jeudi 12 mars 2009

De Veracruz à Palenque

Nous quittons Mexico et ses fous et nous dirigeons vers la côte. Prochaine étape : Veracruz. Là bas il y a la mer, le soleil, et on aimerait bien se poser un peu, histoire de nous changer du bus. Il faut dire que ces derniers temps ont été assez lourds de trajets, on est pas loin des 4000 kilomètres en 10 jours !

A Veracruz, il fait froid, parole de Mexicain

Nous voici arrivés à la gare des bus. On demande à un taxi s'il connaît un hôtel pas cher, il nous répond « un hôtel avec les 3 B, Bueno, Bonito, et Barato », c'est à dire Bon, Joli et Pas cher, ben oui, c'est ça qu'on voudrait s'il vous plait monsieur. Pas de problème, cet homme est efficace, il a ses adresses.

Il nous explique également qu'en ce moment il fait froid, et ça, c'est une chose que l'on n'avait pas remarqué. En effet, à Veracruz, lorsqu'il fait moins de 30 degrés, on se pèle les miches... En tout cas, nous, on est bien content de la température, et, après avoir déposé nos sacs à dos dans la chambre, nous partons à la découverte de la ville et de ses plages.

Une petite marche de trois quarts d'heure le long d'une promenade gagnée sur la mer nous amène à la playa de Veracruz. Sable brun, eau bleue foncée et des tas de mexicains qui prennent un bain. Les filles sont généralement habillées, ici on ne dévoile pas son corps lorsque l'on se baigne. Du coup, rares sont les serviettes étendues sur le sable, car ici on ne fait pas non plus bronzette. A la place des serviettes, des tables à perte de vue, et des serveurs qui vous accostent tous les 2 mètres pour vous proposer une bière, un poisson, un cocktail. La plage nous est sympathique, la mer relativement chaude, on reviendra se faire un plouf demain !

A Veracruz, on aime la musique

Il fait soif, c'est l'heure de l'apéro, nous nous rendons au Zocalo, la place principale du centre de Veracruz. C'est samedi soir, les gens sont de sortie, et nous nous posons sur l'une des nombreuses terrasses. Il paraît que Veracruz est la capitale de la musique mexicaine, la ville s'est spécialisée entre autres dans la Bamba, la Marimba ou le Danzon. Et bien, nous allons en faire l'expérience, Veracruz et la musique, c'est une réélle histoire d'amour ! Qui se transforme parfois en une cacophonie à la mexicaine... Un premier groupe de musiciens tout en noir joue autour d'une table, à quelques mètres de nous. Apparaît le groupe des tout en blancs, qui se poste un peu plus loin, mais voilà aussi les rouges, et bientôt les multicolores ! ce n'est pas fini, d'autres noirs (il y a plusieurs bandes) arrivent avec leur xylophone et s'installent... à 50 cm de notre table... Nous nous échappons, la musique, c'est sympa en fond sonore, mais lorsqu'il faut crier pour se faire entendre, ça l'est nettement moins... Enfin, au milieu de la place, une estrade a été montée, et des musiciens antillais commencent leur show. Veracruz ne fait pas défaut à sa réputation !

Nous restons quelques jours à Veracruz... Ah ben non.

Un vent à balayer les perruques souffle sur Veracruz. C'est la tempête, et pour le coup, la température s'est rafraîchie ! La plage, c'est donc compromis... En plus, c'est dimanche, et le dimanche, c'est pas très rigolo. Tout est fermé, et on se pose la question : reste-t-on, reste-t-on pas ? Reste-t-on pas gagne, et nous voici reparti sur les routes en direction de Palenque.

Palenque

Nous arrivons à Palenque le lendemain après une halte à Villahermosa, ce qui veut dire « la belle ville ». Si elle est belle, ça, on sait pas, on est resté dans le quartier de la gare, et avons dormi dans un hôtel tout pourri où t'entends la télé « à donffe »de tes voisins et le chauffaud de bon matin sauf que dans ta chambre, il y a pas d'eau chaude.

Le lendemain, nous voici enfin arrivés dans la région du Chiapas, à Palenque, au coeur de la jungle. Nous trouvons un charmant petit hôtel vraiment pas cher, avec, messieurs dames, piscine, transats, et même hamacs... Le bonheur ! C'est qu'on est bien dans ce petit coin de paradis, alors, on troque la mer pour la piscine et on reste quelques jours.

Le site archéologique

Palenque est réputé pour le site archéologique du même nom qui se trouve à 8 kilomètres de la ville. Nous voici donc partis à la découverte de cette grande cité Maya.

La lumière du petit matin éclaire et magnifie les temples, protégés par une jungle majestueuse qui veille en arrière fond. Il est encore tôt, nous profitons du site avant que la masse des touristes n'envahisse les lieux. Et quel splendeur ! Nous nous glissons dans le palais, complexe de bâtiments et de terrasses dominé par une tour unique en son genre dans l'architecture maya, nous grimpons les pyramides du soleil ou de la croix et admirons les bas reliefs qui se trouvent dans les temples à leurs sommets. Mais surtout, nous admirons la superbe structure des inscriptions, une pyramide à degrés surmontée d'un temple à la crête qui touche le ciel, celle là même qui renferme le sarcophage de l'un des plus grands seigneurs mayas : le roi Pakal. Pakal, c'est celui qui redore le blason de la cité au 7ème siècle et qui la relève alors qu'elle est mise à mal par sa rivale Calakmul. Il érige de nouveaux bâtiments, embellie ceux existants, et meurt après 68 ans de règne. Il est alors enterré dans le tombeau qu'il avait pris soin d'ériger avant sa mort, et comme la tradition le veut son corps est recouvert de cinabre rouge et de bijoux de jade. Pakal, nous on le connait déjà, on l'a rencontré au Musée d'Anthropologie de Mexico... on l'avoue, il était pas bien en forme !

Après avoir exploré la cité des seigneurs et des prêtres, nous descendons dans la forêt et découvrons les quartiers d'habitation, à proximité d'une charmante rivière qui s'étire en cascades.

Yaxchilan

Le problème, si s'en est un, c'est que la péninsule du Yucatan et ses environs sont bourrés de sites mayas. Hormis les plus connus, les incontournables que sont Palenque, Chitchen Itza pour le Mexique, ou Tikal pour le Guatemala, il y en des centaines, tous extraordinaires, tous différents, tous impressionnants. Alors, comme nous n'avons pas envie de nous contenter uniquement du haut du classement mais aussi de nous la jouer à la Indiana Jones et arpenter des sites déserts de touristes, on décide d'explorer les moins connus. Et c'est là où le bas blesse : il nous faut choisir.

On se décide pour le site archéologique de Yaxchilan, à la frontière avec le Guatemala.

Il est 5h du matin, nous roulons dans un minibus et sautons sur les centaines de dos d'ânes, si en France les collectivités ont des actions dans les ronds points, ici, c'est certainement dans les dos d'ânes ! Près de 3h plus tard, nous voici près de la rivière Usumacinta qui sépare le Mexique de sa voisine guatemaltèque. Il nous faut remonter le fleuve durant trois quart d'heure pour atteindre le site. On s'attend donc à voir de petites embarcations qui font la navette, effectivement, il y a bien des bateaux, mais pas de navettes régulières. Vous voulez aller à Yaxchilan ? Pas de problème, vous pouvez louer votre propre barque pour vous tout seul. Mais il vous faut sortir les billets messieurs dames ! bon, ben, il est super tôt le matin, pas de compagnons de route en vue, on n'a pas trop le choix, alors c'est parti pour le tour de bateau privé !

Une petite brume épaisse recouvre le cours d'eau, notre pilote se faufile dans les nuages et nous glissons entre forêts et champs de maïs. La traversée nous rappelle quelques souvenirs d'Asie !

Nous débarquons à Yaxchilan, et on est bien contents, parce qu'on est les premiers visiteurs ! Nous marchons dans la jungle jusqu'à un joli bâtiment dans lequel une ouverte mène dans un couloir de plus en plus sombre où ont élus domicile les chauves souris... Et les grosses araignées ! Un peu plus loin, une autre porte et quelques marches nous mènent jusqu'à une immense place aux multiples structures. Le soleil joue avec le feuillages des arbres immenses, il caresse les pierres, et nos yeux ne sont pas assez grands pour pouvoir embrasser toute la beauté de ce spectacle du passé.

Nos oreilles, quant à elles, sont un peu déconcertées. Un bruit étrange, quelque chose comme une grosse machine, mais, non, ce n'est pas possible par ici, non, ça serait plutôt un râle, mais un râle qui vient du fond des entrailles, comme celui d'un énorme animal qui serait en train de rendre l'âme. Nous écoutons, marchons vers le point d'origine de ce bruit, il est de plus en plus fort, on se croirait presque dans un mauvais film d'horreur, coursés par un monstre qui veut nous dévorer. On y est, ça vient de là haut, mais d'où, nous fixons la cime des arbres, et nous découvrons... Un singe, un simple petit singe, qui paye pas de mine en plus, accompagné de ses petits. Ah ça, vraiment, c'est certainement l'animal à la cage thoracique la plus développée du monde ! Voilà le macaque que l'on connaît mieux sous le nom de « singe hurleur ». Peut-être aurait-il mieux mérité le nom de « singe agoniseur » !

On se régale à Yaxchilan, le site est superbe, les pyramides magnifiques, et on a les vieilles pierres pour nous tout seuls. Deux heures plus tard, nous repartons et croisons les barques débordantes de touristes qui viennent rendre visite à notre hurleur de la jungle. On se dit alors que les quelques billets dépensés valait bien le moment magique en exclusivité que l'on vient de passer !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut les magiciens

De votre gibus apparaît un monde illuminé, trame d'un récit coloré et cocasse où la grisaille de notre monde s'estompe.

Que l'énigme qui anime votre coeur continue à nous faire rêver.

Bisous - Bobart

Chantal de Nice a dit…

Coucou,
Ca donne toujours envie de lire vos belles aventures et surtout c'est très bien raconté avec pleins de détails. Du coup on a l'impression d'êtres partis avec vous dans vos valises et on s'y croirait !!
Bisous niçois