mercredi 25 février 2009

Bye bye Amérique du Sud

Il est temps pour nous de redescendre tranquillement jusqu'à Santiago, où nous attend notre vol qui nous mènera vers notre dernière étape : le Mexique.

Et pour ce faire, on va prendre... Des bus ! Un petit bus de nuit qui tourne qui tourne jusqu'à Arequipa, la ville blanche, à l'accent colonial, où l'on rencontre le père Noël (si si) qui y réside toute l'année et qui y vend ses bonbons dans son habit vert (sauf en décembre, il devient tout rouge) ; Un petit bus de jour pour nous emmener à la frontière chilienne. On y rencontre un couple de chiliens, Mario et Patricia, avec qui on avait pris le même bus qui tourne de Cuzco deux jours auparavant. Ils décident de nous prendre sous leurs ailes, on prend le taxi qui passe la frontière avec eux, puis on se retrouve à déambuler dans les rues d'Arica à la recherche d'un petit hôtel que Mario connaît (mais pas les chauffeurs de taxi de la ville !). On y est, on va pouvoir se reposer un peu... Il fait chaud à Arica, il fait beau, et ça fait du bien. Alors on décide de ne repartir que le surlendemain...

Arica et les grosses méduses

A Arica, il y a même la plage ! si ça c'est pas cool ! Alors on prend nos maillots, nos serviettes, et on marche jusqu'à la grande plage que l'on a repéré la veille en arrivant... Ouais, mais la plage à Arica, c'est du sable noir brûlant, une mer grise glaciale, et des méduses énormes qui jonchent le sol... Bon, ben, pour la baignade, on attendra le Mexique !

Et un autre piti tour de bus

Encore un tour de bus de nuit qui tourne moins, pour nous rendre à la Serena... 24h assis vautrés dans nos sièges qui s'inclinent, à admirer le désert qui n'en finit plus... Et enfin la délivrance, nous voici de retour à la Serena ! Quelques 3 mois et des poussières plus tard, la ville s'est parée de ses atours d'été. On en profite pour faire un tour à Vicuna, petite ville à 1h de là dans la vallée d'El Elqui. Il paraît qu'il y a la fête des vendanges, on va goûter à la liqueur du pays, j'ai nommé le bien aimé PISCO ! Ah ouais, ben non, on s'est trompé de jour, la fête des vendanges c'est la semaine suivante... Qu'à cela ne tienne, on ne va pas se laisser faire, alors on visite la distillerie de Pisco du coin... Et on n'est pas les seuls ! Les chiliens adorent le Pisco et ça se voit. Une visite tous les ¼ d'heures à 50 personnes minimum, la visite de la distillerie Capel ne connaît pas la crise !

Santiago

Retour dans la capitale (en bus !), un petit air de déjà vu... Sauf le tarif de l'hôtel qui a pris 25% ! Lui non plus ne connaît pas la crise !! On en profite pour (enfin) monter au Cerro San Cristobal, qui domine la ville et le quartier Bellavista où nous résidons. Pour accéder au sommet, nous empruntons le funiculaire qui date de 1923, tout brinquebalant qu'il est il nous emmène en haut de la montagne. Un petit effort, et nous voici à la statue qui domine la ville, et à la grande stupéfaction d'Aurélie, c'est pas un Jésus, c'est une Madone ! La vue d'ici est extraordinaire, le regard embrasse toute la ville tapie au fond d'une vallée et surmontée des majestueux sommets andins aux neiges éternelles.

Il fait chaud, c'est l'été ici, et on aurait bien envie de se rafraichir. Ca tombe bien, il paraît qu'il y a une piscine sur la colline ! On s'oriente tant bien que mal sur un plan, on demande notre chemin, nous voici dans la bonne direction. Mais de piscine point... On marche, on marche, on marche, il fait toujours chaud, mais où qu'elle est donc cette piscine ? Il faut dire qu'on n'avait pas bien pris en compte l'immensité du Cerro, vu d'en bas, il paraît tel un tout petit sommet, mais en réalité il s'étend sur des kilomètres... Ah, un peu plus bas, des voix d'enfants, on doit pas être loin ! Et c'est une immense piscine où barbotent des centaines de gens qui nous accueille. Nous plongeons dans l'eau avec délectation...

Un petit apéro dînatoire sur la terrasse de l'hôtel, on profite de la douceur du climat et du petit vent frais du soir qui nous taquine, avant de s'endormir en pensant à notre vol du lendemain qui nous emmène à Mexico !

dimanche 22 février 2009

La vallée sacrée

La vallée sacrée ne se lasse pas de nous dévoiler de nouvelles merveilles. Elle nous divulgue un peu plus chaque jour quelques uns de ses secrets. Et des secrets, elle en a à revendre ! Hormis les gros sites archéologiques « classiques », quelques 260 autres ruines incas se dispersent dans la montagne environnante.

Ollantaytambo

Ollantaytambo, ce village au nom si difficile à prononcer, se situe au croisement de deux vallées. C'est la porte d'accès au Machu Picchu, c'est ici que la route s'arrête et laisse la place aux rails qui se fraient un chemin le long de la rivière Vilcanota et rejoint Aguas Calientes.

Le village en lui même ne manque pas de charme. Construit sur les ruines d'une cité inca, il en a gardé le tracé. Les espagnols se sont servis des murs déjà présents, et les façades sont une juxtaposition d'appareil inca aux grosses pierres assemblées sans mortiers et d'appareil plus simple de pierres jointes par un mélange de terre et de paille. Ca et là, en arpentant les étroites rues pavées, on aperçoit une jolie porte inca en V inversé, une charmante cour ombragée, c'est un fait, Ollantaytambo respire la sérénité ! On adore ce village, on s'y sent bien...

Alors on y reste un peu.

L'héritage inca

Le village, coincé entre deux pans de vallée, est dominé à droite et à gauche par des ruines incas. Le plus important, c'est le centre cérémonial qui s'agrippe à la colline et auquel on accède par des centaines de marches, au grand plaisir de nos petites fesses qui ne cessent de monter ! de là, une vue magnifique sur la vallée, et sur la bourgade. Les incas construisaient en grand, tout était minutieusement pensé, rien n'était laissé au hasard. Tout d'abord, la forme de leur construction était inspirée de symboles, comme ce centre cérémonial qui a la forme d'un lama, ou le village en lui même qui paraît à un épi de maïs. Et puis son orientation aussi était finement étudié, le lever du soleil du solstice d'hiver et d'été éclairant précisément un point stratégique des sites, tel un hommage des hommes au dieu soleil.

Sur l'autre versant, d'autres constructions s'accrochent à la montagne, des greniers à grains, des observatoires, et cette énorme tête de Viracocha, le dieu suprême inca, à l'aspect d'un vieil homme portant la barbe, directement taillé dans la roche de la falaise. Viracocha, c'est celui qui a commandé au soleil de se lever derrière l'île du même nom sur le lac Titicaca, éclairant les ténèbres. C'est lui aussi qui a créé la lune, les étoiles, l'arc en ciel... Ces derniers, devenus divinités, ne sont en réalité ici que pour représenter Viracocha, des espèces d'intermédiaires, et contrairement aux idées reçues on se rend compte que la religion inca était bel et bien monothéiste.


La région est belle, on se décide pour une balade dans la vallée... Mais au grand plaisir de nos arrières trains nous la remontons en taxi ! 10 kilomètres plus loin, au sommet d'une colline, nous explorons les ruines d'un autre site, celui de Pumamarca, ancienne forteresse oubliée de tous, même des touristes. Nous cheminons (en descente, youpi !) au milieu des champs de maïs, rencontrons quelques personnes des villages alentours aux costumes hautement colorés, fuschia et jaune se mêlent sur les ponchos et chapeaux des hommes.

La vallée sacrée, c'est pas que Ollantay, on décolle pour d'autres contrées.

Chinchero

Tout là haut sur un plateau qui mène à Cuzco, au milieu d'un véritable patchwork de champs multicolores et sur fond de hauts sommets enneigés que l'on aperçoit lorsque les nuages daignent s'élever, se trouve le petit village de Chinchero. Le bus nous dépose sur la route principale boueuse et sans charme, et franchement, c'est pas très joli. Cette piteuse façade cache en réalité de jolies petites rues de pierres, et un peu plus loin un autre site inca... Ben ouais, il y en a partout ici ! De petites filles gardiennes d'ânes, toutes crasseuses, pas plus âgées que 7 ou 8 ans, s'improvisent guides des ruines. Nous suivons l'une d'entre elle et escaladons des rochers, nous courbons à la recherche d'un éventuel caillou à la forme d'un condor, nous nous essayons au trône de l'inca... Un étroit escalier taillé dans une énorme roche nous mène... Nulle part, paraît qu'il y avait une porte, avant... Bref, on a rien compris à la visite, mais la petite nous a bien fait trotter !!

Moray et les salines

Moray, c'est, devinez quoi... Un site Inca ! Oui, mais celui ci n'a rien d'ordinaire, si toutefois site ordinaire il y a. Moray, c'est le laboratoire agronomique des incas, leur INRA en quelque sorte. Le site consiste en une succession de terrasses en cercles concentriques creusées sur un dénivelé de 50 mètres, ce qui permet d'obtenir une différence de température de 5 degrés entre le haut et le bas de l'amphithéâtre, alors qu'ailleurs à la même altitude la différence n'est que de 0,5 degrés. Les incas se servaient des microclimats ainsi obtenus pour acclimater des plantes des basses terre à l'altitude. Malins qu'ils sont ces incas !On prend plaisir à descendre tout en bas de cette construction, au centre même, là où il fait le plus chaud, puis on remonte péniblement les hautes marches en cherchant notre souffle. C'est qu'en plus d'être malins, ils étaient bien agiles ces incas !

Les salines de Maras

A quelques kilomètres de Moray se trouvent les salines de Maras, exploitées depuis des lustres, bien avant les incas. Et quel spectacle ! Des milliers de bassins construits dans la roche accueillent la bienheureuse eau salée qui se charge de sa substance au tréfond de la montagne. Elle attend avidement l'heure où le dieu soleil chassera les nuages et portera toute son attention à son évaporation. Pour l'heure, c'est la saison des pluies, le sel a beaucoup de mal à émerger à la surface ; les bassins ont revêtu leur habits d'été en attendant la saison sèche, du rouge, de l'orangé, du vert, et s'étagent en cascade jusqu'au fond de la vallée. Nous suivons la source qui se déverse dans les réceptacles, et passons de bassin en bassin toujours plus émerveillés par ce tableau surréaliste. Tout simplement magnifique.

Retour à Cuzco

Après avoir passé presque deux semaines de quiétude dans la vallée, nous retrouvons Cuzco et son ultratourisme ! Ici, nous avons rendez vous avec un couple anglo-hispanique, Julia et Nicolas, que nous avions rencontré quelques mois auparavant en Nouvelle Zélande. La rencontre fut brève, dans la cuisine d'un camping nous avons échangé quelques mots, avons appris qu'ils faisaient un tour du monde comme nous, pour leur voyage de noce comme nous, et que leur itinéraire était sensiblement le même... Echange de mails, ça serait sympa de se croiser en Amérique du Sud, et 5 mois plus tard, on se retrouve à Cuzco au même moment ! Nous leur avons donné rendez vous devant l'église de San Blas, un quartier toujours très calme, au moins on n'aura pas de mal à les reconnaître... Oui mais voilà, aujourd'hui c'est la fiesta de los compadres, la fête des compères, et elle a lieu... Sur le parvis de l'église ! Des dizaines de musiciens, des cageots de bières qui débordent, des spectateurs par centaines, et... des gens bourrés qui dansent... Comment qu'on va faire pour les retrouver ? Après plusieurs mois de vadrouille, leurs visages se sont brouillés dans nos mémoires... Heureusement, Seb est grand, et c'est eux qui nous repérent... On passe une excellente soirée à se raconter nos voyages, nos moments forts, nos projets futurs, et nous finissons sur la terrasse de notre hôtel qui surplombe la place aux danseurs de plus en plus nombreux et de plus en plus bourrés...

mercredi 11 février 2009

Machu Picchu

Ah, le Machu Picchu, un vieux rêve de gosse, la cité inca perdue tout là haut dans les Andes... Apparemment, c'est un vieux rêve de gosse commun à un bon paquet de gens sur notre planète, et la société Orient Express péruvienne l'a bien compris. Surtout que le site archéologique se trouve coincé dans une vallée et que le seul moyen d'accès c'est... Leur train. Ou alors à pied, mais en passant par une agence. Bref, le Machu Picchu, c'est peut-être pas l'eldorado légendaire, mais c'est bel et bien la poule aux oeufs d'or !

Aguas Calientes

Il est 5h du matin lorsque nous prenons le fameux train. Ici, locaux et touristes ne se mélangent pas, chacun son wagon ! Le train serpente au fond de la vallée, de plus en plus encaissée, creusée par une rivière puissante que nous longeons. Nous voici arrivés à Aguas Calientes, le village qui se trouve à quelques kilomètres du Machu Picchu, et qui vit uniquement grâce à lui. Environ 500 000 touristes passent ici chaque année ! Et ça se voit ! Les restaurants se suivent les uns après les autres, longeant le chemin de fer et transformant les quais en terrasses. Il faut dire que c'est assez exceptionnel de descendre du train au beau milieu du village alpagués par des serveurs de tous les côtés qui vantent les mérites de leur établissement !
Comme son nom l'indique, Aguas Calientes (= Eaux Chaudes) possèdent des thermes, et nous ne manquons pas de les tester ! Quelques bassins archibondés à l'eau féreuse, mais cela reste un vrai plaisir que de se baigner dans l'eau chaude !

On part à l'assaut du Machu Picchu... Ah ben non

C'est aujourd'hui que l'on va enfin découvrir le Machu Picchu. Le réveil est réglé à 3h30 du matin, on a l'intention d'y aller à pied et d'être dans les premiers à l'ouverture du site, à 6h. Oui mais voilà, on est réveillé à minuit par des trombes d'eau... Il pleut, il pleut, et on est un peu inquiet pour la journée du lendemain... Impossible de se rendormir. On se tâte, va-t-on courir le risque de ne rien voir au Machu ? On règle à nouveau le réveil à 5h, soit on prendra le petit bus pour nous rendre sur le site, soit on décale notre journée au lendemain. C'est ce que nous décidons finalement après avoir vérifié pouvoir utiliser nos billets ce jour là.

On remplace le Machu Picchu par le Machu Picchu vu de loin

En face du Machu Picchu se trouve le Mont Putucusi, sommet tout rond duquel on dit qu'il y a une vue magnifique sur le site. En longeant le chemin de fer, nous tombons sur les escaliers qui nous mèneront au sommet. Et ça grimpe ! ah tiens, une petite échelle de bois, cool, ça change des escaliers... ah tiens, une autre échelle de bois, mais celle là, bien plus grande ! Elle s'agrippe à la falaise et fait bien... 60 mètres de haut ! 10 mètres, 20 mètres, 40 mètres, ouh la, ça commence à faire haut, plus le choix, faut continuer, 50, 60 mètres, contents d'être arrivés ! Et dire qu'il va falloir la redescendre ! Bon, en attendant, d'autres escaliers et échelles suivent, nos cuisses souffrent, notre souffle se cherche, et quelques 500 mètres de dénivelé plus haut, notre récompense ! Une vue extraordinaire sur le Machu Picchu ! Et le Huayna Picchu, la montagne qui lui fait face ! Un petit pique nique et quelques photos plus tard, après avoir grandement admiré le paysage qui nous entoure, nous voici reparti en sens inverse... sous l'averse ! Il pleut, il pleut ! Et les échelles qui se rapprochent ! Allez, c'est parti pour la redescente des 60 mètres, finalement beaucoup plus facile qu'on ne le craignait...

Le Machu Picchu, cette fois, c'est la bonne !

3h30 du matin, cette fois, c'est aujourd'hui ou jamais, et il pleut toujours !! Bon, on se décide pour le bus à touristes de 5h30, au moins on n'arrivera pas trempés .
5h, nous voici devant la caisse, et on est pas les seuls ! Déjà une bonne soixante de personnes qui attendent le bus... Et la file s'agrandit, encore, et encore !!! Ca y est, c'est l'heure, on s'enfourne les uns après les autres dans les véhicules qui nous mènent à l'entrée du fameux site. 6h du matin, les portes s'ouvrent, la masse de gens s'engouffre vers le sacro saint. Les nuages sont proches, mais bon comme le dit le petit fascicule qui va avec les billets d'entrée, « De novembre à Mars, c'est la saison des pluies avec nébulosités ce qui donne au décor naturel une plus grande spectacularité ». Va pour la spectacularité ! On monte tout en haut du site, paraît que quand on est les premiers, on peut faire une photo sans personne... Ah ça c'est sûr, sur la photo, y a personne ! Mais y a pas le Machu Picchu non plus ! Une purée de pois sans nom, on n'y voit pas à 10 mètres... Il est 6h du matin, le site ferme à 17h, on a le temps, alors on prend notre mal en patience. Ici le temps change vite, ça va bien se lever à un moment donné !


Il est 9h, ça fait 3h qu'on est dans le brouillard, on a plus rien à manger, bon, va bien falloir faire quelquechose... Hier, on a repéré de la montagne d'en face un petit chemin en pente gentille qui mène un peu plus haut. Quand les nuages se seront quelque peu dissipés, de là, on aura une jolie vue... Sauf que la pente gentille, on l'a pas trouvé, mais à sa place des escaliers tout raides ! Et ça monte, et ça monte ! On est en train de monter le Mont Machu Picchu, l'une des deux montagnes qui dominent la cité inca !! 300 mètres de dénivelé plus haut, à 2745 mètres d'altitude, la brume est encore plus opaque, le chemin se fait scabreux et suit une falaise dont on ne voit pas le fond (ni le début d'ailleurs), et la pluie qui s'y met, allez, demi tour ! Bon, le Machu Picchu, c'est pas gagné...

Arrivés de nouveau sur les terrasses qui sont (supposés) surplomber la cité, le vent s'est enfin levé. Il souffle sur le gros nuage et miracle, on voit le site ! Vite, sort l'appareil photo ! ah ben non, trop tard, le gros nuage il est revenu... La brume danse et joue à envelopper les sommets, tel un voile de mariée jouant avec le vent, découvrant par intermittence la belle, laissant par moment entrapercevoir la beauté de l'heureuse élue. Spectacle magique à l'aura mystique.

Du coup, on est plus content. Petit à petit le voile se déchire et nous pouvons admirer la pleine splendeur de ces vestiges du passé.
On part à la découverte des ruines, construites au 15ème siècle et abandonné peu après l'arrivée des espagnols en 1532, laissées à l'abandon et quelque peu oubliées jusqu'à ce qu'un scientifique américain ne s'aperçoive de leurs beautés et de leurs importances en 1911. Le monde redécouvre alors le Picchu. La particularité du site tient surtout à sa position géographique, coincée entre deux montagnes, le Machu Picchu, qui signifie vieux sommet, et le Huayna Picchu, le jeune, celui qui possède une silhouette si particulière et qui domine de toute sa puissance l'ancien village, celui là même que l'on voit sur toutes les photos et cartes postales. Mais ce que l'on voit moins sur ces mêmes photos, c'est que la vallée et sa rivière en contrebas contournent les deux sommets, ce qui donne encore plus de majesté à l'endroit. Les ruines se trouvant sur une crête, on peut apprécier le paysage sur les deux versants.

Notre rêve de gosse et celui des 1500 personnes qui errent dans le site en notre compagnie est donc enfin devenu réalité !

vendredi 6 février 2009

Pisac

Pisac et le marché

Pisac est un charmant village au creux de la Vallée que l'on nomme Sacrée pour le nombre de ruines incas qui s'y nichent. La place d'armes au centre de l´agglomeration accueille tous les jours un marché local, qui étend ses tentacules dans toutes les artères du village le mardi, jeudi et surtout dimanche. Chaque matin, les vendeurs montent leur énormes stand de bois et de bâche, et chaque soir ils le démontent. Les enfants sur les vélos à chariottes ramènent les marchandises, et aident à l'étalage des tapis, tentures murales, bijoux... Un véritable tour de force quand on voit le travail qu'il faut accomplir !

Pisac et champs de maïs

La vallée est tapie de champs de patates et de hauts plants de maïs. Nous partons nous promener en lisière de champs, jusqu'à arriver à un bout de chemin, un cul de sac. C'est ou le demi tour, ou la traversée à travers champs. C'est parti pour le champs ! On rencontre un péruvien le sac plein de maïs, pas sûr que les plants lui appartiennent, mais au moins il mangera bien ce soir ! Après avoir traversé un petit pont nous parvenons à un joli village du nom de Taray. Nous croisons des enfants qui jouent dans la rue, des cochons leur groin à terre qui se nourrissent de déchets en tout genre et nous entrevoyons par une porte des tas de cochons d'inde qui courent d'un bout à l'autre de la pièce. On repart à Pisac avec le moyen de locomotion local : la mototaxi, genre de tuk tuk à la péruvienne !

Pisac cité inca

Tout en haut de la montagne qui domine le village de Pisac se trouve le site archéologique inca du même nom. Un taxi nous amène au sommet, cool, on a plus qu'à redescendre ! Le site est majestueux, hameaux de pierres dominant la vallée, terrasses parfaites qui suivent le tracé de la montagne, magique. A nous les ruines ! On erre entre les anciens temples et maisons, on admire la montagne adjacente dont la roche est parsemée de centaines de trous, vestiges du temps où les incas y enterraient leurs morts, accompagnés d'un air de flûte enchanteur et transcendant venu du coeur de la vallée. Et puis, on passe devant un groupe de ruines et on décide d'entreprendre sa découverte et son ascension. Parce que ça grimpe ! Tout en haut, on accède à un chemin sur la crête de la montagne. Et d'ici la vue est des plus impressionnantes, entre deux vallées. Le chemin aussi est impressionnant, sinuant entre roches et aplomb, on se demande parfois s'il va nous mener quelquepart... Le voilà qui descend à pic, le vide n'est pas loin, on descend sur les fesses, et oh surprise on tombe sur un passage étroit creusé dans la roche, un tunnel inca ! Le chemin des crêtes, on a adoré, et surtout il nous a permis d'éviter la bande de touristes fraîchement descendu du bus qui suit le chemin traditionnel à la queuleuleu. En redescendant vers le plus joli des sites qu'était le centre religieux de Pisac et son temple du soleil, on voit au loin une harpe hissée sur les épaules d'un homme. Puis un autre et sa guitare, une petite fille habillée de façon traditionnelle, et enfin une femme qui danse ! Toute cette petite troupe se trouve ici pour enregistrer un clip. Et ils ont l'oeil ! Ils ont vu Sébastien, le grand blond aux yeux bleus, et hop, le voici devenu lui même acteur et danseur du film. Il nous fait virevolter la petite péruvienne, d'un côté, de l'autre, sous fond de ruines incas et vue plongeante sur la vallée. Il paraît même que le clip sera bientôt sur Youtube ! A suivre !

Ca part en Cuy

Il n'y a pas que les ruines ou la danse, le voyage c'est aussi les spécialités culinaires du pays, et nous initions régulièrement nos papilles à de nouvelles saveurs. On goûte au Ceviche, un plat typiquement péruvien à base de poisson cru mariné et garni à grands renforts d'oignons, un vrai délice. Une telle expérience nous donne des ailes, et sur le grand tableau blanc entre les traditionnels empanadas (chaussons fourrés) et le classique poulet au four s'est glissé un inconnu : le Cuy a l'horno, le cuy au four. Nous demandons des renseignements à la petite dame du restaurant familial : « c'est quoi un cuy », « c'est avec des patates » nous répond-elle. Va pour les patates. Oui, mais c'est que les patates ne sont pas seules, il y a le cuy aussi, qui se révèle être un... Cochon d'Inde ! Oui, on l'a bien reconnu sa gueule ouverte aux dents acérées et ses petites pattes toutes recroquevillées ! Bon, ben maintenant qu'il est là va bien falloir le goûter : entre les os, pas grand chose à manger, et le goût ressemblerait à du poulet... Ou plutôt à de la caille. Une chose est sûre, à l'avenir, plus de Cuy !

jeudi 5 février 2009

Cuzco

Le bus péte une durite

Bien que le passage à la frontière soit des l'un des plus efficaces que l'on est connu, le trajet de Copacabana à Cuzco nous semble bien long... Faut dire que ça tourne pas mal dans ces contrées là. Et puis, sur une ligne toute droite, une espèce d'explosion et le bus qui ralentit, puis s'arrête... Il nous a pété une durite ! Une petite halte au milieu de la montagne, le temps de quelques photos et d'un bon dégourdissage de jambes, et voilà notre bus tout réparé. Après quelques 13 h de trajet, nous arrivons enfin dans la si célèbre capitale inca.

Cuzco et la Foi

Cuzco, comme ses homologues Rapa Nui (ïle de Pâques) ou Quito, veut dire nombril du monde. Faut croire qu'ils se pensaient tous au centre du cosmos, à savoir qui avait raison..(?)..
A 3400 mètres d'altitude, cette ville de 300 000 âmes est de toute beauté. Capitale inca, au carrefour des chemins de l'empire, elle garde encore quelques traces de cette période malgré la conquête espagnole. Il faut dire que les murs qu'ils construisaient étaient extrêmement solides, pierres imbriquées les unes dans les autres de manière si exacte qu'il est souvent impossible ne serait-ce que de passer une aiguille entre les interstices. Alors les espagnols se sont servis de ces murs et ont construit leurs églises ou demeures au-dessus de ces pierres. Et ils n'ont pas lésiné ni sur le nombre, ni sur la grandeur des églises ! Rien n'est trop brillant, rien n'est trop clinquant ! On est en pleine période baroque et on ne s'en prive pas ! Retable immense doré et redoré, statues vêtues de capes et robes tissés de fils d'or et d'argent, et particularité du Nouveau Monde des Christs sur la croix hyper sanglants et des angelots sans corps.

Sacsahuaman

Au-dessus de la ville se trouvent les ruines de plusieurs sites incas. L'occasion pour nous de découvrir l'architecture de l'époque et la campagne environnante en nous rendant d'un site à l'autre. Sous une petite pluie fine, nous arrivons finalement au site de Sacsahuaman qui surplombe Cuzco, et sommes une nouvelle fois ébahis devant ces pierres énormes entrelacées et taillées de façon à s'imbriquer dans ses voisines, tel un puzzle grandeur murale.
En redescendant, nous passons par le joli quartier San Blas, rues pavées et petites maisons de pierre, pour atteindre notre chambre d'hôtel qui se trouve sur le toit d'une de ces maisons. Vue imprenable sur Cuzco, de jour, comme de nuit ! Le regard embrasse les toits de tuiles à perte de vue, sur lesquels se trouvent de curieuses petites statues : deux taureaux en terre cuite surmontés d'une croix. Ils signifient que la maison a été bénie, et protègent le foyer et la famille qui y vit. Pourquoi le taureau ? comme c'est un animal qui a été importé par les espagnols, c'est une représentation qui n'a jamais été interdite, et il a donc été adopté par les populations locales comme symbole lié à la terre, et donc à Pachamama, la terre mère. Et voilà !

Picasso n'a plus qu'à aller se rhabiller

Les peuples du continent américain n'étaient pas loin de rivaliser avec les plus grands artistes du 20ème siècle ! Sincèrement, Picasso n'a rien inventé, il s'est contenté de s'inspirer des civilisations précolombiennes. L'art figuratif et abstrait n'avaient pour les Nazcas et les Mochicas aucun secret ! Cruches zoomorphes ou anthropomorphes, poteries soigneusement exécutées, en plus, ils ne manquaient pas d'humour... Rentre ta langue, petit lama !

On découvre notre nouveau quartier général : le Mercado Central

Des stands qui te proposent des jus de fruits fraîchement pressés par dizaine, les cantinières qui t'invitent à goûter à leurs plats, les fruits, les légumes, les fromages, le pain, tout y est !
Alors oui, c'est l'heure de quitter Cuzco, nous partons pour la Vallée Sacrée, mais d'ici un peu plus d'une semaine, on y reviendra, à notre Mercado Central !

dimanche 1 février 2009

Copacabana, lac Titicaca

A 3h à peine de la capitale du pays se trouve le légendaire lac Titicaca, à 3810 mètres d'altitude. Sur ses rives, le village de Copacabana, coincé entre deux sommets, le Calvaire, et l'enfant du Calvaire, tout un programme ! Ici la vie se mêle entre tourisme, devenu l'une des principales ressources financières des villageois, et traditions sacrées.

Bénies soient les voitures !

Devant la gigantesque cathédrale de Copacabana a lieu chaque matin et tout plus particulièrement le week end, la très originale cérémonie de baptême des voitures... si, si, de voitures, ou tout autre véhicules motorisés, minivans, camions, que l'on décore à grand renfort de fleurs et autres banderoles aux couleurs vives. Et l'on vient de loin pour faire bénir son fidèle destrier, des 4 coins de Bolivie ! Patiemment, l'on chouchoute et bichonne sa voiture, dans l'attente du prêtre et de son eau bénite. Le voilà ! Muni de son eau précieuse, il arrose généreusement sous fond de prières calandre, moteur, pneus et bien sûr la famille venue accompagner le nouveau baptisé. Une tradition insolite, unique en son genre !

Marché du samedi

Aujourd'hui, c'est samedi, et sur le plateau surplombant la ville se retrouvent copacabaniens et leurs familles. Sur le parvis de l'église, on peut acheter des voitures et maisons en modèle réduit, symboles de son moyen de locomotion ou de son foyer que l'on fera bénir par procuration. On se retrouve ici pour suivre les traditions mêlées de christianisme et de croyances ancestrales, mais aussi pour s'affronter aucours d'une partie de babyfoot, ou tout simplement partager un pique nique. On squatte allègrement dans l'herbe en famille ! Certains en profitent pour faire un pélerinage en haut du calvaire, et on les suit... La montagne porte bien son nom ! 200 mètres de dénivelé et des escaliers raides à n'en plus finir, nous montons à 4000 mètres d'altitude en tirant la langue... Mais quelle récompense arrivés en haut ! Une vue magnifique sur le lac Titicaca et le village de Copacabana à nos pieds. C'est à la pointe du Calvaire que les boliviens viennent faire leurs offrandes au lac et à Pachamama, la terre mère. Une montée pareille, ça donne soif, alors on commande de la bibine, et oui, ici se trouvent des stands qui vendent boissons, snacks et autres voitures miniatures. Ici la tradition veut que l'on se partage la bière, tout en n'oubliant pas de donner sa part à Pachamama, ce qui provoque des effluves maltés venant titiller nos narines.

Mange ta truite !

Le lac Titicaca est immense. C'est le plus grand lac d'Amérique du Sud, quelques 200 kilomètres de long sur 65 de large, et le plus haut navigable du monde. On n'en voit pas toujours le bout ! A se croire sur les rives d'une mer ! On se balade le long de sa plage, puis sur le retour on s'arrête à l'un des nombreux kiosques qui proposent de la truite. Ici c'est la spécialité de la région ! Truite à midi et truite le soir ! On s'attable et on en profite, le poisson c'est bon, tout en admirant les petits pédalos canards qui voguent sur les flots du lac.

Isla del Sol

Nous partons découvrir l'Ile du Soleil, l'ile sacrée des Incas. On raconte même que c'est ici que le premier Inca Manco Capac serait sorti de ses eaux, devenant le premier d'une lignée de 12 régnants à la tête d'un territoire allant du Chili à l'Equateur.

L'Ile n'est pas loin, on la voit de Copacabana, nous y serons en peu de temps. C'est sans compter sur le bateau de bois sur lequel nous avons embarqué, qui doit, sans mentir, aller à... 2 kilomètres heure. Incroyable, un bateau aussi lent, nous n'en avions jamais vu. Nous admirons le paysage du pont sous la bienveillante et timide chaleur du soleil matinal, bientôt poursuivi par de gros nuages noirs. Nous voilà rattrapés, va-t-on visiter l'ile du soleil sous la pluie ? Après 2h30 de navigation, nous voici arrivés transis de froid au Nord de l'île, et partons nous réchauffer dans une petite auberge d'un bon thé. Bien à l'abri derrière les vitres, nous regardons l'averse qui finalement se déverse. Réchauffés, équipés de nos imperméables et pantalons étanches, nous sommes prêts à parcourir les 3h de marche qui nous sépare du village au sud de l'île. Bien vite, le soleil reprend ses droits, et c'est un véritable enchantement que de traverser cette île qui se révèle splendide. Nous passons par de jolis petits villages d'agriculteurs, croisons des paysans qui nous saluent, des hommes qui marchent l'oreille collée à un poste de radio, ou encore apercevons de jeunes enfants qui mènent leurs troupeaux de moutons d'un champs à l'autre. Le souffle court, nous montons et montons encore, sans cesse admiratifs devant ce paysage, jusqu'à atteindre une des crêtes essoufflés et époustouflés par une vue superbe. Nous dominons le lac Titicaca !

Après 2h30 de marche, nous voici au village Sud bien différent du Nord, hôtels tout neuf et restaurants par dizaine attendant avidemment le touriste. Ici, c'est le côté luxe de l'île !

Sur le retour, le bateau s'arrête devant deux îles flottantes, jolies petites îles de joncs made for tourists...

Un nouveau pays à découvrir : le Pérou

Nous quittons notre petit havre de paix qu'a été pour nous Copacabana, et prenons un bus qui nous mènera à notre prochaine destination : le Pérou, et plus particulièrement la si célèbre ville de Cusco.