourd'hui encore on extrait de l'argent de la montagne, un travail de forçat car la colline s'est vidée de sa substance et il n'en reste plus que des miettes... La vie des mineurs est dure, très dure, 15 000 l'année dernière, ils ne sont plus que 4000 aujourd'hui à gagner leur pitance dans les entrailles de la terre. Et quelle pitance ! entre 50 et 100 euros par mois, quand ils ont de la chance...
Nous, nous décidons d'expérimenter la mine et de tenter d'appréhender la vie des profondeurs...
Histoire de se mettre dans la peau d'un mineur, avant de s'engager dans les galeries obscures, notre guide nous offre une tournée d'alcool à 95 degrés ! Ca met en train ! On s'équippe également de cigarettes et de feuilles de coca, offrandes destinées à El Tio, le Dieu de la mine à l'aspect diabolique que l'on se doit d'adorer pour être couvert d'argent.
Un long tunnel nous mène jusqu'à un boyau qui descend plus bas, toujours plus loin au coeur de la montagne. On rampe, on se faufile, on glisse, et l'air devient de plus en plus dense, un air de poussière qui s'insinue dans tes bronches et te fait tousser. Il fait de plus en plus chaud, pesant, l'air est irrespirable, les entrailles de la mine sont bien proches de l'enfer. Et nous ne sommes ici que pour 2 ou 3 heures ! Nous sortons de la mine bien fatigués, les poumons en feu, et Aurélie en a même perdu la voix !
Histoire d'amuser les troupes (surtout les garçons), on fait exploser un peu de dynamite, en vente libre en Bolivie. Impressionnant !
Ah, les jeunes !
Durant la visite de la mine, on rencontre 5 jeunes français venus faire une partie de leurs études en Amérique du Sud. Après le travail, le voyage, ils profitent d'être sur place pour visiter la Bolivie et le Pérou. Et à l'apéro, ils réussissent à nous dégoter une bouteille de Pastis, du vrai de chez nous ! Dans la cour de notre auberge, nous initions un couple d'argentins à ce magnifique breuvage français, et ce n'est pas pour leur déplaire. Toute cette petite troupe se retrouve dans un bar, puis en boite, oui, oui, on a testé la discothèque la plus haute du monde ! Canapés défoncés, danseurs à doudoune et bonnet, et musique plus que louche !
Vincent, un de nos compatriotes, décidé à ne pas en rester là, demande au bar une carte des boissons... « on n'a pas de carte, on n'a que de la bière ». Après quelques tergiversations, la serveuse nous sort de derrière les fagots une bouteille d'alcool local, « la Casa Real », joli nom pour un breuvage imbuvable ! « mais je n'ai que deux verres »... Décidément, les boites de nuit boliviennes ont encore du chemin à faire...
On quitte Potosi
Encore embrumés de vapeur d'alcool, nous quittons Potosi pour Sucre, la capitale constitutionnelle.
mercredi 14 janvier 2009
Sud Lipez et Uyuni
3 jours de 4X4 sur l'altiplano bolivien
On passe la minuscule frontière bolivienne au milieu de nulle part, et c'est parti pour 3 jours en compagnie de deux espagnols d'une cinquantaine d'années et de deux étudiantes en anthropologie venus du Brésil et des Pays Bas. Ca parle espagnol à tout va, c'est bon pour l'apprentissage des langues tout ça !
Lagunes et paysages à couper le souffle
Incroyable Sud Lipez... C'est comme ça que l'on nomme ce confin de la Bolivie qui mérite mieux le nom de « route des joyaux ». Les lagunes se suivent et ne se ressemblent pas, il y a la blanche, la verte, la colorée, toutes plus belles les unes que les autres. Les sommets de 5 à 6000 mètres se reflètent dans la laguna blanca, le Licancabur domine de toute sa splendeur la laguna verde, et les flamands roses s'égaient dans le rouge de la laguna colorada. Magie de la nature qui nous offre ici l'un de ses plus beaux spectacles.
Dodo à 4300 mètres
A quelques centaines de mètres de la laguna colorada, nous établissons notre camp dans une petite maison de pierres. Nous sommes rapidement rejoints par d'autres 4x4 pleins de japonais, brésiliens, espagnols, singapouriens, et même boliviens-newyorkais ! Ce soir là, on mange tous ensemble sur une longue table toutefois pas assez longue pour tout le monde, tout collés qu'on est les uns contre les autres. Impossible ne serait ce que de lever la fourchette, alors on décide de prendre notre assiette et on se décolle. C'est là qu'on rencontre Daya, bolivienne dans la vingtaine, qui vit depuis 5 ans aux Etats-Unis et a bien l'intention d'y faire son trou... Le rêve américain en quelques sorte, elle a tout plaqué pour tenter l'aventure et se donner les moyens de réaliser ses souhaits : devenir actrice... La vie américaine lui a ouvert de nouveaux horizons, tout devient possible, créer sa chance, aller en Europe, voyager !
Altiplano suite et arrivée à Uyuni
Du désert de Dali à l'arbre de pierre en passant par les montagnes orangées, l'aliplano ne cesse de nous émerveiller... On fait même la connaissance d'un vicacha, sorte de lapin à queue d'écureuil, accompagné des éternelles vigognes. Au bout de la piste, après quelques bonnes heures de conduite, nous arrivons à Uyuni, petite ville du bout du monde. Les boliviennes aux longues tresses, petits chapeaux et jupes bouffantes vont et viennent, l'Amérique du Sud a décidément de nombreux visages.
Viva el Salar
C'est la saison des pluies. Et même si nous nous n'y avons vu goutte, il a plu il y a quelques jours et le salar est inondé... Le 4x4 se fraie un chemin dans 30 cm d'eau, et nous offre un spectacle magique, difficile de définir le ciel de la terre. Les nuages, les cônes de sel, les travailleurs, tous se reflètent sur cette étendue blanche qui paraît tel un lac sans fin. On roule et on s'éclabousse d'eau salée pendant une trentaine de minutes, avant d'atteindre la partie sèche, blanc immaculé à perte de vue tel un manteau de neige.
Le salar d'Uyuni, le plus grand salar au monde, 10 milliards de tonnes de sel, d'une épaisseur de 12 à 40 mètres, est un géant. Une surface plane immense où il est facile de se perdre s'y on ne connaît pas le relief (lointain) alentour. Et là, au milieu, quelques « îles » hérissées de cactus qui émergent, dont la plus visitée est celle de « pescado » parce qu'il paraît que si tu la voie du ciel elle à la forme d'un poisson (...il paraît...).
On passe la minuscule frontière bolivienne au milieu de nulle part, et c'est parti pour 3 jours en compagnie de deux espagnols d'une cinquantaine d'années et de deux étudiantes en anthropologie venus du Brésil et des Pays Bas. Ca parle espagnol à tout va, c'est bon pour l'apprentissage des langues tout ça !
Lagunes et paysages à couper le souffle
Incroyable Sud Lipez... C'est comme ça que l'on nomme ce confin de la Bolivie qui mérite mieux le nom de « route des joyaux ». Les lagunes se suivent et ne se ressemblent pas, il y a la blanche, la verte, la colorée, toutes plus belles les unes que les autres. Les sommets de 5 à 6000 mètres se reflètent dans la laguna blanca, le Licancabur domine de toute sa splendeur la laguna verde, et les flamands roses s'égaient dans le rouge de la laguna colorada. Magie de la nature qui nous offre ici l'un de ses plus beaux spectacles.
Dodo à 4300 mètres
A quelques centaines de mètres de la laguna colorada, nous établissons notre camp dans une petite maison de pierres. Nous sommes rapidement rejoints par d'autres 4x4 pleins de japonais, brésiliens, espagnols, singapouriens, et même boliviens-newyorkais ! Ce soir là, on mange tous ensemble sur une longue table toutefois pas assez longue pour tout le monde, tout collés qu'on est les uns contre les autres. Impossible ne serait ce que de lever la fourchette, alors on décide de prendre notre assiette et on se décolle. C'est là qu'on rencontre Daya, bolivienne dans la vingtaine, qui vit depuis 5 ans aux Etats-Unis et a bien l'intention d'y faire son trou... Le rêve américain en quelques sorte, elle a tout plaqué pour tenter l'aventure et se donner les moyens de réaliser ses souhaits : devenir actrice... La vie américaine lui a ouvert de nouveaux horizons, tout devient possible, créer sa chance, aller en Europe, voyager !
Altiplano suite et arrivée à Uyuni
Du désert de Dali à l'arbre de pierre en passant par les montagnes orangées, l'aliplano ne cesse de nous émerveiller... On fait même la connaissance d'un vicacha, sorte de lapin à queue d'écureuil, accompagné des éternelles vigognes. Au bout de la piste, après quelques bonnes heures de conduite, nous arrivons à Uyuni, petite ville du bout du monde. Les boliviennes aux longues tresses, petits chapeaux et jupes bouffantes vont et viennent, l'Amérique du Sud a décidément de nombreux visages.
Viva el Salar
C'est la saison des pluies. Et même si nous nous n'y avons vu goutte, il a plu il y a quelques jours et le salar est inondé... Le 4x4 se fraie un chemin dans 30 cm d'eau, et nous offre un spectacle magique, difficile de définir le ciel de la terre. Les nuages, les cônes de sel, les travailleurs, tous se reflètent sur cette étendue blanche qui paraît tel un lac sans fin. On roule et on s'éclabousse d'eau salée pendant une trentaine de minutes, avant d'atteindre la partie sèche, blanc immaculé à perte de vue tel un manteau de neige.
Le salar d'Uyuni, le plus grand salar au monde, 10 milliards de tonnes de sel, d'une épaisseur de 12 à 40 mètres, est un géant. Une surface plane immense où il est facile de se perdre s'y on ne connaît pas le relief (lointain) alentour. Et là, au milieu, quelques « îles » hérissées de cactus qui émergent, dont la plus visitée est celle de « pescado » parce qu'il paraît que si tu la voie du ciel elle à la forme d'un poisson (...il paraît...).
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