La Paz
La Paz est certainement la ville la plus incroyable et atypique du monde. Sa situation géographique la rend unique. Coincée qu'elle est au creux de la vallée, elle s'accroche de toutes parts aux versants qui l'entourent. 1000 mètres de dénivelé de la ville basse à « El Alto », le quartier qui jouit de la plus belle vue sur la ville mais aussi celui où vivent les plus défavorisés. En tout cas, une chose est sûre, se promener dans La Paz, ça fait les cuisses ! Et le souffle aussi, à 3400 mètres d'altitude en moyenne. Et si cette ville encaissée en fond de vallée créée au milieu du 16ème siècle par les colons espagnols a pu prospérer de cette façon et atteindre aujourd'hui le million et demi de personnes, c'est qu'elle possède une position extrêmement stratégique sur les routes commerciales d'hier et d'aujourd'hui, entre forêt amazonienne et hauts plateaux andins.
Ici, pour se déplacer, les paziens préfèrent les microbus à la marche à pied, et des milliers de milliers de minibus sillonnent la ville en crachant leur fumée noirâtre qui pique les yeux et empêche de respirer...
Nuestra Senora de la Paz, ou Notre Dame de la Paix, son vrai nom, est peut-être une grande ville, mais elle se distingue nettement des autres capitales du monde qui souvent se ressemblent toutes, et garde le charme et les traditions que l'on peut rencontrer ailleurs en Bolivie. La ville est un marché immense, échoppes à l'enfilade vous proposent les mille et unes petites choses dont vous avez besoin, ou plus souvent dont vous n'avez pas besoin. Les étals se partagent la ville en quartier, le quartier des tissus, celui des chaussures, des luminaires, des casseroles et au grand bonheur de Seb de la quincaillerie. Des outils 5 à 10 fois moins chers qu'en France, il est comme un fou !
On retrouve les garçons
On retrouve le groupe d'étudiants que l'on avait rencontré à Potosi, groupe agrandi d'un italien et de deux argentins... Et ils ont la forme ! Ils écument tous les bars et boites de la Paz jusqu'à point d'heure. Nous, on se contente du début de soirée, grande tablée au restaurant à goûter les spécialités culinaires et breuvages de la capitale. Ca se résume souvent à de la cuisine internationale et de la bière ! Les restaus boliviens sont difficiles à dénicher. On a quand même tester la discothèque de la Paz pour l'anniversaire de Charles, l'un des étudiants fous. M'enfin, c'était Lundi, alors on était tous seuls !
On visite la prison de San Pedro... Ah ben non
On nous a parlé de la prison de San Pedro, une « prison hors norme », sans gardien à l'intérieur, en quelque sorte une société à part entière, avec son propre système de fonctionnement. A l'intérieur, on travaille si l'on peut, coiffeur, vendeur, menuisier, et l'on paie pour son logement, les plus riches accédant à de véritables appartements, avec salle de bains privée et cuisine, alors que les plus pauvres se partagent une cellule de 9 m2 à 5. La porte de la prison est ouverte aux familles qui vont et viennent comme ils le désirent. Femmes et enfants se retrouvant souvent sans ressources alors que le mari et père se trouve incarcéré, il n'est pas rare de les voir eux-mêmes vivre dans la prison en compagnie des 1500 prisonniers qui y résident.
La majorité d'entre eux a été arrêtée pour trafic de drogue ; du coup ils ont installé un véritable laboratoire au sein même de la jaule et produisent de la cocaïne qu'ils écoulent à l'intérieur et à l'extérieur de la prison. C'est une des principales ressources financières, et entre autres commerces ils sont également sponsorisés par Coca Cola, qui vend en exclusivité son breuvage en échange d'un peu d'argent, d'approvisionnement en tables, chaises, et autres parasols.
Le tourisme est lui aussi devenu une source de revenue non négligeable ! Tout a commencé à la fin des années 90 lorsqu'un britannique du nom de Thomas McFadden emprisonné pour 4 années pour trafic de drogue se voit accorder une nuit de liberté dans la Paz. Le voilà qui écume les bars et rencontre une jeune voyageuse israélienne qui fascinée par son histoire lui demande la permission de lui rendre visite en prison. Très vite, le mot passe de bouches de voyageurs en oreilles de routards, et voilà notre cher anglais qui reçoit pleins de visiteurs, et se transforme sans s'en apercevoir en guide touristique de la prison.
Aujourd'hui, Thomas n'est plus incarcéré, mais business is business et d'autres résidents ont vite appris où pouvaient être leur intérêt.
Notre petite troupe se rend devant la prison, et bien vite nous voici abordés par un grand black qui nous propose de nous guider dans ce petit monde bien à part. Oui, mais les garçons s'étaient renseigné la veille, et le prix est bien plus exorbitant que celui qui leur avaient été donné alors. 250 bolivianos par personne, 25 euros, une véritable fortune ici, plus que notre budget par jour pour manger, dormir et faire des sorties ! Après moult tergiversations, on décide de laisser la prison aux prisonniers.
On troque la prison pour le musée de la coca
La coca a mauvaise presse. C'est évidemment parce qu'elle est la base d'une des drogues dures les plus vendues dans le monde : la cocaïne. Mais dans les pays andins, la coca est bien autre chose. C'est une plante sacrée utilisée depuis plus de 5000 ans par les peuples amérindiens, lors de cérémonies religieuses mais aussi pour ses nombreuses vertus. Et elle en a des vertus la feuille de coca ! Elle aide à la circulation sanguine et au mal des montagnes, elle donne de l'énergie et fait oublier la fatigue, elle coupe la faim, mais aussi elle aide à la digestion, évite les caries dentaires, et la liste est encore longue ! Les espagnols à leur arrivée traite cette plante de satanique mais bien vite ils vont s'apercevoir qu'elle peut leur être utile, très utile : les indigènes travaillent beaucoup plus longtemps et sans manger dans les mines lorsque qu'il mâche la coca que sans...
La coca est aussi à l'origine de « maître Coca-Cola », car oui, le liquide brunâtre gazeux est bel et bien implantée dans le monde entier et règne en maître de l'Asie à l'Amérique sur le marché de la boisson. En Amérique du Sud, le Coca est moins cher que l'eau, des centaines de devantures sont aux couleurs rouges et blanches du logo, difficile d'éviter la marque ! Il paraît que 300 millions de litres de Coca sont vendus chaque jour dans le monde... Et dire que la boisson doit quelque peu son origine à un français, un certain Mariani, qui crée à la fin du 19ème siècle un vin à base de feuilles de coca, hyper stimulant on s'en doute. L'américain Pemberton s'en inspire, et rajoute de la noix de kola, et voilà notre nom tout trouvé : Coca Cola. Prohibition oblige, la boisson devient sans alcool, voici notre boisson lancée sur la route du succès.
El Alto et son marché géant
Aujoud'hui, c'est dimanche, et c'est jour de marché à El Alto, le quartier qui se trouve tout là haut à 4100 mètres d'altitude. Un marché immense, qui s'étend sur des dizaines de rues, des dizaines de kilomètres, où les boliviens se retrouvent pour dénicher la bonne affaire. Et ici on vend de tout ! Du canapé au t-shirt vintage, du cochon à la poussette, de la voiture à la machine à écrire, rien n'est impossible, tout est disponible. Et pour un prix défiant toute concurrence... On a perdu une partie de notre troupe en montant à El Alto, mais il nous reste Manu et Vincent, qui s'en donnent à coeur joie et achètent blousons colorés et bonnets douteux...
Mariage en grande pompe
Dans la rue, nous croisons un mariage digne des plus grands dignitaires... Les mariés et la famille remonte la rue, au milieu des fumées d'encens et dans le fracas assourdissants des pétards, puis suivent danseurs au costume de lumière et musiciens au souffle bien entraîné. Il faut y aller pour jouer du trombone en montant à 3500 m d'altitude ! Une très jolie parade !
Manifestations pro CPE
Le CPE, c'est la nouvelle Constitution Politique de l'Etat, qui doit être votée dans les jours à venir, et ici, comme dans tout le pays, ça engendre du remue ménage ! A La Paz, on ne voit quasiment que des manifestants pro CPE, paysans indigènes venus montrer leur soutien au projet, Paziens se regroupant autour d'un Evo Morales gonflable géant, les manifestations sont nombreuses... Et les flics (anti-émeutes) aussi !
Bye bye La Paz
On a adoré déambuler dans ses rues et admirer sa si particulière configuration, dominée par les sommets enneigés à 6000 mètres d'altitude, du haut d'el alto ou de miradors (point de vue) qui surplombent la ville. On a vraiment apprécié les marchés et l'artisanat bolivien, et on s'est fait plaisir !
Il est temps de continuer notre route, celle qui nous mène au lac le plus célèbre du monde : le lac Titicaca.
lundi 26 janvier 2009
dimanche 25 janvier 2009
Sucre
Capitale ou pas ?
On quitte le haut plateau pour arriver à Sucre à (seulement) 2 800 m. La ville porte le nom d'un certain général qui a aidé à renvoyer les espagnols dans leur pays et est devenu président de la nouvellement créée Bolivie en 1826. “La ville blanche” devient la capitale du pays, pas pour longtemps, puisque rapidement le gouvernement se déplace à la Paz. Aujourd'hui encore c'est la gueguerre entre les Sucriens et les Paziens qui chacun revendique leur statut de capitale. Afin de ne brusquer aucun d'entre eux, il est dit que Sucre est la capitale constitutionnelle, alors que La Paz est la capitale administrative... M'enfin, sont toujours pas contents. La nouvelle constitution mettra peut-être un terme à cette querelle, il est dit que Sucre sera bel et bien la VRAIE capitale de la Bolivie une fois que celle ci sera acceptée. A suivre.
La ville coloniale
Sucre est une jolie ville coloniale, toute blanche, où il est bon flâner. On se déniche un petit hotel aux accents romantiques, en plein coeur de la ville, et surtout à côté du marché. Et quel marché ! Le plus beau et le plus impressionnant que l'on est vu. Les étalages croulent sous les fruits et légumes, le pain ressemble à s'y méprendre à notre chère baguette, et puis là haut, l'immense “comedor popular”, ou cantine populaire. Ici, la spécialité, c'est la saucisse, et Seb s'en remplit la panse !
Au temps des dinos
Les villes des hauts plateaux Boliviens sont impressionnantes vues d'en haut. Encaissée au fond d'une vallée, nous prenons pleinement conscience de la dimension de Sucre en nous rendant sur les hauteurs de la ville dans notre microbus. Et si on est là, c'est qu'il parait qu'il y a un mur avec des empreintes de dinosaures... Oui, de dinosaures ! Une paroi de 2km de long découverte sur le chantier d'une usine de ciment. Après 20 bonnes minutes de marche, nous passons l'usine et nous découvrons le fameux mur. Ah ben ouais, c'est vrai, il y a des traces de pattes. Les boliviens en ont profité pour faire un parc à dinosaures en face, le tourisme se développe ici aussi, et on admire les reproductions grandeur nature de ses gigantesques animaux préhistoriques disparus il y a quelques 65 millions d'années.
On quitte la capitale... pour la capitale
A nous La Paz ! Un petit bus de nuit en ce 15 janvier dans lequel nous fetons nos 10 ans de rencontre... Et oui, ca ne nous rajeunit pas tout ca !
On quitte le haut plateau pour arriver à Sucre à (seulement) 2 800 m. La ville porte le nom d'un certain général qui a aidé à renvoyer les espagnols dans leur pays et est devenu président de la nouvellement créée Bolivie en 1826. “La ville blanche” devient la capitale du pays, pas pour longtemps, puisque rapidement le gouvernement se déplace à la Paz. Aujourd'hui encore c'est la gueguerre entre les Sucriens et les Paziens qui chacun revendique leur statut de capitale. Afin de ne brusquer aucun d'entre eux, il est dit que Sucre est la capitale constitutionnelle, alors que La Paz est la capitale administrative... M'enfin, sont toujours pas contents. La nouvelle constitution mettra peut-être un terme à cette querelle, il est dit que Sucre sera bel et bien la VRAIE capitale de la Bolivie une fois que celle ci sera acceptée. A suivre.
La ville coloniale
Sucre est une jolie ville coloniale, toute blanche, où il est bon flâner. On se déniche un petit hotel aux accents romantiques, en plein coeur de la ville, et surtout à côté du marché. Et quel marché ! Le plus beau et le plus impressionnant que l'on est vu. Les étalages croulent sous les fruits et légumes, le pain ressemble à s'y méprendre à notre chère baguette, et puis là haut, l'immense “comedor popular”, ou cantine populaire. Ici, la spécialité, c'est la saucisse, et Seb s'en remplit la panse !
Au temps des dinos
Les villes des hauts plateaux Boliviens sont impressionnantes vues d'en haut. Encaissée au fond d'une vallée, nous prenons pleinement conscience de la dimension de Sucre en nous rendant sur les hauteurs de la ville dans notre microbus. Et si on est là, c'est qu'il parait qu'il y a un mur avec des empreintes de dinosaures... Oui, de dinosaures ! Une paroi de 2km de long découverte sur le chantier d'une usine de ciment. Après 20 bonnes minutes de marche, nous passons l'usine et nous découvrons le fameux mur. Ah ben ouais, c'est vrai, il y a des traces de pattes. Les boliviens en ont profité pour faire un parc à dinosaures en face, le tourisme se développe ici aussi, et on admire les reproductions grandeur nature de ses gigantesques animaux préhistoriques disparus il y a quelques 65 millions d'années.
On quitte la capitale... pour la capitale
A nous La Paz ! Un petit bus de nuit en ce 15 janvier dans lequel nous fetons nos 10 ans de rencontre... Et oui, ca ne nous rajeunit pas tout ca !
jeudi 15 janvier 2009
Potosi
En Bolivie, rares sont les routes. Une piste qui tourne qui tourne nous mène d'Uyuni à Potosi, et on est bien content lorsqu'on arrive !
Potosi, siègeant à 4000 mètres d'altitude, est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Elle affirme sa richesse d'antan et offre au regard du passant ses églises aux portails exubérants et ses grandes maisons coloniales. Nous grimpons ses jolies petites rues toute en hauteur, Potosi se mérite ! Dur dur de respirer ! Des centaines de vieux microbus made in China sillonnent la ville et crachent sur leur passage leur fumée dense et noire. Altitude et pollution ne font pas bon ménage pour les poumons !
Marchés boliviens
C'est ici que l'on découvre les marchés boliviens. On y trouve de tout, du shampooing au tissu traditionnel, en passant par les fruits aux milles couleurs et les étals de viande peu ragoutants... Au premier étage des dizaines d'échoppes qui proposent le petit déjeuner et le goûter, et puis le Comedor, la cantine si l'on veut, où l'on nous sert des assiettes bien remplies pour 50 centimes d´euros. Le marché bolivien, on adore !
Le Mont Riche
Potosi est dominée par le Cerro Rico, le Mont riche, magnifique montagne rouge feu, qui ne porte pas son nom en vain. C'est ici que se trouvent les fameuses mines d'argent, celles qui ont rendus si (tristement) célèbre la ville.
Il n'a pas fallu longtemps aux espagnols, avides de nouvelles fortunes, pour découvrir la fabuleuse richesse que possédait en son sein la montagne : de l'argent à en revendre ! Entre le 16ème siècle et le 18ème siècle ils vont en extraire plus de 45 000 tonnes d'argent pur... Mais à quel prix ! Les amérindiens sont exploités, les travaux forcés instaurés, ils se doivent de travailler durant 3 mois non stop dans la mine pour les colons, sans sortir, à respirer cet air de minerai qui envahit les poumons et provoque tant de maladies. De l'argent, il en faut toujours plus, et les amérindiens, si nombreux à mourir dans les mines, ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour assurer tout le travail. Alors on ramène des esclaves noirs, à leur tour victimes de cette fièvre blanche à la fortune.
On raconte qu'avec tout ce que l'on a extrait du Cerro Rico on pourrait construire un pont d'argent entre Potosi et l'Espagne, et pour rentrer en Amérique on pourrait construire un autre pont avec tous les os des hommes morts dans les mines...
Aujourd'hui encore on extrait de l'argent de la montagne, un travail de forçat car la colline s'est vidée de sa substance et il n'en reste plus que des miettes... La vie des mineurs est dure, très dure, 15 000 l'année dernière, ils ne sont plus que 4000 aujourd'hui à gagner leur pitance dans les entrailles de la terre. Et quelle pitance ! entre 50 et 100 euros par mois, quand ils ont de la chance...
Nous, nous décidons d'expérimenter la mine et de tenter d'appréhender la vie des profondeurs...
Histoire de se mettre dans la peau d'un mineur, avant de s'engager dans les galeries obscures, notre guide nous offre une tournée d'alcool à 95 degrés ! Ca met en train ! On s'équippe également de cigarettes et de feuilles de coca, offrandes destinées à El Tio, le Dieu de la mine à l'aspect diabolique que l'on se doit d'adorer pour être couvert d'argent.
Un long tunnel nous mène jusqu'à un boyau qui descend plus bas, toujours plus loin au coeur de la montagne. On rampe, on se faufile, on glisse, et l'air devient de plus en plus dense, un air de poussière qui s'insinue dans tes bronches et te fait tousser. Il fait de plus en plus chaud, pesant, l'air est irrespirable, les entrailles de la mine sont bien proches de l'enfer. Et nous ne sommes ici que pour 2 ou 3 heures ! Nous sortons de la mine bien fatigués, les poumons en feu, et Aurélie en a même perdu la voix !
Histoire d'amuser les troupes (surtout les garçons), on fait exploser un peu de dynamite, en vente libre en Bolivie. Impressionnant !
Ah, les jeunes !
Durant la visite de la mine, on rencontre 5 jeunes français venus faire une partie de leurs études en Amérique du Sud. Après le travail, le voyage, ils profitent d'être sur place pour visiter la Bolivie et le Pérou. Et à l'apéro, ils réussissent à nous dégoter une bouteille de Pastis, du vrai de chez nous ! Dans la cour de notre auberge, nous initions un couple d'argentins à ce magnifique breuvage français, et ce n'est pas pour leur déplaire. Toute cette petite troupe se retrouve dans un bar, puis en boite, oui, oui, on a testé la discothèque la plus haute du monde ! Canapés défoncés, danseurs à doudoune et bonnet, et musique plus que louche !
Vincent, un de nos compatriotes, décidé à ne pas en rester là, demande au bar une carte des boissons... « on n'a pas de carte, on n'a que de la bière ». Après quelques tergiversations, la serveuse nous sort de derrière les fagots une bouteille d'alcool local, « la Casa Real », joli nom pour un breuvage imbuvable ! « mais je n'ai que deux verres »... Décidément, les boites de nuit boliviennes ont encore du chemin à faire...
On quitte Potosi
Encore embrumés de vapeur d'alcool, nous quittons Potosi pour Sucre, la capitale constitutionnelle.
Potosi, siègeant à 4000 mètres d'altitude, est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Elle affirme sa richesse d'antan et offre au regard du passant ses églises aux portails exubérants et ses grandes maisons coloniales. Nous grimpons ses jolies petites rues toute en hauteur, Potosi se mérite ! Dur dur de respirer ! Des centaines de vieux microbus made in China sillonnent la ville et crachent sur leur passage leur fumée dense et noire. Altitude et pollution ne font pas bon ménage pour les poumons !
Marchés boliviens
C'est ici que l'on découvre les marchés boliviens. On y trouve de tout, du shampooing au tissu traditionnel, en passant par les fruits aux milles couleurs et les étals de viande peu ragoutants... Au premier étage des dizaines d'échoppes qui proposent le petit déjeuner et le goûter, et puis le Comedor, la cantine si l'on veut, où l'on nous sert des assiettes bien remplies pour 50 centimes d´euros. Le marché bolivien, on adore !
Le Mont Riche
Potosi est dominée par le Cerro Rico, le Mont riche, magnifique montagne rouge feu, qui ne porte pas son nom en vain. C'est ici que se trouvent les fameuses mines d'argent, celles qui ont rendus si (tristement) célèbre la ville.
Il n'a pas fallu longtemps aux espagnols, avides de nouvelles fortunes, pour découvrir la fabuleuse richesse que possédait en son sein la montagne : de l'argent à en revendre ! Entre le 16ème siècle et le 18ème siècle ils vont en extraire plus de 45 000 tonnes d'argent pur... Mais à quel prix ! Les amérindiens sont exploités, les travaux forcés instaurés, ils se doivent de travailler durant 3 mois non stop dans la mine pour les colons, sans sortir, à respirer cet air de minerai qui envahit les poumons et provoque tant de maladies. De l'argent, il en faut toujours plus, et les amérindiens, si nombreux à mourir dans les mines, ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour assurer tout le travail. Alors on ramène des esclaves noirs, à leur tour victimes de cette fièvre blanche à la fortune.
On raconte qu'avec tout ce que l'on a extrait du Cerro Rico on pourrait construire un pont d'argent entre Potosi et l'Espagne, et pour rentrer en Amérique on pourrait construire un autre pont avec tous les os des hommes morts dans les mines...
Aujourd'hui encore on extrait de l'argent de la montagne, un travail de forçat car la colline s'est vidée de sa substance et il n'en reste plus que des miettes... La vie des mineurs est dure, très dure, 15 000 l'année dernière, ils ne sont plus que 4000 aujourd'hui à gagner leur pitance dans les entrailles de la terre. Et quelle pitance ! entre 50 et 100 euros par mois, quand ils ont de la chance...
Nous, nous décidons d'expérimenter la mine et de tenter d'appréhender la vie des profondeurs...
Histoire de se mettre dans la peau d'un mineur, avant de s'engager dans les galeries obscures, notre guide nous offre une tournée d'alcool à 95 degrés ! Ca met en train ! On s'équippe également de cigarettes et de feuilles de coca, offrandes destinées à El Tio, le Dieu de la mine à l'aspect diabolique que l'on se doit d'adorer pour être couvert d'argent.
Un long tunnel nous mène jusqu'à un boyau qui descend plus bas, toujours plus loin au coeur de la montagne. On rampe, on se faufile, on glisse, et l'air devient de plus en plus dense, un air de poussière qui s'insinue dans tes bronches et te fait tousser. Il fait de plus en plus chaud, pesant, l'air est irrespirable, les entrailles de la mine sont bien proches de l'enfer. Et nous ne sommes ici que pour 2 ou 3 heures ! Nous sortons de la mine bien fatigués, les poumons en feu, et Aurélie en a même perdu la voix !
Histoire d'amuser les troupes (surtout les garçons), on fait exploser un peu de dynamite, en vente libre en Bolivie. Impressionnant !
Ah, les jeunes !
Durant la visite de la mine, on rencontre 5 jeunes français venus faire une partie de leurs études en Amérique du Sud. Après le travail, le voyage, ils profitent d'être sur place pour visiter la Bolivie et le Pérou. Et à l'apéro, ils réussissent à nous dégoter une bouteille de Pastis, du vrai de chez nous ! Dans la cour de notre auberge, nous initions un couple d'argentins à ce magnifique breuvage français, et ce n'est pas pour leur déplaire. Toute cette petite troupe se retrouve dans un bar, puis en boite, oui, oui, on a testé la discothèque la plus haute du monde ! Canapés défoncés, danseurs à doudoune et bonnet, et musique plus que louche !
Vincent, un de nos compatriotes, décidé à ne pas en rester là, demande au bar une carte des boissons... « on n'a pas de carte, on n'a que de la bière ». Après quelques tergiversations, la serveuse nous sort de derrière les fagots une bouteille d'alcool local, « la Casa Real », joli nom pour un breuvage imbuvable ! « mais je n'ai que deux verres »... Décidément, les boites de nuit boliviennes ont encore du chemin à faire...
On quitte Potosi
Encore embrumés de vapeur d'alcool, nous quittons Potosi pour Sucre, la capitale constitutionnelle.
mercredi 14 janvier 2009
Sud Lipez et Uyuni
3 jours de 4X4 sur l'altiplano bolivien
On passe la minuscule frontière bolivienne au milieu de nulle part, et c'est parti pour 3 jours en compagnie de deux espagnols d'une cinquantaine d'années et de deux étudiantes en anthropologie venus du Brésil et des Pays Bas. Ca parle espagnol à tout va, c'est bon pour l'apprentissage des langues tout ça !
Lagunes et paysages à couper le souffle
Incroyable Sud Lipez... C'est comme ça que l'on nomme ce confin de la Bolivie qui mérite mieux le nom de « route des joyaux ». Les lagunes se suivent et ne se ressemblent pas, il y a la blanche, la verte, la colorée, toutes plus belles les unes que les autres. Les sommets de 5 à 6000 mètres se reflètent dans la laguna blanca, le Licancabur domine de toute sa splendeur la laguna verde, et les flamands roses s'égaient dans le rouge de la laguna colorada. Magie de la nature qui nous offre ici l'un de ses plus beaux spectacles.
Dodo à 4300 mètres
A quelques centaines de mètres de la laguna colorada, nous établissons notre camp dans une petite maison de pierres. Nous sommes rapidement rejoints par d'autres 4x4 pleins de japonais, brésiliens, espagnols, singapouriens, et même boliviens-newyorkais ! Ce soir là, on mange tous ensemble sur une longue table toutefois pas assez longue pour tout le monde, tout collés qu'on est les uns contre les autres. Impossible ne serait ce que de lever la fourchette, alors on décide de prendre notre assiette et on se décolle. C'est là qu'on rencontre Daya, bolivienne dans la vingtaine, qui vit depuis 5 ans aux Etats-Unis et a bien l'intention d'y faire son trou... Le rêve américain en quelques sorte, elle a tout plaqué pour tenter l'aventure et se donner les moyens de réaliser ses souhaits : devenir actrice... La vie américaine lui a ouvert de nouveaux horizons, tout devient possible, créer sa chance, aller en Europe, voyager !
Altiplano suite et arrivée à Uyuni
Du désert de Dali à l'arbre de pierre en passant par les montagnes orangées, l'aliplano ne cesse de nous émerveiller... On fait même la connaissance d'un vicacha, sorte de lapin à queue d'écureuil, accompagné des éternelles vigognes. Au bout de la piste, après quelques bonnes heures de conduite, nous arrivons à Uyuni, petite ville du bout du monde. Les boliviennes aux longues tresses, petits chapeaux et jupes bouffantes vont et viennent, l'Amérique du Sud a décidément de nombreux visages.
Viva el Salar
C'est la saison des pluies. Et même si nous nous n'y avons vu goutte, il a plu il y a quelques jours et le salar est inondé... Le 4x4 se fraie un chemin dans 30 cm d'eau, et nous offre un spectacle magique, difficile de définir le ciel de la terre. Les nuages, les cônes de sel, les travailleurs, tous se reflètent sur cette étendue blanche qui paraît tel un lac sans fin. On roule et on s'éclabousse d'eau salée pendant une trentaine de minutes, avant d'atteindre la partie sèche, blanc immaculé à perte de vue tel un manteau de neige.
Le salar d'Uyuni, le plus grand salar au monde, 10 milliards de tonnes de sel, d'une épaisseur de 12 à 40 mètres, est un géant. Une surface plane immense où il est facile de se perdre s'y on ne connaît pas le relief (lointain) alentour. Et là, au milieu, quelques « îles » hérissées de cactus qui émergent, dont la plus visitée est celle de « pescado » parce qu'il paraît que si tu la voie du ciel elle à la forme d'un poisson (...il paraît...).
On passe la minuscule frontière bolivienne au milieu de nulle part, et c'est parti pour 3 jours en compagnie de deux espagnols d'une cinquantaine d'années et de deux étudiantes en anthropologie venus du Brésil et des Pays Bas. Ca parle espagnol à tout va, c'est bon pour l'apprentissage des langues tout ça !
Lagunes et paysages à couper le souffle
Incroyable Sud Lipez... C'est comme ça que l'on nomme ce confin de la Bolivie qui mérite mieux le nom de « route des joyaux ». Les lagunes se suivent et ne se ressemblent pas, il y a la blanche, la verte, la colorée, toutes plus belles les unes que les autres. Les sommets de 5 à 6000 mètres se reflètent dans la laguna blanca, le Licancabur domine de toute sa splendeur la laguna verde, et les flamands roses s'égaient dans le rouge de la laguna colorada. Magie de la nature qui nous offre ici l'un de ses plus beaux spectacles.
Dodo à 4300 mètres
A quelques centaines de mètres de la laguna colorada, nous établissons notre camp dans une petite maison de pierres. Nous sommes rapidement rejoints par d'autres 4x4 pleins de japonais, brésiliens, espagnols, singapouriens, et même boliviens-newyorkais ! Ce soir là, on mange tous ensemble sur une longue table toutefois pas assez longue pour tout le monde, tout collés qu'on est les uns contre les autres. Impossible ne serait ce que de lever la fourchette, alors on décide de prendre notre assiette et on se décolle. C'est là qu'on rencontre Daya, bolivienne dans la vingtaine, qui vit depuis 5 ans aux Etats-Unis et a bien l'intention d'y faire son trou... Le rêve américain en quelques sorte, elle a tout plaqué pour tenter l'aventure et se donner les moyens de réaliser ses souhaits : devenir actrice... La vie américaine lui a ouvert de nouveaux horizons, tout devient possible, créer sa chance, aller en Europe, voyager !
Altiplano suite et arrivée à Uyuni
Du désert de Dali à l'arbre de pierre en passant par les montagnes orangées, l'aliplano ne cesse de nous émerveiller... On fait même la connaissance d'un vicacha, sorte de lapin à queue d'écureuil, accompagné des éternelles vigognes. Au bout de la piste, après quelques bonnes heures de conduite, nous arrivons à Uyuni, petite ville du bout du monde. Les boliviennes aux longues tresses, petits chapeaux et jupes bouffantes vont et viennent, l'Amérique du Sud a décidément de nombreux visages.
Viva el Salar
C'est la saison des pluies. Et même si nous nous n'y avons vu goutte, il a plu il y a quelques jours et le salar est inondé... Le 4x4 se fraie un chemin dans 30 cm d'eau, et nous offre un spectacle magique, difficile de définir le ciel de la terre. Les nuages, les cônes de sel, les travailleurs, tous se reflètent sur cette étendue blanche qui paraît tel un lac sans fin. On roule et on s'éclabousse d'eau salée pendant une trentaine de minutes, avant d'atteindre la partie sèche, blanc immaculé à perte de vue tel un manteau de neige.
Le salar d'Uyuni, le plus grand salar au monde, 10 milliards de tonnes de sel, d'une épaisseur de 12 à 40 mètres, est un géant. Une surface plane immense où il est facile de se perdre s'y on ne connaît pas le relief (lointain) alentour. Et là, au milieu, quelques « îles » hérissées de cactus qui émergent, dont la plus visitée est celle de « pescado » parce qu'il paraît que si tu la voie du ciel elle à la forme d'un poisson (...il paraît...).
vendredi 9 janvier 2009
San Pedro de Atacama
San Pedro, le village dans le désert
Le désert d'Atacama est le plus aride du monde, peut-être une ou deux gouttes de pluie une fois par an, et il s'étend sur des centaines de kilomètres entre mer et montagne.
San Pedro est un petit village d'adobe, une oasis qui accueille les touristes du monde entier ; il faut dire qu'il y a de quoi faire aux alentours. Le plus dur, c'est de choisir !
Et que jaillissent les geysers
3h du matin, le réveil sonne. Dur, dur, c'est tout collé et la gueule enfarinée que nous nous préparons et attendons notre minibus, celui là même qui nous amène de bon matin tout là haut aux geysers du Tatio.
Tout là haut, c'est pas peu dire, le champ de geysers s'étend à 4300 mètres d'altitude. Il faut venir tôt ici, avant le lever du soleil, pour pouvoir admirer les dizaines de fumerolles qui s'échappent du sol. Et on est pas les seuls ! Une vingtaine de véhicules avec une moyenne de 12 passagers, faites le calcul...
On admire la naissance d'un geyser, au loin, immense, au moins 80 mètres, incroyable.
On redescend tranquillement des hauts plateaux, tout en admirant les hauts sommets des volcans, certains toujours en éveil, comme le Putana (ben oui, le pauvre, c'est son nom), d'autres éteints, comme notre cher Licancabur.
Ici, c'est le paradis des animaux, les nandus (sortes d'autruches) s'élancent comme des folles dans le désert, les vigognes (lamas des montagnes) paissent paisiblement en famille, et les flamants roses se pâment devant leur image que reflète la lagune.
Un petit tour au village de Machuca, adorable mais déserté par ses habitants et devenu plus village à touristes qu'autre chose, et nous voilà rendus à San Pedro.
Sur le 31
C'est pas tout ça, mais ce soir c'est le 31 janvier, et on a bien l'intention de fêter dignement l'arrivée de 2009. Alors on se prépare par une bonne sieste, histoire d'être en forme, et on mange à la chilienne, c'est à dire à partir de 22h30, dans un tout petit resto où travaille une française. Minuit sonne, ici pour la nouvelle année les chiliens font de grands feux dans la rue, et y jettent toutes les mauvaises choses de l'année précédente. Nous on trinque au (faux) champagne, on tchatche avec nos voisins de table français, avec les chiliens venus boire un coup, on rigole, on picole... et pffouhh, le temps s'est envolé, il est 4h30 du matin. On termine la soirée dans les rues bondées de San Pedro, pleins de chiliens pleins d'alcool se promènent d'un bar à l'autre, il y a pas à dire ils savent faire la fête. On a perdu l'un d'entre nous qui erre dans le village (pourtant pas grand), « Ludo, ludo t'es où ? », ben Ludo il avait perdu le chemin de sa maison... Le voilà ! Aller, il est 6h, c'est l'heure de rentrer...
Le lendemain...
Le lendemain, c'est pas fameux... Un lendemain de fête, quoi ! On passe...
A la découverte du désert de Tara... Ah ben non.
Une fois n'est pas coutume, on a pris un tour pour nous rendre dans le désert de Tara. Ca nous coûte un oeil, mais bon pour une fois ! En plus c'est un tour privé, on sera que 6 dans un minivan confortable avec air conditionné. Le luxe quoi ! On patiente tranquillement devant notre auberge, il est bien longuet, ce bus, et puis on voit passer un minibus tout pourri plein à craquer qui ne s'arrête pas... Et bizzarement, il y a dedans nos collègues français que l'on a rencontré il y a quelques jours et qui doivent faire la même excursion ! Le véhicule s'arrête un peu plus loin, Aurélie court se renseigner, il a bien un tour, mais on n'est pas sur la liste... Ils nous ont oublié ! Ils se proposent de nous entasser sur la banquette arrière, on refuse, tant pis pour Tara !
Thermes et vélo
Avec Ludo, le errant du jour de l'an, et sa copine Céline, nous partons nous baigner aux thermes de Puritama, à quelques 38 km de San Pedro. On s'y rend en 4x4, on fera le retour à vélo...
Nous sommes les premiers arrivés, et pour cause, à 8h du matin il fait un froid glacial à 3700m... L'eau chaude n'en sera que plus réchauffante... Les thermes se trouvent au fond d'une vallée encaissée et aride, 7 piscines naturelles qui se déversent les unes dans les autres, superbe.
Allez, au bain ! On plonge dans l'eau... plus tiède que chaude... Petit à petit, le soleil vient nous réchauffer, et les premiers visiteurs arrivent. Le père, la mère, les 15 enfants, les grands mères, les glacières, les parasols, parfois même la tente, ils sont des dizaines à passer devant nous superéquipés, venus passer la journée à barboter dans l'eau. Et oui, ici c'est les vacances d'été !
On troque nos maillots pour les VTT, c'est parti pour 1100m de dénivelé en (presque que) descente, sur piste, bhrourhbrouh ça vibre, puis sur route, là c'est drôlement plus facile !
La tête dans les étoiles
Ce soir, nous partons à la découverte du ciel austral, avec Alain, un des nombreux français qui vivent à San Pedro. Ben oui, ici il y a Heloise qui bosse dans un resto, Mathieu dans une agence de voyage, Philippe qui loue des vélos, le chef toulousain qui bientôt possède la moitié des restaurants du village. Il faut dire qu'il fait bon vivre, entre 355 et 360 jours de soleil par an !
Alain nous initie dans son jardin, hérissés d'une dizaine de télescopes, à quelques kilomètres de San Pedro, à l'observation des étoiles. On a tout compris, maintenant le ciel n'a plus de secrets pour nous ! (si vous avez besoin de cours, n'hésitez pas).
On profite
A San Pedro, on profite également du soleil, des hamacs, des bons repas préparés par nos amis français,... Dur dur de quitter le village ! Mais une aventure passionnante nous attend : nous partons pour 3 jours de 4x4 sur l'altiplano bolivien sur ce que l'on appelle la route des joyaux. Destination finale : le Salar d'Uyuni !
Le désert d'Atacama est le plus aride du monde, peut-être une ou deux gouttes de pluie une fois par an, et il s'étend sur des centaines de kilomètres entre mer et montagne.
San Pedro est un petit village d'adobe, une oasis qui accueille les touristes du monde entier ; il faut dire qu'il y a de quoi faire aux alentours. Le plus dur, c'est de choisir !
Et que jaillissent les geysers
3h du matin, le réveil sonne. Dur, dur, c'est tout collé et la gueule enfarinée que nous nous préparons et attendons notre minibus, celui là même qui nous amène de bon matin tout là haut aux geysers du Tatio.
Tout là haut, c'est pas peu dire, le champ de geysers s'étend à 4300 mètres d'altitude. Il faut venir tôt ici, avant le lever du soleil, pour pouvoir admirer les dizaines de fumerolles qui s'échappent du sol. Et on est pas les seuls ! Une vingtaine de véhicules avec une moyenne de 12 passagers, faites le calcul...
On admire la naissance d'un geyser, au loin, immense, au moins 80 mètres, incroyable.
On redescend tranquillement des hauts plateaux, tout en admirant les hauts sommets des volcans, certains toujours en éveil, comme le Putana (ben oui, le pauvre, c'est son nom), d'autres éteints, comme notre cher Licancabur.
Ici, c'est le paradis des animaux, les nandus (sortes d'autruches) s'élancent comme des folles dans le désert, les vigognes (lamas des montagnes) paissent paisiblement en famille, et les flamants roses se pâment devant leur image que reflète la lagune.
Un petit tour au village de Machuca, adorable mais déserté par ses habitants et devenu plus village à touristes qu'autre chose, et nous voilà rendus à San Pedro.
Sur le 31
C'est pas tout ça, mais ce soir c'est le 31 janvier, et on a bien l'intention de fêter dignement l'arrivée de 2009. Alors on se prépare par une bonne sieste, histoire d'être en forme, et on mange à la chilienne, c'est à dire à partir de 22h30, dans un tout petit resto où travaille une française. Minuit sonne, ici pour la nouvelle année les chiliens font de grands feux dans la rue, et y jettent toutes les mauvaises choses de l'année précédente. Nous on trinque au (faux) champagne, on tchatche avec nos voisins de table français, avec les chiliens venus boire un coup, on rigole, on picole... et pffouhh, le temps s'est envolé, il est 4h30 du matin. On termine la soirée dans les rues bondées de San Pedro, pleins de chiliens pleins d'alcool se promènent d'un bar à l'autre, il y a pas à dire ils savent faire la fête. On a perdu l'un d'entre nous qui erre dans le village (pourtant pas grand), « Ludo, ludo t'es où ? », ben Ludo il avait perdu le chemin de sa maison... Le voilà ! Aller, il est 6h, c'est l'heure de rentrer...
Le lendemain...
Le lendemain, c'est pas fameux... Un lendemain de fête, quoi ! On passe...
A la découverte du désert de Tara... Ah ben non.
Une fois n'est pas coutume, on a pris un tour pour nous rendre dans le désert de Tara. Ca nous coûte un oeil, mais bon pour une fois ! En plus c'est un tour privé, on sera que 6 dans un minivan confortable avec air conditionné. Le luxe quoi ! On patiente tranquillement devant notre auberge, il est bien longuet, ce bus, et puis on voit passer un minibus tout pourri plein à craquer qui ne s'arrête pas... Et bizzarement, il y a dedans nos collègues français que l'on a rencontré il y a quelques jours et qui doivent faire la même excursion ! Le véhicule s'arrête un peu plus loin, Aurélie court se renseigner, il a bien un tour, mais on n'est pas sur la liste... Ils nous ont oublié ! Ils se proposent de nous entasser sur la banquette arrière, on refuse, tant pis pour Tara !
Thermes et vélo
Avec Ludo, le errant du jour de l'an, et sa copine Céline, nous partons nous baigner aux thermes de Puritama, à quelques 38 km de San Pedro. On s'y rend en 4x4, on fera le retour à vélo...
Nous sommes les premiers arrivés, et pour cause, à 8h du matin il fait un froid glacial à 3700m... L'eau chaude n'en sera que plus réchauffante... Les thermes se trouvent au fond d'une vallée encaissée et aride, 7 piscines naturelles qui se déversent les unes dans les autres, superbe.
Allez, au bain ! On plonge dans l'eau... plus tiède que chaude... Petit à petit, le soleil vient nous réchauffer, et les premiers visiteurs arrivent. Le père, la mère, les 15 enfants, les grands mères, les glacières, les parasols, parfois même la tente, ils sont des dizaines à passer devant nous superéquipés, venus passer la journée à barboter dans l'eau. Et oui, ici c'est les vacances d'été !
On troque nos maillots pour les VTT, c'est parti pour 1100m de dénivelé en (presque que) descente, sur piste, bhrourhbrouh ça vibre, puis sur route, là c'est drôlement plus facile !
La tête dans les étoiles
Ce soir, nous partons à la découverte du ciel austral, avec Alain, un des nombreux français qui vivent à San Pedro. Ben oui, ici il y a Heloise qui bosse dans un resto, Mathieu dans une agence de voyage, Philippe qui loue des vélos, le chef toulousain qui bientôt possède la moitié des restaurants du village. Il faut dire qu'il fait bon vivre, entre 355 et 360 jours de soleil par an !
Alain nous initie dans son jardin, hérissés d'une dizaine de télescopes, à quelques kilomètres de San Pedro, à l'observation des étoiles. On a tout compris, maintenant le ciel n'a plus de secrets pour nous ! (si vous avez besoin de cours, n'hésitez pas).
On profite
A San Pedro, on profite également du soleil, des hamacs, des bons repas préparés par nos amis français,... Dur dur de quitter le village ! Mais une aventure passionnante nous attend : nous partons pour 3 jours de 4x4 sur l'altiplano bolivien sur ce que l'on appelle la route des joyaux. Destination finale : le Salar d'Uyuni !
dimanche 4 janvier 2009
Salta, jujuy, et Noel a Tilcara
Salta
Salta est la capitale du Nord Ouest Argentin, peuplée de 400 000 habitants. Ca vibre, ça bouge à Salta, les marchés s'étendent le long des rues, et les gens se pressent autour des quelques rues piétonnes. C'est bientôt Noël, c'est l'heure des derniers achats, et à l'entrée des magasins, ça se pousse, ça se bouscule. Ici, la décoration est plutôt pauvre, parfois un sapin chétif paré de quelques boules, peut-être une guirlande perdue dans une vitrine, rien d'éclatant, peu d'illuminations. En plus, il fait chaud, on est bien loin de l'image du Noël traditionnel au coin du feu sous la neige !!
Un petit téléphérique nous emmène en haut d'une petite colline duquel on jouit d'une vue imprenable sur la ville hérissée de dizaines de clochers.
Jujuy
San Salvador de Jujuy, que tout le monde appelle Jujuy parce que ça va plus vite, est une ville de moindre importance mais fortement peuplée, et si on croyait qu'il y avait du monde à Salta, on s'est une fois de plus fourvoyé. Noël n'est plus que dans 1 ou 2 jours, c'est la folie dans les rues, les magasins sont pris d'assaut, et à plus fortes raisons, les banques. Des files de plusieurs dizaines de mètres de long, ça grouille de monde devant les guichets, devant les distributeurs, les argentins attendent patiemment pendant des heures de pouvoir retirer de l'argent. Il faut dire que depuis la terrible crise de 2001, ils n'ont plus tellement confiance en leur banque, et vont généralement retirer tout ou grande partie de leur paie. En plus c'est Noël, il faut des sous, et rares sont les boutiques qui prennent la carte bleue. De toute façon, cette dernière n'est pas encore rentrée dans les moeurs.
Période de fêtes oblige, la ville est animée, et devant le porche d'une des nombreuses églises, nous tombons sur un spectacle de danses traditionnelles, mélange de cultures précolombiennes et coloniales, sur fond de musique de flûte de pan. Superbe.
On s'échappe de Jujuy
En venant à Jujuy, on avait l'intention de passer la semaine de Noël ici, histoire de se reposer avant la Bolivie et le Pérou, mais la ville est grande, bouillonnante, alors qu'on aurait voulu un peu de calme, et notre auberge elle est un peu trop calme justement, on est quasiment les seuls clients.
Alors on décide de s'échapper.
Tilcara
Tilcara ! Le voici notre hâvre de paix ! Un joli petit village de 5000 âmes, de jolies petites maisons d'adobe, à 2500 m d'altitude. On y trouve une sympathique auberge avec jardin, et surtout une vue magnifique sur la Quebrada, une chaîne de montagne toute colorée. On se sent bien ici, voilà un endroit parfait pour passer Noël.
Noël au soleil
Juan, notre hôte, et sa petite famille ont invité quelques uns de leurs copains à passer Noël ici. Outre les argentins, il y a aussi une famille de français, les parents et venus rendre visite à leur fille en stage de 6 mois en Argentine. Du coup, on prend ensemble l'apéro avec du vin à bulle, on papote, on partage... Ici, le réveillon de Noël ne se passe pas tellement à table, mais plutôt dehors, on grignote, on boit un coup et puis on admire à minuit les dizaines de feux d'artifices lancées de tous les jardins du village pour l'occasion.
Nous, on dîne d'un peu de saumon fumé et de melon jambon cru, ben oui, ici c'est l'été, on mange des cerises, et des pêches aussi, puis on part dans le village et on admire la crèche vivante sur la place, devant l'église. C'est l'heure de la messe de minuit, les cloches appellent les fidèles, les villageois se dirigent vers la paroisse, bien incapable d'accueillir tant de monde. Alors, on assiste à l'office sur le pas de la porte, tous collés les uns aux autres.
A la découverte de la Quebrada
La Quebrada de Humahuaca, c'est cette vaste zone de montagnes dentelées, d'à pics, aux couleurs intenses allant du rouge à l'orangé, du jaune au bleu gris.
Ramon, qui vit à Tilcara, nous emmène nous et nos amis français à la découverte de la région.
Nous nous rendons au petit village de Purmamarca, au pied du cerro aux 7 couleurs. Et il porte bien son nom ! Un superbe massif domine les maisonnettes, offrant au regard toute la palette de l'arc en ciel. On en fait le tour, on grimpe dessus, on ne se lasse pas d'admirer le jaune, le rouge, on découvre de nouvelles teintes... Le village lui aussi est coloré, les étals des marchés offrent à l'oeil des lainages, des sacs, des souvenirs parés de mille feux.
La route serpente entre paysages arides, cactus, montagnes découpées et oasis en fond de vallée où vivent quelques familles isolées de tous. On grimpe, on monte, jusqu'à un col à 4170 mètres pour redescendre ensuite vers les salinas grandes, plaine de sel au creux des montagnes. On en prend plein les yeux.
Un petit apéro au vin rouge et aux empanadas, petits chaussons fourrés à tout et n'importe quoi, viande, fromages, légumes, spécialités du pays, avant de quitter nos amis français qui continuent leur périple.
Les Tilcaras
Si le village porte le nom de Tilcara, c'est dû au peuple qui vivait ici entre le 10ème et le 16ème siècle, avant l'invasion hispanique. Ils s'étaient installés sur une petite colline d'où l'on pouvait observer toute la vallée, et possédaient une culture influencée par leurs voisins, puis par les incas qui avaient la main mise sur toute la région andine. Ce village a été restaurée, et nous nous promenons entre les vieilles pierres et les demeures reconstruites, admirant autour de nous un paysage incroyablement vivant.
Bye bye Argentine, Rebonjour Chili
Pour attendre San Pedro de Atacama au nord du chili, nous prenons un bus qui passe par les hauts plateaux andins, hauts les plateaux puisque nous avons atteint l'altitude de 4875 mètres ! 8h plus tard, nous sentons sur notre peau le soleil brûlant du désert d'Atacama.
Salta est la capitale du Nord Ouest Argentin, peuplée de 400 000 habitants. Ca vibre, ça bouge à Salta, les marchés s'étendent le long des rues, et les gens se pressent autour des quelques rues piétonnes. C'est bientôt Noël, c'est l'heure des derniers achats, et à l'entrée des magasins, ça se pousse, ça se bouscule. Ici, la décoration est plutôt pauvre, parfois un sapin chétif paré de quelques boules, peut-être une guirlande perdue dans une vitrine, rien d'éclatant, peu d'illuminations. En plus, il fait chaud, on est bien loin de l'image du Noël traditionnel au coin du feu sous la neige !!
Un petit téléphérique nous emmène en haut d'une petite colline duquel on jouit d'une vue imprenable sur la ville hérissée de dizaines de clochers.
Jujuy
San Salvador de Jujuy, que tout le monde appelle Jujuy parce que ça va plus vite, est une ville de moindre importance mais fortement peuplée, et si on croyait qu'il y avait du monde à Salta, on s'est une fois de plus fourvoyé. Noël n'est plus que dans 1 ou 2 jours, c'est la folie dans les rues, les magasins sont pris d'assaut, et à plus fortes raisons, les banques. Des files de plusieurs dizaines de mètres de long, ça grouille de monde devant les guichets, devant les distributeurs, les argentins attendent patiemment pendant des heures de pouvoir retirer de l'argent. Il faut dire que depuis la terrible crise de 2001, ils n'ont plus tellement confiance en leur banque, et vont généralement retirer tout ou grande partie de leur paie. En plus c'est Noël, il faut des sous, et rares sont les boutiques qui prennent la carte bleue. De toute façon, cette dernière n'est pas encore rentrée dans les moeurs.
Période de fêtes oblige, la ville est animée, et devant le porche d'une des nombreuses églises, nous tombons sur un spectacle de danses traditionnelles, mélange de cultures précolombiennes et coloniales, sur fond de musique de flûte de pan. Superbe.
On s'échappe de Jujuy
En venant à Jujuy, on avait l'intention de passer la semaine de Noël ici, histoire de se reposer avant la Bolivie et le Pérou, mais la ville est grande, bouillonnante, alors qu'on aurait voulu un peu de calme, et notre auberge elle est un peu trop calme justement, on est quasiment les seuls clients.
Alors on décide de s'échapper.
Tilcara
Tilcara ! Le voici notre hâvre de paix ! Un joli petit village de 5000 âmes, de jolies petites maisons d'adobe, à 2500 m d'altitude. On y trouve une sympathique auberge avec jardin, et surtout une vue magnifique sur la Quebrada, une chaîne de montagne toute colorée. On se sent bien ici, voilà un endroit parfait pour passer Noël.
Noël au soleil
Juan, notre hôte, et sa petite famille ont invité quelques uns de leurs copains à passer Noël ici. Outre les argentins, il y a aussi une famille de français, les parents et venus rendre visite à leur fille en stage de 6 mois en Argentine. Du coup, on prend ensemble l'apéro avec du vin à bulle, on papote, on partage... Ici, le réveillon de Noël ne se passe pas tellement à table, mais plutôt dehors, on grignote, on boit un coup et puis on admire à minuit les dizaines de feux d'artifices lancées de tous les jardins du village pour l'occasion.
Nous, on dîne d'un peu de saumon fumé et de melon jambon cru, ben oui, ici c'est l'été, on mange des cerises, et des pêches aussi, puis on part dans le village et on admire la crèche vivante sur la place, devant l'église. C'est l'heure de la messe de minuit, les cloches appellent les fidèles, les villageois se dirigent vers la paroisse, bien incapable d'accueillir tant de monde. Alors, on assiste à l'office sur le pas de la porte, tous collés les uns aux autres.
A la découverte de la Quebrada
La Quebrada de Humahuaca, c'est cette vaste zone de montagnes dentelées, d'à pics, aux couleurs intenses allant du rouge à l'orangé, du jaune au bleu gris.
Ramon, qui vit à Tilcara, nous emmène nous et nos amis français à la découverte de la région.
Nous nous rendons au petit village de Purmamarca, au pied du cerro aux 7 couleurs. Et il porte bien son nom ! Un superbe massif domine les maisonnettes, offrant au regard toute la palette de l'arc en ciel. On en fait le tour, on grimpe dessus, on ne se lasse pas d'admirer le jaune, le rouge, on découvre de nouvelles teintes... Le village lui aussi est coloré, les étals des marchés offrent à l'oeil des lainages, des sacs, des souvenirs parés de mille feux.
La route serpente entre paysages arides, cactus, montagnes découpées et oasis en fond de vallée où vivent quelques familles isolées de tous. On grimpe, on monte, jusqu'à un col à 4170 mètres pour redescendre ensuite vers les salinas grandes, plaine de sel au creux des montagnes. On en prend plein les yeux.
Un petit apéro au vin rouge et aux empanadas, petits chaussons fourrés à tout et n'importe quoi, viande, fromages, légumes, spécialités du pays, avant de quitter nos amis français qui continuent leur périple.
Les Tilcaras
Si le village porte le nom de Tilcara, c'est dû au peuple qui vivait ici entre le 10ème et le 16ème siècle, avant l'invasion hispanique. Ils s'étaient installés sur une petite colline d'où l'on pouvait observer toute la vallée, et possédaient une culture influencée par leurs voisins, puis par les incas qui avaient la main mise sur toute la région andine. Ce village a été restaurée, et nous nous promenons entre les vieilles pierres et les demeures reconstruites, admirant autour de nous un paysage incroyablement vivant.
Bye bye Argentine, Rebonjour Chili
Pour attendre San Pedro de Atacama au nord du chili, nous prenons un bus qui passe par les hauts plateaux andins, hauts les plateaux puisque nous avons atteint l'altitude de 4875 mètres ! 8h plus tard, nous sentons sur notre peau le soleil brûlant du désert d'Atacama.
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