dimanche 22 juin 2008

Cambodge express

Minibus quand tu nous tiens

Nous quittons notre cher Laos pour découvrir une nouvelle destination, le Cambodge. Pour ce faire, nous avons fait appel à un nouveau service en vigueur depuis un an, le minibus qui te permets de te rendre des 4000 îles à Siem Reap au Cambodge DIRECT. Et direct, c'est pas peu dire...

Tout d'abord un minibus lao t'emmène avec tes compatriotes touristes jusqu'à la frontière, jusque là tout va bien, et voilà les douaniers qui rentrent en scène... Aujourd'hui, c'est Dimanche, donc il faut payer ses 2 dollars pour sortir du pays... Logique. Au passage douanier du côté Cambodgien, on prend les mêmes et on recommence, paye tes 2 dollars... Vous allez me dire, 8 dollars à 2, c'est pas grand chose, certes mais entre le change qui nous a déjà dépouillé, le fait qu'on n'ait pas pu retirer d'argent depuis Pakse, il ne nous reste après le passage frontière que... 10 dollars. Et pas moyen de trouver un distributeur ou une banque avant Siem Reap, que nous atteindrons seulement le lendemain... Dur, dur !

De l'autre côté de la frontière nous attend notre nouveau moyen de locomotion cambodgien, le fameux minibus. Un minibus cambodgien, c'est un minibus en piteux état, qui compte 12 places mais où tu t'y enfournes à 15 minimum. Nous en avons expérimenté 3 d'affilé, et la palme revient au dernier, le minibus rouillé tout défoncé, des planches de bois sous les sièges, ce qui fait que tu voyages les genoux au niveau des oreilles... Il fallait voir le chauffeur se gausser de notre infortune, et cracher à tout bout de champs pas la fenêtre, ce qui faisait qu'Aurélie, assise juste derrière, recevait régulièrement quelques reliquats de cette substance visqueuse.

Angkor, la cité khmère

Après 2 jours de ce traitement d'enfer, nous arrivons à Siem Reap, la ville aux portes de la cité d'Angkor.

Siem Reap est une ville touristique, qu'on se le dise. Et récemment ouverte au tourisme également, restaurants neufs et à la déco soignée à tout va, bars branchés, bref, un autre juan-les-pins...

Nous en profitons pour faire découvrir à nos papilles quelques nouvelles saveurs, et nous mangeons allègrement du serpent (...c'est bon), du crocodile (...c'est bon), de l'autruche (... c'est bon) et du kangourou (ça c'est fort mais c'est bon) autour d'un barbecue asiatique dont nous vous avions déjà parlé. Un vrai régal !

Bon, nous ne sommes pas venus pour faire de nouvelles expériences gustatives mais bien pour visiter Angkor, et c'est à 5h du matin le lendemain que notre tuk tuk nous emmène pour découvrir l'ancienne capitale Khmer.

Le site d'Angkor est immense, des temples sont cachés un peu partout dans la forêt, c'est pourquoi il est nécessaire d'avoir un moyen de locomotion. Nous avons opté pour le tuk tuk car il fait chaud et humide ici, très humide, tant pis pour le vélo, on choisit la facilité. Et on en a visité des temples, des anciens, des plus récents, des restaurés, des en ruines, des gros, des petits, mais nos préférés ont été les sites pré classiques et bien sûr ceux où l'on admirait ces arbres centenaires prenant racines sur les vestiges de la civilisation khmère.

Bref une bonne petite journée culturelle, harassante mais enrichissante.

Retour à Bangkok

On vous l'a dit, c'était Cambodge express, et nous revoici reparti en direction de Bangkok sur les routes khmères... Enfin routes, c'est un bien grand mot, la vérité serait plutôt de les nommer pistes, et pour être plus précis nous dirions pistes boueuses, voire, si le mot existait, gadoueuses.

Nous sommes toutefois arrivés à bon port, et encore une fois Bangkok est un choc, retour à la cité moderne et frénétique.

2 jours d'organisation à Bangkok, banque, billet de train, internet, entrecoupés d'une visite culturelle (le fameux bouddha couché du Wat pho, un bouddha en or de 46 m de longueur sur 15 m de haut, une belle bête), d'un peu de shopping (nos vêtements de baroudeurs commencent à rendre l'âme) et de soirées passées avec des voyageurs français barbus à l'accent chantant (ils se reconnaîtront), avant de quitter la Thailande et de reprendre le train pour notre prochaine destination : la Malaisie.

samedi 14 juin 2008

Laos le retour

Au Vietnam, après 3 h de minibus, nous voici largués à la frontière, que nous passons à pied, une grande première, et du côté Lao nous retrouvons notre bon vieux local bus ! Il nous avait manqué celui là... Résultat des courses, on en a avalé du bitume, 18h de bus sur 22h au total, et l'on arrive à Savannakhet épuisés... Savannakhet est une petite ville triste et sans charme, on décide de s'échapper dès le lendemain pour Pakse.

Pakse

Pakse nous paraît un havre de tranquillité comparé à Savannakhet (tout est toujours une question de comparaison !), et est surtout un lieu privilégié pour poser ses valises et partir à la découverte du plateau de Boloven.

Boloven aux 1000 cascades

Le plateau de Boloven, à 1000 m d'altitude, est connu, outre ses plantations de café, pour ses nombreuses chutes d'eau qui jalonnent la route.

Nous en avons visité plusieurs, des majestueuses, des hautes, des larges, mais celle qui nous a le plus envoûté n'est ni la plus belle, ni la plus impressionnante, et n'est même pas référencée sur les cartes ou guides touristiques...

Imaginez une cascade puissante et large qui plonge dans un bassin niché au coeur de la forêt, et pas une âme qui vive à l'horizon... Il n'y a que nous pour en profiter ! Et on en profite ! On se glisse derrière le rideau de la chute d'eau, expérience ultime, et on le traverse... Les trombes d'eau nous tombent sur la tête et hop, un massage des épaules en sus !

Un vrai massage Lao

Non content de notre hydro-massage des épaules, nous décidons de prolonger le plaisir dans un institut de pakse. Nous débarquons devant une petite maison qui ne paye pas de mine, il ne doit pas y avoir foule ici ! Après avoir traversé un couloir, nous arrivons ébahis devant une véritable piscine remplie d'enfants et d'un vrai herbal sauna, qui s'apparenterait plus à un hammam à l'eucalyptus, pour hommes et pour femmes ! Nous avons atterri dans le spa lao par excellence ! Et pas un touriste à l'horizon...

Après une bonne dose de transpiration, voici venu l'heure du massage... On met une excellente note à nos deux petites et très rigolotes petites laos ! Bon, et juste pour vous faire râler un peu, le massage nous a coûté... 1 euro 50...

Boloven nous revoici

Pour découvrir le plateau de Boloven, nous avons loué un scooter... pas à la taille de Seb, bien sûr, mais qu'est-ce qu'il l'est au Laos ? Et nous voici reparti pour 2 jours à la découverte de cascades, villages de tisserands, et autres merveilles cachées... Nous nous arrêtons à Tad Lo, petit village à côté d'une cascade, qui l'eut cru !

On a profité de notre étape à Tad Lo pour tester pour vous : l'éléphant. Une balade d'une heure trente dans la forêt. On nous a dit que c'était nul, mais pas question d'y couper. On teste.

Résultat : l'éléphant, c'est haut, ça va à deux à l'heure, en bref, c'est vrai, c'est nul, mais rigolo et ça reste indéniablement une expérience à faire !

Le lendemain sous un soleil radieux (il paraît que c'est la mousson par ici ? ah non, il parait que c'est un phénomène météorologique du sud de la France !) nous repartons en direction de Pakse par une piste poussièreuse de quelques dizaines de kilomètres. Les nuages s'amoncellent, et à peine a-t-on atteint la route que les premières gouttes tombent... Ouf ! Rouler en scooter dans la boue n'est pas une expérience que l'on convoitait. La pluie commence à nettement s'intensifier, nous sommes à une vingtaine de kilomètre de la prochaine ville étape, Paksong, lorsque sur une montée notre destrier se met à tousser... puis plus rien... Et oui, panne d'essence, il ne faut pas se fier à la jauge au Laos ! Heureusement, nous venons de passer un abri de fortune où deux laos s'étaient déjà arrêtés, petit demi tour et hop à l'abri... Après 40 minutes d'attente, la pluie s'atténuant et nos deux amis laos nous ayant quitté depuis quelques temps déjà, nous décidons de braver les éléments et de pousser le scooter... La chance est décidément avec nous, à 1km 50 derrière une petite butte se cache un village et sa station de dépannage qui nous sauve... Voici une galère trop bien gérée !

Champasak, ou la lao expérience

Nous décidons de faire une halte à Champasak sur le chemin des 4000 iles, ultime étape de notre périple lao.

Pour nous y rendre, nous prenons... le local camion ! Nous l'avions déjà expérimenté dans le nord du pays, mais en réalité, on n'en avait eu qu'un bref aperçu... Des sacs, du riz, des bananes, des poules, des cochons, et en prime 23 autres personnes entassées les unes sur les autres... On déborde... Une sacrée expérience pour les bébés cochons également que l'on a failli perdre en route et qu'une petite fille a généreusement aspergé de son vomi.

Aurélie profite du voyage pour faire la connaissance avec sa voisine lao, échange de paroles anglo-lao, échange de photos, et échange de cultures ! Elle lui propose de goûter à la sauterelle grillée ! Après un temps d'hésitation et beaucoup de motivation, c'est parti pour un apéro sauterelle... Toute fière, elle se vante de son aventure à Seb sorti du camion, qui n'a plus le choix : et hop une sauterelle grillée pour Seb !

Donc, on a testé pour vous : la sauterelle grillée

Résultat : c'est pas mauvais, ça a un goût de poulet au barbecue, sauf que ça croustille, surtout les pattes !

Lao expérience 2

A Champasak, on a loué des vélos (de poupées) pour découvrir la campagne environnante. Il est 12h, et voici encore un endroit où on a du louper la mousson car le soleil tape dur, et nous sommes quittes pour un gros coup de chaud !

La fin d'après midi venu, Seb vient assister à la partie de pétanque locale et se lie d'amitié avec un des joueurs qui parle un peu français. Il y a là le maire, le colonel de police, le capitaine de bateau, et une joyeuse ribambelle de laos qui ont tout l'air de s'amuser. Au Laos, les hommes jouent à la pétanque pendant que les femmes leur bourrent la gueule avec de la bière et du Lao Lao, le whiskey local, et cul sec s'il vous plait ! Nous allons bientôt nous voir initier à la coutume, et hop un lao lao pour Seb, et un pour Aurélie, et pas question d'y couper ! En un rien de temps on est aussi joyeux que les laos, et nous finissons par partager « le canard » avec eux, soit quelques fragments de viande autour de gros os, un bouillon, et du sticky rice, ou riz gluant, un vrai régal pour nos ventres encore traumatisés de tant d'alcool après 2 mois d'abstinence !

En route pour les 4000 iles

Après la visite du Wat Phou, temple pré Angkorien khmer, nous quittons Champasak pour nous rendre aux 4000 iles... Et pour ce faire on utilise nos pouces, on fait du local truck stop ! Et finalement nous embarquons cette fois sans nos amis cochons mais avec nos copains poules et canard, à l'arrière de la camionnette.

Don Khong, Don Det et Don Khon

Chaud, il fait très chaud à Don Khong, la plus grande des 4000 îles. Nous dénichons une magnifique chambre dans une superbe demeure en tek pour nous reposer, et louons un scooter pour partir à la découverte de l'île. 2 jours de tranquillité avant de prendre un bateau qui descend sur Don Det, pour encore un peu plus de paisibilité !

Sur la rive gauche de Don Det s'alignent des cabanes sur pilotis, avec leur terrasse et hamacs... Le rêve pour qui veut se reposer un peu ! Ca tombe bien, après des jours de local bus, local truck, scooter, on n'aspire qu'à ça !

3 jours de farniente, bercement du hamac, lecture, plouf dans le mékong du balcon, et un peu de vélo tout de même pour nous rendre sur Don khon, une île au sud de Don Det reliée cette dernière par un ancien pont de chemin de fer établi par les français. Une bonne demi journée de sport !

Nous profitons donc de ces quelques dernières de répis avant de quitter notre cher Laos et de nous lancer dans une nouvelle aventure, direction Cambodge.

vendredi 6 juin 2008

Sapa, ou le pays des papillons

La vie H'mong

Après une nuit de train en « soft sleeper », ce qui signifie que tu dors sur un matelas mou, à l'opposé du hard sleeper (matelas dur), et un tourist bus, nous voici arrivé dans la jolie Sapa. A perte de vue autour de la ville s'étendent dans la vallée les rizières en restanques, et les montagneuses forêts en altitude. Le paysage est de toute beauté, et peuplé de plus de papillons que l'on n'en a jamais vu dans notre vie.
Nous restons 3 jours dans la région de Sapa, dont 2 en « trek ». Trek, c'est un bien grand mot, disons petite balade dans la vallée à la rencontre des villageois des tribus « montagnarde » comme l'on dit par ici.
Say, jeune fille de 18 ans de la tribu des H'mongs, est notre guide. Toute petite, la moyenne de la taille Hmong doit être 1m50, vêtue de son costume traditionnel teinté de bleu indigo, elle nous emmène à travers les chemins boueux et tortueux jusqu'à 2 villages H'mong et Xay. Les guides H'Mongs sont exclusivement des filles, jeunes pour la plupart. Filles car elles sont en contact avec les touristes depuis le plus jeune âge en leur vendant des bijoux ou artisanat local et apprennent l'anglais à leur contact. Jeunes car elles ne sont pas encore mariées et donc libres de parcourir les rizières à leur guise. Traditionnellement, on se marie tôt chez les H'mongs, à l'âge de 16 – 18 ans. Aux alentours du nouvel an a lieu chaque année une grande fête au cours de laquelle les jeunes filles et garçons apprêtés se retrouvent. C'est le garçon qui choisit son élue (évidemment), mais s'il ne lui plait pas celle-ci a le droit de refuser (quand meme). Toutefois, les traditions H'mongs sont mises à mal avec l'arrivée massive des touristes, les jeunes filles souhaitent désormais être plus indépendantes, pouvoir choisir leur mari et surtout elles rêvent de pouvoir elles aussi comme les garçons étudier à l'université, ce qui ne leur ai pas permis pour le moment.
Say notre petite guide nous fait découvrir de magnifiques paysages, nous traversons rivières et rizières jusqu'à arriver à notre « home stay ». Un « home stay » c'est la maison d'une famille qui accueillent des touristes.

Karaoké à l'alcool de riz

Ce soir c'est l'anniversaire de la copine de Say, une autre guide, Dong, elle a 24 ans et compte bien les fêter ! Alors ce soir c'est alcool de riz pour tout le monde, et pas question pour la dizaine de touristes venus des 4 coins du monde que nous sommes d'y couper !
Dong s'acharnent plus particulièrement sur les hommes, qu'elle traite de Lady boy s'ils ne se soumettent pas à sa volonté !
Donc, on a testé pour vous : le rice wine, ou alcool de riz.
Conclusion : c'est pas très bon et ça donne mal à la tête !
La soirée s'est terminée avec un karaoké à l'haleine alcoolisée, une franche partie de rigolade partagée entre hmongs, français, écossais, hollandais, suisses, viets, nouveaux zélandais !

Après être passés par une forêt de bambous, des mini chutes d'eau, et marchés au milieu de nos amis les papillons, nous reprenons notre train cette fois surclassés en 1ère classe, c'est à dire que outre le matelas mou nous avons le droit à un thé gratuit (cool !), en direction de Hanoi où nous arrivons à 4h du matin...

Hanoi et les water puppets

A notre grand soulagement, il fait beaucoup moins chaud à Hanoi que la semaine dernière... mais assez chaud pour continuer à ruisseler en journée, et nous décidons de passer une journée reposante à la piscine. Sur les conseils de notre gentille Lee, propriétaire de la guesthouse, nous nous voyons atterrir dans : une piscine municipale couverte où des dizaines de gosses crient à tout rompre... Bon pour la journée reposante, on repassera... qu'à cela ne tienne, nous nous rendons par la suite au « water puppets show », ou spectacle de marionnettes d'eau. C'est un spectacle traditionnel vietnamien chanté et en musique de, comme son nom l'indique, marionnettes sur l'eau. Enchanteur et très artistique, c'est sur cette dernière note que nous quittons Carotte, qui, sous des trombes d'eau, prend son taxi pour se rendre à l'aéroport.
Quant à nous, nous continuons notre parcours le soir même vers Hue.

Night bus

On a testé pour vous : le bus de nuit vietnamien. Impressionnant ! Des couchettes à étage encastrées les unes dans les autres, au premier abord pas forcément très confortable mais on y a dormi comme des loirs...

Pause petit déjeuner, nous sommes à Dong Ha. Il y a un festival à Hue, ça veut dire que les logements vont être difficile à trouver et hors de prix, on change nos plans et décidons de partir directement pour le Laos.

Patience pour la suite des photos

Encore un peu de patience pour la suite des photos, nous sommes au Laos, et la connexion est tres, tres, EXTREMEMENT tres lente... Promis, des que possible on rattrape notre retard !
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